{"id":1852,"date":"2024-08-02T14:20:22","date_gmt":"2024-08-02T12:20:22","guid":{"rendered":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1852"},"modified":"2024-08-02T14:20:23","modified_gmt":"2024-08-02T12:20:23","slug":"les-carnets-de-jonathan-chapitre-20","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1852","title":{"rendered":"Les Carnets de Jonathan &#8211; chapitre 20"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>chapitre 20<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>conseils de guerre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La bouteille de champagne est termin\u00e9e. Marie, un peu gaie, encaisse maintenant la nouvelle distribution des r\u00f4les au Manoir avec une joie qui s&rsquo;exprime par une volubilit\u00e9 inhabituelle chez elle. D&rsquo;un coup, elle voudrait tout r\u00e9volutionner. Plus question de prendre les repas dans la cuisine, on va remettre en branle le grand tralala, apr\u00e8s avoir a\u00e9r\u00e9 la salle \u00e0 manger, qui commence \u00e0 sentir la poussi\u00e8re. On va ressortir les nappes et l&rsquo;argenterie, r\u00e9guli\u00e8rement entretenue en pure perte depuis si longtemps. Il faut qu&rsquo;elle se replonge dans ses livres de cuisine, depuis qu&rsquo;elle ne fait plus \u00e0 manger que pour nourrir, elle a s\u00fbrement oubli\u00e9 des tas de choses essentielles. C&rsquo;est qu&rsquo;on se rouille, \u00e0 ne rien faire. Toute \u00e0 son agitation et en essuyant furtivement une larme de-ci, de-l\u00e0, elle en arrive m\u00eame \u00e0 sermonner monsieur Jacques de leur avoir tu une si grande nouvelle. Ainsi donc, mademoiselle C\u00e9cilia est la fille de monsieur Jonathan. \u00c7a ne l&rsquo;\u00e9tonne pas, \u00e0 vrai dire, une si jolie et gentille petite. Puis elle change de cible, et prend son \u00e9poux \u00e0 parti :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00bb Quand m\u00eame, Maurice, je te l&rsquo;avais bien dit qu&rsquo;on nous cachait quelque chose, et que la petite elle a un air de famille avec madame Martine. Je l&rsquo;avais vu tout de suite, monsieur Jacques, mais Maurice, il ne voulait rien savoir ! Pas vrai, Maurice ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Maurice est, avant tout, un brave homme. Il ne lui vien\u00addrait pas \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de pr\u00e9tendre qu&rsquo;au contraire, c&rsquo;est lui qui le premier a tout devin\u00e9, gr\u00e2ce, justement \u00e0 cette ressemblance qui s&rsquo;affirme maintenant sans contraintes. Puisque Marie veut qu&rsquo;il en soit ainsi, tout est dit. Il se contente de hocher la t\u00eate, paisiblement heureux, d\u00e9tendu autant par le champagne que par l&rsquo;\u00e9pilogue inattendu d&rsquo;une histoire qu&rsquo;il voyait jusque l\u00e0 bien mal partie, sans oser rien dire ni rien faire pour en changer le cours, prisonnier de sa nature de jardinier contemplatif. Il re\u00adgarde sa brave femme d&rsquo;\u00e9pouse avec une immense tendresse. Celle l\u00e0, pour rien au monde il n&rsquo;en changerait. Elle fera une grand-m\u00e8re parfaite pour la petite C\u00e9cilia, comme elle a su, jour apr\u00e8s jour, \u00eatre la meilleure des m\u00e8res pour ce garnement de Jonathan. La petite, justement, a d\u00e9sert\u00e9 les genoux de sa m\u00e8re, pendant que les grands d\u00e9gustaient leur champagne, pour terminer son petit d\u00e9jeuner. Elle n&rsquo;a pas compris grand-chose \u00e0 l&rsquo;histoire qu&rsquo;a racont\u00e9e Papy Jacques, puisqu&rsquo;il para\u00eet qu&rsquo;il lui faut l&rsquo;appeler ainsi. Apr\u00e8s tout, pourquoi pas. C&rsquo;est un vieux monsieur, non ? Elle a vaguement saisi qu&rsquo;on a parl\u00e9 de son Papa, mais elle ne se sent pas vraiment concern\u00e9e. C\u00e9cilia n&rsquo;\u00e9tant jamais all\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, ni dans une quelconque garderie, elle n&rsquo;a pas rencontr\u00e9 d&rsquo;autres enfants qui auraient pu mettre en \u00e9vidence ce manque qu&rsquo;elle ne per\u00e7oit que de fa\u00e7on tr\u00e8s diffuse pour l&rsquo;instant. Quant au reste du r\u00e9cit, il lui confirme que c&rsquo;est compliqu\u00e9, les histoires de grandes personnes, mais que celle-l\u00e0, au moins finit bien. Tout \u00e0 l&rsquo;heure, pendant que Papy Jacques parlait, elle a vu son ange arriver, alors elle lui a fait un grand sourire, mais pas trop grand, quand m\u00eame, pour que les autres ne le voient pas. C&rsquo;\u00e9tait sa fa\u00e7on \u00e0 elle