{"id":1832,"date":"2024-07-19T16:33:56","date_gmt":"2024-07-19T14:33:56","guid":{"rendered":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1832"},"modified":"2024-07-19T16:35:01","modified_gmt":"2024-07-19T14:35:01","slug":"les-carnets-de-jonathan-episode-18","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1832","title":{"rendered":"Les carnets de Jonathan &#8211; \u00e9pisode 18\/"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>chapitre 18<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>la nuit porte conseil<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un matin gris, sans relief, \u00e9touffe dans une brume coton\u00adneuse les bruits environnants. Le manoir semble vouloir respecter ce silence. Quelques sons discrets, en provenance des chambres, indiquent pourtant que tout le monde est r\u00e9veill\u00e9, mais personne, \u00e0 l&rsquo;exception de Marie, qui pr\u00e9pare le petit d\u00e9jeuner, et de Maurice, r\u00e9fugi\u00e9 dans son jardin de plus en plus t\u00f4t depuis les acc\u00e8s de mauvaise humeur r\u00e9cents de son patron, personne, donc, ne semble vouloir affronter le premier le d\u00e9marrage de la journ\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00e9cilia a rejoint sa m\u00e8re dans son lit. La petite fille go\u00fbte avec d\u00e9lectation ces moments de calme qui pr\u00e9c\u00e8dent le branle-bas quotidien, et qui lui permettent de c\u00e2liner sa maman, et, bien s\u00fbr, de recevoir en retour sa juste ration de baisers. La gamine s&rsquo;est install\u00e9e entre les jambes de la jeune femme et lui tourne le dos. Oc\u00e9ane lui brosse les cheveux doucement, d\u00e9m\u00ealant avec une patiente tendresse les n\u0153uds que la nuit n&rsquo;a pas manqu\u00e9 de provoquer dans l&rsquo;abondante chevelure de sa fille. Ni l&rsquo;une ni l&rsquo;autre ne parlent, la petite respectant d&rsquo;instinct le silence de la grande, perdue dans des pens\u00e9es sombres et lointaines. Un long moment se passe ainsi, puis la jeune m\u00e8re conclut la s\u00e9ance de coiffure en tressant les cheveux de la gamine, avant de se lever d&rsquo;un coup, l&rsquo;ai r\u00e9solu. La nuit n&rsquo;a pas modifi\u00e9 sa fa\u00e7on d&rsquo;analyser la situation, et elle a d\u00e9cid\u00e9, dans les d\u00e9tails, de la conduite \u00e0 tenir. D\u00e8s qu&rsquo;elle sera habill\u00e9e, avant m\u00eame de rejoindre la table du petit d\u00e9jeuner, elle ira remercier Jacques de son hospitalit\u00e9, et fixera avec lui les modalit\u00e9s de leur d\u00e9part \u00e0 toutes deux. Pour l&rsquo;instant, il lui faut expliquer \u00e0 C\u00e9cilia que leur vie va encore conna\u00eetre bien des bouleversements, et que vont se pr\u00e9senter des moments tr\u00e8s difficiles \u00e0 passer. Elle lui dit, avec ses mots d&rsquo;adulte, qu&rsquo;elles seront sans doute s\u00e9par\u00e9es quelque temps, qu&rsquo;il faudra \u00eatre sage et courageuse, car on la placera s\u00fbrement dans un foyer, pour quelques semaines, quelques mois peut-\u00eatre. Que certaines personnes malintentionn\u00e9es lui raconteront des choses horribles sur sa maman, mais qu&rsquo;il ne faudra pas les croire, car ces choses l\u00e0 sont fausses, bien s\u00fbr. A son habitude, la petite \u00e9coute sans mot dire le monologue de la grande, qui arpente la chambre en scandant son discours de grands gestes des bras. Mon Dieu, qu&rsquo;elle l&rsquo;aime, sa maman. Il lui faut toute sa volont\u00e9 de petite fille pour ne pas c\u00e9der \u00e0 la tentation de lui parler de son ange, qui va s\u00fbrement tout arranger. Mais elle a promis de se taire. L&rsquo;ange ne sera pas content si elle parle, et risque de les abandonner pour de bon. C\u00e9cilia souffre de ne pas pouvoir dire \u00e0 sa maman qu&rsquo;elle participe, \u00e0 sa mani\u00e8re, \u00e0 tous ses tracas. Alors elle se l\u00e8ve \u00e0 son tour et, serrant tr\u00e8s fort les jambes de la grande, elle lui dit simplement :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Il ne faut pas \u00eatre triste, Maman, je t&rsquo;aime.