{"id":1827,"date":"2024-07-05T15:55:04","date_gmt":"2024-07-05T13:55:04","guid":{"rendered":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1827"},"modified":"2024-07-05T16:15:27","modified_gmt":"2024-07-05T14:15:27","slug":"les-carnets-de-jonathan-episode-16","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1827","title":{"rendered":"Les carnets de Jonathan &#8211; \u00e9pisode 16"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>chapitre 16<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u00e9cisions<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Las de tra\u00eener ma peine dans l&rsquo;\u00e9ther, je redescends voir ce qu\u2019il se passe au manoir. J&rsquo;ai, auparavant, sond\u00e9 le terrain pour localiser ma fille, afin d&rsquo;\u00e9viter de la rencontrer. Si je ne suis pas, en effet, persuad\u00e9 que l&rsquo;explication de Jeannou est la bonne, je pr\u00e9f\u00e8re ne pas prendre de risques inconsid\u00e9r\u00e9s pour autant. Il y va quand m\u00eame de mon \u00e9ternit\u00e9 ! J&rsquo;arrive juste comme Oc\u00e9ane sort du bureau, et ce que je lis sur le visage de ma derni\u00e8re compagne n&rsquo;est pas fait pour me rass\u00e9r\u00e9ner. Je m&rsquo;immisce donc dans la pi\u00e8ce, pour assister \u00e0 la fin de la conversation t\u00e9l\u00e9phonique entre mon p\u00e8re et le vieux notaire.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Je vous l&rsquo;avais dit, ma\u00eetre, elle est plus t\u00eatue qu&rsquo;un troupeau d&rsquo;\u00e2nes corses. Quand elle a d\u00e9cid\u00e9 quelque chose, rien ne peut lui faire changer d&rsquo;avis.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Avouez tout de m\u00eame, mon cher Jacques, que les explications qu&rsquo;elle donne \u00e0 son attitude sont des plus convaincantes.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00c7a aussi, je vous l&rsquo;avais dit. Elle trouve toujours de bonnes raisons pour ne pas avoir \u00e0 changer d&rsquo;opinion.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Jacques, vous \u00eates, en cette affaire, d&rsquo;une mauvaise foi confondante !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mais pas du tout. C&rsquo;est vous, au contraire, qui vous laissez embarquer par cette donzelle. Il y a une solution sens\u00e9e \u00e0 son probl\u00e8me, et une seule. Nous la connaissons vous et moi. Sorti de l\u00e0, point de salut. Mais rien \u00e0 faire, mademoiselle Monplaisir n&rsquo;en fait qu&rsquo;\u00e0 sa t\u00eate, et pr\u00e9f\u00e8re risquer la prison plut\u00f4t que de se d\u00e9faire de ses maudits papiers. Avez-vous song\u00e9 \u00e0 ce que va devenir la petite C\u00e9cilia, dans cette affaire ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Gardez-la au manoir, le temps que sa m\u00e8re r\u00e9solve cette affaire.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mais enfin, ma\u00eetre, vous divaguez ! Le temps qu&rsquo;Oc\u00e9ane se sorte des griffes de l&rsquo;autre m\u00e9g\u00e8re, C\u00e9cilia sera presque en \u00e2ge de se marier. Vous la voyez, cette pauvre petite, orpheline de p\u00e8re, et priv\u00e9e de sa m\u00e8re pendant plusieurs ann\u00e9es, partageant son temps entre un vieux misanthrope dont elle ignore qu&rsquo;il est son grand-p\u00e8re, et un couple de domestiques encore plus \u00e2g\u00e9s ? Son occupation principale risque de consister \u00e0 suivre trois enterrements ! Quelle perspective pour une gamine de trois ans !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Jacques, mon ami, vous voyez tout en noir. C&rsquo;est irritant \u00e0 la fin. Puisque vous reconnaissez que vous \u00eates le grand-p\u00e8re de C\u00e9cilia, il est naturel que vous proposiez \u00e0 sa m\u00e8re d&rsquo;en assurer la garde, au moins dans les premiers temps. Ce n&rsquo;est tout de m\u00eame pas une si lourde t\u00e2che, pour un jeune re\u00adtrait\u00e9 !