de lui dire merci, tout en tenant sa promesse. Quand il est parti, elle a tent\u00e9 un clin d\u2019\u0153il. Mais elle n&rsquo;est pas encore au point, en ce domaine, malgr\u00e9 les conseils de Maurice. Pour l&rsquo;instant, elle ferme les deux yeux, en retroussant son petit nez. Ce n&rsquo;est pas grave, c&rsquo;est l&rsquo;intention qui compte. D&rsquo;ailleurs, il a compris, son ange, puisqu&rsquo;il lui a souri, avant de mettre son doigt devant sa bouche en faisant \u00ab\u00a0chut\u00a0\u00bb. C&rsquo;est s\u00fbr, elle ne dira rien. D&rsquo;abord, c&rsquo;est son ange \u00e0 elle toute seule. La preuve, les autres ne le voient m\u00eame pas ! Puis, comme seuls savent le faire les petits enfants, elle oublie dans la seconde la visite \u00e9clair de Jonathan pour terminer sa derni\u00e8re tartine, et engloutir le bol de chocolat presque ti\u00e8de maintenant. Ensuite, elle s&rsquo;essuie la bouche, roule soigneusement sa serviette dans son anneau, et profitant de l&rsquo;ambiance, descend de table sans demander la permission. Elle colle un gros baiser sonore sur la joue de sa maman, qui s&rsquo;en rend \u00e0 peine compte, absorb\u00e9e qu&rsquo;elle est par la discus\u00adsion, un autre sur le visage encore humide de Marie, en se demandant comment elle fait pour pleurer quand elle est heu\u00adreuse, et fait le tour de la table pour se hisser sur les genoux de son copain Maurice, \u00e0 qui elle chuchote, comme un secret, au creux de l&rsquo;oreille :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00bb Tu viens jouer dans le jardin ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le vieil homme la regarde avec son sourire de po\u00e8te, et acquiesce. Puis il se l\u00e8ve sans que les autres y prennent vraiment garde, tant il est discret de nature, et la menotte de la gamine au creux de sa main, s&rsquo;en va pousser l&rsquo;escarpolette.<\/p>\n\n\n\n<p>Jacques est remont\u00e9 comme un ressort de montre au sortir de l&rsquo;horlogerie. Assez de parlote, maintenant, il faut passer aux choses s\u00e9rieuses, et la cuisine n&rsquo;est pas le meilleur endroit pour travailler. Retour au bureau, donc, avec Oc\u00e9ane, pour mettre au point le plan de bataille. Puisqu&rsquo;ils veulent la guerre, ils l&rsquo;auront. Mais pas n&rsquo;importe comment. Sans \u00eatre un grand strat\u00e8ge, Jacques sait se servir de sa t\u00eate pour \u00e9viter les chausse-trappes. Il eut command\u00e9 \u00e0 Azincourt, jamais la chevalerie fran\u00e7aise n&rsquo;aurait \u00e9t\u00e9 aussi stupidement d\u00e9cim\u00e9e. Pour lui, foin du panache, l&rsquo;efficacit\u00e9 d&rsquo;abord. Par cons\u00e9quent, avant d&rsquo;agir, il convient de r\u00e9fl\u00e9chir, d&rsquo;analyser toutes les donn\u00e9es du probl\u00e8me, de trouver les failles dans l&rsquo;armure adverse, car il y a forc\u00e9ment des failles, et de concevoir le meilleur plan de bataille possible. C&rsquo;est donc \u00e0 un v\u00e9ritable conseil de guerre qu&rsquo;il convie la jeune femme.<\/p>\n\n\n\n<p>A peine a-t-il referm\u00e9e la porte du bureau qu&rsquo;il est d\u00e9j\u00e0 dans son fauteuil, laissant Oc\u00e9ane s&rsquo;installer seule. L&rsquo;heure n&rsquo;est plus \u00e0 la galanterie ! Pour tenir un conseil de guerre, il faut des conseillers. Un au moins, sans quoi le s\u00e9rieux de l&rsquo;affaire dispara\u00eet. Il appuie sur deux ou trois touches de son poste t\u00e9l\u00e9phonique, et celui-ci compose aussit\u00f4t le num\u00e9ro de ma\u00eetre Leclerc, incontournable chef d&rsquo;\u00e9tat-major de la petite arm\u00e9e. Avant m\u00eame que Jacques ait pu prononcer le moindre mot d&rsquo;introduction, le haut-parleur de la machine indique, d&rsquo;une voix peu am\u00e8ne, que l&rsquo;appel n&rsquo;est pas le bienvenu.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Ici le r\u00e9pondeur enregistreur de ma\u00eetre Leclerc. Monsieur me prie de vous dire qu&rsquo;il n&rsquo;a pas envie de r\u00e9pondre au t\u00e9l\u00e9phone maintenant. Si vous y tenez vraiment, vous pouvez toutefois lui laisser un message. Il ne l&rsquo;\u00e9coutera probablement pas, mais si \u00e7a peut vous soulager, n&rsquo;h\u00e9sitez pas, je suis l\u00e0 pour \u00e7a, et c&rsquo;est vous qui payez !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Oc\u00e9ane et Jacques se regardent avant d&rsquo;\u00e9clater de rire, ce qui provoque une r\u00e9action imm\u00e9diate \u00e0 l&rsquo;autre extr\u00e9mit\u00e9 de la ligne.