{"id":1835,"date":"2024-07-26T12:07:53","date_gmt":"2024-07-26T10:07:53","guid":{"rendered":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1835"},"modified":"2024-07-26T12:10:59","modified_gmt":"2024-07-26T10:10:59","slug":"les-carnets-de-jonathan-episode-19","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1835","title":{"rendered":"Les carnets de Jonathan &#8211; \u00e9pisode 19"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"1835\" class=\"elementor elementor-1835\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-197629ae e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"197629ae\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-68858814 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"68858814\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>chapitre 19<\/strong><\/p>\n\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>caf\u00e9 a la maison, et th\u00e9ologie ?<\/strong><\/p>\n\n<p>Martine ne me r\u00e9pond pas. Au bout d&rsquo;un moment, je r\u00e9it\u00e8re ma question :<\/p>\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Alors, Dieu, mythe, ou r\u00e9alit\u00e9 ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Comment peux-tu \u00eatre aussi sot pour oser une telle question ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Donc, il n&rsquo;existe pas !<\/p>\n\n<p>&#8211; Mais que vas-tu penser l\u00e0 ?<\/p>\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est \u00e9tonnant, j&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;entendre un j\u00e9suite.<\/p>\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est sans doute parce que ce sont eux qui, sur terre, s&rsquo;approchent le plus de la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n<p>&#8211; Et quelle est-elle, cette v\u00e9rit\u00e9 ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Que voudrais-tu qu&rsquo;elle soit ?<\/p>\n\n<p>&#8211; \u00c7a recommence. Tu te crois peut-\u00eatre beaucoup plus fine que Jeannou, mais j&rsquo;ai l&rsquo;impression que tu te fais des illu\u00adsions. Question enseignement th\u00e9ologique, elle et toi, c&rsquo;est suaire blanc et blanc linceul.<\/p>\n\n<p>&#8211; Ah ! C&rsquo;est fin \u00e7\u00e0, comme r\u00e9flexion ! Tu es un vrai gamin ! Je ne suis pas s\u00fbre du tout que tu sois pr\u00eat \u00e0 d\u00e9couvrir le Grand Myst\u00e8re, mon gar\u00e7on.<\/p>\n\n<p>&#8211; Et moi, je suis s\u00fbr d&rsquo;une chose, c&rsquo;est que tu n&rsquo;y connais rien, ce qui explique pourquoi tu r\u00e9ponds de mani\u00e8re si \u00e9va\u00adsive.<\/p>\n\n<p>&#8211; Ce n&rsquo;est pas tout \u00e0 fait exact.<\/p>\n\n<p>&#8211; Dans ce cas, je suis tout ou\u00efe. Donne-moi donc ma premi\u00e8re le\u00e7on de th\u00e9ologie post-mortem !<\/p>\n\n<p>&#8211; D&rsquo;accord. Premi\u00e8re le\u00e7on, la th\u00e9ologie n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec Dieu.<\/p>\n\n<p>&#8211; Ben voyons, nous commen\u00e7ons l\u00e0 par une \u00e9vidence, professeur !<\/p>\n\n<p>&#8211; Tu vois bien que tu n&rsquo;es pas pr\u00eat.<\/p>\n\n<p>&#8211; Je ne suis s\u00fbrement pas pr\u00eat, en effet, \u00e0 perdre mon temps \u00e0 \u00e9couter des aphorismes de ce genre, \u00e7a non !<\/p>\n\n<p>&#8211; \u00c7a n&rsquo;a rien d&rsquo;un aphorisme, je te l&rsquo;assure. Tiens, tentons une exp\u00e9rience. Donne-moi, sans r\u00e9fl\u00e9chir, une phrase qui te semble essentielle pour d\u00e9finir les rapports entre Dieu et les hommes.<\/p>\n\n<p>&#8211; Comme \u00e7a, \u00e0 br\u00fble-pourpoint ? Je ne sais pas moi.<\/p>\n\n<p>&#8211; Tu ne sais pas ! N&rsquo;as-tu jamais \u00e9t\u00e9 au cat\u00e9chisme ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Oh si, bien s\u00fbr, au grand d\u00e9sespoir de ce cher abb\u00e9 !<\/p>\n\n<p>&#8211; Tiens donc ! Il me semblait pourtant que tu \u00e9tais bon \u00e9l\u00e8ve, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n\n<p>&#8211; Disons que j&rsquo;avais le don de poser des questions imper\u00adtinentes.<\/p>\n\n<p>&#8211; Du genre ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Par exemple, je me souviens que lorsque nous avons parl\u00e9 du premier miracle de J\u00e9sus, changeant de l&rsquo;eau en vin aux noces de Cana, je lui avais demand\u00e9 de quel cru il s&rsquo;agis\u00adsait. Je devais avoir une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es alors, et Papa, pour se donner l&rsquo;impression qu&rsquo;il communiquait avec moi, s&rsquo;\u00e9tait mis dans la t\u00eate de me donner des cours d\u2019\u0153nologie.