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ne vous y trompez pas, ma\u00eetre. Je ne reconnais rien du tout. Je sais que C\u00e9cilia est ma petite-fille, mais je ne suis pas pr\u00eat \u00e0 l&rsquo;admettre devant un tiers. Et heureusement que je ne l&rsquo;ai pas fait. La situation, de p\u00e9nible et complexe, en serait deve\u00adnue inextricable ! Apr\u00e8s tout, Oc\u00e9ane a trouv\u00e9 refuge ici, quand elle en avait besoin, tant mieux. Elle d\u00e9sire maintenant retour\u00adner g\u00e9rer ses affaires au Qu\u00e9bec, elle est parfaitement libre de le faire. Si, au lieu de la consid\u00e9rer simplement comme une ex-camarade de Jonathan dans le besoin, je l&rsquo;avais accueillie ici comme ma belle-fille, je serai contraint de participer moi aussi \u00e0 ce proc\u00e8s ridicule.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Donc, vous vous lavez les mains de ce qui peut lui arri\u00adver, ainsi qu&rsquo;\u00e0 votre petite-fille ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Exactement. Et votre sensiblerie dut-elle en souffrir, vous serez oblig\u00e9 de convenir avec moi que j&rsquo;ai raison. Pr\u00e9ten\u00addre faire le bonheur des gens contre leur gr\u00e9, sous pr\u00e9texte que l&rsquo;on sait, mieux qu&rsquo;eux, ce qui leur convient, c&rsquo;est faire un \u00e9norme p\u00each\u00e9 d&rsquo;orgueil, qu&rsquo;on appelle le communisme. Jetez un coup d\u2019\u0153il vers l&rsquo;Est, et vous verrez o\u00f9 \u00e7a m\u00e8ne. Je suis un lib\u00e9ral convaincu. Il arrive que cette attitude soit difficile \u00e0 assumer, mais je m&rsquo;y tiendrai !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je vois que quand vous pr\u00e9tendez qu&rsquo;Oc\u00e9ane est t\u00eatue, vous parlez en expert !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tr\u00e8s bien. Vous pensez que j&rsquo;ai tort. Alors je vous \u00e9coute. Que proposez-vous ? Quelle solution miracle allez-vous sortir de votre chapeau, qui r\u00e9glera la question d&rsquo;un seul coup ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je n&rsquo;ai pas de solution \u00e0 proposer Jacques, vous le sa\u00advez bien. De tout temps, quand nous avons \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s \u00e0 un probl\u00e8me, c&rsquo;est vous qui avez syst\u00e9matiquement b\u00e2ti la meilleure solution pour en sortir.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Et bien justement. Je vous dis que cette fois-ci, il n&rsquo;y a qu&rsquo;une solution, et qu&rsquo;Oc\u00e9ane n&rsquo;en veut pas. Point final.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ce qui me d\u00e9sole, outre la situation p\u00e9nible que va subir cette charmante jeune femme, c&rsquo;est votre attitude, \u00e0 vous, dans cette affaire.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;elle a, mon attitude ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est une attitude de perdant, et je n&rsquo;arrive pas \u00e0 m&rsquo;y habituer. Quand nos deux petites canadiennes sont arriv\u00e9es chez vous, vous \u00e9tiez dans ce d\u00e9testable \u00e9tat d&rsquo;esprit depuis la disparition de votre fils. Puis, peu \u00e0 peu, au fil des jours, je vous ai vu vous remettre \u00e0 exister, gr\u00e2ce \u00e0 elles. Je me suis dis, alors, que la vie reprenait ses droits, et que ce qui, depuis plus de trois ans, ressemble \u00e0 une funeste imitation du ch\u00e2teau de la Belle au bois dormant, la princesse en moins, allait enfin, par la gr\u00e2ce d&rsquo;une fille du peuple, redevenir le riant manoir que j&rsquo;ai connu, il y a si longtemps. C&rsquo;est rat\u00e9. Vous n&rsquo;avez pas r\u00e9ussi \u00e0 redevenir celui que vous \u00e9tiez alors. Je me suis trom\u00adp\u00e9, Jacques, et \u00e7a me fait mal.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Allons donc, c&rsquo;est vous qui \u00eates pessimiste, maintenant. Ma vie, avant le d\u00e9barquement impromptu d&rsquo;Oc\u00e9ane, n&rsquo;\u00e9tait pas aussi lugubre que vous semblez le croire. C&rsquo;est une vie normale pour un homme retir\u00e9 des affaires, c&rsquo;est tout.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Vous \u00eates vieux, Jacques !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ce n&rsquo;est pas une d\u00e9couverte, ma\u00eetre, mais je me permets de vous renvoyer le compliment !