{"id":1793,"date":"2024-06-21T14:19:47","date_gmt":"2024-06-21T12:19:47","guid":{"rendered":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1793"},"modified":"2024-06-21T14:22:56","modified_gmt":"2024-06-21T12:22:56","slug":"les-carnets-de-jonathan-episode-14","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1793","title":{"rendered":"Les carnets de Jonathan &#8211; \u00e9pisode 14"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>chapitre 14<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>les carnets de Jonathan<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;aurore brumeuse enveloppe les rues de Qu\u00e9bec d&rsquo;un voile d&rsquo;ouate glac\u00e9e, derni\u00e8re trace d&rsquo;hiver au c\u0153ur d&rsquo;un prin\u00adtemps qui tarde \u00e0 annoncer la belle saison. Le d\u00e9tective remonte en frissonnant le col de son imperm\u00e9able, v\u00e9rifie d&rsquo;un r\u00e9flexe professionnel que la lourde porte de verre de l&rsquo;immeu\u00adble s&rsquo;est correctement referm\u00e9e derri\u00e8re lui, puis rejoint en sifflotant la puissante berline europ\u00e9enne qui l&rsquo;attend, placide, le long du trottoir, narguant les lourdes limousines am\u00e9ricaines de la finesse de sa robe aristocratique, que n&rsquo;ont pas trop ab\u00eem\u00e9e les transformations dues aux r\u00e8glements de s\u00e9curit\u00e9 en vigueur sur le nouveau continent. La voiture, c&rsquo;est son unique passion, \u00e0 cet homme, sa seule vraie raison de vivre. Plus jeune, il a disput\u00e9 de nombreuses courses, en amateur, avec succ\u00e8s, parfois, mais il s&rsquo;est vite rendu compte qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas l&rsquo;\u00e9toffe d&rsquo;un champion. Alors il est devenu collectionneur. Au hasard de ses enqu\u00eates, il fur\u00e8te de-ci, de-l\u00e0, \u00e0 la recherche d&rsquo;une ancienne star du bitume endormie dans un coin de hangar, ou sous une b\u00e2che, au fond d&rsquo;un garage. Cette chasse le passionne bien plus que celle qu&rsquo;il exerce \u00e0 titre professionnel, uniquement destin\u00e9e \u00e0 lui fournir les moyens d&rsquo;assouvir son r\u00eave. C&rsquo;est \u00e0 cause de lui qu&rsquo;il a quitt\u00e9 la police pour se lancer dans le priv\u00e9, plus al\u00e9atoire, mais potentiellement plus r\u00e9mun\u00e9rateur. Sa d\u00e9cision fut prise le jour o\u00f9, faute de moyens suffisants, il dut laisser derri\u00e8re lui une fabuleuse Hispano. Cette voiture, qui aurait pu \u00eatre la premi\u00e8re, et serait toujours la plus belle, de sa petite collection, il lui arrive encore de la croiser, au d\u00e9tour d&rsquo;un cauchemar, toujours le m\u00eame, qui le voit, impuissant, assister \u00e0 la transformation de la sublime en l&rsquo;un de ces monstrueux \u00ab\u00a0rods\u00a0\u00bb nickel\u00e9s dont sont friands les am\u00e9ricains. C&rsquo;est que notre d\u00e9tective a la passion classique. L&rsquo;homme n&rsquo;aime que les voitures europ\u00e9ennes : fran\u00e7aises de l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or, mais surtout allemandes, italiennes et anglaises, et uniquement les mod\u00e8les de luxe, fabriqu\u00e9s en petites s\u00e9ries. C&rsquo;est \u00e0 elles qu&rsquo;il songe en se glissant voluptueusement derri\u00e8re le volant de sa derni\u00e8re Jaguar. La seule voiture r\u00e9cente de sa collection, celle qu&rsquo;il utilise pour le travail, quand celui-ci n&rsquo;exige pas qu&rsquo;il se fonde dans l&rsquo;anonymat d&rsquo;une foule qui roule sans m\u00eame sans rendre compte. Il \u00e9gr\u00e8ne dans sa t\u00eate les noms magiques : Aston-Martin, Mercedes, Bentley, Maserati, Delahaye&#8230; Il proc\u00e8de ainsi chaque fois que la tension nerveuse devient trop forte, et lui donne envie de tout envoyer balader, de cracher enfin \u00e0 ses clients ce qu&rsquo;il pense de leurs probl\u00e8mes sordides, de leurs histoires tordues, de leurs combines douteuses. Mais il ne faut pas. Comment, sinon, pourrait-il prendre soin de ses belles d&rsquo;acier ? Que n&rsquo;endure-t-il pas pour elles, tout de m\u00eame ? Il vient de passer pr\u00e8s de vingt-quatre heures non stop avec Dali di St\u00e9phano, sans jamais prononcer un mot plus haut que l&rsquo;autre, ce qui constituerait un exploit pour n&rsquo;importe qui, et donc a fortiori pour un homme d&rsquo;action de sa trempe. Car ce qui ne devait \u00eatre qu&rsquo;une courte visite professionnelle, hier matin, s&rsquo;est transform\u00e9 en journ\u00e9e de cour pour favori poudr\u00e9, et il faut avouer que c&rsquo;est pour lui l&rsquo;exemple type du contre-emploi. C&rsquo;est pourtant en toute innocence, si tant est que l&rsquo;innocence existe, dans ce fichu m\u00e9tier, qu&rsquo;il a demand\u00e9 qui \u00e9tait ce monsieur R\u00e9miniac, qui d\u00e9barquait dans l&rsquo;affaire sans y avoir \u00e9t\u00e9 invit\u00e9. Il revoit la sc\u00e8ne tout en glissant sa voiture dans la circulation fluide du petit matin.