{"id":1723,"date":"2024-05-31T13:40:23","date_gmt":"2024-05-31T11:40:23","guid":{"rendered":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1723"},"modified":"2024-05-31T13:47:41","modified_gmt":"2024-05-31T11:47:41","slug":"les-carnets-de-jonathan-chapitre-11","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1723","title":{"rendered":"Les carnets de Jonathan &#8211; chapitre 11"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>chapitre 11<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le notaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Entrez, mon cher ma\u00eetre, entrez. Je suis bien content de vous revoir, apr\u00e8s tant d&rsquo;ann\u00e9es \u00e0 ne communiquer que par t\u00e9l\u00e9phone !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Et la faute \u00e0 qui, mon jeune ami ? Je ne comprends toujours pas le coup de folie qui vous a fait liquider vos affaires si vite, surtout pour vous enfermer dans ce trou perdu !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est que, contrairement \u00e0 ce que vous semblez croire, je ne suis plus aussi jeune que cela.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je le suis pourtant, moi, qui ai pr\u00e8s de vingt ans de plus que vous. C&rsquo;est l&rsquo;activit\u00e9 qui maintient en forme, mon gar\u00e7on, la retraite, \u00e7a endort.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je devais avoir envie de dormir, voil\u00e0 tout. Mais je ne vous ai pas demand\u00e9 de passer me voir afin de recommencer, une fois encore, cette discussion st\u00e9rile qui nous oppose depuis trois ans. Dites-moi plut\u00f4t ce que vous pensez du travail de ma petite prot\u00e9g\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Jacques R\u00e9miniac s&rsquo;efface lestement devant le gros homme qu&rsquo;il a accueilli \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de son bureau, privil\u00e8ge r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 quelques rares \u00e9lus, la r\u00e8gle commune exigeant des visiteurs ordinaires qu&rsquo;ils fassent seuls le chemin qui m\u00e8ne de la porte \u00e0 la table de travail. Il le d\u00e9barrasse de son manteau de laine, de son \u00e9charpe et de son feutre, et veille au confort de son installation dans le fauteuil r\u00e9serv\u00e9 aux invit\u00e9s. Puis, sans prononcer un mot, renouant avec une ancienne tradition, oubli\u00e9e depuis quelques ann\u00e9es, il sort du tiroir central de son bureau une boite de bois pr\u00e9cieux aux dimensions imposantes, et en extrait triomphalement deux \u00e9normes cigares cubains. Le coffret \u00e9tant dot\u00e9 des derniers raffinements en mati\u00e8re de contr\u00f4le d&rsquo;hygrom\u00e9trie, les barreaux de chaise, par ailleurs prot\u00e9g\u00e9s dans un emballage m\u00e9tallique individuel, n&rsquo;ont pas souffert de leur enfermement. Il en tend un \u00e0 son interlocuteur en pr\u00e9cisant :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Je n&rsquo;ai pas eu l&rsquo;occasion d&rsquo;ouvrir ce coffret depuis votre derni\u00e8re visite, mon cher ma\u00eetre.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Puis, laissant le visiteur, manifestement ravi, humer le cigare qu&rsquo;il vient de d\u00e9livrer de son tube d&rsquo;aluminium, il poursuit ses pr\u00e9paratifs en servant deux larges rasades d&rsquo;un bas-armagnac qui a peut-\u00eatre connu le vieux notaire en culotte courte.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Il est un peu t\u00f4t pour vous offrir l&rsquo;ap\u00e9ritif, et je sais que vous n&rsquo;aimez pas le th\u00e9. J&rsquo;ai la faiblesse de croire que mon choix conviendra aussi bien \u00e0 l&rsquo;heure qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;invit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le notaire acquiesce d&rsquo;un sourire. Jacques, alors s&rsquo;assied \u00e0 sa place, derri\u00e8re le bureau, et consid\u00e8re en silence, et en souriant, l&rsquo;homme qui se cache derri\u00e8re les premi\u00e8res volutes bleues.