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Vous vous trompez encore, mon ami. C&rsquo;est dans votre t\u00eate, et dans votre c\u0153ur, que vous \u00eates vieux. \u00c7a n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec l&rsquo;\u00e9tat de vos art\u00e8res. S&rsquo;il vous restait une once de vie, vous seriez d\u00e9j\u00e0 en train de r\u00e9fl\u00e9chir au moyen qui permettrait \u00e0 Oc\u00e9ane de rester ici, et de se battre, puisqu&rsquo;elle y tient, dans les meilleures conditions.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Allons donc. Le ch\u00e2teau de la Belle au bois dormant, tout \u00e0 l&rsquo;heure, et maintenant le preux chevalier au secours de la veuve et de l&rsquo;orpheline ! Je suis peut-\u00eatre vieux dans ma t\u00eate, ma\u00eetre, mais vous, vous retombez en enfance ! Le romantisme, c&rsquo;\u00e9tait bon au si\u00e8cle dernier, mon cher. Nous approchons quand m\u00eame de l&rsquo;an 2000 ! Allez, n&rsquo;y pensez plus. Nous nous en remettrons tr\u00e8s bien, vous verrez. Je vous rappelle, \u00e0 bien\u00adt\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est \u00e7a, Jacques, \u00e0 bient\u00f4t.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le bruit sec produit par le combin\u00e9, heurtant le socle de m\u00eame plastique du t\u00e9l\u00e9phone, donne, \u00e0 qui le conna\u00eet, une id\u00e9e assez pr\u00e9cise de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit de mon p\u00e8re \u00e0 la fin de cette conversation, \u00e0 vrai dire fort peu plaisante. C&rsquo;est tout lui, \u00e7a. Il a horreur qu&rsquo;on lui dise ce qu&rsquo;on pense de ses fa\u00e7ons d&rsquo;\u00eatre ou d&rsquo;agir. Que ce soit en bien, ou en mal, les remarques produisent toujours ce genre d&rsquo;effet pervers, et finissent par provoquer une grosse col\u00e8re qu&rsquo;il a \u00e9norm\u00e9ment de mal \u00e0 contenir. Je me souviens d&rsquo;un de ses clients, il y a quelques ann\u00e9es de cela. Le pauvre type s&rsquo;\u00e9tait laiss\u00e9 embrigader dans une sombre op\u00e9ration sur le sucre, et s&rsquo;appr\u00eatait \u00e0 perdre d&rsquo;un seul coup la petite fortune de sa femme. Mon cher Papa l&rsquo;avait alors sorti d&rsquo;affaire, et l&rsquo;homme, au comble de l&rsquo;\u00e9motion, se lan\u00e7a, pour le remercier, dans un pan\u00e9gyrique maladroit mais sinc\u00e8re, devant une assembl\u00e9e compos\u00e9e de notables de province, clients du cabinet paternel, ou susceptibles de le devenir. N&rsquo;importe quel commer\u00e7ant avis\u00e9 se serait tu, quitte \u00e0 rougir sous les compliments. Mon p\u00e8re, lui, prit tr\u00e8s mal la chose, et, sa col\u00e8re s&rsquo;exprimant en sarcasmes, descendit en flammes, et devant t\u00e9moins, l&rsquo;amateur ignare qui risquait son argent en bourse sans prendre, au pr\u00e9alable, les conseils de professionnels raisonnables, leur pr\u00e9f\u00e9rant, comme le petit bourgeois de province qu&rsquo;il \u00e9tait, les chants m\u00e9lodieux des sir\u00e8nes parisiennes de la haute finance, celles qui ont plusieurs rang\u00e9es de dents, et un aileron sur le dos. Les rieurs, ce soir l\u00e0, et, le champagne aidant, ils \u00e9taient heureusement majoritaires, se rang\u00e8rent sous sa banni\u00e8re pour fustiger l&rsquo;incons\u00e9quent. La m\u00eame sortie, en d\u00e9but de soir\u00e9e, aurait sans aucun doute priv\u00e9 le cabinet d&rsquo;affaires en cours de d\u00e9marrage d&rsquo;une partie importante de ses sources de revenus. Incapable d&rsquo;accepter les critiques comme les compliments, mon cher Papa est \u00e9galement impuissant \u00e0 les prodiguer. Une b\u00eatise me valait un regard noir, un succ\u00e8s n&rsquo;\u00e9tait salu\u00e9 que d&rsquo;un simple \u00ab\u00a0c&rsquo;est bien, continue comme \u00e7a.