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Oc\u00e9ane prend cet aveu d&rsquo;amour en plein c\u0153ur, et en chancelle dans ses r\u00e9solutions d&rsquo;adulte froidement d\u00e9termin\u00e9e. Pourquoi, mon Dieu, lui faut-il entra\u00eener cette enfant dans une guerre qui ne la concerne pas ? Allons, ma fille, reprends-toi. La route sera longue et difficile, tu n&rsquo;as pas le droit de flancher ainsi, avant m\u00eame le premier coup de canon. Oc\u00e9ane essuie d&rsquo;un geste ferme et rapide les larmes qui sourdaient au coin de ses paupi\u00e8res, et d&rsquo;une voix sans doute un peu trop brusque, commande la toilette et l&rsquo;habillage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant ce temps l\u00e0, Jacques arpente sa chambre, lui aussi. Il n&rsquo;a dormi que quelques heures, d&rsquo;un sommeil agit\u00e9, et s&rsquo;est r\u00e9veill\u00e9 en sursaut au sortir d&rsquo;un cauchemar qui l&rsquo;a ramen\u00e9 en Alg\u00e9rie, pendant la guerre. Un cauchemar qui le voyait prendre la fuite en laissant ses hommes se faire massa\u00adcrer. Il en est d&rsquo;autant plus boulevers\u00e9 que jamais, il n&rsquo;a r\u00eav\u00e9 \u00e0 ces \u00e9v\u00e9nements depuis son retour en m\u00e9tropole, il y a mainte\u00adnant plus de trente ans. Et pourquoi un tel cauchemar, alors que le plus partial de ses d\u00e9tracteurs \u00e9ventuels ne trouverait rien \u00e0 redire \u00e0 sa conduite au front. Il tourne en rond comme un fauve en cage, en cherchant \u00e0 comprendre. Il sent que la solution est l\u00e0, toute proche, mais il n&rsquo;arrive pas \u00e0 rassembler suffisamment ses id\u00e9es pour construire un raisonnement qui se tienne, d&rsquo;autant qu&rsquo;un mal de t\u00eate lancinant contrarie ses efforts. C&rsquo;est pourtant de lui que vient tout \u00e0 coup la lumi\u00e8re. Ce mal de t\u00eate ressemble diablement \u00e0 une solide gueule de bois. Il se souvient alors de la visite du d\u00e9tective, de sa discussion avec le notaire et Oc\u00e9ane, de la bouteille de vin, qu&rsquo;il a vid\u00e9e sans aide, arrosant qui plus est le Sauternes d&rsquo;un grand verre de whisky, lui qui ne boit d&rsquo;ordinaire qu&rsquo;avec parcimonie. Il se rappelle \u00e9galement d&rsquo;un autre r\u00eave, ant\u00e9rieur \u00e0 son cauchemar, un r\u00eave encore plus \u00e9trange, qui lui revient par bribes incoh\u00e9rentes. Cette nuit, il a parl\u00e9 au fant\u00f4me de son fils. Mais, \u00e9tait-ce bien un fant\u00f4me ? Tout en se traitant de demeur\u00e9, d&rsquo;attard\u00e9 mental, il ne peut s&#8217;emp\u00eacher de se reposer la question. La logique lui propose d&rsquo;autres explications. Les psychanalystes ne parlent-ils pas de ces songes si intenses et pr\u00e9cis que l&rsquo;on est s\u00fbr, au r\u00e9veil, de les avoir v\u00e9cus ? D&rsquo;aucuns expliquent la chose en \u00e9voquant des vies ant\u00e9rieures, d&rsquo;autres pr\u00e9f\u00e8rent imaginer l&rsquo;existence de mondes dont le parall\u00e9lisme approximatif n&rsquo;interdit pas certains croisements, d&rsquo;autres encore pr\u00e9tendent que, lors de certaines phases du sommeil, l&rsquo;homme d\u00e9veloppe des dons m\u00e9diumniques qui lui permettent d&rsquo;entrer en contact avec les esprits. La raison de Jacques est bien trop cart\u00e9sienne pour accepter de telles sornettes. Il s&rsquo;en tiendra au r\u00eave, tout simplement. Apr\u00e8s tout, n&rsquo;est-il pas logi\u00adque, l&rsquo;alcool et le stress d\u00fb \u00e0 la situation aidant, qu&rsquo;il ait r\u00eav\u00e9 \u00e0 son fils, pivot de toute l&rsquo;affaire ? Justement, que lui disait-il, son fils, durant cet \u00e9trange songe ? Jacques a beau faire de terri\u00adbles efforts de concentration, il ne parvient pas \u00e0 renouer le fil du dialogue. Il est certain, pourtant, qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un message important que lui envoie son subconscient. De guerre lasse, il abandonne, et d\u00e9cide de descendre prendre son petit d\u00e9jeu\u00adner. Sa m\u00e9moire fonctionnera s\u00fbrement de mani\u00e8re plus effi\u00adcace quand il aura le ventre plein. Il se rend dans le cabinet de toilette attenant \u00e0 sa chambre, et avale, coup sur coup, deux cachets d&rsquo;une aspirine fortement