<\/p>\n\n\n\n<p>La jeune femme laisse passer un long silence. Mais il prend bien garde de ne pas le rompre. Il veut savoir. Pas par curiosit\u00e9, loin s&rsquo;en faut. A titre personnel, il n&rsquo;en a rien \u00e0 faire, de ce type. Mais sur le plan professionnel, c&rsquo;est une autre histoire. Pour pouvoir continuer \u00e0 collectionner ses jouets de luxe, il lui faut beaucoup d&rsquo;argent. Les tra\u00eene-savates, on les compte par dizaines dans la confr\u00e9rie, il ne tient pas \u00e0 en rejoindre la cohorte geignarde qui mendie les affaires minables \u00e0 la sortie des commissariats de quartier. Lui ne donne que dans la client\u00e8le haut-de-gamme. Mais ces gens l\u00e0 se connaissent tous entre-eux. C&rsquo;est son meilleur vecteur promotionnel, pour l&rsquo;instant, parce qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais failli. Qu&rsquo;il commette une erreur, une seule, et le vecteur pivotera de cent-quatre-vingt degr\u00e9s pour devenir la cause de son in\u00e9luctable d\u00e9ch\u00e9ance. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il traque sans piti\u00e9 le moindre grain de sable susceptible de faire se gripper la machine. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il a besoin de savoir qui est ce R\u00e9miniac, et pourquoi mademoiselle di St\u00e9phano a r\u00e9agi de la sorte \u00e0 l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 du patronyme. Alors il attend, patelin, souriant. L&rsquo;autre est fine mouche. Elle tient aussi longtemps que possible sans r\u00e9pondre. Il a presque l&rsquo;impression de voir tourner ses petites cellules grises en sur-r\u00e9gime, \u00e0 la recherche d&rsquo;un mensonge solide \u00e0 lui servir. Mais rien ne vient. Alors la jeune femme botte en touche.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb J&rsquo;accepte finalement votre invitation \u00e0 d\u00eener. A condition que ce soit chez moi. Je vous sais c\u00e9libataire, et je connais suffisamment le quartier o\u00f9 vous habitez pour n&rsquo;avoir pas envie de m&rsquo;enterrer chez vous.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je pensais qu&rsquo;un restaurant&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Nous serons mieux chez moi pour discuter de notre affaire en paix. Je vous dirai alors qui est monsieur R\u00e9miniac, bien que je ne le connaisse pas ! En attendant, j&rsquo;ai du travail \u00e0 faire. Non, ne partez pas. Je passe la journ\u00e9e dehors. Je suis s\u00fbre que vous r\u00eavez de m&rsquo;accompagner. Le temps de passer deux ou trois coups de fil, et je suis \u00e0 vous. Si vous voulez boire un verre, n&rsquo;h\u00e9sitez pas, le bar est cach\u00e9 par le grand ta\u00adbleau moderne, juste derri\u00e8re. Pour moi, ce sera un bourbon, sec et sans glace. Merci.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux-trois coups de fil, tu parles. Elle l&rsquo;a fait lanterner pr\u00e8s d&rsquo;une heure et demie, en jetant de temps \u00e0 autre un petit coup d\u2019\u0153il par-dessus ses lunettes, pour mesurer le degr\u00e9 de cuisson du pigeon. Elle a d\u00fb \u00eatre d\u00e9\u00e7ue. Le bonhomme est solide, sur le plan mental. Il s&rsquo;est install\u00e9 aussi confortablement que possible dans son succ\u00e9dan\u00e9 de fauteuil, a crois\u00e9 les jambes, sorti un quotidien de sa mallette, un cure-dents de sa poche de poitrine, et s&rsquo;est absorb\u00e9 dans sa lecture. Ou plut\u00f4t, il a donn\u00e9 l&rsquo;impression de lire. En fait, il laisse son esprit vagabonder d&rsquo;une affaire en cours \u00e0 l&rsquo;autre, imaginant de nouvelles combinaisons, soupesant les hypoth\u00e8ses, hi\u00e9rarchisant les d\u00e9cisions \u00e0 transmettre \u00e0 ses collaborateurs, ou au secr\u00e9tariat. Il peut heureusement compter sur une m\u00e9moire de toute premi\u00e8re qualit\u00e9, ce qui l&rsquo;autorise \u00e0 ne jamais rien noter sur son agenda. Il fait semblant, parfois, pour donner \u00e0 son interlocuteur un signe d&rsquo;attention, et donc d&rsquo;importance. Car s&rsquo;il n&rsquo;a jamais suivi de cours de psychologie, il sait