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Peut-on savoir qui se pique d&rsquo;imiter ainsi un couple de baleines au comble de l&rsquo;hilarit\u00e9 ?\u00a0\u00bb fait la voix de ma\u00eetre Leclerc dans le haut-parleur.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Bonjour ma\u00eetre, c&rsquo;est Jacques.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tiens donc, vous \u00eates toujours vivant, vous ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Jacques ignore la mauvaise humeur de son ami. Apr\u00e8s tout, ne r\u00e9colte-t-il pas, ici aussi, les fruits amers de ses semailles ? Mais il n&rsquo;appelle pas l&rsquo;ex-notaire de province devenu homme d&rsquo;affaires parisien pour se justifier. Il y a bien mieux \u00e0 faire, d&rsquo;autant qu&rsquo;il conna\u00eet suffisamment le vieil homme pour savoir que celui-ci n&rsquo;a pas la rancune tenace. En quelques mots, il lui raconte son revirement, et la d\u00e9cision qu&rsquo;il a prise de consid\u00e9rer Oc\u00e9ane comme sa belle-fille, et de la soutenir contre vents et mar\u00e9es. Le r\u00e9sultat d&rsquo;une telle annonce ne tarde pas.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Jacques, mon ami, mettez le champagne au frais, je saute dans le premier train. Mieux m\u00eame, je viens en voiture, avant que vous ne changiez d&rsquo;avis.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Rassurez-vous, ma\u00eetre, je ne suis pas aussi lunatique que vous semblez le croire. Quant au champagne, vous arrivez trop tard. Mais j&rsquo;esp\u00e8re que nous aurons bient\u00f4t l&rsquo;occasion d&rsquo;en sabrer une bouteille \u00e0 notre victoire !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je l&rsquo;esp\u00e8re aussi. Franchement, mon ami, f\u00eater une telle nouvelle en petit comit\u00e9, c&rsquo;est mesquin. Surveillez-vous, Jacques, vous vieillissez !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Comme tout le monde, ma\u00eetre, comme tout le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tr\u00eave de plaisanterie, je suis tr\u00e8s heureux de cette d\u00e9\u00adcision, Jacques. Vous n&rsquo;imaginez pas comme elle me fait du bien.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tant mieux, tant mieux. Mais gardons les congratula\u00adtions pour plus tard. Nous avons du travail, ma\u00eetre Leclerc, et je vais avoir besoin de vos lumi\u00e8res, et surtout de vos connais\u00adsances en droit, pour dresser notre plan de contre-attaque.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; A la bonne heure ! Le grand Jacques se r\u00e9veille ! Etes-vous l\u00e0, Oc\u00e9ane ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Oui ma\u00eetre, bonjour.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Bonjour mon petit, vous avez raison. C&rsquo;est qu&rsquo;avec ce grand escogriffe, et ses mani\u00e8res de soudard, on n&rsquo;en oublie\u00adrait m\u00eame la politesse. Heureusement que vous \u00eates l\u00e0 pour nous rappeler \u00e0 nos devoirs. Comment allez-vous ma ch\u00e8re enfant ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; On ne saurait aller mieux, depuis ce matin, ma\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est parfait. Dites moi, en toute confidence : que lui avez-vous fait, pour qu&rsquo;il change aussi brutalement ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je n&rsquo;y suis pour rien, je vous l&rsquo;assure.\u00a0\u00bb Balbutie la jeune femme, en rosissant sous le regard de Jacques, qui ne peut s&#8217;emp\u00eacher de rabrouer le plaisantin :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Allons, ma\u00eetre, je vous en prie, un peu de s\u00e9rieux. Nous aurons largement le temps de rire quand cette affaire sera class\u00e9e, ne pensez-vous pas ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Si fait, mon ami, si fait. Je vous \u00e9coute. Que pr\u00e9conisez-vous ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Et bien voil\u00e0. Depuis notre derni\u00e8re conversation, j&rsquo;ai tourn\u00e9 et retourn\u00e9 tous les \u00e9l\u00e9ments qui composent l&rsquo;affaire afin d&rsquo;essayer de mettre au point une strat\u00e9gie, sans aucun succ\u00e8s. Quel que soit l&rsquo;angle d&rsquo;attaque utilis\u00e9, j&rsquo;aboutissais toujours \u00e0 la m\u00eame conclusion : la seule solution envisageable passait par la restitution pr\u00e9alable des carnets. Or, je suis aujourd&rsquo;hui d&rsquo;accord avec vous deux pour admettre que cette hypoth\u00e8se pr\u00e9sente plus d&rsquo;inconv\u00e9nients qu&rsquo;elle n&rsquo;offre d&rsquo;avantages, puisque, si j&rsquo;en crois la description qu&rsquo;Oc\u00e9ane fait de notre adversaire, le seul b\u00e9n\u00e9fice de l&rsquo;op\u00e9ration serait de gagner un peu de temps.