\u00a0\u00bb J&rsquo;ai subi ce fichu caract\u00e8re pendant des ann\u00e9es sans comprendre que ce que je prenais pour une forme d&rsquo;indiff\u00e9rence cachait en fait une pudeur hors normes, \u00e9lev\u00e9e \u00e0 l&rsquo;engrais d&rsquo;une \u00e9ducation presque calviniste. Et quand, enfin, j&rsquo;ai compris qui \u00e9tait mon p\u00e8re, quand j&rsquo;ai voulu venir le lui dire, c&rsquo;est ce mauvais virage qui m&rsquo;en a emp\u00each\u00e9. Quoi qu&rsquo;il en soit, et malgr\u00e9 toute la tendresse que j&rsquo;ai pour lui aujourd&rsquo;hui, il faut admettre qu&rsquo;il m&#8217;emmerde, mon cher p\u00e8re. S&rsquo;il persiste dans cette voie, en ce qui concerne Oc\u00e9ane et C\u00e9cilia, je ne suis pas pr\u00eat de conna\u00eetre le paradis, moi ! Pour Oc\u00e9ane, je lui pardonne un peu. C&rsquo;est vrai qu&rsquo;il faut la supporter, mon ex, quand elle a d\u00e9cid\u00e9 quelque chose. Mais je ne peux pas le laisser ainsi abandonner ma fille sans r\u00e9agir. D&rsquo;autant que ma\u00eetre Leclerc a parfaitement raison. S&rsquo;il voulait s&rsquo;en donner la peine, ce grand escogriffe a largement les ressources intellectuelles pour organiser la d\u00e9fense de nos int\u00e9r\u00eats. Mais j&rsquo;ai beau me creuser les m\u00e9ninges, ou ce qui m&rsquo;en tient lieu maintenant, je ne vois gu\u00e8re comment l&rsquo;obliger \u00e0 changer d&rsquo;attitude. Mon Dieu qu&rsquo;il est difficile d&rsquo;\u00eatre si pr\u00e8s de lui, et en m\u00eame temps impuissant !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Tu devrais apprendre \u00e0 mod\u00e9rer tes sentiments, Jonathan. Tu vas finir par te faire remarquer.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tiens, Jeannou ! Je ne pensais plus te revoir.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tu ne te d\u00e9barrasseras pas si facilement de moi, mon bonhomme.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Donc, je ne suis pas fant\u00f4mis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Pas encore compl\u00e8tement. Mais tu te diriges droit sur cette voie, \u00e0 ne pas accepter de laisser les vivants traiter leurs affaires entre eux.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tu me fais rire. Tu as vu comment ils les traitent, leurs affaires, comme tu dis. Ils laissent tout tomber, ils baissent les bras sans combattre.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ce ne sont plus tes affaires, Jonathan.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Si, d\u00e9sol\u00e9 Jeannou, mais je ne peux pas laisser faire.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Jonathan, une derni\u00e8re fois, je t&rsquo;en conjure, reviens avec moi.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Attends encore un peu, je vais trouver un moyen. \u00c9coute, d\u00e8s que j&rsquo;ai fini, je t&rsquo;appelle, on se fait une bouffe, on en discute, et je remonte avec toi poursuivre mon initiation. Qu&rsquo;en penses-tu ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je ne plaisante plus, Jonathan. Il va bient\u00f4t \u00eatre trop tard. Ta fille d\u00e9j\u00e0 te per\u00e7oit. Qui sera le prochain ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mais je t&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 expliqu\u00e9 que C\u00e9cilia, c&rsquo;est diff\u00e9rent. Elle doit avoir une sorte de don. Aucun des autres ne m&rsquo;a rep\u00e9r\u00e9, c&rsquo;est une preuve, \u00e7a, non ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Non, Jonathan. Aucun des autres ne te per\u00e7oit, parce que tu ne le d\u00e9sires pas vraiment, alors que tu voulais faire la connaissance de ta fille.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je n&rsquo;ai rien fait pour \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tu n&rsquo;as pas agi consciemment, c&rsquo;est tout. Mais tu avances sur la mauvaise route, et bient\u00f4t, tu ne pourras pas t&#8217;emp\u00eacher de t&rsquo;adresser \u00e0 ton p\u00e8re, ou \u00e0 Oc\u00e9ane. Tu commenceras alors \u00e0 hanter ce manoir, et personne ne pourra plus rien pour toi. D\u00e9j\u00e0, je te per\u00e7ois plus difficilement, comme si un impalpable halo g\u00eanait notre communication. J&rsquo;ai peur pour toi, Jonathan.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Arr\u00eate de te faire de la bile comme \u00e7a. Je&#8230; Tu as entendu ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Non, quoi ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C\u00e9cilia. C\u00e9cilia m&rsquo;appelle !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; N&rsquo;y va pas, Jonathan, je t&rsquo;en conjure.