<\/p>\n\n\n\n<p>S&rsquo;il annonce pr\u00e8s de quatre-vingts ans, l&rsquo;ancien notaire les porte avec une vigueur peu commune, compte tenu d&rsquo;un respectable embonpoint. Il fait partie de cette esp\u00e8ce de notables de province qui commencent \u00e0 para\u00eetre vieux, et respectables, \u00e0 l&rsquo;approche de la cinquantaine, pour ne plus \u00e9voluer, ensuite, que tout doucement, laissant les minces les rattraper, les d\u00e9passer en fl\u00e9trissures et en d\u00e9sagr\u00e9ments articulaires, ignorant les r\u00e9gimes et les m\u00e9dicaments, \u00e0 la grande confusion de la m\u00e9decine moderne. Ce sont des ch\u00eanes, jamais fragiles, toujours debout, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;au jour ultime, un coup de tonnerre vasculaire les foudroie.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma\u00eetre Leclerc, nom pr\u00e9destin\u00e9, fut un des premiers clients de Jacques, \u00e0 qui il pr\u00e9senta, par la suite, l&rsquo;ar\u00e9opage de sa propre client\u00e8le, contribuant ainsi au d\u00e9veloppement du tout nouveau cabinet de conseil en placements. A la mort de Martine, il fut d&rsquo;un grand secours au jeune homme, en l&#8217;emp\u00eachant de se laisser aller au d\u00e9sespoir. Il resta ensuite de longues ann\u00e9es le notaire exclusif de l&rsquo;entreprise, jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 il trouva plus amusant de faire \u00ab\u00a0des affaires\u00a0\u00bb pour son propre compte, plut\u00f4t que pour celui des autres. Il confia donc l&rsquo;\u00e9tude \u00e0 son premier clerc, et Jacques sut alors lui renvoyer l&rsquo;ascenseur, en l&rsquo;initiant aux myst\u00e8res de la bourse. Puis, quelques ann\u00e9es plus tard, devenu grand-p\u00e8re, il d\u00e9cida de prendre sa retraite, et, sa fortune faite, s&rsquo;offrit, pour le franc symbolique, une entreprise d&rsquo;\u00e9dition de livres pour enfants en faillite, aventure dans laquelle il ne manqua pas d&rsquo;entra\u00eener quelques amis \u00e0 lui. Il y d\u00e9montra de v\u00e9ritables capacit\u00e9s d&rsquo;entrepreneur, redressant l&rsquo;affaire, cr\u00e9ant des emplois nouveaux, sachant investir dans de jeunes talents, sans trop se soucier du diktat exerc\u00e9 par certains psychologues en mati\u00e8re de litt\u00e9rature pour tout-petits. Il continua pourtant \u00e0 rencontrer Jacques, qui g\u00e9rait une partie importante de son patrimoine, de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re, \u00e0 l&rsquo;occasion de d\u00eeners exploratoires dans les restaurants les plus fins de la capitale, jusqu&rsquo;\u00e0 la vente du cabinet, suite au d\u00e9c\u00e8s de Jonathan. Depuis, le grand homme ayant choisi de se retirer du monde, ils s&rsquo;\u00e9taient un peu perdus de vue, se contentant d&rsquo;\u00e9changer quelques banalit\u00e9s par t\u00e9l\u00e9phone, toujours \u00e0 l&rsquo;instigation du notaire. Celui-ci en effet ne pouvait supporter l&rsquo;id\u00e9e que la retraite de Jacques fut d\u00e9finitive, et cherchait par tous les moyens \u00e0 le convaincre de refaire sa vie. Il lui avait m\u00eame propos\u00e9 une association, dans le cadre de l&rsquo;extension de son entreprise. Le grand refusait tout en bloc, gentiment, mais fermement, au d\u00e9sespoir de son seul v\u00e9ritable ami. Qu&rsquo;on ne se m\u00e9prenne pas \u00e0 ce propos. Maurice et Marie Martinez \u00e9taient aussi proches de Jacques R\u00e9miniac qu&rsquo;il est possible, et constituaient de fait sa seule famille. Mais ils ne pouvaient lui offrir la qualit\u00e9 intellectuelle des \u00e9changes