dos\u00e9e. Puis, ayant d\u00e9lib\u00e9r\u00e9\u00adment rang\u00e9 ses interrogations matinales dans un casier sp\u00e9cial de sa m\u00e9moire marqu\u00e9 \u00ab\u00a0\u00e0 oublier momentan\u00e9ment\u00a0\u00bb, il se lave, se rase et enfile une confortable tenue d&rsquo;int\u00e9rieur. En passant devant la grande armoire \u00e0 glace, pour sortir de la chambre, il jette un \u0153il distrait \u00e0 son reflet, mais c&rsquo;est l&rsquo;image de Jonathan que lui renvoie le miroir, l&rsquo;espace d&rsquo;une seconde, d&rsquo;un Jona\u00adthan pronon\u00e7ant distinctement le mot \u00ab\u00a0l\u00e2che\u00a0\u00bb, un mot qu&rsquo;il suffit de lire sur des l\u00e8vres pour le comprendre. Le temps qu&rsquo;il se frotte les yeux, l&rsquo;apparition a laiss\u00e9 la place au reflet d&rsquo;un pres\u00adque sexag\u00e9naire compl\u00e8tement abasourdi. Il s&rsquo;assied sur le lit, sonn\u00e9. Sa m\u00e9moire fonctionne parfaitement, maintenant, et lui restitue d&rsquo;un bloc la visite de son fils dont il ne jurerait plus qu&rsquo;il l&rsquo;a v\u00e9cue en r\u00eave. Pendant un long moment, Jacques ne bouge pas, frapp\u00e9 de la terrible stupeur qui saisit les gens \u00e0 qui l&rsquo;on vient d&rsquo;annoncer que l&rsquo;impensable leur est arriv\u00e9. Il est bl\u00eame, et semble respirer avec difficult\u00e9, la bouche ouverte en une grimace stupide.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, il se reprend lentement, aspire d&rsquo;un coup un trop plein de salive, et se remet debout, certain maintenant, aussi farfelu que cela paraisse, que Jonathan lui a effectivement rendu visite la veille. Il se souvient que son unique enfant lui a demand\u00e9 d&rsquo;aider sa femme et sa fille, de les prot\u00e9ger puisqu&rsquo;il n&rsquo;est plus l\u00e0 pour le faire. Il se souvient aussi qu&rsquo;il l&rsquo;a renvoy\u00e9 sur une fin de non-recevoir, incapable de d\u00e9ranger davantage sa petite vie \u00e9go\u00efste, incapable de sacrifier la moindre parcelle de sa tranquillit\u00e9 quand Jonathan a donn\u00e9 sa vie \u00e9ternelle pour venir le solliciter. Il lui arrive alors une chose incroyable. Lui qui a affront\u00e9 les horreurs de la guerre sans faiblir, lui qui n&rsquo;a pas vers\u00e9 une larme lors des enterrements de sa jeune femme et de son fils, opposant au monde une douleur muette, rigide, conforme \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il se fait de ses devoirs sociaux, lui dont le self-control est l\u00e9gendaire, se met \u00e0 pleurer, sans bruit. Il a pr\u00e8s de soixante ans, et verse ses premi\u00e8res larmes d&rsquo;adulte qui tracent de longs sillons sur les joues \u00e9maci\u00e9es avant de couler sur son menton pour s&rsquo;aller perdre sur le col de la veste d&rsquo;int\u00e9rieur. Il pleure d&rsquo;un coup toutes ses \u00e9motions trop long\u00adtemps contenues, il pleure, ce matin, ses camarades morts au combat, et Martine, partie si t\u00f4t, et Jonathan, qu&rsquo;il n&rsquo;a m\u00eame pas eu le temps de conna\u00eetre. Il pleure aussi, am\u00e8rement, son attitude de ces derniers jours, de ces derniers mois, cette fa\u00e7on qu&rsquo;il a eue de refuser de s&rsquo;ouvrir au monde qui le r\u00e9clamait. Il pleure debout, immobile comme la statue de pierre qu&rsquo;il \u00e9tait devenu, et qui, par le miracle de ces larmes trop longtemps retenues, retrouve peu \u00e0 peu la mobilit\u00e9 de son \u00e2me. Jacques, doucement, est en train de revenir \u00e0 la vie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis en train de faire connaissance avec ma m\u00e8re. D&rsquo;elle, vivante, je n&rsquo;ai aucun souvenir conscient, ce qui est compr\u00e9hensible si l&rsquo;on consid\u00e8re que je l&rsquo;ai vue davantage de l&rsquo;int\u00e9rieur que de l&rsquo;ext\u00e9rieur ! J&rsquo;ai souvent pens\u00e9 \u00e0 ma m\u00e8re, lorsque j&rsquo;\u00e9tais en bas. Mais je ne l&rsquo;imaginais que comme l&rsquo;\u00e9pouse de mon p\u00e8re, et je la vieillissais en m\u00eame temps que lui, et que les gens de sa g\u00e9n\u00e9ration qu&rsquo;il m&rsquo;arrivait de fr\u00e9quen\u00adter, comme les m\u00e8res de mes camarades de classe, par exemple. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;au cours des ann\u00e9es, je l&rsquo;avais dot\u00e9e de petites rides, de quelques cheveux gris, et m\u00eame de lunet\u00adtes. Mais le temps ici s&rsquo;arr\u00eate pour chacun au jour de son arri\u00adv\u00e9e, et ma petite Maman a encore aujourd&rsquo;hui vingt-six ans, tout comme moi. Cette rencontre particuli\u00e8re, en dehors du temps, ressemble \u00e0 une chanson de Sardou : \u00ab\u00a0je n&rsquo;imaginais pas les cheveux de ma m\u00e8re autrement que gris-blanc, avant d&rsquo;avoir connu&#8230;\u00a0\u00bb Tiens, si ce n&rsquo;\u00e9tait pas ma m\u00e8re, je lui ferais bien deux doigts de cour. La sensation est \u00e9trange. A discuter avec cette toute jeune femme pleine d&rsquo;humour et d&rsquo;allant, j&rsquo;en arrive \u00e0 consid\u00e9rer mon p\u00e8re comme une sorte de vieux satyre. Il m&rsquo;est impossible, en effet, de l&rsquo;imaginer jeune homme, m\u00eame en me rem\u00e9morant les photos jaunies soigneusement class\u00e9es dans les albums que collectionnait ma m\u00e8re, ces photos en noir et blanc qui me racontaient, avec l&rsquo;aide de Marie, puisque mon p\u00e8re refusait de s&rsquo;y plonger avec moi, l&rsquo;histoire d&rsquo;un couple d&rsquo;amoureux ordinaires, et de leurs d\u00e9buts dans la vie. La femme des photos est bien celle que j&rsquo;ai retrouv\u00e9e ici. Mais l&rsquo;homme ne ressemble gu\u00e8re \u00e0 mon p\u00e8re ; la vie s&rsquo;est trop charg\u00e9e de le grimer, ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, en un presque vieillard \u00e9go\u00efste et froid, pour qu&rsquo;on puisse encore aujourd&rsquo;hui imaginer qu&rsquo;une jeune beaut\u00e9 a pu, un jour, en tomber amou\u00adreuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons pass\u00e9 la nuit \u00e0 bavarder \u00e0 b\u00e2tons rompus, \u00e0 nous d\u00e9couvrir peu \u00e0 peu. Je me suis vite rendu compte qu&rsquo;elle n&rsquo;ignorait rien de la partie de ma vie pass\u00e9e au manoir, qu&rsquo;elle hante en catimini depuis presque trente ans.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Je ne comprends pas, Martine. (J&rsquo;ai oubli\u00e9 de pr\u00e9ciser que, compte tenu de nos \u00e2ges respectifs, nous avons convenu que je l&rsquo;appellerais par son pr\u00e9nom.) Pourquoi as-tu d\u00e9cid\u00e9 de devenir fant\u00f4me ? Ce n&rsquo;est pas une situation particuli\u00e8rement gratifiante.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est une question de point de vue, mon petit Jo. J&rsquo;ai connu ton p\u00e8re pendant six ans, dont trois de fa\u00e7on strictement \u00e9pistolaire. C&rsquo;est un peu court, pour des gens qui se sont unis pour toujours ! Or, il se trouve que j&rsquo;ai eu pour mentor une tr\u00e8s vieille tante, que je connaissais \u00e0 peine mais que j&rsquo;aimais bien, parce qu&rsquo;elle \u00e9tait le mouton noir de la famille. C&rsquo;\u00e9tait une femme tr\u00e8s en avance sur son \u00e9poque, qui avait milit\u00e9 pour la reconnaissance de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des sexes bien avant que \u00e7a ne devienne \u00e0 la mode. Elle avait \u00e9t\u00e9 danseuse nue, dans les ann\u00e9es vingt, et avait collectionn\u00e9 les amants. Quand elle est venue me chercher au fond de l&rsquo;eau, elle \u00e9tait devenue une adorable vieille dame compl\u00e8tement farfelue. Je ne te cache pas que l&rsquo;enseignement que j&rsquo;ai re\u00e7u d&rsquo;elle, pendant ma p\u00e9riode de d\u00e9sensibilisation, n&rsquo;a pas grand-chose \u00e0 voir avec celui que t&rsquo;a si maladroitement prodigu\u00e9 la petite Jeannou.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Parce que tu as assist\u00e9 \u00e0 tout \u00e7a !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Chaque fois que vous veniez au manoir, j&rsquo;\u00e9tais aux premi\u00e8res loges.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Comment se fait-il que nous ne t&rsquo;ayons jamais per\u00e7ue ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Il faut \u00eatre fant\u00f4me soi-m\u00eame, pour percevoir les fant\u00f4\u00admes !