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tu ne peux pas comprendre ce que c&rsquo;est, petite Jeannou, malgr\u00e9 le partage des esprits. Ma fille m&rsquo;appelle, aucun p\u00e8re digne de ce nom ne peut r\u00e9sister \u00e0 cet appel.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Jonathan !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Salut Jeannou, \u00e0 plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Non, Jonathan. Adieu. Et encore, dans notre situation, ce simple mot ne veut m\u00eame plus rien dire !<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est une toute petite fille de trois ans, un adorable angelot blond qui, apr\u00e8s avoir consciencieusement pli\u00e9 ses v\u00eatements sur la chaise de sa chambre, s&rsquo;est agenouill\u00e9e par terre, perpendiculairement \u00e0 son lit, et a joint les mains en baissant la t\u00eate, recueillie. C&rsquo;est une petite fille de trois ans qui ne sait pas trop comment s&rsquo;y prendre, mais qui se laisse guider par son c\u0153ur. Elle prononce d&rsquo;abord tout doucement, pour ne pas \u00eatre rep\u00e9r\u00e9e, les quelques pri\u00e8res que lui a apprises sa maman. Puis, \u00e0 court de texte, elle improvise, et demande au petit J\u00e9sus de la cr\u00e8che de lui permettre de parler \u00e0 son ange gardien, le beau monsieur blanc qu&rsquo;elle a vu dans le jardin, parce que vraiment, c&rsquo;est tr\u00e8s important, et qu&rsquo;une petite fille de trois ans ne peut laisser sa maman triste comme \u00e7a sans rien faire, mais qu&rsquo;\u00e0 trois ans, tout seul, on ne peut pas faire grand-chose. Enfin, elle se tait, et pose doucement son front sur ses mains jointes. Il est tout pliss\u00e9, ce petit front, de l&rsquo;effort que fait la gamine pour para\u00eetre concentr\u00e9e. Et soudain, malgr\u00e9 ses yeux ferm\u00e9s, elle per\u00e7oit comme une chaude lumi\u00e8re. Son ange est l\u00e0, assis sur le lit.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Bonsoir, petite C\u00e9cilia, tu m&rsquo;as appel\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Oui monsieur l&rsquo;ange. C&rsquo;est pour ma Maman.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;elle a, ta Maman ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Elle est triste, et je sais pas pourquoi.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Triste, mon Dieu, ce n&rsquo;est peut-\u00eatre pas grave. Tu sais, les grandes personnes, parfois, paraissent tristes, alors qu&rsquo;elles sont seulement pr\u00e9occup\u00e9es par les soucis normaux de la vie quotidienne.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ma Maman, elle est vraiment triste. C&rsquo;est pas des soucis. C&rsquo;est beaucoup plus grave, mais je sais pas quoi.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Allons, allons, C\u00e9cilia. Si c&rsquo;\u00e9tait aussi s\u00e9rieux que tu sembles le penser, tu saurais au moins de quoi il s&rsquo;agit, non ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je crois que c&rsquo;est \u00e0 cause du grand monsieur.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Quel grand monsieur ? Jacques ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Oui. Avant, il \u00e9tait ami avec Maman. Maintenant ils ne se parlent plus. M\u00eame \u00e0 moi, il ne parle plus. Mais j&rsquo;ai rien fait.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; J&rsquo;en suis s\u00fbr, C\u00e9cilia, j&rsquo;en suis s\u00fbr. Mais, vois-tu, les adultes sont des animaux bien \u00e9tranges, parfois, qui font le contraire de ce qu&rsquo;il faudrait pour \u00eatre heureux, comme si le bonheur leur faisait peur.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ma Maman, elle a pas peur du bonheur. Dis, monsieur l&rsquo;ange, tu vas faire quelque chose pour ma Maman ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Et que voudrais-tu que je fasse ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Moi, je sais pas. Mais si tu es notre ange gardien, c&rsquo;est toi qui le sais.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ben, franchement, ma petite fille, je n&rsquo;en ai aucune id\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; D&rsquo;abord, je ne suis pas ta petite fille. Et puis, t&rsquo;es m\u00eame pas un vrai ange ! C&rsquo;est la dame qui avait raison !