qu&rsquo;il avait avec le vieux notaire, pour qui Jacques restait un cadet \u00e0 guider et prot\u00e9ger. Ma\u00eetre Leclerc connaissait les moindres recoins de l&rsquo;\u00e2me du grand homme, et se savait unique d\u00e9positaire de ses confessions. Aussi, quand celui-ci l&rsquo;avait appel\u00e9 de son propre chef, et lui avait expos\u00e9 le motif de son appel, le vieux notaire avait tressailli, et s&rsquo;\u00e9tait dit que tout n&rsquo;\u00e9tait peut-\u00eatre pas perdu. Il s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9barrass\u00e9 de ses rendez-vous parisiens en un tournemain, afin de recevoir la jeune femme, avant d&rsquo;accourir au Manoir pour obtenir de plus amples renseignements \u00e0 son sujet.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a su cacher son d\u00e9sappointement de ne pas la voir sur le perron, au bras de son ami, pour l&rsquo;accueillir, et, sous son allure de matou repu, attend avec impatience les confidences qu&rsquo;on ne manquera pas de lui faire, de gr\u00e9 ou de force. Aussi, \u00e0 la question que son interlocuteur lui a pos\u00e9e, juste avant de lui offrir cigare et verre de liqueur, songeant que s&rsquo;il reste passif, il ne saura rien du fond des choses, il d\u00e9cide de r\u00e9pondre par l&rsquo;offensive :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Qui est-elle, Jacques, cette prot\u00e9g\u00e9e dont vous m&rsquo;aviez cach\u00e9 l&rsquo;existence ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je ne vous ai rien cach\u00e9 du tout, mon cher ma\u00eetre, et vous la connaissez depuis presque aussi longtemps que moi. Dites-moi plut\u00f4t comment vous l&rsquo;avez trouv\u00e9e, et ce que vaut r\u00e9ellement son travail.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Manifestement, le grand Jacques n&rsquo;est pas en veine de confidences, en cette fin d&rsquo;apr\u00e8s-midi, bien qu&rsquo;un faible sourire semble faire p\u00e9tiller son regard. Le vieil homme d\u00e9cide de jouer cartes sur table.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Cessons de tourner autour du pot, tous les deux. Je vous dirai ce que je pense d&rsquo;elle quand vous m&rsquo;en aurez appris davantage.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; La phrase, dans votre bouche, sonne comme un ultimatum.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;en est un, bien amical au demeurant. Vous savez bien, mon cher petit, que tout ce qui vous touche me concerne au premier chef, et je gage que cette charmante demoiselle saura vous ramener chez les vivants. N&rsquo;est-il pas normal, par cons\u00e9quent, que je m&rsquo;enqui\u00e8re de son curriculum, avant de vous donner ma b\u00e9n\u00e9diction ?\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Jacques ne r\u00e9pond pas imm\u00e9diatement. Il fait lentement tourner la liqueur dans son verre, et para\u00eet un long moment se perdre dans la contemplation des reflets de vieil or que le feu finissant fait na\u00eetre dans le v\u00e9n\u00e9rable liquide. Puis son regard se porte sur son vieil ami, et il admet, comme \u00e0 regret :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Je sens bien que vous ne partirez pas sans savoir, et l&rsquo;amiti\u00e9 sans faille que vous m&rsquo;avez t\u00e9moign\u00e9e, pendant toutes ces ann\u00e9es, rend l\u00e9gitime votre curiosit\u00e9. Je vais donc tout vous dire, et vous rendre ainsi d\u00e9positaire d&rsquo;un secret qu&rsquo;en France au moins, nous ne serons que trois \u00e0 conna\u00eetre. Mais laissez-moi vous dire, en pr\u00e9ambule, que vous vous trompez lourdement sur l&rsquo;attachement que je peux avoir pour cette jeune femme. Elle n&rsquo;est rien d&rsquo;autre, pour moi, qu&rsquo;une mission \u00e0 accomplir.