<\/p>\n\n<p>&#8211; Et que t&rsquo;avais r\u00e9pondu le pr\u00eatre ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Je ne m&rsquo;en souviens pas vraiment. En revanche, je me rappelle tr\u00e8s bien qu&rsquo;il m&rsquo;a fichu \u00e0 la porte quand j&rsquo;ai r\u00e9it\u00e8r\u00e9 la question \u00e0 propos du vin de messe !<\/p>\n\n<p>&#8211; Je vois. Revenons \u00e0 nos moutons. De ces ann\u00e9es d&rsquo;ap\u00adprentissage religieux, il doit bien te rester de vagues notions, tout de m\u00eame. R\u00e9fl\u00e9chis deux minutes, et cite-moi une phrase qui t&rsquo;a marqu\u00e9.<\/p>\n\n<p>&#8211; Attends un peu. Voyons&#8230; Je sais : Dieu a fait l&rsquo;homme \u00e0 son image.<\/p>\n\n<p>&#8211; Parfait ! Voil\u00e0 exactement le genre de phrase qui plonge le cat\u00e9chum\u00e8ne moyen dans l&rsquo;erreur la plus crasse.<\/p>\n\n<p>&#8211; Que veux-tu dire ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Que t&rsquo;inspire cette phrase ?<\/p>\n\n<p>-&#8230; Ben&#8230;<\/p>\n\n<p>&#8211; Fais un petit effort ! Comment imagines-tu Dieu, apr\u00e8s une telle sentence ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Je crois que le plafond de la chapelle Sixtine en donne une assez bonne illustration.<\/p>\n\n<p>&#8211; Bien. Et si tu \u00e9tais noir ? L&rsquo;imaginerais-tu de la m\u00eame mani\u00e8re ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Ben&#8230;<\/p>\n\n<p>&#8211; Je dis noir, mais asiatique ou indien ferait aussi bien l&rsquo;affaire. Et puis, doit-on consid\u00e9rer l&rsquo;homme, dans cette phrase, comme l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment m\u00e2le de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine, ou plus g\u00e9n\u00e9ralement comme un humain quelconque ? En d&rsquo;autres termes, Dieu est-il sexu\u00e9 ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Ouh la la la la la la !<\/p>\n\n<p>&#8211; Je ne te le fais pas dire. Et ce n&rsquo;est que le d\u00e9but, si l&rsquo;on d\u00e9cide d&rsquo;attaquer le sujet sous cet angle. Physiquement, Dieu a fait l&rsquo;homme \u00e0 l&rsquo;image du singe. Et encore ! Je ne suis pas absolument s\u00fbre qu&rsquo;il y soit pour quelque chose.<\/p>\n\n<p>&#8211; Tu veux dire qu&rsquo;Il ne d\u00e9cide pas de tout !<\/p>\n\n<p>&#8211; Si, bien s\u00fbr, mais pas dans les d\u00e9tails.<\/p>\n\n<p>&#8211; Mais alors, il ressemble \u00e0 quoi, Dieu ?<\/p>\n\n<p>&#8211; A rien de connu, si tu veux mon avis.<\/p>\n\n<p>&#8211; Mais&#8230; Tu l&rsquo;as vu ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Comme je te vois.<\/p>\n\n<p>&#8211; Je subodore un sens cach\u00e9 dans cette r\u00e9ponse.<\/p>\n\n<p>&#8211; Oui ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Attends un peu. En r\u00e9alit\u00e9, tu ne me vois pas. C&rsquo;est \u00e7a ?<\/p>\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est \u00e7a, en effet. On ne peut pas voir Dieu. Il est du domaine de l&rsquo;impalpable, et m\u00eame de l&rsquo;inconcevable. Ce que Dieu a voulu \u00e0 son image, c&rsquo;est ce qui diff\u00e9rencie l&rsquo;homme de l&rsquo;animal. Maintenant, si tu essaies de trouver une d\u00e9finition pr\u00e9cise de cette diff\u00e9rence, je te souhaite bon courage ! Il y a, en cette mati\u00e8re, autant de th\u00e9ories que de th\u00e9oriciens.<\/p>\n\n<p>&#8211; \u00c7a ne m&rsquo;avance gu\u00e8re.<\/p>\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est pourtant bien simple, en v\u00e9rit\u00e9. Je suis Dieu, au m\u00eame titre que toi.<\/p>\n\n<p>&#8211; Dis donc, tu ne serais pas en train de me faire un gros p\u00each\u00e9 d&rsquo;orgueil, toi ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Mon pauvre Jonathan\u00a0! R\u00e9fl\u00e9chis un peu. Notre existence terrestre est le fruit de la combinaison de ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9lectri\u00adques, chimiques et biologiques, dont l&rsquo;organisation r\u00e9sulte d&rsquo;une recherche instinctive d&rsquo;adaptation au milieu. Or, plus la science avance, plus les th\u00e9ologiens essaient de la r\u00e9cup\u00e9rer pour tenter de prouver que Dieu existe, ou n&rsquo;existe pas. Tant que nous supportons le poids de notre enveloppe charnelle, il nous est presque impossible de concevoir l&rsquo;existence de Dieu autrement que comme devant n\u00e9cessairement r\u00e9sulter d&rsquo;une combinaison de ph\u00e9nom\u00e8nes du m\u00eame genre. Mais apr\u00e8s la disparition de ce corps, que reste-t-il ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Ben, l&rsquo;esprit !