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Jacques R\u00e9miniac marque alors une pause, comme s&rsquo;il voulait s&rsquo;assurer que son introduction s&rsquo;imprime correctement dans la m\u00e9moire de ses interlocuteurs. Oc\u00e9ane, silencieuse et attentive, ne le quitte pas des yeux, go\u00fbtant avec bonheur le ralliement du grand homme \u00e0 sa cause, ralliement tellement improbable hier encore, mais dont la solidit\u00e9 s&rsquo;exprime mainte\u00adnant par l&rsquo;utilisation inconsciente d&rsquo;expressions comme \u00ab\u00a0notre adversaire\u00a0\u00bb. Quant \u00e0 ma\u00eetre Leclerc, qui conna\u00eet son Jacques sur le bout des doigts, il prend bien garde de ne pas intervenir encore, respectant avec une bienveillance amus\u00e9e le go\u00fbt un peu enfantin de son cadet pour les effets d&rsquo;annonce. Satisfait de l&rsquo;attention ainsi marqu\u00e9e par son auditoire, Jacques reprend alors :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Quand on tourne en rond de cette mani\u00e8re, sans entre\u00advoir l&rsquo;ombre de la trace d&rsquo;une issue, c&rsquo;est, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, parce qu&rsquo;on se trompe d&rsquo;objectif. J&rsquo;\u00e9tais bloqu\u00e9 dans mon raisonnement parce que je cherchais le meilleur moyen de parer le coup lanc\u00e9 par nos adversaires. Et tout \u00e0 coup, je me suis dit que le coup en question n&rsquo;\u00e9tait pas mortel, et qu&rsquo;au lieu de chercher \u00e0 l&rsquo;\u00e9viter, il fallait porter le fer chez l&rsquo;ennemi, afin de le forcer \u00e0 faire machine arri\u00e8re, et \u00e0 nous ramener dans la situation initiale, voire mieux encore !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Jacques, mon ami,\u00a0\u00bb ne peut s&#8217;emp\u00eacher d&rsquo;intervenir le vieux notaire, \u00a0\u00bb j&rsquo;ai bien peur de n&rsquo;avoir plus l&rsquo;agilit\u00e9 intellec\u00adtuelle n\u00e9cessaire pour vous suivre dans la th\u00e9orie militaire. Pourriez-vous vous efforcer d&rsquo;\u00eatre plus clair, je vous prie ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; J&rsquo;y arrive, ma\u00eetre, j&rsquo;y arrive. Que cherchions \u00e0 faire, dans notre premi\u00e8re r\u00e9flexion ? Nous d\u00e9sirions arr\u00eater l&rsquo;affaire afin que cette fameuse plainte \u00e0 l&rsquo;encontre d&rsquo;Oc\u00e9ane ne soit pas d\u00e9pos\u00e9e, n&rsquo;est-ce pas&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Il est, il est.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Or, la seule fa\u00e7on d&rsquo;y parvenir est bel et bien de rendre les carnets.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Si vous le dites !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Donc, si nous ne rendons pas les carnets, la plainte sera effectivement d\u00e9pos\u00e9e, si tant est que nos adversaires ne bluffent pas.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ils ne bluffent pas\u00a0\u00bb, confirme Oc\u00e9ane, inqui\u00e8te de ne pas saisir le but poursuivi par le grand homme.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Pour l&rsquo;instant, mon cher Jacques, vous \u00e9galez La Palisse dans ses meilleurs jours. Je ne trouve rien de r\u00e9volutionnaire dans votre analyse,\u00a0\u00bb bougonne le notaire.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Je n&rsquo;ai aucunement l&rsquo;intention de faire la r\u00e9volution, mon cher ma\u00eetre, je place les pi\u00e8ces du puzzle. Car, arriv\u00e9 \u00e0 ce moment pr\u00e9cis, je vous pose la question suivante : que se passe-t-il ensuite ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est bien simple. Oc\u00e9ane ne peut retourner au Canada sans \u00eatre arr\u00eat\u00e9e, et elle ne peut pas non plus demeurer en France sans un titre de s\u00e9jour qu&rsquo;elle n&rsquo;obtiendra pas puisque la police de son pays la recherchera. L&rsquo;horreur, quoi.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est l\u00e0 que je ne suis pas d&rsquo;accord avec vous, ma\u00eetre. A mon avis, vous allez trop vite. Il faut un certain temps, pour mettre la justice en branle, que ce soit en France ou au Canada. Ce laps de temps peut-\u00eatre mis \u00e0 profit pour organiser une contre-attaque d&rsquo;une telle violence qu&rsquo;elle contraindra l&rsquo;adversaire \u00e0 retirer sa plainte pour ne pas \u00eatre d\u00e9truit.