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le notaire fait un petit geste de la main, comme pour signifier qu&rsquo;il se soucie autant du pr\u00e9ambule que de sa premi\u00e8re chemise, qui, quand bien m\u00eame elle eut r\u00e9sist\u00e9 au temps, serait bien en peine, aujourd&rsquo;hui, d&rsquo;abriter son imposante bedaine. Puis il se cale dans le fauteuil, et attend.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00a0\u00bb Vous ne me croyez d\u00e9j\u00e0 pas. Comment voulez-vous que je poursuive ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; J&rsquo;ai pour vous la plus grande amiti\u00e9, mon gar\u00e7on, mais je crois pouvoir pr\u00e9tendre qu&rsquo;il est parfois plus facile de se faire une opinion sur les choses quand elles vous sont ext\u00e9rieures. Vous me permettrez donc d&rsquo;entendre toute l&rsquo;histoire avant de d\u00e9cider, en mon \u00e2me et conscience, de l&rsquo;importance qu&rsquo;il convient d&rsquo;attribuer \u00e0 cette jeune et charmante personne. Je vous \u00e9coute donc, avec la plus grande attention.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; L&rsquo;histoire est bien simple, et je vous assure que vous serez d\u00e9\u00e7u. Oc\u00e9ane Monplaisir est la derni\u00e8re personne \u00e0 avoir vu Jonathan vivant, except\u00e9 bien s\u00fbr les gens qu&rsquo;il peut avoir crois\u00e9s lors de son dernier voyage. Elle a v\u00e9cu avec lui durant sa derni\u00e8re ann\u00e9e de s\u00e9jour au Canada, ce que j&rsquo;ignorais jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elle d\u00e9barque ici, un soir de pluie, il y a quelques semaines, sans un sou, sans presque de v\u00eatements, fuyant je ne sais quels ennuis, et flanqu\u00e9e d&rsquo;un adorable probl\u00e8me de trois ans qui se pr\u00e9nomme C\u00e9cilia, et qui serait la fille de Jo.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Vous \u00eates grand-p\u00e8re ! Et vous me promettiez une d\u00e9ception ! Jacques, mon jeune ami, je me demande parfois si vous n&rsquo;\u00eates pas un \u00e2ne. C&rsquo;est une histoire merveilleuse, et je ne comprends pas pourquoi vous faites tant de myst\u00e8res \u00e0 son sujet. Qu&rsquo;attendez-vous pour tuer le veau gras ? N&rsquo;est-ce pas l\u00e0, par rejeton interpos\u00e9, une nouvelle version du retour de l&rsquo;enfant prodigue ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Vous semblez ignorer que j&rsquo;ai employ\u00e9 le conditionnel, quant \u00e0 la filiation de la fillette, mon cher ma\u00eetre. Avouez qu&rsquo;il est pour le moins singulier de voir d\u00e9barquer cette jeune femme plus de trois ans apr\u00e8s la mort de mon fils, qu&rsquo;elle ignorait, para\u00eet-il. Si vraiment elle lui \u00e9tait si li\u00e9e, comment se fait-il qu&rsquo;elle n&rsquo;ait pas cherch\u00e9 \u00e0 le revoir plus t\u00f4t ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ce n&rsquo;est pas \u00e0 moi qu&rsquo;il faut le demander, Jacques, mais \u00e0 elle. Vous l&rsquo;avez fait, avouez-le.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est exact. J&rsquo;ai eu droit \u00e0 l&rsquo;histoire compl\u00e8te de la demoiselle, depuis sa naissance jusqu&rsquo;\u00e0 sa grossesse.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Et ses explications ne sont apparemment pas de nature \u00e0 vous satisfaire.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Disons qu&rsquo;elles m\u00e9riteraient une enqu\u00eate approfondie que je ne me sens aucune envie de mener. Je n&rsquo;en tirerais que des ennuis, et je trouve que j&rsquo;ai pass\u00e9 l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;avoir charge de famille. D&rsquo;autre part, pourquoi imposer \u00e0 cette petite enfant le poids d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9alogie dont elle n&rsquo;a que faire, puisqu&rsquo;elle l&rsquo;ignore jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mais enfin, Jacques, les anc\u00eatres sont aussi importants pour un \u00eatre humain que la vue, ou l&rsquo;ou\u00efe.