<\/p>\n\n<p>&#8211; Et oui, l&rsquo;esprit, appelons le ainsi. Dis moi maintenant o\u00f9 sont les ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9lectriques ou biochimiques l\u00e0-dedans ! l&rsquo;existence des esprits ne r\u00e9pond pas aux contingences mat\u00e9\u00adrielles de la vie sur terre. Mais il faut \u00eatre mort, pour s&rsquo;en rendre compte.<\/p>\n\n<p>&#8211; Et donc, l&rsquo;esprit serait&#8230; Dieu ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Disons plut\u00f4t que les esprits sont partie int\u00e9grante de Dieu, qu&rsquo;ils soient en cours d&rsquo;utilisation, au sein d&rsquo;un corps, sur terre, en promenade dans le monde des fant\u00f4mes, ou en train de fusionner dans l&rsquo;attente d&rsquo;une nouvelle affectation, comme Jeannou maintenant.<\/p>\n\n<p>&#8211; Mais alors, J\u00e9sus-Christ n&rsquo;\u00e9tait pas le fils de Dieu !<\/p>\n\n<p>&#8211; Nous sommes tous les enfants de Dieu. Quant \u00e0 J\u00e9sus, je pense qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un corps dot\u00e9 d&rsquo;un esprit au summum de la puret\u00e9, comme le seront les n\u00f4tres juste avant la fusion. Il \u00e9tait ainsi en connexion directe avec le P\u00e8re, dans son int\u00e9\u00adgralit\u00e9.<\/p>\n\n<p>&#8211; Ouais, et bien j&rsquo;avoue que tout cela ne me semble pas d&rsquo;une clart\u00e9 absolue.<\/p>\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est normal, apr\u00e8s tout, il ne s&rsquo;agit que de mon interpr\u00e9\u00adtation, et je ne suis pas th\u00e9ologienne !<\/p>\n\n<p>&#8211; Tu veux dire que tout ce que tu viens de me raconter est le fruit de ton imagination !<\/p>\n\n<p>&#8211; Qu&rsquo;est-ce que mon imagination, sinon la manifestation de la toute puissance de Dieu ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Et \u00e7a recommence, les questions !<\/p>\n\n<p>&#8211; A quoi t&rsquo;attendais-tu ? Tu pensais r\u00e9ellement que j&rsquo;allais te donner la cl\u00e9 de toutes les \u00e9nigmes de l&rsquo;univers, en quel\u00adques instants ? Mais Jonathan, ta v\u00e9rit\u00e9, il faudra que tu te la forges, et elle aura alors la m\u00eame valeur que toutes les autres.<\/p>\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est pas cart\u00e9sien du tout, \u00e7a, comme r\u00e9flexion.<\/p>\n\n<p>&#8211; Peut-\u00eatre. Mais je suis persuad\u00e9e que Descartes, \u00e0 son corps d\u00e9fendant, a beaucoup \u0153uvr\u00e9 pour emp\u00eacher l&rsquo;homme de rencontrer Dieu, de son vivant.<\/p>\n\n<p>&#8211; Je pr\u00e9f\u00e8re abandonner. De toute fa\u00e7on, ce n&rsquo;est pas dans ce genre de d\u00e9bat que je trouverai la solution \u00e0 mes pro\u00adbl\u00e8mes.<\/p>\n\n<p>&#8211; Parce que tu penses encore avoir des probl\u00e8mes.<\/p>\n\n<p>&#8211; Je ne veux pas laisser Oc\u00e9ane et C\u00e9cilia dans une si\u00adtuation difficile.<\/p>\n\n<p>&#8211; Je m&rsquo;en suis bien rendue compte. J&rsquo;ai beaucoup appr\u00e9\u00adci\u00e9 ta derni\u00e8re discussion avec ton p\u00e8re. Le pauvre homme, tu l&rsquo;as cueilli \u00e0 froid, d&rsquo;autant qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait gu\u00e8re en \u00e9tat de tenir une conversation.<\/p>\n\n<p>&#8211; Tu veux parler de cette bouteille de vin sans doute. N&rsquo;exag\u00e9rons quand m\u00eame pas ses effets. Soixante-quinze centilitres de pinard ne suffisent pas \u00e0 d\u00e9stabiliser un homme de sa corpulence.<\/p>\n\n<p>&#8211; Tu veux rire ! Il n&rsquo;a que la peau sur les os. Sans compter qu&rsquo;il a aid\u00e9 le vin \u00e0 descendre avec un grand verre de whisky ! Je t&rsquo;assure, il \u00e9tait dans un sale \u00e9tat. Mais \u00e7a lui arrive telle\u00adment rarement que je ne m&rsquo;en inqui\u00e8te pas.<\/p>\n\n<p>&#8211; Ouais, ben qu&rsquo;il ait \u00e9t\u00e9 saoul ou pas, le r\u00e9sultat reste le m\u00eame. J&rsquo;ai pr\u00each\u00e9 dans le d\u00e9sert.<\/p>\n\n<p>&#8211; Mon Dieu, mon gar\u00e7on, comme tu connais mal ton p\u00e8re ! Tu as sem\u00e9 en terre fertile, je te l&rsquo;assure, m\u00eame si cette terre n&rsquo;a pas donn\u00e9 de r\u00e9coltes depuis longtemps.<\/p>\n\n<p>&#8211; Dis donc, \u00e7a te marque, les discussions religieuses. Tu parles comme les \u00c9vangiles !<\/p>\n\n<p>&#8211; Au lieu de te moquer, tu ferais mieux de redescendre v\u00e9rifier que j&rsquo;ai raison.<\/p>\n\n<p>&#8211; A vos ordres, cap&rsquo;tain.