{"id":1857,"date":"2024-08-16T11:53:53","date_gmt":"2024-08-16T09:53:53","guid":{"rendered":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1857"},"modified":"2024-08-16T11:55:54","modified_gmt":"2024-08-16T09:55:54","slug":"les-carnets-de-jonathan-chapitre-22","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1857","title":{"rendered":"Les carnets de Jonathan &#8211; chapitre 22"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>chapitre 22<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>cartel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;Airbus se pose en douceur sur le tarmac. C&rsquo;est \u00e0 peine si, de l&rsquo;int\u00e9rieur, les passagers ont per\u00e7u la l\u00e9g\u00e8re secousse qui marque la prise de contact entre les roues et la piste. Le pilote inverse la pouss\u00e9e des r\u00e9acteurs, \u00e0 moins que peut-\u00eatre ne s&rsquo;en charge l&rsquo;un des nombreux syst\u00e8mes automatis\u00e9s de l&rsquo;appareil. Le ralentissement s&rsquo;intensifie dans les stridences des turbines, puis, d&rsquo;un coup, l&rsquo;effort cesse en m\u00eame temps que le bruit. Le gros porteur suit son berger \u00e0 toute petite vi\u00adtesse vers sa zone de d\u00e9chargement. Les manutentionnaires aussit\u00f4t s&rsquo;affairent autour de sa gigantesque carcasse, ver\u00adrouillant la passerelle qui permettra aux passagers de d\u00e9bar\u00adquer imm\u00e9diatement au c\u0153ur du b\u00e2timent central de l&rsquo;a\u00e9roport, d\u00e9chargeant les soutes de leurs cargaisons de valises et de sacs, ou refaisant les pleins, d\u00e9j\u00e0, afin que l&rsquo;avion ne reste pas immobilis\u00e9 un seul inutile instant.<\/p>\n\n\n\n<p>Jacques reste confortablement assis au fond de son si\u00e8ge, d\u00e9taillant avec amusement l&rsquo;agitation de ses cong\u00e9n\u00e8res qui, apr\u00e8s avoir travers\u00e9 l&rsquo;Atlantique \u00e0 plus de neuf cents kilo\u00adm\u00e8tres \u00e0 l&rsquo;heure, cherchent encore \u00e0 gagner quelques ridicules secondes en rassemblant par avance leur manteau et leur bagage \u00e0 main, en se dressant \u00e0 demi, pr\u00eats \u00e0 foncer dans le couloir d\u00e8s que l&rsquo;h\u00f4tesse le permettra, en affrontant du regard leurs \u00e9ventuels concurrents des rang\u00e9es voisines, dans le seul but d&rsquo;attraper le premier taxi de la file. D\u00e9cid\u00e9ment, se dit Jacques, l&rsquo;homo occidentalis est une race \u00e0 part, qui se caract\u00e9rise par une fr\u00e9n\u00e9tique activit\u00e9 dont le principal objet pourrait bien \u00eatre l\u2019auto-combustion. Plus je vais vite, plus je vais vite, et vice-versa. L&rsquo;appareil est enfin arrim\u00e9, et pendant qu&rsquo;une partie du personnel de bord ouvre et verrouille les portes, la responsable de cabine donne enfin le signal du d\u00e9part. Jacques, que personne n&rsquo;attend, reste encore assis un moment, \u00e0 contempler l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;immense a\u00e9roport par le hublot qui jouxte son si\u00e8ge. Mais ses pens\u00e9es sont ailleurs, quelque part du c\u00f4t\u00e9 de Paris, dans un petit bistrot pr\u00e8s des halles.<\/p>\n\n\n\n<p>Le matin m\u00eame, conform\u00e9ment au programme si pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9tabli par Oc\u00e9ane, Jacques a d\u00e9pos\u00e9 son grand sac de voyage en cuir fauve dans la malle arri\u00e8re de la voiture que Maurice a religieusement sortie du garage. Gr\u00e2ce \u00e0 un entretien sans faille, la vieille traction achet\u00e9e lors du retour d&rsquo;Alg\u00e9rie est toujours fid\u00e8le au poste. Elle n&rsquo;accuse d&rsquo;ailleurs pas un kilom\u00e9trage bien important, car, depuis la mort de son \u00e9pouse, Jacques n&rsquo;a plus voyag\u00e9 que pour des raisons professionnelles, presque syst\u00e9matiquement en train. Elle se contente donc d&rsquo;assurer l&rsquo;aller-retour \u00e0 la gare de Guingamp, ce qui ne repr\u00e9sente qu&rsquo;une soixantaine de kilom\u00e8tres chaque fois.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la serviette de cuir, offerte pr\u00e8s de trente ans plus t\u00f4t \u00e0 son \u00e9poux par Martine, Oc\u00e9ane a gliss\u00e9 le dossier qu&rsquo;elle a constitu\u00e9 pour le voyage de Jacques. S&rsquo;y trouvent, rigoureu\u00adsement rang\u00e9s dans des sous-chemises de couleurs vari\u00e9es, ses billets de train, d&rsquo;avion, ses r\u00e9servations d&rsquo;h\u00f4tel et de voiture, un plan de Qu\u00e9bec constell\u00e9 de rep\u00e8res divers et la liste des restaurants correspondants, un autre de Montr\u00e9al, et un agenda dont les seules pages utilis\u00e9es sont celles qui correspondent justement au voyage. C&rsquo;est un bel agenda que la jeune femme a trouv\u00e9 sur le bureau, et qu&rsquo;elle n&rsquo;a pu s&rsquo;interdire de feuilleter, pour constater avec une certaine tristesse que pas un rendez-vous, pas un voyage n&rsquo;y figurent, pas une