d&rsquo;instinct que ce qui compte, pour un client, n&rsquo;est pas tant l&rsquo;attention qu&rsquo;on lui porte que celle qu&rsquo;on semble lui porter. Aussi est-il toujours tr\u00e8s attentif, distribuant ses marques d&rsquo;int\u00e9r\u00eat de fa\u00e7on suffisamment appuy\u00e9e pour plaire sans risquer, n\u00e9anmoins, de tomber dans une flagornerie douteuse. Le cas pr\u00e9sent est un peu diff\u00e9rent. Dali le consid\u00e8re comme sa chose, et veut le lui faire sentir. Il est pr\u00eat \u00e0 jouer. Il exerce un m\u00e9tier dans lequel il faut souvent payer de sa personne de fa\u00e7on moins agr\u00e9able. D&rsquo;autant qu&rsquo;il a jaug\u00e9 la souris, et pourrait parier l&rsquo;une des voitures de sa collection qu&rsquo;elle le balancera rapidement, d\u00e8s que se sera estomp\u00e9 l&rsquo;attrait de la nouveaut\u00e9. Il sait aussi qu&rsquo;il n&rsquo;est pas question de rompre le premier ; cette tigresse ne le lui pardonnerait pas, et se r\u00e9pandrait en insinuations destructrices au travers de la ville. Quand elle lui donnera son cong\u00e9, il faudra r\u00e9sister un peu, pour lui prouver qu&rsquo;elle compte beaucoup pour lui, mais pas trop, pour ne pas l&rsquo;\u00e9nerver en paraissant faible, car elle s&rsquo;en voudrait alors de lui avoir c\u00e9d\u00e9. Il sait tout cela, l&rsquo;homme. Et il s&rsquo;en fiche. Ce sont les contraintes du service command\u00e9. En revanche, il n&rsquo;est pas question de laisser les ovaires de la dame lui casser l&rsquo;enqu\u00eate. Ce serait pire que tout. Or, s&rsquo;il se laisse dominer de fa\u00e7on trop manifeste, cette peste silicon\u00e9e lui donnera bient\u00f4t des conseils sur la meilleure mani\u00e8re de faire son boulot. Il va falloir la jouer en finesse : chevalier servant, avec juste un brin d&rsquo;obs\u00e9quiosit\u00e9 en public, mais m\u00e2le avant tout en t\u00eate \u00e0 t\u00eate, et ma\u00eetre du jeu en ce qui concerne le travail. Il ne s&rsquo;inqui\u00e8te pas trop, il a l&rsquo;habitude. Il n&rsquo;y a aucune raison de traiter celle-ci diff\u00e9remment des autres clientes de la jet-society, qui constituent son terrain de chasse exclusif. Pas question de les passer \u00e0 un collaborateur quelconque, celles l\u00e0. Trop dangereux \u00e0 manipuler. Celle-ci se croit tr\u00e8s forte, tant mieux. Elle n&rsquo;en sera que plus facile \u00e0 man\u0153uvrer. La preuve ? Il vient juste de tourner la derni\u00e8re page de son journal quand elle d\u00e9cide qu&rsquo;elle l&rsquo;a assez fait lanterner. Elle ne s&rsquo;est m\u00eame pas rendue compte qu&rsquo;il a d\u00e9j\u00e0 repris la main. Elle se l\u00e8ve. Il la regarde, l&rsquo;air interrogateur. D&rsquo;un signe de t\u00eate, elle lui indique la porte. Il plie soigneusement son journal, le range dans la mallette, s&rsquo;extrait souplement du si\u00e8ge et se dirige vers le portemanteau, dont il d\u00e9croche une fourrure superbe qu&rsquo;il pose sur les \u00e9paules de la jeune femme venue le rejoindre. C&rsquo;est parti pour la tourn\u00e9e des popotes. En l&rsquo;occurrence trois vernissages, une conf\u00e9rence de presse, et un peu de \u00ab\u00a0shopping\u00a0\u00bb, dans les galeries de la ville. Ils s&rsquo;arr\u00eatent une petite heure pour manger un morceau ridiculement di\u00e9t\u00e9tique et horriblement cher dans un bistrot tr\u00e8s \u00e0 la mode. Elle lui laisse l&rsquo;addition, qu&rsquo;il portera naturellement sur la note de frais, puis ils continuent \u00e0 d\u00e9ambuler l&rsquo;apr\u00e8s-midi durant dans les ateliers des artistes qui montent, parce qu&rsquo;elle le veut bien. C&rsquo;est du moins ce qu&rsquo;elle semble penser. Elle parle sans discontinuer de tas de trucs inconsistants, produisant une sorte de mauvaise philosophie de l&rsquo;art contemporain, manifestement fi\u00e8re d&rsquo;elle, de son savoir, et de son brillant sens de l&rsquo;analyse, et il acquiesce avec la m\u00eame constance, et une patience qui semble coul\u00e9e dans un inalt\u00e9rable alliage. Il ne conna\u00eet rien \u00e0 l&rsquo;art, qu&rsquo;il soit moderne ou ancien, mais n&rsquo;a aucun mal \u00e0 n&rsquo;en rien laisser para\u00eetre, tant la jeune femme est dou\u00e9e pour assu\u00adrer \u00e0 la fois les questions et les r\u00e9ponses. Enfin, l&rsquo;excursion se termine par quelques courses dans une alimentation chinoise, afin de faire une \u00ab\u00a0petit pique-nique \u00e0 la maison\u00a0\u00bb. Ils se sont install\u00e9s face \u00e0 face, assis par terre, autour de la table du salon. Babillage sans importance jusqu&rsquo;au dessert. La jeune femme se l\u00e8ve alors, pr\u00e9pare le caf\u00e9, et, pendant qu&rsquo;il coule, va passer une tenue d&rsquo;int\u00e9rieur. Il d\u00e9barrasse rapidement la table pendant ce temps l\u00e0, et s&rsquo;installe dans un fauteuil confortable pour l&rsquo;attendre. Il veut son explication avant la partie de jambes en l&rsquo;air. Elle ne s&rsquo;y trompe d&rsquo;ailleurs pas, et s&rsquo;assied dans l&rsquo;autre fauteuil, sa tasse \u00e0 la main. Les pr\u00e9liminaires sont termin\u00e9s, on passe aux choses s\u00e9rieuses.