<\/p>\n\n<p>&#8211; A bient\u00f4t, Jonathan.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n<p style=\"text-align: center;\">\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab<\/p>\n\n<p>Oc\u00e9ane reste paralys\u00e9e un long moment dans son fau\u00adteuil, partag\u00e9e entre une folle envie de rire, tant la situation lui para\u00eet incroyable, et un irr\u00e9pressible besoin de pleurer de sou\u00adlagement \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que ses ennuis, peut-\u00eatre, se terminent. Mais, comme toujours, elle r\u00e9ussit finalement \u00e0 se contr\u00f4ler presque parfaitement. Seul, au fond de ses yeux noirs, un petit \u00e9clat la trahit, quand elle redresse enfin la t\u00eate, pour croiser le regard du grand homme.<\/p>\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Vraiment, monsieur R\u00e9miniac, je ne&#8230;<\/p>\n\n<p>&#8211; Oc\u00e9ane, je vous en prie, appelez-moi Jacques de nou\u00adveau, et je saurai ainsi que vous me pardonnez.<\/p>\n\n<p>&#8211; Je n&rsquo;ai rien \u00e0 vous pardonner, Jacques, je vous l&rsquo;assure, et votre conduite pendant ces derni\u00e8res semaines, compte tenu de la situation tr\u00e8s particuli\u00e8re dans laquelle je me trouve, ne souffre aucune critique. Mais je voudrais quand m\u00eame savoir \u00e0 quoi est d\u00fb ce subit revirement. Est-ce trop vous demander ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Je vous l&rsquo;ai dit, il s&rsquo;agit d&rsquo;une sorte d&rsquo;illumination. Quant aux raisons qui l&rsquo;ont provoqu\u00e9e, je pr\u00e9f\u00e8re rester discret sur ce point particulier. J&rsquo;aurais trop peur, si j&rsquo;en parlais, que l&rsquo;on m&rsquo;enferme dans un asile pour le restant de mes jours. La cause, je vous l&rsquo;assure, n&rsquo;a que peu d&rsquo;importance. Disons que j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 visit\u00e9 par la gr\u00e2ce, au moment o\u00f9 j&rsquo;en avais besoin.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n<p>Jacques, en pronon\u00e7ant cette derni\u00e8re phrase, ne peut s&#8217;emp\u00eacher d&rsquo;imaginer son fils d\u00e9guis\u00e9 en Gr\u00e2ce antique, et se fend d&rsquo;un sourire qui \u00e9claire de fa\u00e7on inusit\u00e9e son visage trop marqu\u00e9 par l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9. Puis il reprend :<\/p>\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Une chose, et une seule m&rsquo;importe aujourd&rsquo;hui, Oc\u00e9ane. Resterez-vous avec nous, C\u00e9cilia et vous ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Oui, nous restons.<\/p>\n\n<p>&#8211; A la bonne heure, il faut f\u00eater cet \u00e9v\u00e9nement comme il convient. Champagne !<\/p>\n\n<p>&#8211; A cette heure-ci ! Jacques, ce n&rsquo;est pas raisonnable !<\/p>\n\n<p>&#8211; Oc\u00e9ane, je vous en prie. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment raison\u00adnable cinquante-sept longues ann\u00e9es. Ne pensez-vous pas que j&rsquo;ai assez ennuy\u00e9 mon entourage comme cela ? Allez, ve\u00adnez. Nous allons descendre \u00e0 la cuisine pour faire partager \u00e0 tous ce moment de bonheur.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n<p>Il se l\u00e8ve, fait le tour du bureau avec une rapidit\u00e9 surpre\u00adnante pour tendre la main \u00e0 la jeune femme, et l&rsquo;aider \u00e0 sortir de son si\u00e8ge, avant de l&rsquo;entra\u00eener dans le couloir et l&rsquo;escalier en gambadant presque, comme un enfant le jour de No\u00ebl. Quelques instants plus tard, ils p\u00e9n\u00e8trent dans la cuisine, se tenant toujours par la main. Marie, C\u00e9cilia et Maurice sont attabl\u00e9s devant des bols fumants, de caf\u00e9 pour les anciens et de chocolat pour la petite, qu&rsquo;accompagnent d&rsquo;\u00e9normes tartines de pain de campagne d\u00e9goulinant de beurre et de confiture superpos\u00e9s. De saisissement devant leur apparition pour le moins guillerette, Marie en laisse tomber sa cuill\u00e8re qui, heur\u00adtant la surface du liquide dans le bol, en projette une quantit\u00e9 respectable sur le journal que, malgr\u00e9 l&rsquo;intrusion, persiste \u00e0 lire Maurice. Du coup, il l\u00e8ve les yeux du quotidien, et scrute les arrivants par-dessus ses lunettes. Puis il ne bouge plus. C\u00e9ci\u00adlia, elle, comprend aussit\u00f4t que son ange a r\u00e9ussi, et de sa petite voix haut perch\u00e9e, souhaite le plus gentil des bonjours \u00e0 monsieur R\u00e9miniac. Excit\u00e9 comme une puce \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de surprendre son auditoire, le grand homme l\u00e2che alors la main de la m\u00e8re pour prendre la fillette dans ses bras et lui coller, sur des joues pourtant luisantes de confiture, deux gros baisers bien sonores. Puis il la regarde en souriant, et lui dit, provo\u00adquant l&rsquo;\u00e9bahissement des deux domestiques :<\/p>\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb C\u00e9cilia, \u00e0 partir de maintenant, tu peux m&rsquo;appeler Papy Jacques !