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mais toi, comment faisais-tu pour nous &#8230; voir ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Vous \u00e9tiez sur mon territoire, mes agneaux ! Tout ce qui se passe au manoir m&rsquo;est accessible. En revanche, d\u00e8s que j&rsquo;en sors, je ne peux plus rencontrer que d&rsquo;autres fant\u00f4mes.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Et, ils sont nombreux ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Bien s\u00fbr qu&rsquo;ils sont nombreux. Tu l&rsquo;as exp\u00e9riment\u00e9 toi m\u00eame, il n&rsquo;est pas facile de se d\u00e9cider \u00e0 faire le grand saut.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Pour moi, c&rsquo;est diff\u00e9rent. J&rsquo;\u00e9tais vraiment pr\u00eat \u00e0 partir, au moment o\u00f9 j&rsquo;ai d\u00e9couvert que j&rsquo;\u00e9tais papa. Ce qui, soit dit en passant, fait de toi une grand-m\u00e8re !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Et oui, on ne rajeunit pas ! Ceci dit, ma situation n&rsquo;\u00e9tait pas vraiment diff\u00e9rente de la tienne. Tu n&rsquo;as pas voulu laisser ta fille avant d&rsquo;\u00eatre certain que la vie lui serait douce. Je n&rsquo;ai pas voulu, moi, quitter trop vite un mari compl\u00e8tement perdu apr\u00e8s mon d\u00e9part pr\u00e9cipit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ouais ! Mais je t&rsquo;ai interrompue, tout \u00e0 l&rsquo;heure. Tu parlais de l&rsquo;apprentissage de la vie \u00e9ternelle selon ta vieille tante !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tout \u00e0 fait. Donc, la vieille chipie, contestataire par essence, ne s&rsquo;\u00e9tait pas content\u00e9e des enseignements re\u00e7us lors de sa propre p\u00e9riode de d\u00e9sensibilisation. Elle avait beaucoup creus\u00e9 la question, et bien que d\u00e9j\u00e0 en phase deux, regrettait d&rsquo;\u00eatre sans doute all\u00e9e trop vite, sans prendre le temps de se balader un peu au gr\u00e9 de ses souvenirs terrestres. Me sentant un peu d\u00e9sempar\u00e9e \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de quitter si vite l&rsquo;homme que j&rsquo;aimais, elle m&rsquo;a convaincue de rester l&rsquo;attendre. Apr\u00e8s tout, l&rsquo;engagement que j&rsquo;ai pris vis \u00e0 vis de ton p\u00e8re devait durer jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la mort nous s\u00e9pare. Il se trouve que, comme je le d\u00e9couvrais, la mort pouvait au contraire nous garder l&rsquo;un pr\u00e8s de l&rsquo;autre. Je n&rsquo;ai pas h\u00e9sit\u00e9 longtemps, et je suis devenue le fant\u00f4me du manoir.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je n&rsquo;ai jamais entendu parler d&rsquo;un fant\u00f4me au manoir.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Jonathan ! Tu me d\u00e9\u00e7ois mon gar\u00e7on. Un fant\u00f4me peut tr\u00e8s bien d\u00e9cider de rester invisible, sauf \u00e0 tomber, \u00e9videm\u00adment, sur un ph\u00e9nom\u00e8ne comme C\u00e9cilia. C&rsquo;est exactement ce que j&rsquo;avais d\u00e9cid\u00e9. J&rsquo;attendrais ton p\u00e8re, mais sans qu&rsquo;il le sache, partageant \u00e0 son insu ses joies et ses peines. Je m&rsquo;\u00e9tais juste fix\u00e9, comme limite, de dispara\u00eetre d\u00e9finitivement s&rsquo;il avait connu une autre femme. Ce qui n&rsquo;est jamais arriv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tu es donc un fant\u00f4me \u00ab\u00a0r\u00e9versible\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mais mon pauvre gar\u00e7on, tous les fant\u00f4mes le sont.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ce n&rsquo;est pas ce que m&rsquo;a dit Jeannou.