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Bon sang, mais c&rsquo;est bien s\u00fbr, comment n&rsquo;y ai-je pas pens\u00e9 tout seul ?\u00a0\u00bb ironise le vieux notaire, un zeste d&rsquo;acidit\u00e9 dans la voix. \u00ab\u00a0Sur le plan th\u00e9orique, Jacques, vous \u00eates imbat\u00adtable ! Il ne nous reste qu&rsquo;un probl\u00e8me \u00e0 r\u00e9soudre, mais il est si petit que je m&rsquo;en veux d&rsquo;oser en parler. Enfin, tant pis, je me lance : avec quoi on l&rsquo;organise, la contre-attaque ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Avec les carnets, parbleu !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Jacques, \u00a0\u00bb intervient \u00e0 son tour Oc\u00e9ane, \u00a0\u00bb je vous remercie sinc\u00e8rement de vous impliquer ainsi dans cette affaire, mais je vous l&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 dit, Dali est inattaquable par ce biais, puisqu&rsquo;elle tient les journaux, alors que nous n&rsquo;y connaissons personne. Nous ne r\u00e9ussirons jamais \u00e0 les convaincre, et m\u00eame si nous y parvenons, ils pr\u00e9f\u00e9reront la soutenir, afin d&rsquo;\u00e9viter de passer pour des complices.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est l\u00e0, ma ch\u00e8re Oc\u00e9ane, que je crois que vous vous trompez. Une fois encore, vous n&rsquo;attaquez pas le syst\u00e8me par le bon c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Et, quel est-il, le bon c\u00f4t\u00e9 du syst\u00e8me ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est celui qui ne poss\u00e8de pas de d\u00e9fense contre un agresseur ext\u00e9rieur, c&rsquo;est \u00e0 dire&#8230; l&rsquo;int\u00e9rieur !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Vous vous amusez sans doute beaucoup, \u00e0 parler ainsi par \u00e9nigmes, et je vous confirme que je suis tr\u00e8s heureux de vous savoir en pleine forme, et d&rsquo;humeur espi\u00e8gle, mon petit Jacques. Je serais pourtant ravi si vous vous faisiez moins sibyllin.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Jacques sourit, au meilleur de sa forme. Puis il explique lentement, et tr\u00e8s clairement, son plan \u00e0 ses deux amis. Ceux-ci passent tour \u00e0 tour par diff\u00e9rents sentiments, au cours de la d\u00e9monstration. Cela commence par la surprise, tant l&rsquo;id\u00e9e de Jacques est originale. puis par l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9, car elle parie, de fa\u00e7on peut-\u00eatre gratuite, sur les r\u00e9actions d&rsquo;autres personnes, pour finir par une adh\u00e9sion qui, si elle est indubitablement acquise, n&rsquo;en conserve pas moins un relent de pis-aller, ce qu&rsquo;exprime parfaitement le notaire, \u00e0 la fin de l&rsquo;expos\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Jacques, mon ami, il serait exag\u00e9r\u00e9 de pr\u00e9tendre que je crois dur comme fer que vous avez trouv\u00e9 LA solution au probl\u00e8me. Nous avons sans doute de fortes chances de nous planter, ce qui, il est vrai, nous ram\u00e8nera, au pire, dans la situation actuelle. En revanche, si \u00e7a marche, je clamerai sur les toits que vous \u00eates g\u00e9nial, et je crois pouvoir affirmer sans trop m&rsquo;avancer qu&rsquo;Oc\u00e9ane ira alors jusqu&rsquo;\u00e0 vous embrasser sur les deux joues. Pas vrai, princesse ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Oui sans doute, ma\u00eetre. Plus j&rsquo;y pense, et plus je crois que \u00e7a peut marcher. De toute fa\u00e7on, comme vous l&rsquo;avez si bien dit, si la probabilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9chec est importante, ses cons\u00e9\u00adquences sont n\u00e9gligeables sur l&rsquo;\u00e9volution d&rsquo;une situation qui ne saurait \u00eatre pire qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Alors, sans h\u00e9siter, je vote pour. Il ne reste qu&rsquo;\u00e0 se mettre au travail.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; La premi\u00e8re phase vous incombe, mon cher ma\u00eetre.\u00a0\u00bb Poursuit Jacques. \u00ab\u00a0A vous de jouer !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; D&rsquo;accord, puisque nous sommes tous pr\u00eats \u00e0 tenter l&rsquo;exp\u00e9rience, je vais de ce pas engager les hostilit\u00e9s. Je me pr\u00e9senterai au rapport sit\u00f4t ma mission accomplie, mon g\u00e9n\u00e9ral. A tout \u00e0 l&rsquo;heure.