\u00a0\u00bb<\/p>\n\n<p>Avant m\u00eame que quiconque puisse r\u00e9agir, il repose la petite sur sa chaise et file dans l&rsquo;arri\u00e8re cuisine, passage oblig\u00e9 sur le chemin de la cave, dont il revient une poign\u00e9e de secon\u00addes plus tard, une bouteille d&rsquo;un excellent champagne \u00e0 la main.<\/p>\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Elle est juste \u00e0 la bonne temp\u00e9rature. Et bien Marie, qu&rsquo;attendez-vous pour sortir les fl\u00fbtes ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n<p>Marie a horreur d&rsquo;\u00eatre bouscul\u00e9e. Surtout avant le petit d\u00e9jeuner. Et encore plus quand elle ne sait pas pourquoi. Elle s&rsquo;essuie soigneusement la bouche avec sa grande serviette \u00e0 carreaux rouges et blancs, puis, posant les coudes sur la table, elle fixe son patron sans am\u00e9nit\u00e9 et lui demande, avec la voix d&rsquo;un chien de garde avertissant le facteur de ne pas franchir la barri\u00e8re :<\/p>\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Combien de fl\u00fbtes ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n<p>Jacques conna\u00eet Marie depuis si longtemps qu&rsquo;il ne s&rsquo;offusque pas de son attitude. Il pose la bouteille sur la table, et annonce qu&rsquo;il s&rsquo;occupe de tout, ajoutant, \u00e0 l&rsquo;adresse de Marie, qu&rsquo;il lui d\u00e9conseille de boire son caf\u00e9, afin de ne pas risquer de d\u00e9naturer le go\u00fbt du vin. Puis il repart, presque courant, vers la salle \u00e0 manger o\u00f9 sont rang\u00e9s les verres de cristal, et en revient presque aussit\u00f4t avec quatre fl\u00fbtes et un seau \u00e0 champagne. Le temps de poser les verres sur la table, il a d\u00e9j\u00e0 rempli le r\u00e9cipient d&rsquo;eau, dans laquelle il d\u00e9moule des gla\u00e7ons. Il y plonge la bouteille, et se rend compte, tout \u00e0 coup, qu&rsquo;Oc\u00e9ane est toujours debout. Il l\u00e2che alors le r\u00e9cipient afin de lui offrir une chaise. La jeune femme enfin assise, il fixe Maurice et Marie dans le blanc des yeux et annonce, p\u00e9tillant, \u00e0 son auditoire toujours frapp\u00e9 de stupeur :<\/p>\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Mes amis, nous allons boire au retour du soleil dans cette maison. Allons, Maurice, Marie, ne me regardez pas comme \u00e7a. Laissez-moi le temps de remplir nos verres, et je vous expliquerai tout.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n<p>Le bouchon saute joyeusement, et lib\u00e8re un nuage de petites bulles sympathiques, que Jacques s&#8217;empresse de r\u00e9partir dans les fl\u00fbtes. Il tend ensuite un verre \u00e0 chacun de ses convives improvis\u00e9s, en commen\u00e7ant par Marie, qui se laisse faire sans pour autant amorcer encore le moindre signe de joie. Maurice, lui, ne se pose pas de questions. Il adore le champagne, et trouve qu&rsquo;il y a bien trop longtemps que l&rsquo;on n&rsquo;y a pas go\u00fbt\u00e9. Oc\u00e9ane, dont C\u00e9cilia a prestement escalad\u00e9 les genoux, reste abasourdie du changement intervenu dans l&rsquo;attitude de son h\u00f4te, qu&rsquo;elle regarde s&rsquo;agiter avec un petit sourire \u00e9tonn\u00e9. Tout le monde \u00e9tant servi, Jacques l\u00e8ve son verre, porte un toast au bonheur des habitants du Manoir, et trempe ses l\u00e8vres dans le vin p\u00e9tillant en fermant les yeux.<\/p>\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il est bon ! Je trouve qu&rsquo;on n&rsquo;en boit plus assez souvent.<\/p>\n\n<p>&#8211; Je suis bien d&rsquo;accord avec vous, monsieur Jacques.\u00a0\u00bb se contente de dire Maurice avant de boire \u00e0 son tour.