ligne manuscrite ne l&rsquo;a inaugur\u00e9, preuve suppl\u00e9mentaire de la rigueur de la retraite sociale que s&rsquo;est impos\u00e9 Jacques. Optimiste de nature, Oc\u00e9ane s&rsquo;est alors rendue compte que l&rsquo;agenda en question \u00e9tait rechargeable, et contenait bien les feuillets de l&rsquo;ann\u00e9e en cours. Elle en a aussit\u00f4t d\u00e9duit que Jacques lui-m\u00eame n&rsquo;\u00e9tait, au moins inconsciemment, pas certain de l&rsquo;irr\u00e9versibilit\u00e9 de sa d\u00e9cision, et a donc d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9florer le papier vierge \u00e0 cette occasion. Elle a soigneusement port\u00e9 les heures, les lieux des rendez-vous, et les coordonn\u00e9es des personnes \u00e0 rencontrer sur les pages correspondantes, compl\u00e9tant ces informations primaires de remarques plus explicites dans la partie droite des feuilles, r\u00e9serv\u00e9e aux notes diverses. Ainsi par\u00e9, le grand homme peut partir la fleur au fusil, il ne peut rien lui arriver.<\/p>\n\n\n\n<p>Moins d&rsquo;une heure apr\u00e8s son d\u00e9part du manoir, Jacques a pris un train \u00e0 grande vitesse, qui l&rsquo;a d\u00e9pos\u00e9 \u00e0 Montparnasse ou \u00ab\u00a0Al\u00a0\u00bb Leclerc l&rsquo;attendait sur le quai. Le vieux notaire, toujours \u00e9l\u00e9gant, serra longuement la main de son ami, comme s&rsquo;il le retrouvait apr\u00e8s une longue s\u00e9paration. Comme Jacques, g\u00ean\u00e9, paraissait s&rsquo;\u00e9tonner de cette attitude un peu trop appuy\u00e9e \u00e0 son go\u00fbt d&rsquo;homme pudique, le notaire avait \u00e9clat\u00e9 de rire, et simplement remarqu\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb \u00c7a y est, mon vieux Jacques, enfin je vous retrouve !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Puis il l&rsquo;avait entra\u00een\u00e9 \u00e0 une vitesse que le code de la route r\u00e9prouve, zigzaguant comme un chauffeur de taxi, jusqu&rsquo;au petit bistrot rep\u00e9r\u00e9 la veille, \u00e0 l&rsquo;issue de sa conversation avec de Courcy, et dont la cuisine inventive mais copieuse l&rsquo;avait pleinement satisfait. L\u00e0, il lui avait fait un compte rendu fid\u00e8le de son \u00e9change t\u00e9l\u00e9phonique avec le d\u00e9tective, insistant sur l&rsquo;id\u00e9e que tout devait \u00eatre fait pour gagner du temps, afin de donner au plan une chance d&rsquo;aboutir. Jacques avait admis de bonne gr\u00e2ce qu&rsquo;il avait sans doute n\u00e9glig\u00e9 cet aspect de la question, et le notaire s&rsquo;\u00e9tait senti tout guilleret de constater que leur vieille complicit\u00e9, si efficace quelques ann\u00e9es auparavant pour monter des affaires, \u00e9tait toujours d&rsquo;actualit\u00e9. Les deux hommes avaient ensuite revu les diff\u00e9rents points du programme de Jacques, \u00e9changeant leurs hypoth\u00e8ses quant au d\u00e9roulement des d\u00e9bats, supputant les chances de succ\u00e8s, \u00e9chafaudant des r\u00e9ponses aux questions qu&rsquo;\u00e0 leur avis les autres ne manqueraient pas de poser. Puis la conversation avait pris des chemins de traverse, et ils avaient \u00e9voqu\u00e9 le pass\u00e9, ressassant comme au bon vieux temps leurs meilleures histoires, en \u00e9vitant l&rsquo;un comme l&rsquo;autre les sujets douloureux. Ils s&rsquo;\u00e9taient de m\u00eame interdit de tirer des plans sur la com\u00e8te, et ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre n&rsquo;avaient os\u00e9 une quelconque allusion \u00e0 ce que pourrait devenir la vie au Manoir, une fois cette affaire termin\u00e9e, quelle qu&rsquo;en soit l&rsquo;issue. Apr\u00e8s le d\u00e9jeuner, ils avaient continu\u00e9 \u00e0 deviser de choses et d&rsquo;autres en d\u00e9ambulant dans le vaste complexe commercial des halles, compl\u00e8tement insensibles \u00e0 leur environnement, avant qu&rsquo;enfin ma\u00eetre Leclerc, \u00e0 qui Jacques donnait malicieusement du \u00ab\u00a0mon cher Al\u00a0\u00bb plus souvent qu&rsquo;\u00e0 son tour, sonne l&rsquo;heure du d\u00e9part. Insensible sans doute aux hurlements douloureux de la m\u00e9canique martyris\u00e9e de sa vieille XK150, le vieux notaire avait fonc\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 Roissy comme si une vie en d\u00e9pendait. Jacques avait eu largement le temps de se plier aux formalit\u00e9s d&#8217;embarquement, puis d&rsquo;acheter quelques revues \u00e9conomiques et de fumer paisiblement une bonne bouffarde avant que son vol ne soit appel\u00e9 \u00e0 l&#8217;embarquement. Les deux hommes avaient \u00e9chang\u00e9 une longue poign\u00e9e de main, que le naturel du notaire eut spontan\u00e9ment transform\u00e9 en une chaleureuse accolade s&rsquo;il n&rsquo;avait respect\u00e9 cette pudeur exacerb\u00e9e qui donnait \u00e0 ceux qui ne le connaissaient pas intimement l&rsquo;impression que Jacques R\u00e9miniac \u00e9tait un homme froid.