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le haut-parleur du t\u00e9l\u00e9phone \u00e9met une sorte de claque\u00adment, puis un bip intermittent qui indique que le correspondant a raccroch\u00e9. Jacques en fait autant, avant de s&rsquo;enqu\u00e9rir aupr\u00e8s de la jeune femme si la fum\u00e9e de pipe la d\u00e9range. Comme il le lui explique en effet, il r\u00e9fl\u00e9chit beaucoup mieux quand la chaudi\u00e8re est allum\u00e9e. Oc\u00e9ane ne voit pas d&rsquo;inconv\u00e9nient \u00e0 la chose, allant jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9ciser qu&rsquo;elle-m\u00eame, si elle \u00e9tait \u00e9quip\u00e9e d&rsquo;un fourneau adapt\u00e9, se laisserait aller \u00e0 go\u00fbter son odorant m\u00e9lange. La r\u00e9flexion de celle qu&rsquo;il consid\u00e8re maintenant comme un nouveau membre de sa famille est peut-\u00eatre dict\u00e9e par la politesse, mais elle n&rsquo;en allume pas moins un \u00e9clat particulier dans l\u2019\u0153il du grand homme. Il se l\u00e8ve, et va ouvrir l&rsquo;une des portes basses de la biblioth\u00e8que, d&rsquo;o\u00f9 il sort un petit paquet de forme parall\u00e9l\u00e9pip\u00e9dique, long d&rsquo;une vingtaine de centim\u00e8tres, sur cinq ou six de large, comme de haut. Il est habill\u00e9 d&rsquo;un papier cadeau tr\u00e8s ancien, orn\u00e9 d&rsquo;un ruban \u00e0 l&rsquo;or terni par le temps. Tr\u00e8s simplement, Jacques tend le paquet \u00e0 Oc\u00e9ane en lui disant :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Martine, mon \u00e9pouse, avait formul\u00e9 un v\u0153u similaire, il y a pr\u00e8s de trente ans. mais elle n&rsquo;a pas eu le temps de le mettre \u00e0 ex\u00e9cution. Maintenant que je sais que la chose vous tente, je trouverais d\u00e9solant que cette pipe reste vierge plus longtemps.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Vraiment, Jacques, je ne sais si &#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je vous en prie, cela me fait vraiment plaisir.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La jeune femme d\u00e9fait soigneusement le ruban, et \u00f4te le papier de couleur, pour d\u00e9couvrir un \u00e9crin de bois qui abrite une tr\u00e8s \u00e9l\u00e9gante pipe d&rsquo;\u00e9cume ouvrag\u00e9e, longue et fine, mani\u00adfestement dessin\u00e9e pour une main de femme. Jacques se fait professeur, et l&rsquo;initie aux plaisirs et aux rites du fourneau taba\u00adgique. Apr\u00e8s quelques essais infructueux, Oc\u00e9ane parvient \u00e0 tirer avec suffisamment de r\u00e9gularit\u00e9 sur le tuyau d&rsquo;ambre pour entretenir son foyer portable, \u00e0 la grande satisfaction de son ma\u00eetre es-calumet, qui en a compl\u00e8tement oubli\u00e9 son conseil de guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab<\/p>\n\n\n\n<p>Je les laisse tous les deux s&rsquo;enfumer de conserve, et remonte chercher un peu d&rsquo;air frais dans les limbes. Je n&rsquo;ai jamais support\u00e9 le tabac, ni aucune autre mati\u00e8re qui se fume, d&rsquo;ailleurs. Pendant notre br\u00e8ve p\u00e9riode de cohabitation, Oc\u00e9ane, qui consumait alors quotidiennement plus d&rsquo;un paquet de cigarettes, dont certaines ne contenaient d&rsquo;ailleurs pas que de l&rsquo;herbe \u00e0 Nicot, avait tout de m\u00eame r\u00e9ussi \u00e0 transformer ce qui n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une mauvaise, et trop fr\u00e9quente, habitude, en plaisir de sybarite en d\u00e9couvrant le cigare, dont elle se mit \u00e0 user avec autant de mod\u00e9ration que de d\u00e9lectation. J&rsquo;ai support\u00e9 la chose, sto\u00efque, estimant que son effort m\u00e9ritait d&rsquo;\u00eatre encourag\u00e9, et ce d&rsquo;autant que, compte tenu du climat de Qu\u00e9bec, il n&rsquo;est pas toujours \u00e9vident d&rsquo;aller prendre l&rsquo;air au moment choisi par le partenaire, en g\u00e9n\u00e9ral apr\u00e8s le repas du soir, pour sacrifier aux d\u00e9lices du havane. Tout ceci pour dire que, si son passage \u00e0 la pipe ne m&rsquo;\u00e9tonne donc pas, je ne vois pas pourquoi je ne profiterais pas de mes actuelles facilit\u00e9s de d\u00e9placement pour \u00e9viter de go\u00fbter avec elle \u00e0 cette fum\u00e9e d&rsquo;un nouveau genre.