<\/p>\n\n<p>Jacques pose maintenant son verre sur la grande table. Tous sont assis face \u00e0 lui, qui reste debout, immobile, soudain calme. Il les regarde, tout \u00e0 coup plein de tendresse. Puis, d&rsquo;une voix douce, il se met \u00e0 raconter. Il parle longtemps, reve\u00adnant tr\u00e8s en arri\u00e8re, \u00e0 leur installation au manoir. Il revit pour eux toute son histoire d&rsquo;homme, ses espoirs, ses joies, ses projets. Il relate les disparitions de Martine, d&rsquo;abord, puis de Jonathan, et ouvre enfin son c\u0153ur pour expliquer comment il a v\u00e9cu ses douloureux moments en solitaire, croyant fuir la piti\u00e9 quand il refusait l&rsquo;amiti\u00e9. Ce faisant, il exorcise ses drames en les analysant. Puis, il revient au r\u00e9cit, avec l&rsquo;arriv\u00e9e des deux canadiennes au Manoir. Il raconte sa premi\u00e8re entrevue avec Oc\u00e9ane, r\u00e9sume l&rsquo;histoire d&rsquo;amour de la jeune femme et de Jonathan, explique, sans l&rsquo;excuser, bien au contraire, le choix qu&rsquo;il a fait alors de tout taire. Il d\u00e9crit ensuite le pi\u00e8ge tendu par Dali di St\u00e9phano, et la situation critique dans laquelle risquent d&rsquo;\u00eatre plong\u00e9es les deux petites canadiennes. Enfin, la bouche s\u00e8che d&rsquo;avoir tant parl\u00e9, il termine en d\u00e9crivant ses \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me, jusqu&rsquo;\u00e0 la prise de conscience du matin. Le r\u00e9cit achev\u00e9, il se fait un grand silence dans la cuisine. Puis Maurice, pragmatique, finit son verre et demande simplement :<\/p>\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Alors, ces petites demoiselles, elles restent avec nous ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Oui Maurice, nous restons.\u00a0\u00bb Lui r\u00e9pond la jeune femme.<\/p>\n\n<p>&#8211; \u00c7a m\u00e9rite un autre petit coup de champagne, alors.\u00a0\u00bb Conclut-il en tendant sa fl\u00fbte vide vers son patron.<\/p>\n\n<p style=\"text-align: center;\">\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab<\/p>\n\n<p>Martine ne m&rsquo;a pas accompagn\u00e9, je ne sais pas trop pourquoi. Il est vrai que depuis qu&rsquo;elle hante, seule, ces vieux murs, elle doit avoir pris go\u00fbt \u00e0 la solitude. A moins qu&rsquo;elle ne redoute le regard inquisiteur de ma fille. Je suis donc tomb\u00e9 seul sur l&rsquo;\u00e9trange couple que forment mon ex et mon p\u00e8re, main dans la main, dans le couloir. Je les ai \u00e9videmment suivis \u00e0 la cuisine, pour assister \u00e0 toute la sc\u00e8ne, sans pouvoir, h\u00e9las, partager avec eux ce verre de la r\u00e9conciliation. C\u00e9cilia m&rsquo;a bien \u00e9videmment vu arriver, mais elle tient sa langue, comme promis, me jetant simplement, de temps en temps, un regard \u00e0 la d\u00e9rob\u00e9e. Je suis \u00e9poustoufl\u00e9 de la capacit\u00e9 qu&rsquo;a cette gamine d&rsquo;accepter l&rsquo;extraordinaire avec placidit\u00e9. Soudain, je per\u00e7ois un appel de ma m\u00e8re. C&rsquo;est \u00e9trange, car elle n&rsquo;est pas dans la pi\u00e8ce. Je fais un clin d\u2019\u0153il \u00e0 C\u00e9cilia, avant de partir \u00e0 sa recherche. Elle plane tranquillement juste au-dessus du manoir.<\/p>\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Alors,\u00a0\u00bb me demande-t-elle imm\u00e9diatement. \u00ab\u00a0Comment les choses \u00e9voluent-elles ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Tout semble aller pour le mieux, tu avais raison. Papa a m\u00eame d\u00e9cid\u00e9 de reconna\u00eetre C\u00e9cilia comme son authentique petite-fille.<\/p>\n\n<p>&#8211; Je te l&rsquo;avais bien dit. Sous ses dehors bourrus, ton p\u00e8re a un c\u0153ur d&rsquo;or. Il faut simplement apprendre \u00e0 gratter.<\/p>\n\n<p>&#8211; Quel dommage que tu n&rsquo;aies pas \u00e9t\u00e9 l\u00e0 pour me l&rsquo;ensei\u00adgner plus t\u00f4t !<\/p>\n\n<p>&#8211; Chacun doit tracer seul son chemin, mon gar\u00e7on. Imagi\u00adnes-tu ce que serait la vie sur terre si les morts d\u00e9cidaient d&rsquo;intervenir \u00e0 tout propos dans l&rsquo;existence quotidienne des vivants ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Tu as sans doute raison, une fois encore.<\/p>\n\n<p>&#8211; Bon, puisque tout finit bien, tu vas pouvoir rejoindre ta petite camarade Jeannou.<\/p>\n\n<p>&#8211; Eh l\u00e0 ! Pas si vite. Je tiens \u00e0 rester encore un peu, afin de m&rsquo;assurer que cette nouvelle situation est aussi solide qu&rsquo;elle en a l&rsquo;air.<\/p>\n\n<p>&#8211; Craindrais-tu que ton p\u00e8re ne change d&rsquo;avis ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Ce ne serait pas la premi\u00e8re fois ! Et puis, j&rsquo;ai comme le sentiment que nous oublions quelque chose.