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;appareil s&rsquo;est vid\u00e9 de ses plus furieux passagers quand Jacques, enfin, daigne se lever et prendre la direction de la sortie. Il rend \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tesse son sourire et s&rsquo;engage dans le couloir mobile qui permet de passer directement au c\u0153ur du b\u00e2timent central de l&rsquo;a\u00e9roport. Il commence par r\u00e9cup\u00e9rer son v\u00e9n\u00e9rable sac de cuir, avant de gagner le comptoir de l&rsquo;agence de location de voiture choisie par Oc\u00e9ane. Quelques minutes y suffisent pour r\u00e9gler les formalit\u00e9s, et se faire indiquer l&#8217;emplacement de parking o\u00f9 l&rsquo;attend, comme un pachyderme assoupi, l&rsquo;immense limousine am\u00e9ricaine qu&rsquo;a r\u00e9serv\u00e9e la jeune femme. Jacques aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 un mod\u00e8le de taille plus raisonnable, mais Oc\u00e9ane a insist\u00e9, arguant qu&rsquo;au Canada, comme aux \u00c9tats Unis, la voiture est un signe important d&rsquo;appartenance sociale, et qu&rsquo;\u00e0 le voir d\u00e9barquer dans une \u00ab\u00a0trapanelle\u00a0\u00bb, pour reprendre son expression, ses interlocuteurs, du portier de l&rsquo;h\u00f4tel aux n\u00e8gres de Dali, ne manqueraient pas de se m\u00e9fier. Or, si Jacques classait l&rsquo;avis d&rsquo;un portier d&rsquo;h\u00f4tel concernant sa voiture au m\u00eame rang que celui de Marie \u00e0 propos de la bourse, il avait d\u00fb admettre qu&rsquo;il n&rsquo;en allait pas de m\u00eame avec les jeunes artistes qu&rsquo;il aurait \u00e0 convaincre de son s\u00e9rieux. Il avait donc c\u00e9d\u00e9, mais n&rsquo;est maintenant pas loin de le regretter en d\u00e9taillant la quantit\u00e9 invraisemblable de boutons qui orne son tableau de bord. Les loueurs de voitures internationaux sont, par chance, des gens organis\u00e9s, et il trouve rapidement un guide d&rsquo;utilisation qu&rsquo;il \u00e9tudie avec soin avant d&rsquo;engager la cl\u00e9 de contact dans son logement, et de prendre la route de Qu\u00e9bec.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab<\/p>\n\n\n\n<p>-\u00ab\u00a0Pouvez-vous me passer mademoiselle di St\u00e9phano, je vous prie ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La voix du d\u00e9tective est suffisamment persuasive pour que la secr\u00e9taire h\u00e9site \u00e0 refuser, d&rsquo;autant qu&rsquo;elle sait que l&rsquo;homme, qui a pris soin de se pr\u00e9senter, est \u00ab\u00a0en affaire\u00a0\u00bb avec la tigresse qui lui sert de patronne. Mais elle a des consignes, et les transgresser \u00e9quivaut ici \u00e0 un licenciement pour faute professionnelle. Elle r\u00e9pond, sans trop se mouiller, qu&rsquo;elle va v\u00e9rifier si mademoiselle di St\u00e9phano est \u00e0 son bureau. Quel\u00adques instants plus tard, la voix grave de la chroniqueuse inter\u00adrompt \u00ab\u00a0la lettre \u00e0 Elise\u00a0\u00bb qui fait office de musique d&rsquo;attente, ponctu\u00e9e comme il se doit dans une maison s\u00e9rieuse de messages en anglais et en fran\u00e7ais destin\u00e9s \u00e0 entretenir la patience du correspondant.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Je vous \u00e9coute.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Nous avons des nouvelles de nos amis de France.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je me doute que si vous appelez, ce n&rsquo;est pas pour me parler d&rsquo;art ! Alors ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Le conseil juridique de mademoiselle Monplaisir demande la possibilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9tudier les termes du texte qui doit la garantir contre toute action ult\u00e9rieure de notre part.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Vous m&rsquo;avez bien affirm\u00e9 que quel que soit la teneur de cette lettre, nous pouvions faire valoir devant un tribunal cana\u00addien qu&rsquo;elle nous avait \u00e9t\u00e9 extorqu\u00e9e en \u00e9change d&rsquo;un docu\u00adment primordial nous appartenant, et que, par cons\u00e9quent, elle ne nous engageait \u00e0 rien, non ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est en effet ce que je vous ai dit.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Alors, o\u00f9 est le probl\u00e8me ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Il n&rsquo;y a pas, \u00e0 proprement parler, de probl\u00e8me. Mais \u00e0 mon avis, ils cherchent \u00e0 gagner du temps.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je ne suis pas \u00e0 quelques jours pr\u00e8s. Communiquez-leur la lettre, et reculons notre ultimatum de quarante-huit heures.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Nous ferons comme vous le d\u00e9ciderez. Toutefois&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Quoi ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je pense que vous faites une erreur.