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne suis pas pleinement satisfait de la conversation \u00e0 laquelle je viens d&rsquo;assister. Je suis peut \u00eatre bien exigeant, mais, quand on tutoie l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, il devient normal de viser \u00e0 la perfection en toutes choses. Bien s\u00fbr, je suis oblig\u00e9 d&rsquo;admettre que le changement d&rsquo;attitude de mon cher Papa me comble d&rsquo;aise. Le voici qui abandonne son d\u00e9faitisme morbide pour r\u00e9int\u00e9grer le monde des vivants, ce qui est une bonne chose pour lui, mais aussi, bien \u00e9videmment, pour C\u00e9cilia, qui ne manquera de rien quoiqu&rsquo;il puisse maintenant arriver \u00e0 Oc\u00e9ane. Car c&rsquo;est l\u00e0, \u00e0 mon avis, que le b\u00e2t blesse. Le plan concoct\u00e9 par mon g\u00e9niteur est, \u00e0 son habitude, brillant autant qu&rsquo;original. Partant d&rsquo;une situation d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, il a trouv\u00e9 un moyen de contre-attaquer que n&rsquo;ont pas d\u00fb pr\u00e9voir les vilains cafards d&rsquo;outre-Atlantique, ce qui donnera au clan R\u00e9miniac l&rsquo;avantage de la surprise. Mais, car il y a un mais, si cette strat\u00e9gie r\u00e9sout le probl\u00e8me \u00e0 long terme, elle ne prot\u00e8ge pas mes deux canadiennes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es dans le tout proche avenir. Le visa d&rsquo;Oc\u00e9ane arrive \u00e0 expiration, et, pour peu que les choses tra\u00eenent un peu, elle se verra oblig\u00e9e de retourner \u00e0 Qu\u00e9bec, avec les d\u00e9sagr\u00e9ments que l&rsquo;on sait. J&rsquo;admets que cette question est la plus difficile \u00e0 r\u00e9soudre, et pourtant, je suis persuad\u00e9 qu&rsquo;il existe une solution. Une solution tellement \u00e9vidente que nous n&rsquo;arrivons pas \u00e0 la voir. Je sens que je tourne autour, mais sans arriver \u00e0 formuler ma pens\u00e9e. Comment faire pour \u00eatre s\u00fbr que, d\u00e9p\u00f4t de plainte ou pas, Oc\u00e9ane, et C\u00e9cilia par la m\u00eame occasion, puissent rester en France. En effet, il semble que l&rsquo;adversaire b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une introduction aupr\u00e8s des autorit\u00e9s canadiennes. Rien ne l&#8217;emp\u00eache donc, tout en n\u00e9gociant officiellement autour du fameux d\u00e9p\u00f4t de plainte, de retarder en douce la d\u00e9livrance d&rsquo;un nouveau visa, et d&rsquo;obliger ainsi mes prot\u00e9g\u00e9es \u00e0 un retour pr\u00e9matur\u00e9 en terre am\u00e9ricaine, ce qui fragiliserait l&rsquo;\u00e9quipe nouvellement constitu\u00e9e. J&rsquo;ai l&rsquo;impression que, dans leur euphorie, Oc\u00e9ane, Papa et ma\u00eetre Leclerc ont s\u00e9rieusement sous-estim\u00e9 la capacit\u00e9 de nuire de Dali. Je pense que je vais rester encore un moment roder au manoir, juste au cas o\u00f9.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb C&rsquo;est vraiment dommage que tu n&rsquo;aies pas amen\u00e9 deux camarades avec toi. On aurait pu faire un bridge.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tiens, Martine ! \u00c7a fait longtemps que tu es l\u00e0 ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Oh moi, tu sais, je vais, je viens. J&rsquo;ai suivi ton raisonne\u00adment, et je suis assez d&rsquo;accord avec ton analyse. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, admets quand m\u00eame que, quoi qu&rsquo;il puisse arriver, l&rsquo;heureuse conclusion de toute cette affaire n&rsquo;est plus qu&rsquo;une histoire de jours.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Que veux-tu dire ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est bien simple, de deux choses l&rsquo;une. Ou le plan de ton p\u00e8re fonctionne parfaitement, et le probl\u00e8me est r\u00e9gl\u00e9, ou il ne fonctionne qu&rsquo;imparfaitement, et ta petite amie est contrainte de retourner d&rsquo;o\u00f9 elle vient, pour une certaine dur\u00e9e. Mais, m\u00eame dans ce second cas de figure, elle y restera un ou deux ans, tout au plus. On ne condamne pas les gens \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 pour le vol d&rsquo;une paire de carnets, m\u00eame au Canada.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; L\u00e0, je te trouve un peu optimiste. S&rsquo;il y a proc\u00e8s, il se fera au chef de d\u00e9tournement de documents confidentiels, ce qui est plus s\u00e9rieux qu&rsquo;un simple vol de carnets. Dans le pire des cas, entre la dur\u00e9e du proc\u00e8s, celle de la proc\u00e9dure d&rsquo;appel, et en imaginant qu&rsquo;Oc\u00e9ane soit condamn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;issue de tout ce cirque, il y en a bien pour quatre ou cinq ans.