<\/p>\n\n<p>&#8211; Et quoi donc ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Je ne sais pas, c&rsquo;est seulement une impression diffuse pour l&rsquo;instant. J&rsquo;ai la sensation que tout \u00e7a va trop vite.<\/p>\n\n<p>&#8211; Allons donc ! Toi, si impatient d&rsquo;habitude !<\/p>\n\n<p>&#8211; Je ne suis pas impatient, qu&rsquo;est-ce que tu racontes ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Pas impatient ! Il vaut mieux entendre \u00e7a que d&rsquo;\u00eatre sourde ! Oublierais-tu, mon cher petit gar\u00e7on, que je t&rsquo;ai suivi pas \u00e0 pas, toutes ces ann\u00e9es ? Je te connais parfaitement, m\u00eame si la r\u00e9ciproque n&rsquo;est pas vraie.<\/p>\n\n<p>&#8211; J&rsquo;admets que, enfant, j&rsquo;avais une tendance \u00e0 trouver que les choses n&rsquo;avan\u00e7aient pas assez vite. Mais depuis mon d\u00e9part au Canada, je me suis amend\u00e9. Et l\u00e0, tu ne peux pas dire le contraire, puisque, si j&rsquo;ai bien compris, tu n&rsquo;as pas quitt\u00e9 le manoir depuis ta mort.<\/p>\n\n<p>&#8211; Je n&rsquo;ai pas eu besoin de quitter le manoir pour me rendre compte que tu n&rsquo;as pas chang\u00e9, Jonathan. Il suffisait d&rsquo;\u00e9couter ton p\u00e8re parler de toi.<\/p>\n\n<p>&#8211; Il est de parti pris !<\/p>\n\n<p>&#8211; Bien s\u00fbr, bien s\u00fbr. Mais si cette&#8230;impatience qui te caract\u00e9risait, enfant, t&rsquo;a quitt\u00e9e, comment expliques-tu l&rsquo;\u00e9tat de la voiture de laquelle on a extrait ce qui restait de ton corps.<\/p>\n\n<p>&#8211; Touch\u00e9, je roulais trop vite. Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa. Je souhaiterai quand m\u00eame que vous arr\u00eatiez de me bassiner avec cette histoire, tous autant que vous \u00eates. Si \u00e7a continue, on va finir par croire que tous les malheurs de la terre sont le fruit de cette petite imprudence.<\/p>\n\n<p>&#8211; Petite imprudence ! Quand je disais que tu n&rsquo;avais pas chang\u00e9, j&rsquo;\u00e9tais largement au-dessous de la v\u00e9rit\u00e9. Tu es pire encore que je ne pouvais l&rsquo;imaginer. Te rends-tu compte que tu as bris\u00e9 la vie de ton p\u00e8re, ainsi que celle d&rsquo;Oc\u00e9ane et de C\u00e9cilia ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Eh l\u00e0 ! Minute ! Premi\u00e8rement, C\u00e9cilia ne me conna\u00eet pas. Pas comme son p\u00e8re, en tout cas. Deuxi\u00e8mement, Oc\u00e9ane a cru pendant trois ans que je l&rsquo;avais largu\u00e9e, ce qui n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec l&rsquo;accident, et j&rsquo;ajouterai m\u00eame que si je ne m&rsquo;\u00e9tais pas plant\u00e9, rien ne prouve que nous serions encore ensemble aujourd&rsquo;hui. Troisi\u00e8mement&#8230;<\/p>\n\n<p>&#8211; Tu ne l&rsquo;aimais donc pas.<\/p>\n\n<p>&#8211; J&rsquo;en sais rien, je ne me suis jamais vraiment pos\u00e9 la question. Mais ne m&rsquo;interromps pas, s&rsquo;il te pla\u00eet. Troisi\u00e8mement, disais-je, en ce qui concerne Papa, je te signale que son c\u0153ur \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 s\u00e9rieusement fissur\u00e9, au moment de mon accident. Et ce n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e0 cause de moi, je me permets de te le rappeler.<\/p>\n\n<p>&#8211; Je te remercie pour ton tact, mon fils. Si tu crois que j&rsquo;ai fait expr\u00e8s de me noyer.<\/p>\n\n<p>&#8211; Parce que moi, j&rsquo;ai fait expr\u00e8s de sortir de la route.<\/p>\n\n<p>&#8211; C&rsquo;\u00e9tait une lame de fond.<\/p>\n\n<p>&#8211; Et moi une plaque de verglas !<\/p>\n\n<p>&#8211; Quand il y a du verglas, on roule moins vite.<\/p>\n\n<p>&#8211; Et quand la mer est trop forte, on reste la contempler du rivage !<\/p>\n\n<p>&#8211; D&rsquo;accord, d&rsquo;accord, j&rsquo;abandonne. De toute fa\u00e7on, on ne peut jamais avoir raison, avec toi.<\/p>\n\n<p>&#8211; Martine, arr\u00eate, j&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;entendre parler ma m\u00e8re.<\/p>\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est malin. Bon, tu fais ce que tu veux, mais moi, j&rsquo;ai assez hant\u00e9 pour aujourd&rsquo;hui. Je m&rsquo;en vais.<\/p>\n\n<p>&#8211; O\u00f9 vas-tu ?<\/p>\n\n<p>&#8211; O\u00f9 je veux, quelle question stupide !<\/p>\n\n<p>&#8211; Mais je croyais que tu \u00e9tais coinc\u00e9e au Manoir !<\/p>\n\n<p>&#8211; Tu croyais, tu croyais. Tu es plein de pr\u00e9jug\u00e9s, mon pauvre enfant.<\/p>\n\n<p>&#8211; L&rsquo;ignorance n&rsquo;est pas un pr\u00e9jug\u00e9 !<\/p>\n\n<p>&#8211; Non, mais les pr\u00e9jug\u00e9s sont fruits de l&rsquo;ignorance. Alors apprends, au lieu de croire.