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Et pourquoi, je vous prie ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; D&rsquo;abord, parce que si nous c\u00e9dons, ils vont vraisembla\u00adblement demander \u00e0 n\u00e9gocier certains termes du contrat, et ce n&rsquo;est plus un d\u00e9lai de quarante-huit heures, mais plut\u00f4t une r\u00e9mission de plusieurs jours, pour ne pas dire de deux semai\u00adnes, qu&rsquo;ils sont ainsi capables d&rsquo;obtenir.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Quelle importance, si nous obtenons ce que nous voulons.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; On cherche rarement \u00e0 gagner du temps pour le plaisir de faire tra\u00eener les choses, mademoiselle.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Que voulez-vous dire par l\u00e0 ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; S&rsquo;ils tergiversent ainsi, c&rsquo;est, \u00e0 mon avis, qu&rsquo;ils ont pr\u00e9par\u00e9 une contre-attaque, et qu&rsquo;ils tentent de trouver le temps n\u00e9cessaire \u00e0 sa mise en \u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Pas b\u00eate. Quoique je n&rsquo;imagine pas ce qu&rsquo;ils ont pu concocter. Vous avez une id\u00e9e, vous ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Pas la moindre, mais je dispose d&rsquo;assez peu d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Allons donc ! Vous en savez autant que moi. Sinc\u00e8re\u00adment, je crois que vous vous trompez.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est possible, mademoiselle, ma remarque n&rsquo;est, apr\u00e8s tout, dict\u00e9e que par une exp\u00e9rience de trente ans.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Allons, mon cher, ne prenez pas la mouche. Vous savez que je vous fais pleinement confiance pour g\u00e9rer cette affaire comme vous le jugez bon.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Que d\u00e9cidons-nous, alors ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Que pensez-vous de l&rsquo;id\u00e9e qui consisterait \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 leur d\u00e9sir, en annon\u00e7ant n\u00e9anmoins que les termes de la lettre ne sont pas n\u00e9gociables ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je pense que \u00e7a va leur mettre la puce \u00e0 l&rsquo;oreille, et qu&rsquo;ils vont chercher un pi\u00e8ge dans notre r\u00e9daction.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Nous sommes tranquilles, puisqu&rsquo;il n&rsquo;y en a pas. A ce stade l\u00e0 du moins.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est vrai, mais nous sommes les seuls \u00e0 le savoir.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Que pr\u00e9conisez-vous, en ce cas ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je pense qu&rsquo;il faut refuser, et en profiter pour donner un tour de vis, afin de les faire c\u00e9der le plus rapidement possible. Le fait qu&rsquo;ils cherchent \u00e0 n\u00e9gocier tend \u00e0 prouver qu&rsquo;ils sont pr\u00eats \u00e0 se rendre.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Il ne faut pas \u00eatre grand clerc pour imaginer qu&rsquo;une position aussi ferme peut les inciter \u00e0 se m\u00e9fier encore davan\u00adtage. Je pense qu&rsquo;il nous faut trouver un moyen terme.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est \u00e0 dire ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Vous m&rsquo;avez bien dit que votre correspondant \u00e0 quel\u00adques contacts int\u00e9ressants avec la police fran\u00e7aise, non ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Avec le minist\u00e8re de l&rsquo;int\u00e9rieur, en l&rsquo;occurrence, oui.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Voici mon id\u00e9e. D&rsquo;une part, nous d\u00e9clarons \u00eatre pr\u00eats \u00e0 leur livrer le papier, afin qu&rsquo;ils l&rsquo;\u00e9tudient, et \u00e0 n\u00e9gocier avec eux d&rsquo;\u00e9ventuelles modifications. D&rsquo;autre part, votre coll\u00e8gue parisien actionne son contact, afin de leur envoyer un coup de semonce. Qu&rsquo;en dites-vous ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; L&rsquo;id\u00e9e me semble int\u00e9ressante, mademoiselle, mais il y a un risque.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Lequel ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; La police fran\u00e7aise pourrait ne pas comprendre la notion de coup de semonce, ce qui aurait pour effet de pr\u00e9cipiter l&rsquo;expulsion de mademoiselle Monplaisir.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Alors \u00e7a, je vais vous dire franchement que je n&rsquo;en ai strictement rien \u00e0 faire. Au contraire. Plus le coup sera rude, et plus ils deviendront souples.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; A moins qu&rsquo;ils ne d\u00e9cident de garder les carnets tant qu&rsquo;elle ne sera pas rentr\u00e9e en France.