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je t&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 expliqu\u00e9 que cette gamine n&rsquo;a rien compris. Elle est persuad\u00e9e que nous vivons dans un syst\u00e8me comme il en existe en bas, avec des r\u00e8glements, dont l&rsquo;ex\u00e9cution serait sans doute contr\u00f4l\u00e9e par des fonctionnaires c\u00e9lestes, qui infli\u00adgeraient des punitions aux mauvais \u00e9l\u00e8ves. C&rsquo;est fini, tout \u00e7a. C&rsquo;\u00e9tait valable sur terre, quand nous subissions le poids des soci\u00e9t\u00e9s, qui sont oblig\u00e9es, pour permettre la vie en communaut\u00e9, d&rsquo;imposer des r\u00e8gles opposables \u00e0 tous. Ici, ce n&rsquo;est pas le cas, puisque aucun d&rsquo;entre nous n&rsquo;ayant d&rsquo;existence physique, nous ne pouvons pas nous nuire mutuellement. Chacun est, par cons\u00e9quent, vraiment ma\u00eetre de sa destin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mais alors, je ne comprends plus. Pourquoi n&rsquo;es-tu pas apparue \u00e0 Papa ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Parce que je l&rsquo;aime, et que je suis persuad\u00e9e que, sauf cas de force majeure, il n&rsquo;est pas sain, pour un vivant, de discuter avec les morts. Surtout un vivant aussi cart\u00e9sien que mon cher \u00e9poux.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Revenons \u00e0 ce syst\u00e8me, dont tu pr\u00e9tends qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas. Il y a bien, quelque part, une sorte de&#8230; force vitale qui g\u00e8re le devenir des \u00e2mes, les phases, le passage&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; O\u00f9 veux-tu en venir ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Dieu, il existe, ou pas ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab<\/p>\n\n\n\n<p>Comme par un fait expr\u00e8s, Jacques et les deux canadien\u00adnes sortent ensemble de leurs chambres pour prendre la direc\u00adtion de la cuisine. Les adultes \u00e9changent un regard charg\u00e9 d&rsquo;interrogation et de doute, puis Oc\u00e9ane demande \u00e0 sa fille d&rsquo;aller rejoindre Marie pour prendre son petit d\u00e9jeuner. Une fois la gamine partie, elle se tourne vers le grand homme qui lui propose simplement :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Dans le bureau ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Elle acquiesce d&rsquo;un signe de la t\u00eate et le suit vers la pi\u00e8ce de travail dans laquelle, \u00e0 chaque passage, sa vie prend \u00e9trangement une tournure nouvelle. Galamment, Jacques s&rsquo;efface pour la laisser entrer la premi\u00e8re, et referme soigneusement l&rsquo;huis apr\u00e8s avoir p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans la pi\u00e8ce \u00e0 son tour. Il l&rsquo;accompagne jusqu&rsquo;au fauteuil des visiteurs, avant de s&rsquo;installer, \u00e0 son habitude, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du bureau. Oc\u00e9ane songe alors que, d\u00e9cid\u00e9ment, il y aura toujours eu un bureau de trop, entre eux, et cette pens\u00e9e, malgr\u00e9 son \u00e9tat d&rsquo;esprit morose, la fait sourire. Jacques, lui, ne sourit pas. Depuis son psychodrame solitaire du matin, il r\u00e9fl\u00e9chit intens\u00e9ment, comme il le faisait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9, chaque jour, il se levait \u00e0 l&rsquo;aube, conqu\u00e9rant, avec dans la t\u00eate la liste des probl\u00e8mes professionnels \u00e0 r\u00e9soudre dans la journ\u00e9e. Or, il se trouve que Jacques, quand il r\u00e9fl\u00e9chit, offre au monde le visage ferm\u00e9 d&rsquo;un asc\u00e8te qui se prendrait au s\u00e9rieux. La jeune femme, qui ne conna\u00eet pas son interlocuteur dans cet \u00e9tat d&rsquo;esprit particulier, interpr\u00e8te la sombre figure comme un signe de mauvaise humeur, ce qui fait dispara\u00eetre d&rsquo;un coup son timide sourire, et la replonge dans ses id\u00e9es noires. Elle soupire, et s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 parler au moment m\u00eame ou le grand homme d\u00e9cide d&rsquo;en faire autant. Ils s&rsquo;interrompent aussit\u00f4t et se regardent, attendant tous les deux que l&rsquo;autre poursuive. D&rsquo;un signe, Jacques lui donne la parole, et se laisse aller en arri\u00e8re dans son si\u00e8ge, pour bien lui indiquer qu&rsquo;il l&rsquo;\u00e9coute.