<\/p>\n\n<p>&#8211; Je veux bien, moi, mais comment ?<\/p>\n\n<p>&#8211; Ce n&rsquo;est pas bien difficile. \u00c9coute, et exp\u00e9rimente. Par exemple, tu as \u00e9t\u00e9 surpris, tout \u00e0 l&rsquo;heure, que je puisse t&rsquo;appe\u00adler \u00e0 distance. Et bien, entra\u00eene toi, et tu verras que toi aussi, tu pourras le faire, de la m\u00eame fa\u00e7on que tu as r\u00e9ussi \u00e0 entrer en contact avec ton p\u00e8re.<\/p>\n\n<p>&#8211; Mais, c&rsquo;est diff\u00e9rent. Je savais que c&rsquo;\u00e9tait possible, puis\u00adque c&rsquo;est comme cela que l&rsquo;on devient fant\u00f4me.<\/p>\n\n<p>&#8211; Non, Jonathan. Tu croyais que c&rsquo;\u00e9tait possible, alors tu l&rsquo;as fait. De m\u00eame que si tu crois \u00e0 une impossibilit\u00e9, elle exis\u00adtera, pour toi. C&rsquo;est tout le probl\u00e8me des fant\u00f4mes. Ils ne par\u00adviennent pas \u00e0 quitter la terre que parce qu&rsquo;ils sont persuad\u00e9s qu&rsquo;il leur est impossible de \u00ab\u00a0tout\u00a0\u00bb laisser. S&rsquo;ils d\u00e9sirent vraiment continuer leur voyage, rien ne s&rsquo;y opposera.<\/p>\n\n<p>&#8211; Ce n&rsquo;est pas du tout ce que m&rsquo;a enseign\u00e9 Jeannou.<\/p>\n\n<p>&#8211; Je sais. Jeannou t&rsquo;a expliqu\u00e9 ce qu&rsquo;elle a compris, c&rsquo;est \u00e0 dire, en gros, quelques id\u00e9es de base qui permettent \u00e0 tous de s&rsquo;en sortir au d\u00e9but. Mais si tu d\u00e9sires approfondir, tu te rendras compte que le paradis est un univers d&rsquo;une richesse infinie, et que l&rsquo;enfer n&rsquo;existe que dans le c\u0153ur des hommes. Ainsi, il est facile de constater que les fant\u00f4mes les plus irr\u00e9\u00adductibles sont les \u00e2mes d&rsquo;\u00eatres qui furent incommensurable\u00adment vaniteux, de leur vivant, et qui n&rsquo;admettent toujours pas d&rsquo;avoir \u00e0 quitter un monde dans lequel ils s&rsquo;estimaient recon\u00adnus, que ce soit pour leur pouvoir, pour leur richesse, ou pour un talent quelconque. Or, tous les malheurs de l&rsquo;humanit\u00e9 naissent de la vanit\u00e9, et de ses enfants d\u00e9natur\u00e9s que sont l&rsquo;avarice, la soif de pouvoir, l&rsquo;ambition, l&rsquo;avidit\u00e9, l&rsquo;envie, j&rsquo;en passe, et non des moindres. Le fait que les \u00e2mes les plus vani\u00adteuses s&rsquo;interdisent elles-m\u00eames l&rsquo;acc\u00e8s au paradis, c&rsquo;est \u00e0 dire au partage absolu et \u00e0 la fusion, par l&rsquo;effet de cette vanit\u00e9, ressemble un peu au syst\u00e8me de d\u00e9fense d&rsquo;un organisme vivant, tu ne trouves pas ? C&rsquo;est comme s&rsquo;ils constituaient des petits cancers que, par la gr\u00e2ce de r\u00e8gles de fonctionnement tr\u00e8s simples, finalement, l&rsquo;organisme universel auquel nous appartenons isole de la partie saine, jusqu&rsquo;\u00e0 compl\u00e8te gu\u00e9rison. Pour gagner leur paradis, ces \u00e2mes l\u00e0 auront en effet un long chemin \u00e0 faire, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;elles-m\u00eames, afin de d\u00e9couvrir l&rsquo;humilit\u00e9 qui seule permet le partage. Tu sais maintenant ce qu&rsquo;il te reste \u00e0 faire, si tu veux retrouver la petite Jeannou.<\/p>\n\n<p>&#8211; Ouais, \u00e0 condition que tu dises la v\u00e9rit\u00e9, et qu&rsquo;il ne s&rsquo;agisse pas, cette fois encore, de ta mani\u00e8re tr\u00e8s po\u00e9tique de consid\u00e9rer le monde autour de toi. Je crois, quelque part, que je pr\u00e9f\u00e9rais l&rsquo;explication de Jeannou. Elle avait le m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre plus rationnelle.<\/p>\n\n<p>&#8211; Mon pauvre Jonathan. Tu n&rsquo;es pas au bout de tes d\u00e9sillusions. La rationalit\u00e9 n&rsquo;a rien \u00e0 faire dans notre monde. Penses-y, et surtout n&rsquo;oublie pas : sois humble.<\/p>\n\n<p>&#8211; Oui Maman.<\/p>\n\n<p>&#8211; Bon, puisque tu le prends comme \u00e7a, je te laisse, j&rsquo;ai s\u00fbrement des tas de choses \u00e0 faire. Bye bye !<\/p>\n\n<p>&#8211; Salut.<\/p>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>chapitre 19 caf\u00e9 a la maison, et th\u00e9ologie ? Martine ne me r\u00e9pond pas. Au bout d&rsquo;un moment, je r\u00e9it\u00e8re ma question : &#8211;\u00a0\u00bb Alors, Dieu, mythe, ou r\u00e9alit\u00e9 ? &#8211; Comment peux-tu \u00eatre aussi sot pour oser une telle question ? &#8211; Donc, il n&rsquo;existe pas ! &#8211; Mais que vas-tu penser l\u00e0 ? 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