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Comme je vous l&rsquo;ai dit ce matin, je ne connais pas ce monsieur R\u00e9miniac, chez qui la petite conne s&rsquo;est r\u00e9fugi\u00e9e. Je veux dire par l\u00e0 que je ne le connais pas physiquement. Je ne l&rsquo;ai jamais rencontr\u00e9, nous ne nous sommes jamais t\u00e9l\u00e9phon\u00e9, ni \u00e9crit. Je pense m\u00eame qu&rsquo;il ignore jusqu&rsquo;\u00e0 mon existence. Enfin, il l&rsquo;ignorait, car nous pouvons penser que la peste lui aura parl\u00e9 de moi. Vous allez donc \u00eatre horriblement d\u00e9\u00e7u, mon cher, je ne peux donc rien vous apprendre de bien utile sur ce monsieur.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je suis, bien entendu, persuad\u00e9 du contraire.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je vous assure que je ne le connais pas.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; La r\u00e9action que vous avez eue lorsque j&rsquo;ai prononc\u00e9 son nom, ce matin, de surprenante devient alors incompr\u00e9hensible.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je n&rsquo;ai parl\u00e9 que du bonhomme, pas de son nom. Pour vous expliquer comment j&rsquo;ai rencontr\u00e9 ce nom pour la premi\u00e8re fois, il me faut remonter bien loin en arri\u00e8re, et vous d\u00e9voiler une partie de ma vie que j&rsquo;aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 garder cach\u00e9e. Enfin, puisqu&rsquo;il le faut.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La jeune femme se tait un long moment, et profite de la pause pour go\u00fbter \u00e0 son caf\u00e9 avec des mines de chatte, sans pour autant cesser d&rsquo;observer son interlocuteur, cherchant sans doute un quelconque signe d&rsquo;\u00e9nervement dans son attitude. Peine perdue, il boit lui aussi le breuvage odorant en paraissant tirer grand plaisir de sa d\u00e9gustation. Elle reprend alors.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Il y a quelques ann\u00e9es de cela, je me suis entich\u00e9e d&rsquo;un jeune artiste sans grand talent, mais beau, et surtout tr\u00e8s effront\u00e9. Ce gar\u00e7on s&rsquo;appelait Jonathan R\u00e9miniac. C&rsquo;est tout.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Il n&rsquo;y a rien l\u00e0-dedans qui justifie le secret.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je n&rsquo;ai jamais parl\u00e9 de secret. J&rsquo;ai simplement signal\u00e9 que je pr\u00e9f\u00e9rais que l&rsquo;on n&rsquo;en parle pas. C&rsquo;est tr\u00e8s diff\u00e9rent. Mais comme je sens que vous ne serez pas satisfait par cette courte introduction, je vous livre la suite de l&rsquo;histoire. Un jour donc, Jonathan m&rsquo;accompagnait \u00e0 un vernissage chez un besogneux quelconque de l&rsquo;art acad\u00e9mique. J&rsquo;avoue que je ne trouvais gu\u00e8re d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e0 sa peinture, mais \u00e7a faisait plaisir \u00e0 mon jeune ami, qui appr\u00e9ciait le travail du bonhomme, par ailleurs prof aux beaux-arts, si je me souviens bien. C&rsquo;est lors de cette soir\u00e9e que j&rsquo;ai rencontr\u00e9 l&rsquo;autre garce pour la premi\u00e8re et derni\u00e8re fois. Je ne lui aurais d&rsquo;ailleurs accord\u00e9 aucune attention si elle ne m&rsquo;avait pas piqu\u00e9 Jo \u00e0 cette occasion. Voil\u00e0 pourquoi, mon cher, je pr\u00e9f\u00e8re que l&rsquo;on oublie l&rsquo;\u00e9pisode. Je n&rsquo;ai pas l&rsquo;habitude de me faire planter de la sorte, et par une gamine insipide, qui plus est.