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; La dame ? De quoi parles-tu ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Peine perdue. C\u00e9cilia, toujours \u00e0 genoux, s&rsquo;est laiss\u00e9 aller contre son lit et pleure \u00e0 chaudes larmes ses illusions d&rsquo;enfant perdues. Dans ma vie, j&rsquo;ai s\u00fbrement vu des tas d&rsquo;enfants pleurer. Des gamins aux genoux \u00e9corch\u00e9s, des gosses perdus dans la foule d&rsquo;un magasin, des mioches dont le ballon a \u00e9t\u00e9 vol\u00e9 par un plus grand. S\u00fbrement. Il n&rsquo;est pas possible de passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de tant et tant de ces petits chagrins d&rsquo;enfants. Pourtant, j&rsquo;ai beau faire un effort, je ne m&rsquo;en souviens pas. Je ne me suis jamais rendu compte combien \u00e7a peut faire mal, un enfant qui pleure, son enfant qui pleure. J&rsquo;ai comme une \u00e9norme boule qui gonfle dans mon souvenir de gorge, comme si j&rsquo;allais, moi aussi, me mettre \u00e0 sangloter devant mon impuissance de pseudo-ange d&rsquo;op\u00e9rette.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Tu as raison, C\u00e9cilia, je ne suis pas vraiment ton ange gardien. Un jour, peut-\u00eatre, tu comprendras que j&rsquo;aurais du \u00eatre beaucoup plus que \u00e7a, pour ta maman et toi. Je te promets une chose, petite C\u00e9cilia. Quoiqu&rsquo;il puisse m&rsquo;en co\u00fbter, je te promets de tout arranger. Je ne sais pas encore comment, mais je vais le faire. Arr\u00eate de pleurer, s&rsquo;il te pla\u00eet, et couche-toi, maintenant. Il est l&rsquo;heure de dormir. Puisses-tu faire de beaux r\u00eaves, mon enfant.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La petite fille redresse la t\u00eate, et me fixe un instant au travers de ses larmes, pas vraiment confiante, mais docile malgr\u00e9 tout. Elle se rel\u00e8ve, et se glisse entre ses draps.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Au revoir, monsieur.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Bonne nuit, C\u00e9cilia.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Je disparais dans la nuit. Pas bien loin, \u00e0 vrai dire, je me laisse flotter au-dessus du manoir, perdu dans de sombres pens\u00e9es. Il faut que j&rsquo;aie une explication s\u00e9rieuse avec mon p\u00e8re. Tant pis pour le stade deux, le stade trois, le passage. S&rsquo;il y a une justice, ici-haut, s&rsquo;il y a un Dieu quelque part, il ne pourra pas m&rsquo;en vouloir de risquer ce qui me reste pour aider ma toute petite fille \u00e0 \u00eatre heureuse. Le pauvre d\u00e9part dans la vie que mon insouciance lui a offert m\u00e9rite au moins cette compensation.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Alors, cette fois \u00e7a y est. Ta d\u00e9cision est prise.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Jeannou ? Dis donc, miss, tu as les adieux \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je n&rsquo;arrive pas \u00e0 admettre que j&rsquo;aie pu ainsi \u00e9chouer.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mais tu n&rsquo;y es pour rien, Jeannou. On t&rsquo;a confi\u00e9 un client difficile, pour ta premi\u00e8re et seule exp\u00e9rience. T&rsquo;as pas eu de veine, c&rsquo;est tout. Mais tu t&rsquo;en remettras vite, tu verras. Allez, file rejoindre tes \u00e2mes s\u0153urs, et prie un petit peu pour le repos de la mienne. On ne sait jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Jonathan, je te per\u00e7ois de plus en plus mal. Tu dispa\u00adrais.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Toi aussi, Jeannou, tu disparais. Bon voyage, ma douce amie. \u00c7a m&rsquo;a vraiment fait du bien de t&rsquo;avoir pour compagne. Surtout, ne regrette rien. Les musulmans diraient que c&rsquo;\u00e9tait \u00e9crit.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; J&rsquo;esp\u00e8re vraiment que ton sacrifice servira \u00e0 quelque chose. Adieu Jonathan.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Adieu, Jeannou.