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Il me semblait qu&rsquo;on pouvait n\u00e9gocier avec son adver\u00adsaire, devant le tribunal.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; A la condition expresse que l&rsquo;adversaire l&rsquo;accepte. Or, non seulement Dali est une teigne, mais elle sera rendue furieuse par l&rsquo;attaque qu&rsquo;elle va subir, et n&rsquo;aura de cesse de se venger, si cette agression ne la d\u00e9truit pas compl\u00e8tement.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Quand bien m\u00eame il en serait ainsi. Qu&rsquo;est-ce que cinq ann\u00e9es, dans l&rsquo;espace d&rsquo;une vie, si c&rsquo;est le prix \u00e0 payer pour avoir, enfin, le droit \u00e0 la tranquillit\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Merci pour elles, je pr\u00e9f\u00e8re les savoir heureuses tout de suite.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; En ce cas, retourne voir ton p\u00e8re, et dis lui que tu n&rsquo;es pas satisfait de sa g\u00e9niale proposition.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ben voyons. Pour qu&rsquo;on s&rsquo;engueule encore. J&rsquo;imagine d\u00e9j\u00e0 son discours : laisse donc les vivants s&rsquo;occuper des affai\u00adres de vivants, et essaie donc de gagner ton paradis, au lieu de venir nous ennuyer avec tes remarques d\u00e9faitistes !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tu n&rsquo;as sans doute pas tort de voir les choses ainsi. En revanche, lui aurait raison de te parler de la sorte. Jonathan, je te le r\u00e9p\u00e8te, cette affaire n&rsquo;est plus de ton ressort. Tu peux encore reprendre ton chemin vers la fusion. Mais si tu t&rsquo;acharnes ainsi \u00e0 vouloir r\u00e9genter l&rsquo;existence des vivants, tu finiras par te sentir indispensable, et ta vanit\u00e9 alors te perdras d\u00e9finitivement. Rappelle toi ce que je t&rsquo;ai dit : sois humble, mon fils.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00c9coute, je ne tiens pas \u00e0 intervenir dans leur vie. Je d\u00e9sire seulement \u00eatre compl\u00e8tement rassur\u00e9 sur le sort de ma femme et de ma fille avant d&rsquo;y aller. C&rsquo;est tout.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; On dit \u00e7a, et puis, de proche en proche, on ne peut s&#8217;emp\u00eacher d&rsquo;attendre encore un peu. Oc\u00e9ane, que je t&rsquo;entends avec surprise appeler \u00ab\u00a0ma femme\u00a0\u00bb et ta fille doivent vivre leur vie en ton absence, Jonathan. Elle conna\u00eetront des joies, que tu voudras partager, et des peines que tu voudras consoler&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est normal pour un p\u00e8re, et un mari, m\u00eame tardif, car j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 que finalement, j&rsquo;aurais \u00e9pous\u00e9 Oc\u00e9ane, \u00e0 mon retour \u00e0 Qu\u00e9bec, non ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est normal pour un mari ou un p\u00e8re vivant. Pas pour un d\u00e9funt, dont la place est confin\u00e9e aux souvenirs. Jonathan, l\u00e2che leur les baskets !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Quel vocabulaire, dans la bouche d&rsquo;une femme de ta g\u00e9n\u00e9ration ! Et puis, dis donc, pourquoi restes-tu, toi, dans ces conditions ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est \u00e7a, essaie donc de noyer le poisson, maintenant. Tu sais parfaitement que moi, je n&rsquo;interviens pas. Ton p\u00e8re ne sait m\u00eame pas que je l&rsquo;attends.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; J&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;entendre Jeannou. O.K., tu as raison. Je te promets que d\u00e8s que cette affaire sera vraiment r\u00e9gl\u00e9e, je m&rsquo;en irai.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je n&rsquo;en crois rien, mais je vais prier pour le repos de ton \u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Parce que \u00e7a marche ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Jonathan !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>chapitre 20 conseils de guerre La bouteille de champagne est termin\u00e9e. Marie, un peu gaie, encaisse maintenant la nouvelle distribution des r\u00f4les au Manoir avec une joie qui s&rsquo;exprime par une volubilit\u00e9 inhabituelle chez elle. D&rsquo;un coup, elle voudrait tout r\u00e9volutionner. 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