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Vous me dites que vous n&rsquo;avez jamais revu la demoi\u00adselle en question. Comment se fait-il, alors, qu&rsquo;elle vous ait vol\u00e9 ? Et quoi ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je vous l&rsquo;ai dit, je n&rsquo;ai pas l&rsquo;habitude d&rsquo;\u00eatre trait\u00e9e avec autant de d\u00e9sinvolture. Mais si Jonathan, en tant qu&rsquo;homme, m&rsquo;\u00e9tait apr\u00e8s tout assez indiff\u00e9rent, il travaillait pour moi, assu\u00adrant les piges sur les expos ou les artistes de moindre impor\u00adtance. Il me fournissait ainsi la mati\u00e8re premi\u00e8re d&rsquo;un certain nombre de mes papiers. Or, les pigistes de qualit\u00e9 sont rares. Nous avions donc conclu un pacte, lui et moi, sans qu&rsquo;elle en sache rien. Il continuait \u00e0 travailler pour moi, et, de mon c\u00f4t\u00e9, je les laissais vivre leur vie de tourtereaux. Et puis un beau jour, plus de nouvelles. Jonathan avait disparu. Je me suis rensei\u00adgn\u00e9e, discr\u00e8tement, et j&rsquo;ai appris qu&rsquo;il ne vivait plus avec elle, et qu&rsquo;elle n&rsquo;en avait aucune nouvelle. Comme j&rsquo;ai un peu plus de moyens qu&rsquo;elle, j&rsquo;ai cherch\u00e9 plus loin, et j&rsquo;ai fini par d\u00e9cou\u00advrir qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait tu\u00e9 en voiture, en France, \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;une visite qu&rsquo;il faisait \u00e0 son p\u00e8re, au moment des f\u00eates de No\u00ebl. Puisque le pacte que nous avions conclu tous les deux \u00e9tait rompu par son d\u00e9c\u00e8s, rien ne m&#8217;emp\u00eachait plus de m&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 la gamine. Or, il se trouve qu&rsquo;elle grenouillait dans l&rsquo;art, elle aussi. Sans aucun talent, mais avec pers\u00e9v\u00e9rance. Croyez-le si vous voulez, mais on se mettait m\u00eame \u00e0 commencer \u00e0 parler d&rsquo;elle comme d&rsquo;une tr\u00e8s bonne illustratrice de livres pour en\u00adfants. La ch\u00e8re petite avait, para\u00eet-il, une sensibilit\u00e9 parfaite\u00adment adapt\u00e9e \u00e0 cette cible particuli\u00e8re. Je t&rsquo;en foutrais, oui ! De la sensiblerie, tout au plus. Mais vous savez comment sont les gens : un joli minois, deux ou trois bons papiers, et on vous fa\u00adbrique une vedette, de nos jours. Seulement l\u00e0, je tenais ma vengeance. Il ne m&rsquo;a pas fallu bien longtemps pour la d\u00e9molir, sa r\u00e9putation toute neuve. Tant et si bien que pour survivre, et nourrir le rejeton que Jo avait eu le temps de lui fabriquer avant de dispara\u00eetre, elle en \u00e9tait r\u00e9duite \u00e0 poser nue pour des gens de moins en moins artistes, et de plus en plus obs\u00e9d\u00e9s. Un jour, elle en a eu marre, et a t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 au journal pour deman\u00adder \u00e0 me voir. J&rsquo;\u00e9tais absente, bien entendu, et ma secr\u00e9taire d&rsquo;alors, qui n&rsquo;avait gu\u00e8re de cervelle, lui a donn\u00e9 un rendez-vous. Quand j&rsquo;ai d\u00e9couvert la chose, j&rsquo;ai bien \u00e9videmment d\u00e9cid\u00e9 de lui poser un lapin. J&rsquo;ai donc donn\u00e9 les ordres en cons\u00e9quences, et, lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;est pr\u00e9sent\u00e9e, elle a \u00e9t\u00e9 introduite dans mon bureau, seule. J&rsquo;avais express\u00e9ment stipul\u00e9 qu&rsquo;on devait la laisser attendre une heure, avant de lui dire que je venais d&rsquo;appeler et qu&rsquo;il m&rsquo;\u00e9tait impossible d&rsquo;assurer le rendez-vous. Mais \u00e7a n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire, elle a fil\u00e9 en douce \u00e0 peine un quart d&rsquo;heure plus tard, en emportant les fameux documents que j&rsquo;avais imprudemment laiss\u00e9 tra\u00eener dans mon secr\u00e9taire.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; En quoi consistent ces documents ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ce sont les piges de Jonathan, rassembl\u00e9es dans deux carnets de cuir.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est tout ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Oui c&rsquo;est tout ! Qu&rsquo;attendiez-vous d&rsquo;autre ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ma foi, je n&rsquo;en ai aucune id\u00e9e, quelque chose de plus cons\u00e9quent. Elle ne peut pas vous faire grand mal, avec ces carnets. Pourquoi mobiliser mes services, et la poursuivre jusqu&rsquo;en France pour si peu ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; D\u00e9trompez-vous, mon cher. Elle pourrait faire courir le bruit que je n&rsquo;\u00e9crivais pas mes chroniques moi-m\u00eame. Et dans notre milieu, un bruit qui court, m\u00eame s&rsquo;il n&rsquo;est pas fond\u00e9, enfle vite, au point de provoquer parfois l&rsquo;amputation de la partie malade. Ce que je veux \u00e9viter \u00e0 tout prix.