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Voil\u00e0, monsieur R\u00e9miniac, je suis venu vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour nous, et prendre cong\u00e9. J&rsquo;aimerais en effet que nous fixions maintenant les modalit\u00e9s pratiques de mon d\u00e9part. J&rsquo;ai bien r\u00e9fl\u00e9chi, apr\u00e8s notre conver\u00adsation d&rsquo;hier soir, et je suis fermement d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 ne pas resti\u00adtuer les carnets de Jonathan. Je vais donc me rendre au consulat de mon pays, afin que ma situation soit clairement \u00e9tablie, puis je rentrerai \u00e0 Qu\u00e9bec.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Oc\u00e9ane a prononc\u00e9 ces mots d&rsquo;un ton ferme, le menton en avant, les yeux viss\u00e9s dans ceux de Jacques, qui ne peut s&#8217;emp\u00eacher de baisser le regard et de laisser passer un temps de silence, comme s&rsquo;il h\u00e9sitait encore sur la nature de sa r\u00e9ponse.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Vous \u00eates une jeune femme courageuse, Oc\u00e9ane, et je comprends, compte tenu de l&rsquo;attitude que j&rsquo;ai eue \u00e0 votre \u00e9gard, que vous soyez press\u00e9e de partir. Avant que vous ne nous quittiez, je tiens d&rsquo;abord \u00e0 vous pr\u00e9senter des excuses.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; A propos d&rsquo;hier soir ? Il n&rsquo;y a pas de quoi. Nous n&rsquo;avons pas le m\u00eame avis sur la question, mais c&rsquo;est votre droit le plus strict.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Il n&rsquo;est pas question de droit, en l&rsquo;occurrence, et je ne pensais pas vraiment \u00e0 la soir\u00e9e d&rsquo;hier, encore qu&rsquo;elle consti\u00adtue, en quelque sorte, le point d&rsquo;orgue d&rsquo;une partition que je m&rsquo;en veux d&rsquo;avoir ex\u00e9cut\u00e9e. Non, je vous prie de m&rsquo;excuser pour la fa\u00e7on dont je vous ai trait\u00e9es, votre fille et vous, depuis votre arriv\u00e9e ici.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; J&rsquo;avoue que je ne comprends pas.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Vous allez sans doute penser que je suis cyclothymique, mais je vous dois une explication, qui prendra, je le redoute, la forme d&rsquo;une justification, ce qui n&rsquo;est pas mon but, j&rsquo;ai l&rsquo;habitude d&rsquo;assumer mes erreurs, mais qu&rsquo;importe. Quand vous \u00eates arriv\u00e9e ici, vous avez d\u00e9rang\u00e9, c&rsquo;est le terme ad\u00e9quat, un vieillard qui attendait patiemment la mort, en souhaitant que l&rsquo;attente ne soit ni trop longue, ni trop p\u00e9nible. Non, non, ne m&rsquo;opposez pas mon \u00e2ge, je vous en prie, Vous d\u00e9couvrirez avec le temps que c&rsquo;est par l&rsquo;\u00e2me que l&rsquo;on vieillit en premier. Ainsi ce brave notaire de ma\u00eetre Leclerc, qui pourrait \u00eatre mon p\u00e8re, se conduit encore comme un gamin. Il mourra un jour, \u00e0 un \u00e2ge fort avanc\u00e9, mais il mourra jeune ! C&rsquo;est l&rsquo;un des paradoxes de la vie, et non le moins int\u00e9ressant, je vous l&rsquo;assure. Mais, me voil\u00e0 en train de radoter, alors que ce n&rsquo;est ni le lieu, ni l&rsquo;heure. Je disais donc qu&rsquo;\u00e0 votre arriv\u00e9e, je vous ai consid\u00e9r\u00e9e comme une intruse, que seule ma bonne \u00e9ducation m&#8217;emp\u00eachait de renvoyer d&rsquo;o\u00f9 elle venait. Sans cet h\u00e9ritage maternel, que je porte bien souvent comme un fardeau, je vous aurais proprement jet\u00e9e dehors sans aucun scrupule, je vous l&rsquo;assure. Par bonheur, et j&rsquo;en remercie publiquement ma ch\u00e8re m\u00e8re, je n&rsquo;en ai donc rien fait. Vous vous \u00eates install\u00e9e au manoir, avec beaucoup de naturel, et nous avons mieux fait connaissance. J&rsquo;ai d\u00e9couvert peu \u00e0 peu que vous \u00e9tiez une jeune personne digne d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, jusqu&rsquo;\u00e0 cette malheureuse affaire, qui m&rsquo;a replong\u00e9 dans mes odieuses habitudes d&rsquo;ours mal l\u00e9ch\u00e9. J&rsquo;ai regrett\u00e9, alors, de m&rsquo;\u00eatre int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 vous et \u00e0 cette adorable petite fille. Comprenez mon \u00e9tat d&rsquo;esprit, Oc\u00e9ane. Vous aviez ramen\u00e9 la vie dans cette maison, en cr\u00e9ant une atmosph\u00e8re