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Il y a bien des aveugles et bien des sourds plus heureux que certaines personnes non handicap\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Permettez-moi de vous dire, mon jeune ami, que c&rsquo;est vous, le sourd et l&rsquo;aveugle, dans cette histoire, et que cette attitude, qui me navre, ne risque pas de vous rendre plus heureux pour autant. Croyez-vous r\u00e9ellement qu&rsquo;il soit confortable de vivre la t\u00eate plant\u00e9e dans le sol, comme une autruche ? Qu&rsquo;\u00eates-vous devenu, pour refuser ainsi d&rsquo;assurer vos responsabilit\u00e9s ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Du calme, mon cher ma\u00eetre, du calme. Je n&rsquo;ai jamais dit que je refuserais de venir en aide \u00e0 ces deux jeunes personnes. Ne les ai-je pas d\u00e9j\u00e0 accueillies ici ? Ne suis-je pas en train d&rsquo;essayer, par votre entremise, de trouver \u00e0 mademoiselle Monplaisir un travail qui lui permette de recouvrer son autonomie, et de cr\u00e9er, pour sa fille et pour elle, les conditions d&rsquo;une vie heureuse ? Pensez-vous vraiment que, pour deux jeunes citadines canadiennes, le bonheur peut rimer avec l&rsquo;enfermement dans une vieille maison perdue au fond de la Bretagne, en compagnie d&rsquo;un vieux sanglier solitaire et d&rsquo;un couple de domestiques encore plus \u00e2g\u00e9s ? Soyons s\u00e9rieux, je vous en prie. Abandonnez votre sensiblerie de roman \u00e0 l&rsquo;eau de rose, et reposez les pieds sur terre, mon cher ma\u00eetre. J&rsquo;ai beaucoup r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 tout cela, et je suis s\u00fbr que la solution que j&rsquo;ai imagin\u00e9e est la meilleure qui soit, pour tout le monde. C&rsquo;est tellement vrai que mademoiselle Monplaisir y souscrit enti\u00e8rement.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je n&rsquo;ose imaginer le march\u00e9 que vous lui avez mis en main pour qu&rsquo;elle accepte !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je n&rsquo;ai pas eu grand effort \u00e0 faire, je vous l&rsquo;assure. Elle s&rsquo;est facilement rang\u00e9e \u00e0 mon argumentation.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est de la logique que tout cela. Une logique froide, d\u00e9sincarn\u00e9e, qui nie ce qui fait la raison d&rsquo;exister de l&rsquo;homme, ce besoin irr\u00e9pressible d&rsquo;appartenir \u00e0 une lign\u00e9e, une dynastie, et de contribuer \u00e0 sa p\u00e9rennit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Allons, allons. Voil\u00e0 bien un besoin que je ne ressens plus depuis bien longtemps.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je suis persuad\u00e9 du contraire, Jacques. Je suis certain qu&rsquo;au fond de votre \u00e2me, vous mourrez d&rsquo;envie de prendre le destin de cette petite fille dans vos mains, et de voir revivre avec elle la branche R\u00e9miniac que vous pensiez moribonde.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Gardez votre roman pour vous, ma\u00eetre, et parlons un peu de choses pratiques. J&rsquo;ai rempli ma part du contrat, vous savez qui elle est. Remplissez la v\u00f4tre, et dites moi ce qu&rsquo;elle vaut.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le ton sec employ\u00e9 par le plus jeune des deux hommes indique clairement qu&rsquo;il serait mals\u00e9ant de poursuivre plus avant la discussion. Or, la biens\u00e9ance constitue, sauf cas exceptionnel, une r\u00e8gle de vie essentielle pour la bourgeoisie de province. Le notaire estime sans doute que l&rsquo;heure n&rsquo;est pas \u00e0 l&rsquo;esclandre, et se plie au d\u00e9sir de son h\u00f4te.