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je pense sinc\u00e8rement qu&rsquo;ils chercheront \u00e0 lui permettre de quitter le Canada dans les d\u00e9lais les plus brefs, et pour ce faire, il faudra bien qu&rsquo;ils c\u00e8dent. Croyez-vous r\u00e9ellement qu&rsquo;elle ait envie de t\u00e2ter de la prison ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Non, sans doute, vous avez raison. Je vais faire le n\u00e9cessaire en ce sens.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est parfait. Tenez-moi au courant s&rsquo;il y avait quelque chose de nouveau.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je n&rsquo;y manquerai pas. Bonsoir mademoiselle.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Bonsoir !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 la fin de l&rsquo;apr\u00e8s-midi de son deuxi\u00e8me jour de voyage, et Jacques erre dans les rue de Qu\u00e9bec au volant de son paquebot \u00e0 roulettes, \u00e0 la recherche de la maison des Cl\u00e9menceau. Il s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 tromp\u00e9 deux fois, et n&rsquo;est plus tr\u00e8s s\u00fbr de sa position. Le plan et les explications fournis par Oc\u00e9ane ne sont pas en cause, mais le grand homme est pr\u00e9occup\u00e9, et ne se concentre pas assez sur sa navigation. Il ressasse sans cesse sa d\u00e9ception du matin. Tout s&rsquo;est pourtant aussi bien pass\u00e9 que possible, compte tenu de la situation, et ses interlocuteurs ont \u00e9t\u00e9 charmants, compr\u00e9hensifs, et pleins de bonne volont\u00e9. Mais comment a-t-il pu n\u00e9gliger un \u00e9l\u00e9ment aussi important du syst\u00e8me ? Et surtout, comment faire pour rattraper la chose, si c&rsquo;est encore possible ? Il a beau retourner le probl\u00e8me dans tous les sens, il tombe syst\u00e9matiquement sur une impasse, sentiment d&rsquo;autant plus d\u00e9sagr\u00e9able qu&rsquo;il l&rsquo;\u00e9prouve pour la deuxi\u00e8me fois en bien peu de temps. A l&rsquo;issue du d\u00e9jeuner, qu&rsquo;il a quand m\u00eame tenu \u00e0 offrir \u00e0 la petite bande, il serait bien retourn\u00e9 directement \u00e0 Montr\u00e9al, pour sauter dans le premier avion, et discuter de l&rsquo;affaire avec le vieux notaire. Mais il a promis de faire cette visite de courtoisie aux amis d&rsquo;Oc\u00e9ane, et bien que \u00e7a ne l&rsquo;amuse pas, il ne lui viendrait m\u00eame pas \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de remettre le rendez-vous. Il tombe soudain sur un grand magasin que la jeune canadienne a port\u00e9 sur le plan comme point de rep\u00e8re. A partir de l\u00e0, il ne lui faut que quelques instants pour parquer la voiture, sortir de l&rsquo;arri\u00e8re le bouquet qu&rsquo;il a fait livrer \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel, et s&rsquo;engager au c\u0153ur d&rsquo;un jardin japonais jusqu&rsquo;\u00e0 la porte de la demeure des Cl\u00e9menceau. Vous verrez, lui avait dit Oc\u00e9ane. Ils sont un peu originaux, mais se sont des gens charmants. Pour ce qui est de l&rsquo;origina\u00adlit\u00e9, le grand homme est servi. La porte d&rsquo;entr\u00e9e ne pr\u00e9sente aucune asp\u00e9rit\u00e9, ni poign\u00e9e, ni verrou, ni m\u00eame de gonds apparents. Seul, un gros heurtoir verd\u00e2tre en forme de crapaud en occupe le haut du panneau. Comme il ne semble pas y avoir de sonnette, Jacques saisit l&rsquo;animal, avec l&rsquo;intention de le lever pour le laisser retomber sur l&rsquo;huis. Ce simple mouvement provoque alors une sorte de coassement, et la porte, sans bruit, s&rsquo;efface presque aussit\u00f4t dans le mur. Derri\u00e8re se tient une femme encore jeune, v\u00eatue d&rsquo;une longue robe mod\u00e8le \u00ab\u00a0Katmandou 1972\u00a0\u00bb. Elle lui tend la main pour l&rsquo;inviter \u00e0 entrer.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Je vois que vous avez fait connaissance avec le Tigre. C&rsquo;est le nom que Georgie a donn\u00e9 \u00e0 son crapaud, mais il serait trop long d&rsquo;expliquer pourquoi. Vous \u00eates Jacques, n&rsquo;est-ce pas\u00b0? Bonsoir, je suis St\u00e9phanie Cl\u00e9menceau. Entrez, et donnez-moi votre veste. Je vais vous d\u00e9barrasser des fleurs, aussi. Elles sont vraiment magnifiques. Il para\u00eet que dans ces cas-l\u00e0, il faut bredouiller qu&rsquo;il ne fallait pas. Ben moi je vous le dis, \u00e7a me fait bien plaisir. Allez venez, suivez-moi.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Abasourdi par la vivacit\u00e9 et la familiarit\u00e9 de la jeune femme, Jacques la suit dans la maison sans m\u00eame avoir prononc\u00e9 un mot. Elle l&rsquo;introduit dans une vaste pi\u00e8ce \u00e0 vivre, au milieu de laquelle est dress\u00e9e une table basse. A c\u00f4t\u00e9, un vieil homme semble dormir dans un rocking-chair qui oscille doucement. Un gros chat noir est lov\u00e9 en boule sur ses genoux. La jeune femme reprend \u00e0 voix basse.