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Bien, bien, bien. J&rsquo;y vois plus clair \u00e0 pr\u00e9sent. La demoi\u00adselle serait donc r\u00e9fugi\u00e9e chez le p\u00e8re de son ex-petit copain. Que d\u00e9cidez-vous pour la suite des op\u00e9rations ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je n&rsquo;en sais encore rien. Mais je suis persuad\u00e9e,\u00a0\u00bb ajoute-t-elle en se levant et en se dirigeant vers lui, \u00ab\u00a0que vous saurez aider la nuit \u00e0 me porter conseil.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9tective se l\u00e8ve aussi. Elle l&rsquo;attrape alors par la cravate pour le conduire vers la chambre \u00e0 baiser.<\/p>\n\n\n\n<p>-\u00ab\u00a0Quelle salope, tout de m\u00eame.\u00a0\u00bb Ne peut-il s&#8217;emp\u00eacher de penser en se laissant faire. \u00ab\u00a0Avec un adversaire de cet acabit, la vie n&rsquo;a pas d\u00fb \u00eatre rose tous les jours, pour la petite Monplaisir.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Tard dans la nuit, entre deux assauts, il r\u00e9ussit \u00e0 lui faire adopter sa ligne de conduite, ce qui lui permet d&rsquo;effectuer une prudente retraite strat\u00e9gique aux premi\u00e8res lueurs de l&rsquo;aube. Il ne se sent pas d&rsquo;attaque pour affronter tout de suite une nouvelle journ\u00e9e avec l&rsquo;Ogresse, surnom que Dali portera d\u00e9sormais dans ses notes de travail internes.<\/p>\n\n\n\n<p>Roulant maintenant bien au chaud dans sa limousine, enfin d\u00e9tendu, il construit pas \u00e0 pas les \u00e9tapes suivantes de l&rsquo;op\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab<\/p>\n\n\n\n<p>Le Manoir, le 17 mai.<\/p>\n\n\n\n<p>Chers vous deux,<\/p>\n\n\n\n<p>Voici ce qui sera je pense ma derni\u00e8re lettre de France, o\u00f9 pourtant je commen\u00e7ais \u00e0 me plaire, et \u00e0 croire que mes ennuis prenaient fin. Mais il est \u00e9crit que Dali di St\u00e9phano ne cessera jamais de me poursuivre. Me voici maintenant accus\u00e9e de vol, ce qui m&#8217;emp\u00eache d&rsquo;obtenir les papiers n\u00e9cessaires pour rester travailler ici. Il me faut donc envisager de rentrer au pays, en sachant que la police m&rsquo;attendra sans doute \u00e0 la descente de l&rsquo;avion. Si encore je pouvais laisser C\u00e9cilia derri\u00e8re moi, le temps de r\u00e9gler cette ridicule affaire, il n&rsquo;y aurait que demi-mal, mais monsieur R\u00e9miniac, que je croyais devenu mon ami, semble dans cette affaire prendre le parti de l&rsquo;adversaire. Je doute donc qu&rsquo;il accepte de garder la fille d&rsquo;une \u00ab\u00a0voleuse\u00a0\u00bb sous son toit, quand bien m\u00eame elle serait sa propre petite-fille, ce qu&rsquo;il se refuse toujours \u00e0 accepter. Dire que j&rsquo;ai eu piti\u00e9 de cet homme, dont j&rsquo;analysais la froideur comme un syst\u00e8me de d\u00e9fense dress\u00e9 contre l&rsquo;adversit\u00e9 qui le poursuit. Quelle sotte j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9. Je crois qu&rsquo;il est plut\u00f4t un \u00eatre sans c\u0153ur, dont le principal souci est de sauvegarder \u00e0 tout prix sa petite tranquillit\u00e9 de hobereau d&rsquo;op\u00e9rette. Quand je pense que je r\u00e9primandais Jonathan, quand il me d\u00e9crivait son p\u00e8re comme un gla\u00e7on si froid que m\u00eame le bourbon n&rsquo;arriverait pas \u00e0 le r\u00e9chauffer ! Une fois de plus, c&rsquo;est lui qui avait raison. D&rsquo;ailleurs, comment un \u00eatre aussi dou\u00e9 pour la critique d&rsquo;art que pouvait l&rsquo;\u00eatre Jonathan aurait-il pu se tromper dans l&rsquo;analyse d&rsquo;une personnalit\u00e9, quelle qu&rsquo;elle soit ? J&rsquo;aurais mieux fait de le croire. \u00c7a n&rsquo;aurait sans doute pas arrang\u00e9 mes affaires, mais \u00e7a m&rsquo;aurait au moins \u00e9vit\u00e9 une d\u00e9sillusion suppl\u00e9mentaire. Tant pis, le mal est fait. Il me faut maintenant affronter l&rsquo;avenir, et je vous avoue que je ne sais vraiment pas comment m&rsquo;y prendre. Mais je songe tout \u00e0 coup que vous ne connaissez pas les \u00e9v\u00e9nements qui ont conduit \u00e0 cette situation, puisque, malgr\u00e9 l&rsquo;amiti\u00e9 que vous m&rsquo;avez toujours t\u00e9moign\u00e9e, je ne vous avais pas mis dans la confidence. L&rsquo;histoire va devenir de notori\u00e9t\u00e9 publique, autant que vous l&rsquo;appreniez par ma plume. Au moins serais-je s\u00fbre, ainsi, que vous en conna\u00eetrez ma version, celle que Jacques monsieur R\u00e9miniac n&rsquo;a pas daign\u00e9 \u00e9couter.