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a y est. Ce coup-ci, elle est partie pour de bon. L&rsquo;atmo\u00adsph\u00e8re autour de moi se transforme. Le blanc si pur, et si doux \u00e0 la fois, dans lequel je baignais depuis que Jeannou m&rsquo;a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, apr\u00e8s mon accident, a fait place \u00e0 une ambiance cotonneuse et froide. A moins que ce ne soit encore mon imagination qui d\u00e9cide de me placer dans les conditions ad\u00e9quates pour jouer au fant\u00f4me. Car c&rsquo;est mon r\u00f4le, maintenant, non ?<\/p>\n\n\n\n<p>La nuit est tomb\u00e9e. Il est temps que j&rsquo;aie cette petite conversation avec mon p\u00e8re. Alors que j&rsquo;amorce ma descente vers son bureau, il me vient une pens\u00e9e stupide. Toute ma vie, quand j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 au besoin de faire fonctionner un quelconque appareil, je me suis toujours pass\u00e9 du mode d&#8217;emploi. Avec les filles, ce fut pareil. J&rsquo;ai tout d\u00e9couvert sur le tas, si vous me pardonnez l&rsquo;expression. L&rsquo;\u00e9ducation sexuelle n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 au programme de ma studieuse scolarit\u00e9. Mais, pour une fois, j&rsquo;aimerais pouvoir profiter du m\u00e9mento du parfait fant\u00f4me. C&rsquo;est vrai, quoi, c&rsquo;est mal foutu, leur syst\u00e8me d&rsquo;accueil, outre-tombe. Ce ne serait pas difficile de fournir aux nouveaux arrivants une brochure de pr\u00e9sentation expliquant tout ce qui peut se passer. Mais tiens, fume ! Il va falloir que je me d\u00e9brouille tout seul. Je commence mon atterrissage par un tour complet de la maisonn\u00e9e. Ce n&rsquo;est pas parce que j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de faire le fant\u00f4me qu&rsquo;il faut que je commence par affoler tout le monde. Vous imaginez la panique, si je me pointe sans pr\u00e9cautions. Ils seraient bien capables de me faire le coup de l&rsquo;exorcisme ! Et je n&rsquo;ai aucune id\u00e9e de la fa\u00e7on dont sa marche, ce truc-l\u00e0. Manquerait plus qu&rsquo;ils m&rsquo;exp\u00e9dient dans un ailleurs dont on ne revient pas ! Un sacrifice supr\u00eame pour rien, \u00e7a ne fait pas s\u00e9rieux. Je sors mon p\u00e9riscope. Marie et Maurice sont \u00e0 la cuisine. Elle range, et lui se mesure \u00e0 une grille de mots crois\u00e9s. Rien \u00e0 craindre de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0. C\u00e9cilia s&rsquo;est endormie. Oc\u00e9ane s&rsquo;est r\u00e9fugi\u00e9e dans l&rsquo;atelier. Je sens chez elle une grande peine \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de quitter le manoir et&#8230; Jacques ! Tiens donc, voil\u00e0 qui est nouveau. Ce n&rsquo;est pas de l&rsquo;amour, pourtant. Enfin, je veux dire que ce n&rsquo;est pas le genre d&rsquo;amour que se portent un homme et une femme qui&#8230; C&rsquo;est plut\u00f4t une forme de grande tendresse, qui ressemble \u00e0 ce sentiment particulier qui lie d&rsquo;ordinaire les p\u00e8res \u00e0 leurs enfants. J&rsquo;ai comme l&rsquo;impression qu&rsquo;Oc\u00e9ane a, un temps, cru trouver, chez mon papa \u00e0 moi, l&rsquo;affection paternelle qui lui a tant fait d\u00e9faut, et que c&rsquo;est cette d\u00e9sillusion qui la fait le plus souffrir. Pour le reste, on sent \u00e9galement chez elle une formidable envie de se battre, contre le monde entier s&rsquo;il le faut, pour faire valoir ses droits, et prot\u00e9ger son enfant. C&rsquo;est une louve qui se cache sous ses traits d\u00e9licats. Surprenant. Je ne la connaissais pas comme \u00e7a. Je sonde encore ses pens\u00e9es pour m&rsquo;assurer qu&rsquo;elle ne viendra pas se fourrer dans mes pattes, puis je me mets \u00e0 la recherche du paterfamilias d\u00e9missionnaire. Je le rep\u00e8re dans son bureau, solidement embourb\u00e9 dans sa solitude masochiste. Bon, les enfants, quand faut y aller, faut y aller. Alors j&rsquo;y vais.