enjou\u00e9e, \u00e0 laquelle j&rsquo;ai r\u00e9sist\u00e9 autant que j&rsquo;ai pu, jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 d&rsquo;admettre que votre pr\u00e9sence me faisait \u00e9norm\u00e9ment de bien. Et voil\u00e0 que tout \u00e9tait d\u00e9truit de nouveau. J&rsquo;ai beau \u00eatre cart\u00e9sien, je vous assure que, parfois, je finis par croire que je suis maudit ! Et puis, en y r\u00e9fl\u00e9chissant cette nuit, ruminant \u00e0 mon habitude mes propres ennuis, ou plus exactement ce que j&rsquo;analysais comme tel, j&rsquo;ai eu, tout \u00e0 coup, une sorte d&rsquo;illumination, et je me suis rendu compte que, depuis le d\u00e9but, je faisais fausse route, aveugl\u00e9 que j&rsquo;\u00e9tais par mon \u00e9go\u00efsme de solitaire inconsolable. Je me suis dit, alors, que si les choses s&rsquo;\u00e9taient pass\u00e9es autrement, je veux dire, si Jonathan \u00e9tait venu vous pr\u00e9senter \u00e0 moi, beaucoup plus t\u00f4t, si vous vous \u00e9tiez mari\u00e9s, si possible avant la conception de C\u00e9cilia, j&rsquo;aurais eu beaucoup de plaisir \u00e0 vous accueillir ici comme la charmante belle-fille que vous auriez s\u00fbrement \u00e9t\u00e9 pour moi. Puis il m&rsquo;est apparu comme une \u00e9vidence que, connaissant mon go\u00fbt, je dirais m\u00eame mon obsession, pour le respect des formes, c&rsquo;est pour venir r\u00e9gulariser votre situation vis \u00e0 vis de moi que Jonathan avait d\u00e9cid\u00e9, \u00e0 mon insu, de venir passer ce funeste No\u00ebl \u00e0 la maison. Si ce n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 le cas, on n&rsquo;aurait pas retrouv\u00e9 ces photos de vous, dans son sac de voyage. Je les avais compl\u00e8tement oubli\u00e9es, ces photos. Je ne les ai retrouv\u00e9es que ce matin, au fond de mon armoire. Voyez-vous, ma ch\u00e8re Oc\u00e9ane, la forme que l&rsquo;on donne aux choses a une importance primordiale. Elle est faite pour permettre \u00e0 des gens tr\u00e8s diff\u00e9\u00adrents de vivre ensemble. Le respect de la forme est essentiel pour la survie d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9. J&rsquo;avais simplement oubli\u00e9 que, quand nous poussons cette logique, parfaitement fond\u00e9e, au demeurant, \u00e0 son extr\u00eame, on en arrive, pour sauver la forme, \u00e0 d\u00e9truire le fond, ce qui est absurde. C&rsquo;est de cette erreur, dont je vous demande humblement pardon. A une question qu&rsquo;on lui posait sur la forme du mariage, le Christ a r\u00e9pondu : \u00ab\u00a0l&rsquo;homme quittera son p\u00e8re et sa m\u00e8re, et les deux ne feront plus qu&rsquo;une seule chair\u00a0\u00bb, et il a ajout\u00e9 : \u00a0\u00bb ce que Dieu a uni, l&rsquo;homme ne doit point le s\u00e9parer.\u00a0\u00bb Comment ai-je pu, moi qui suis catholique, me laisser ainsi aveugler, au point de me con\u00advaincre que vous ne m&rsquo;\u00e9tiez de rien, puisque votre mariage n&rsquo;existait pas, selon les canons de l&rsquo;\u00e9glise, pas plus que selon les termes de la loi, quand la pr\u00e9sence de votre petite C\u00e9cilia est la preuve \u00e9clatante que Jonathan et vous ne faisiez plus qu&rsquo;un ? Oserais-je, simple mortel, opposer le droit canon \u00e0 J\u00e9\u00adsus-Christ, lui qui a dit aussi \u00ab\u00a0laissez venir \u00e0 moi les petits en\u00adfants\u00a0\u00bb, et tant de choses merveilleuses, encore, qui ne peuvent que s&rsquo;appliquer \u00e0 notre cas ? Oc\u00e9ane, apr\u00e8s vous avoir fait ces excuses du plus profond de mon \u00e2me, apr\u00e8s vous avoir remer\u00adci\u00e9 encore, de la vie que vous avez ramen\u00e9e dans cette bico\u00adque qui devenait lugubre, je vous demande de rester avec nous au Manoir, mais pas comme une invit\u00e9e, non. Je vous re\u00e7ois ici, avec retard, je le confesse, comme l&rsquo;\u00e9pouse devant Dieu de mon fils, Jonathan, et je reconnais C\u00e9cilia pour ma petite-fille l\u00e9gitime.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>chapitre 18 la nuit porte conseil Un matin gris, sans relief, \u00e9touffe dans une brume coton\u00adneuse les bruits environnants. 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