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout a commenc\u00e9 lors du vernissage de l&rsquo;exposition de Georgie. Vous vous souvenez s\u00fbrement que c&rsquo;est \u00e0 cette occasion que j&rsquo;ai fait la connaissance de Jonathan, qui avait alors laiss\u00e9 tomber Dali pour moi. Ce que j&rsquo;ignorais, c&rsquo;est que Jo n&rsquo;\u00e9tait pas seulement son petit ami. Il travaillait pour elle. Au d\u00e9part, il m&rsquo;a simplement dit qu&rsquo;il couvrait un certain nombre de manifestations pour son compte, et lui fournissait ainsi mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9diger les chroniques qui l&rsquo;ont rendu c\u00e9l\u00e8bre. Il faut croire qu&rsquo;elle accordait une certaine importance \u00e0 ce travail, puisque Jonathan m&rsquo;a avou\u00e9, quelques semaines apr\u00e8s notre rencontre, qu&rsquo;il avait pass\u00e9 un deal avec elle, d&rsquo;apr\u00e8s lequel elle s&rsquo;engageait \u00e0 le laisser tranquille, c\u00f4t\u00e9 vie priv\u00e9e, en \u00e9change de quoi il continuerait \u00e0 l&rsquo;approvisionner en mati\u00e8re premi\u00e8re. C&rsquo;\u00e9tait, m&rsquo;a-t-il alors expliqu\u00e9, la seule solution pour \u00e9viter que cette tigresse ne d\u00e9clenche un esclandre. Ce n&rsquo;est que bien plus tard, peu avant son d\u00e9part pour la France, que Jonathan m&rsquo;a pr\u00e9cis\u00e9 les conditions de ce travail. En fait, Dali di St\u00e9phano n&rsquo;a jamais \u00e9crit elle-m\u00eame une seule de ses chroniques. Il para\u00eet qu&rsquo;elle en est incapable, tant au plan de la critique d&rsquo;art qu&rsquo;en mati\u00e8re d&rsquo;expression \u00e9crite. Autant elle a de l&rsquo;esprit, quand il s&rsquo;agit de soutenir une conversation, autant elle manque d&rsquo;inspiration s&rsquo;il s&rsquo;agit de r\u00e9diger un papier. Pour pallier cette infirmit\u00e9, elle emploie des n\u00e8gres, dont Jonathan \u00e9tait le chef de file. En fait, la totalit\u00e9 des chroniques sign\u00e9es Dali ont en fait \u00e9t\u00e9 \u00e9crites par Jo, ses camarades lui fournissant la mati\u00e8re premi\u00e8re. Tout le syst\u00e8me reposait sur lui. Comme il \u00e9tait tr\u00e8s organis\u00e9, il avait tout consign\u00e9 dans deux carnets. Le premier contient le texte initial des chroniques, sign\u00e9es de leur vrai r\u00e9dacteur, le second rassemble les coordonn\u00e9es des diff\u00e9rents protagonistes de l&rsquo;affaire, et un organigramme de la r\u00e9partition des t\u00e2ches. Jonathan m&rsquo;a montr\u00e9 ces carnets, mais je n&rsquo;avais pas besoin de cette preuve pour le croire. J&rsquo;avais lu ces chroniques mensuelles, comme toutes les personnes qui s&rsquo;int\u00e9ressent \u00e0 l&rsquo;art au Qu\u00e9bec, et quand Jo a crach\u00e9 le morceau, j&rsquo;ai tout de suite su qu&rsquo;il disait la v\u00e9rit\u00e9. Je retrouvais, a posteriori, son esprit d&rsquo;analyse, sa fa\u00e7on tr\u00e8s personnelle d&rsquo;approcher les \u0153uvres, jusqu&rsquo;\u00e0 son ironie dure ou tendre, suivant les cas. Il fallait vraiment que je sois aveugle pour n&rsquo;avoir pas devin\u00e9 plus t\u00f4t le fond de l&rsquo;affaire, alors que je savais, en plus, qu&rsquo;il travaillait pour elle ! Vous comprenez \u00e9galement quelle panique a d\u00fb \u00eatre la sienne quand elle s&rsquo;est aper\u00e7ue de sa disparition. Jonathan lui avait sans doute laiss\u00e9 quelques chroniques d&rsquo;avance, mais il lui fallait faire vite pour retrouver les coordonn\u00e9es des r\u00e9dacteurs restants, et red\u00e9marrer le syst\u00e8me. C&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque que mon appartement fut visit\u00e9. Le d\u00e9sordre n&rsquo;\u00e9tait pas bien grand, et, boulevers\u00e9e par la disparition de Jonathan, je ne fis pas en d\u00e9tail l&rsquo;inventaire des d\u00e9g\u00e2ts. Je crus alors qu&rsquo;on ne m&rsquo;avait rien pris. Les choses rest\u00e8rent en l&rsquo;\u00e9tat jusqu&rsquo;\u00e0 la naissance de C\u00e9cilia. Je travaillais alors \u00e0 mes illustrations de livres, et l&rsquo;on commen\u00e7ait \u00e0 parler de moi. C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9poque que choisit Dali di St\u00e9phano pour se soucier de mon existence, et d\u00e9cider qu&rsquo;il \u00e9tait temps d&rsquo;appli\u00adquer l&rsquo;adage qui veut que la vengeance soit un plat qui se mange froid. Elle a d\u00e9ploy\u00e9 tous les moyens que lui donnait sa situation au service de sa m\u00e9chancet\u00e9, et a d\u00e9moli, jour apr\u00e8s jour, la petite