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb J&rsquo;ai, comme convenu, re\u00e7u votre charmante&#8230; pupille, et elle m&rsquo;a pr\u00e9sent\u00e9 son travail. Je ne vous cacherai pas, mon cher Jacques, qu&rsquo;il n&rsquo;a rien d&rsquo;exceptionnel. Elle ma\u00eetrise tr\u00e8s bien plusieurs techniques d&rsquo;illustration, et poss\u00e8de un coup de patte agr\u00e9able. Comme je sens que l&rsquo;heure n&rsquo;est pas \u00e0 la plaisanterie, j&rsquo;irai droit au but. Sa production ne constitue pas une d\u00e9couverte de premier plan, mais ce n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;on lui demande, n&rsquo;est-ce pas ? Je peux parfaitement lui passer commande d&rsquo;illustrations en quantit\u00e9 suffisante pour lui fournir un travail \u00e0 temps plein, pour peu que vous le d\u00e9siriez.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je ne vous suis pas. Ou son travail vous int\u00e9resse, et vous l&#8217;employez, ou il ne vous convient pas, et il n&rsquo;entre pas dans mes intentions de vous forcer la main.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ce n&rsquo;est pas ce que j&rsquo;ai voulu dire. Des illustrateurs de cette qualit\u00e9, il y en a pl\u00e9thore, je n&rsquo;ai que l&#8217;embarras du choix. Je n&rsquo;\u00e9dite pas des livres d&rsquo;art, mon ami, mais des contes pour enfants. Son travail colle parfaitement avec mes besoins, ni plus ni moins que celui d&rsquo;autres personnes. Aussi, si cela vous agr\u00e9e, je peux l&#8217;employer sans modifier quoique ce soit \u00e0 notre mode de fonctionnement.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est exactement ce que je vous demande. Ni plus, ni moins.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Soit. Il en sera fait selon votre d\u00e9sir, Jacques. Un d\u00e9tail, toutefois. Mademoiselle Monplaisir m&rsquo;a parl\u00e9 d&rsquo;un conte qu&rsquo;elle est en train d&rsquo;\u00e9crire. Entra\u00eenez-la \u00e0 poursuivre dans cette voie. Il est bien plus difficile de trouver des auteurs int\u00e9ressants que des illustrateurs, dans notre m\u00e9tier. Pour le reste, il me suffit de m&rsquo;enqu\u00e9rir des formalit\u00e9s exig\u00e9es pour faire travailler un \u00e9tranger sur le sol national, et l&rsquo;affaire sera faite.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je n&rsquo;en attendais pas moins de vous, mon cher ma\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Vous ne m&rsquo;\u00f4terez pas de l&rsquo;id\u00e9e que vous faites fausse route, en vous conduisant ainsi.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; L&rsquo;avenir nous le dira peut-\u00eatre. Il sera toujours temps, alors, de faire machine arri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Dieu vous entende !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Le d\u00eener doit \u00eatre pr\u00eat, rejoignons tout notre petit monde. Vous ferez ainsi la connaissance de C\u00e9cilia. Il n&rsquo;est pas besoin, je pense, de vous recommander la plus grande discr\u00e9tion \u00e0 son sujet.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je serai aussi muet que la tombe que vous \u00eates en train de creuser pour vous.<\/p>\n\n\n\n<p>Nul ne saura jamais si Dieu a entendu Jacques. Jonathan, en revanche, n&rsquo;a pas perdu une miette du dialogue, et en reste effondr\u00e9, au d\u00e9sarroi de Jeannou qui trouve plut\u00f4t que les choses s&rsquo;arrangent.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb Vraiment Jonathan, je ne te comprends pas. Plus la situation s&rsquo;am\u00e9liore, et plus tu parais t&rsquo;enfoncer dans un marasme de mauvais aloi.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Parce que tu trouves que la situation s&rsquo;am\u00e9liore, toi !