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Je vous pr\u00e9sente Georgie, mon mari. Il ne va pas trop fort, en ce moment, alors, si vous n&rsquo;y voyez pas d&rsquo;inconv\u00e9nient, je pr\u00e9f\u00e8re le laisser somnoler un peu. Vous ferez connaissance plus tard.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Comme Jacques acquiesce, toujours silencieux, Steph poursuit :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Je n&rsquo;\u00e9tais pas s\u00fbre que vous resteriez d\u00eener, alors j&rsquo;ai pr\u00e9vu un ap\u00e9ritif copieux. Vous connaissez les tapas ? Moi, j&rsquo;en raffole, mais je n&rsquo;ai plus gu\u00e8re d&rsquo;app\u00e9tit quand il s&rsquo;agit de passer \u00e0 table ensuite. Enfin, on va toujours commencer avec \u00e7a, et apr\u00e8s, on improvisera au besoin. Tenez, mettez-vous l\u00e0,\u00a0\u00bb conclut-elle en lui d\u00e9signant un fauteuil bas. \u00ab\u00a0Qu&rsquo;est-ce que je vous sers ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Jacques a opt\u00e9 pour un bourbon allong\u00e9. Une fois le service fait, l&rsquo;h\u00f4tesse s&rsquo;assied par terre, aux pieds de Georgie toujours endormi, et incite son invit\u00e9 \u00e0 grignoter \u00e0 son rythme. Puis elle lui demande des nouvelles d&rsquo;Oc\u00e9ane, et des explica\u00adtions sur l&rsquo;affaire en cours. Jacques, bien que d&rsquo;un naturel m\u00e9fiant et r\u00e9serv\u00e9, est vite mis \u00e0 l&rsquo;aise par la chaleur qui \u00e9mane de la jeune femme, et qui s&rsquo;exprime dans chaque d\u00e9tail de la maison. Alors il raconte toute l&rsquo;histoire, depuis l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;Oc\u00e9ane au Manoir, jusqu&rsquo;\u00e0 son d\u00e9barquement \u00e0 Montr\u00e9al, la veille. Puis il en arrive \u00e0 sa r\u00e9union du matin.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0&#8211; Vous comprenez, St\u00e9phanie, les carnets de Jonathan contiennent les noms et les coordonn\u00e9es des gens qui faisaient v\u00e9ritablement les visites des expositions quand il s&rsquo;en occupait, et, par chance, ce sont toujours les m\u00eames person\u00adnes. Oc\u00e9ane les a contact\u00e9s par t\u00e9l\u00e9phone, et leur a propos\u00e9 de me rencontrer afin de parler un peu de toute cette histoire. Ils ont tous accept\u00e9, mais en les interrogeant plus avant, Oc\u00e9ane s&rsquo;est vite rendue compte que chacun ignorait l&rsquo;exis\u00adtence des autres. De fait, ils s&rsquo;\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9s, pour la plupart, au hasard de leurs activit\u00e9s, mais ils ne savaient pas qu&rsquo;ils faisaient ainsi partie d&rsquo;un v\u00e9ritable r\u00e9seau. Je les ai donc rencontr\u00e9s ce matin, tous les six. Ce sont trois gar\u00e7ons et trois filles, qui tous fournissaient des comptes-rendus de visite \u00e0 Jonathan, qui r\u00e9digeait, \u00e0 partir de ces notes vari\u00e9es, une chronique homog\u00e8ne que Dali di St\u00e9phano n&rsquo;avait plus qu&rsquo;\u00e0 signer.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mais quelle \u00e9tait votre id\u00e9e, en venant jusqu&rsquo;ici pour les rencontrer ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est assez simple. Quand nous avons d\u00e9cid\u00e9 de rendre \u00e0 mademoiselle di St\u00e9phano la monnaie de sa pi\u00e8ce, j&rsquo;ai d&rsquo;abord pens\u00e9 envoyer des photocopies des carnets \u00e0 son journal, ainsi qu&rsquo;\u00e0 un certain nombre d&rsquo;autres publications qu\u00e9b\u00e9coises, accompagn\u00e9es d&rsquo;un texte expliquant tout le syst\u00e8me. Je pensais ainsi la r\u00e9duire \u00e0 n\u00e9ant, et faire du m\u00eame coup cesser ses attaques \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard d&rsquo;Oc\u00e9ane.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00c7a n&rsquo;aurait jamais march\u00e9. Vous ne vous rendez pas compte de ce qu&rsquo;elle p\u00e8se, ici, dans la presse. Avant de r\u00e9ussir un tour pareil, il faudrait obtenir la confiance d&rsquo;un journaliste qui n&rsquo;aurait pas peur de s&rsquo;attaquer \u00e0 un morceau pareil. Quant \u00e0 son propre journal, je pense qu&rsquo;il l&rsquo;aurait soutenue. Cette chronique est un must qui leur apporte un grand nombre de lecteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est \u00e0 peu de choses pr\u00e8s ce que m&rsquo;a dit Oc\u00e9ane. En France, \u00e7a aurait sans doute march\u00e9. Il y tra\u00eene en effet une certaine cat\u00e9gorie de journalistes qui fait ses choux gras d&rsquo;histoires de ce genre.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ben moi je crois que m\u00eame en France, vous auriez eu du mal. Parce que m\u00eame les b\u00eates les plus immondes se jettent rarement sur les animaux de leur race.