carri\u00e8re que timidement je commen\u00e7ais \u00e0 mener. J&rsquo;ai vu peu \u00e0 peu toutes les portes se refermer devant moi. Je vous l&rsquo;avais cach\u00e9, alors, pour ne pas vous ennuyer, mais il m&rsquo;a fallu endurer de bien p\u00e9nibles moments pour r\u00e9ussir \u00e0 ramener \u00e0 la maison de quoi nous nourrir, C\u00e9cilia et moi. Et puis un jour, j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 que la coupe \u00e9tait pleine. Apr\u00e8s tout, je poss\u00e9dais les carnets de Jonathan ! Puisque Dali voulait la guerre, elle l&rsquo;aurait. Je me mis \u00e0 rechercher les fameux carnets dans les affaires que Jo avait laiss\u00e9es derri\u00e8re lui, mais impossible de remettre la main dessus. C&rsquo;est alors que l&rsquo;\u00e9pisode du cambriolage me revint en m\u00e9moire. Je n&rsquo;y avais pas, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, pr\u00eat\u00e9 attention, mais une seule chose manquait dans l&rsquo;appartement, apr\u00e8s le passage du ou des voleurs : les fameux carnets. J&rsquo;\u00e9tais an\u00e9antie, vous vous en doutez. Alors que j&rsquo;avais enfin d\u00e9cid\u00e9 de me battre, voil\u00e0 qu&rsquo;on m&rsquo;enlevait ma seule arme, et pour tout dire, mon seul espoir. C&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque que vous m&rsquo;avez trouv\u00e9e si \u00ab\u00a0fatigu\u00e9e\u00a0\u00bb. Je m&rsquo;en \u00e9tais sortie par une pirouette, pr\u00e9textant une solide grippe, si je me souviens bien. La v\u00e9rit\u00e9 \u00e9tait autre, vous le savez maintenant. Quoi qu&rsquo;il en soit, la situation ne pouvait plus durer. J&rsquo;ai donc demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre re\u00e7ue par Dali \u00e0 son bureau. Sans grand espoir, je l&rsquo;avoue. A mon \u00e9tonnement, on me fixa un rendez-vous. Lorsque j&rsquo;arrivais au journal, on m&rsquo;indiqua qu&rsquo;elle n&rsquo;\u00e9tait pas encore rentr\u00e9e, et l&rsquo;on m&rsquo;introduisit dans son bureau. Au bout de dix minutes, j&rsquo;en ai eu marre. J&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 fouiner, et, dans un tiroir, je suis tomb\u00e9e sur les carnets. J&rsquo;avoue que je n&rsquo;ai pas r\u00e9fl\u00e9chi. Je m&rsquo;en suis empar\u00e9e, et j&rsquo;ai fil\u00e9 comme une&#8230;voleuse. Bien s\u00fbr, j&rsquo;avais ces carnets avant elle, mais personne ne le sait. Alors qu&rsquo;elle a eu tout le loisir de les montrer, ferm\u00e9s, bien entendu, \u00e0 toutes les personnes qui sont pass\u00e9es dans son bureau. Sans parler de sa secr\u00e9taire, qui pourra t\u00e9moigner qu&rsquo;arriv\u00e9e les mains vides, je suis repartie avec des documents. Je suis bel et bien pi\u00e9g\u00e9e. Dans un premier temps, mon id\u00e9e \u00e9tait de n\u00e9gocier avec elle les carnets contre ma tranquillit\u00e9, avec le secours d&rsquo;un avocat, pour garantir la p\u00e9rennit\u00e9 du deal. Son coup de force renverse, h\u00e9las, les donn\u00e9es du probl\u00e8me. Il va sans doute me falloir rendre les carnets pour faire lever la plainte. Je n&rsquo;aurais plus aucun moyen de me d\u00e9fendre, alors, et m\u00eame si je reste en France, elle aura toute latitude pour travailler aupr\u00e8s de ses confr\u00e8res \u00e0 m&#8217;emp\u00eacher de red\u00e9marrer ici. Je m&rsquo;en rends bien compte, maintenant, tout est de ma faute. Quand on poss\u00e8de une arme contre un ennemi de son envergure, il faut l&rsquo;utiliser tout de suite. J&rsquo;ai trop attendu, en esp\u00e9rant n&rsquo;avoir jamais besoin de m&rsquo;en servir, et j&rsquo;ai perdu. Il ne me reste plus qu&rsquo;\u00e0 attendre qu&rsquo;elle, ou l&rsquo;un de ses sbires, prenne contact avec moi pour n\u00e9gocier les termes de ma reddition.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0, vous connaissez maintenant toute l&rsquo;histoire. Si jamais, par extraordinaire, vous aviez une quelconque sugges\u00adtion \u00e0 faire pour m&rsquo;en sortir, elle sera la bienvenue. En atten\u00addant de vos nouvelles, que j&rsquo;esp\u00e8re bonnes, je vous embrasse de tout c\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec toute mon affection,<\/p>\n\n\n\n<p>Oc\u00e9ane.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>chapitre 14 les carnets de Jonathan L&rsquo;aurore brumeuse enveloppe les rues de Qu\u00e9bec d&rsquo;un voile d&rsquo;ouate glac\u00e9e, derni\u00e8re trace d&rsquo;hiver au c\u0153ur d&rsquo;un prin\u00adtemps qui tarde \u00e0 annoncer la belle saison. 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