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Oui, mon gar\u00e7on, la situation s&rsquo;am\u00e9liore, que tu le veuilles ou non. Elle ne n\u00e9cessite aucune intervention ext\u00e9rieure, et t&rsquo;offre par cons\u00e9quent les meilleures conditions de d\u00e9gagement que l&rsquo;on puisse esp\u00e9rer.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Rien ne va comme je le souhaite.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mais personne n&rsquo;en a rien \u00e0 faire, de tes souhaits, mon petit bonhomme. Je te connais t\u00eatu, mais il faudra bien que \u00e7a te rentre dans le cr\u00e2ne, ou plut\u00f4t dans ce qu&rsquo;il en reste.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mais enfin, Jeannou, je ne peux pas partir comme \u00e7a, en laissant un pareil chantier derri\u00e8re moi !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Chantier ! Quel chantier ? Je ne vois pas de chantier, moi.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Arr\u00eate ton cin\u00e9ma, tu veux bien ? Je suis responsable de la situation dans laquelle se trouvent Oc\u00e9ane et C\u00e9cilia, comme je suis responsable de l&rsquo;affliction qui tue mon p\u00e8re \u00e0 petit feu.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Qui tue ton p\u00e8re, qui tue ton p\u00e8re, tu pousses un peu, non ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mais pas du tout. D&rsquo;ailleurs, ma\u00eetre Leclerc l&rsquo;a parfaitement compris. La situation est grave, sinon d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Jonathan, \u00e7a suffit. Ecoute-moi maintenant. Oc\u00e9ane se porte \u00e0 merveille, et le boulot qu&rsquo;on va lui offrir incessamment lui permettra d&rsquo;\u00e9lever sa petite fille dans de bonnes conditions. Ton p\u00e8re est solide comme un roc, et s&rsquo;int\u00e9ressera sans doute, au fil du temps, au devenir de sa petite-fille, avec l&rsquo;aide de ce brave notaire qui ne demande que \u00e7a. Rien ne te retient plus ici, alors on fait les bagages, et on remonte. Tu as encore plein de trucs sympas \u00e0 d\u00e9couvrir, l\u00e0-haut.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je ne peux pas les laisser dans cette situation. J&rsquo;en suis responsable.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Fallait y penser avant, mon bonhomme. Enfin quoi. Cette fille, tu m&rsquo;as dit toi m\u00eame que tu ne l&rsquo;aimais pas vraiment. C\u00e9cilia, tu ne l&rsquo;as jamais d\u00e9sir\u00e9e, tu ne connaissais m\u00eame pas son existence de ton vivant, et quand tu as appris sa naissance, ton premier r\u00e9flexe \u00e0 consister \u00e0 insinuer qu&rsquo;elle pouvait n&rsquo;\u00eatre pas de toi ! Quant aux relations que tu as eues avec ton p\u00e8re, elles donnent une notion assez exacte de l&rsquo;infiniment petit. Tu ne vas pas, maintenant qu&rsquo;il est trop tard, d\u00e9cider de r\u00e9parer tous tes torts \u00e0 leur \u00e9gard. De toute fa\u00e7on, ce n&rsquo;est pas possible.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ah non ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Non !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je n&rsquo;en suis pas aussi s\u00fbr que toi.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Qu&rsquo;est-ce que tu veux dire, l\u00e0 ? Tu m&rsquo;inqui\u00e8tes tout \u00e0 coup.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Avoue que tu m&rsquo;as cach\u00e9 des choses, en ce qui concerne les relations qui peuvent exister entre les vivants et les esprits des morts !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je ne t&rsquo;ai rien cach\u00e9 du tout. A l&rsquo;exception de br\u00e8ves rencontres avec les m\u00e9diums, tout contact entre un vivant et un esprit entra\u00eene pour celui-ci le passage \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de fant\u00f4me, d&rsquo;abord r\u00e9versible, s&rsquo;il se contente de rester spectateur, puis d\u00e9finitif s&rsquo;il se pique d&rsquo;intervenir dans la vie des humains.