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme je suis n\u00e9ophyte en mati\u00e8re d&rsquo;occultisme, et qu&rsquo;il me faut vivre ma premi\u00e8re exp\u00e9rience dans le domaine en \u00e9tant de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du miroir, je choisis d&rsquo;arriver par le plafond, le plus discr\u00e8tement possible. Je reste un moment suspendu au-dessus du bureau, \u00e0 contempler le haut du cr\u00e2ne de mon g\u00e9niteur. Tiens, il se d\u00e9plume, le cher homme. Il est assis bien droit, au fond de son si\u00e8ge, les deux mains pos\u00e9es \u00e0 plat sur la table, de part et d&rsquo;autre d&rsquo;une bouteille de vin vide. Il s&rsquo;est apparemment tap\u00e9 l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 du nectar tout seul. Voil\u00e0 qui ne lui ressemble gu\u00e8re. Il doit \u00eatre s\u00e9rieusement secou\u00e9 par la situation qu&rsquo;il a contribu\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er pour s&rsquo;\u00eatre arsouill\u00e9 de la sorte. S&rsquo;il est aussi plein de remords que je le suppose, mon travail n&rsquo;en sera que plus facile. Comme, de plus, il doit commencer \u00e0 avoir la t\u00eate qui tourne, il mettra sans doute mon apparition sur le compte de l&rsquo;alcool, et s&#8217;empressera de l&rsquo;oublier, ce qui me convient parfaitement pour peu qu&rsquo;il ne sacrifie pas, en m\u00eame temps, les bonnes r\u00e9solutions que je vais tenter de lui faire prendre. Tout se pr\u00e9sente donc sous les meilleurs auspices. Je descends m&rsquo;installer confortablement sur le fauteuil qui lui fait face, et j&rsquo;attends qu&rsquo;il r\u00e9agisse. Rien. Il regarde pourtant dans ma direction, mais semble ne pas me voir. Je me racle la gorge. Toujours rien, c&rsquo;est exactement comme si je n&rsquo;existais pas. Bon sang, mais c&rsquo;est vrai, je n&rsquo;existe pas ! C&rsquo;\u00e9tait trop simple, mon id\u00e9e. Et dire que je craignais d&rsquo;effrayer la maisonn\u00e9e. Je suis toujours invisible. Je m&rsquo;\u00e9tais imagin\u00e9 que, puisque je suis un fant\u00f4me, ce qu&rsquo;atteste mon impossibilit\u00e9 de communiquer avec Jeannou, j&rsquo;en avais, ipso-facto, toutes les caract\u00e9ristiques dont les affublent les cin\u00e9astes. C&rsquo;\u00e9tait \u00e9videmment trop simple. Il faut pourtant que je trouve un moyen d&rsquo;attirer son attention. C&rsquo;est vraiment trop b\u00eate. Pourquoi est-ce que C\u00e9cilia me voit, elle ? Que m&rsquo;a dit Jeannou, \u00e0 ce sujet, d\u00e9j\u00e0 ? Que c&rsquo;est parce que je le d\u00e9sirais vraiment. Mais je d\u00e9sire ardemment que mon p\u00e8re me voie. Pourquoi est-ce que \u00e7a ne marche pas ? R\u00e9fl\u00e9chissons deux minutes. Oublions le mod\u00e8le du fant\u00f4me \u00e9cossais, avec suaire, cha\u00eene et hurlements, \u00e7a ne fait pas s\u00e9rieux. J&rsquo;ai lu des tas de trucs sur les histoires de maisons hant\u00e9es, les poltergeists et tous les trucs de ce genre. Il faut que je me manifeste de cette mani\u00e8re. Voyons un peu. Qu&rsquo;est-ce que je pourrais bien inventer ? Tiens, je vais taper sur la table. Et merde ! Je passe au travers. Bon sang, \u00e7a doit marcher pourtant. J&rsquo;ai touch\u00e9 C\u00e9cilia ! Je VEUX toucher cette table. \u00c7a y est \u00e7a marche. Plus fort maintenant. Toc, toc, toc ! Il bouge, son regard fait le tour de la pi\u00e8ce, ses yeux cherchent. Bon. Il ne me voit pas encore, mais c&rsquo;est un bon d\u00e9but. Tiens, il sourit, comme s&rsquo;il pensait \u00e0 une bonne blague. Il va parler.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Esprit, es-tu l\u00e0 ?<\/p>\n\n\n\n<p>-OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !!!\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>chapitre 16 D\u00e9cisions Las de tra\u00eener ma peine dans l&rsquo;\u00e9ther, je redescends voir ce qu\u2019il se passe au manoir. J&rsquo;ai, auparavant, sond\u00e9 le terrain pour localiser ma fille, afin d&rsquo;\u00e9viter de la rencontrer. Si je ne suis pas, en effet, persuad\u00e9 que l&rsquo;explication de Jeannou est la bonne, je pr\u00e9f\u00e8re ne pas prendre de risques [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[64],"tags":[],"class_list":["post-1827","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-feuilleton"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>les carnets de jonathan episode 16<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"seizi\u00e8me chapitre du feuilleton &quot;les carnets de Jonathan&quot;. 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