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Vous avez peut-\u00eatre raison. Quoi qu&rsquo;il en soit, nous avons chang\u00e9 de tactique, et d\u00e9cid\u00e9 que, pour d\u00e9truire Dali di St\u00e9phano au sein m\u00eame de son journal, il fallait r\u00e9unir deux conditions. Premi\u00e8rement, qu&rsquo;elle ne soit plus en mesure de livrer ses chroniques. Deuxi\u00e8mement, que quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre se mette \u00e0 le faire \u00e0 sa place. C&rsquo;est comme cela que nous avons eu l&rsquo;id\u00e9e du Cartel.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Le Cartel ? Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Un cartel est le r\u00e9sultat d&rsquo;une concentration horizontale d&rsquo;entreprises de m\u00eame nature, r\u00e9alis\u00e9e dans le but de mettre en commun tout ou partie de leurs activit\u00e9s. J&rsquo;ai trouv\u00e9 que dans le cas pr\u00e9sent, le terme convenait parfaitement. Et puis, \u00e7a sonne bien, non ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; D&rsquo;accord, \u00e7a sonne pas mal. Mais alors, votre id\u00e9e, c&rsquo;\u00e9tait quoi ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est tout b\u00eate. Nous avons d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;essayer de convaincre les n\u00e8gres de Dali de constituer une association officielle, et de livrer leurs travaux officiellement, sous une signature commune qui aurait pu \u00eatre Cartel, justement. Mais \u00e7a n&rsquo;a pas march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Pourquoi, ils n&rsquo;ont pas voulu vous suivre ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Au contraire, ils ont trouv\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e tr\u00e8s int\u00e9ressante, et l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre reconnu pour leur travail leur a plu tout autant que l&rsquo;id\u00e9e de gagner, enfin, d\u00e9cemment leur vie.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Alors, o\u00f9 est le probl\u00e8me ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est Jonathan, le probl\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mais, Jacques&#8230; Jonathan est mort \u00e7a fait trois ans, maintenant.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je vous en prie, St\u00e9phanie, ne me regardez pas avec cet air effar\u00e9. Je ne suis pas devenu fou. Quand je dis que le probl\u00e8me c&rsquo;est Jonathan, c&rsquo;est bien s\u00fbr justement de sa dispa\u00adrition, que je veux parler.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je ne comprends pas.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je ne peux pas vous en vouloir, j&rsquo;ai mis moi-m\u00eame assez de temps \u00e0 comprendre, alors que j&rsquo;avais toutes les donn\u00e9es sous les yeux. Suivez-moi. Quand Jonathan, paresseux, mais intelligent, met son syst\u00e8me au point, il y a quatre ou cinq ans, \u00e0 peu pr\u00e8s, il n&rsquo;a aucune confiance en Dali. Il monte donc son affaire sur le mod\u00e8le de certains r\u00e9seaux de r\u00e9sistance, ou de terrorisme, en imposant un cloisonnement tr\u00e8s strict. Personne ne conna\u00eet personne, et r\u00e9ciproquement. Non seulement les autres ne se connaissaient pas entre eux, mais ils ignoraient m\u00eame \u00eatre plusieurs, et ne connaissaient pas plus la destina\u00adtion de leur travail, tant la r\u00e9daction qu&rsquo;en faisait Jo modifiait l&rsquo;apparence de leurs notes. A sa mort, tout a failli dispara\u00eetre, bien \u00e9videmment. C&rsquo;est alors que Dali di St\u00e9phano a r\u00e9ussi \u00e0 mettre la main sur les carnets, dont je suppose qu&rsquo;elle connais\u00adsait l&rsquo;existence. Et elle a pu ainsi remonter le r\u00e9seau, et pren\u00addre l&rsquo;affaire \u00e0 son compte.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je ne vois toujours pas o\u00f9 le b\u00e2t blesse.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est que vous ignorez encore un d\u00e9tail, alors que je n&rsquo;ai m\u00eame pas cette excuse. Dali est incapable d&rsquo;\u00e9crire elle-m\u00eame ses chroniques, quand bien m\u00eame on lui fournirait les meilleurs comptes-rendus d&rsquo;expositions possibles.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est donc&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Que quelqu&rsquo;un a remplac\u00e9 Jonathan dans le syst\u00e8me, et que cette personne, homme ou femme, est un \u00e9l\u00e9ment irrem\u00adpla\u00e7able de l&rsquo;organisation puisque c&rsquo;est elle qui donne son style aux chroniques.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Et cette personne&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Seule Dali la conna\u00eet. Voil\u00e0, vous avez tout compris. C&rsquo;est rat\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ne jetez pas l&rsquo;\u00e9ponge si vite, il y a peut-\u00eatre un moyen de la retrouver.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; J&rsquo;y pense depuis la fin de la matin\u00e9e. Mais comment voulez-vous faire ? Nous n&rsquo;avons que tr\u00e8s peu de moyens, et il s&rsquo;agit de trouver quelqu&rsquo;un dont nous ne connaissons ni l&rsquo;\u00e2ge, ni le sexe, ni l&rsquo;apparence physique.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Il doit bien rencontrer Dali de temps en temps, il n&rsquo;y a qu&rsquo;\u00e0 la suivre.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ce n&rsquo;est m\u00eame pas s\u00fbr. Ils peuvent utiliser le t\u00e9l\u00e9phone, un fax, ou tout simplement le courrier. Si nous avions les moyens d&rsquo;investigation de la police, et du temps, nous pour\u00adrions y parvenir, mais l\u00e0, je ne vois vraiment aucune solution.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est Jean Valjean, votre type !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;un m\u00eame mouvement, Steph et Jacques se sont tourn\u00e9s vers le vieil homme, qui semble maintenant parfaitement r\u00e9veill\u00e9, et dit de nouveau :<\/p>\n\n\n\n<p>-\u00ab\u00a0Votre type, l\u00e0, c&rsquo;est Jean Valjean.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Jacques, de peur de contrarier l&rsquo;homme qu&rsquo;il sait malade, acquiesce gentiment.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0Oui monsieur Cl\u00e9menceau. C&rsquo;est un peu comme Jean Valjean. Il appara\u00eet au moment o\u00f9 l&rsquo;on s&rsquo;y attend le moins, mais dans notre cas, il ne r\u00e9sout pas le probl\u00e8me, bien au contraire.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Vous me croyez plus d\u00e9bile que je ne le suis r\u00e9ellement, jeune homme. D&rsquo;abord, appelez-moi Georgie, comme tout le monde. Ensuite, \u00e9coutez bien ce que je vous dis. J&rsquo;ai \u00e9cout\u00e9 toute votre histoire, l&rsquo;air de rien. Et je vous le r\u00e9p\u00e8te, le type que vous cherchez, car c&rsquo;est un gars, s&rsquo;appelle Jean Valjean. J&rsquo;en mettrais ma main au feu.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Jean ! Mais, comment le sais-tu ?\u00a0\u00bb interroge St\u00e9phanie, interlo\u00adqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Je ne le sais pas, je le suppose. Je ne connais qu&rsquo;une seule personne capable de rivaliser avec Jonathan dans la mani\u00e8re de r\u00e9diger une critique d&rsquo;art, et c&rsquo;est lui. C&rsquo;est un de mes anciens \u00e9l\u00e8ves. Jo et lui s&rsquo;aimaient bien, ils partageaient la m\u00eame vision de l&rsquo;art, et discutaient souvent ensemble. Il est tout \u00e0 fait possible qu&rsquo;il ait ainsi pu rencontrer Dali. Je pense m\u00eame que si une seule personne, \u00e0 part moi, savait ce que faisait exactement Jonathan, c&rsquo;est Jean. \u00c7a m&rsquo;\u00e9tonnerait qu&rsquo;il existe, \u00e0 Qu\u00e9bec, un autre type capable de coller d&rsquo;aussi pr\u00e8s au style de Jo. Pour moi, c&rsquo;est lui, \u00e7a ne fait aucun doute. Et puis, on ne risque rien \u00e0 le rencontrer, pas vrai.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Parce que vous savez o\u00f9 il vit ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ben dame ! Qu&rsquo;est ce que vous croyez. Jonathan n&rsquo;est pas le seul \u00e0 avoir des carnets. J&rsquo;ai gard\u00e9 les adresses de tous mes bons \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Il faut l&rsquo;appeler tout de suite.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Vous ne pourrez pas le joindre ce soir, \u00e0 mon avis. Il doit d\u00e9j\u00e0 \u00eatre sorti. Demain peut-\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; D&rsquo;accord. Nous essayerons demain. Je vais prendre les dispositions n\u00e9cessaires pour rester encore le temps qu&rsquo;il faudra. Pourrez-vous l&rsquo;appeler vous-m\u00eame, Georgie ? Moi, il ne me conna\u00eet pas.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Georgie a d\u00e9j\u00e0 oubli\u00e9, et s&rsquo;est rendormi, le chat sur les genoux. Doucement, St\u00e9phanie s&rsquo;est lev\u00e9e, et a pris la main de Jacques pour le raccompagner. Sur le pas de la porte, elle lui promet :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Appelez-moi demain, en milieu de matin\u00e9e, je connais bien Jean, je vous obtiendrai un rendez-vous. Allez-y maintenant, il faut que j&rsquo;aille coucher Georgie.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Merci beaucoup St\u00e9phanie. Vous me rendez l&rsquo;espoir.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Bonsoir Jacques.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Bonne nuit St\u00e9phanie.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>chapitre 22 cartel L&rsquo;Airbus se pose en douceur sur le tarmac. C&rsquo;est \u00e0 peine si, de l&rsquo;int\u00e9rieur, les passagers ont per\u00e7u la l\u00e9g\u00e8re secousse qui marque la prise de contact entre les roues et la piste. 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