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Et d&rsquo;apr\u00e8s toi, l&rsquo;esprit garde la ma\u00eetrise du processus.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Que veux tu dire par l\u00e0 ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je veux dire que ces choses ne peuvent arriver que si l&rsquo;esprit en question le d\u00e9cide.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Oui.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Et ben non !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Comment \u00e7a, non ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; \u00c7a ne fonctionne pas seulement comme \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tu peux \u00eatre plus explicite, j&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;entendre parler un prof de maths !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 le t\u00e9moin d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne qui d\u00e9ment ta th\u00e9orie, voil\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Mais accouche, merde !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C\u00e9cilia me voit !<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Pardon ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C\u00e9cilia, tu sais, ma fille, qui ne me conna\u00eet pas, elle me voit, ou elle me per\u00e7oit, je n&rsquo;en sais rien. Mais quand je me balade dans le m\u00eame endroit qu&rsquo;elle, elle sait que je suis l\u00e0. Elle se tourne vers moi, et elle me sourit.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Dis-moi, Jonathan, de ton vivant, tu n&rsquo;aurais pas abus\u00e9 de L.S.D., ou d&rsquo;un truc de ce genre, dont les effets se feraient encore sentir ?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Jeannou, je suis parfaitement clair. Je n&rsquo;ai pas voulu le croire moi m\u00eame, j&rsquo;ai donc renouvel\u00e9 l&rsquo;exp\u00e9rience plusieurs fois. Il n&rsquo;y a aucun doute possible. C\u00e9cilia me voit. Je te le prouve quand tu veux.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je ne veux pas. D&rsquo;ailleurs, j&rsquo;en ai ras la casquette, de tes probl\u00e8mes \u00e0 la mords-moi le n\u0153ud. Je remonte voir l\u00e0-haut si, des fois, tu ne m&rsquo;y aurais pas pr\u00e9c\u00e9d\u00e9. Salut.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; C&rsquo;est \u00e7a, salut.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab<\/p>\n\n\n\n<p>Dali s&rsquo;\u00e9tira langoureusement, faisant jaillir des seins dignes d&rsquo;une poup\u00e9e Barbie, tant pour l&rsquo;allure que pour le mat\u00e9riau, hors des draps de soie chiffonn\u00e9s par une nuit de turpitudes sportives. Le soleil baignait la chambre d&rsquo;une lumi\u00e8re joyeuse, et se mettait ainsi \u00e0 l&rsquo;unisson du moral de la jeune femme, solidement cal\u00e9 sur le quartier \u00ab\u00a0beau fixe\u00a0\u00bb de son barom\u00e8tre int\u00e9rieur. La soir\u00e9e, puis la nuit, l&rsquo;avaient combl\u00e9e \u00e0 tous points de vue. Le d\u00e9tective avait su se tenir \u00e0 table, \u00e9couter avec int\u00e9r\u00eat, choisir le vin, analyser la situation, lui proposer une solution ing\u00e9nieuse, et se montrer ensuite un amant de toute premi\u00e8re qualit\u00e9. De ceux dont on ne parle pas aux copines, de peur de se le faire piquer. S&rsquo;il consacrait autant d&rsquo;ardeur \u00e0 accomplir ses enqu\u00eates qu&rsquo;il en avait us\u00e9 dans leurs \u00e9bats nocturnes, la petite conne qui s&rsquo;\u00e9tait mise en travers de son chemin avait du souci \u00e0 se faire. Porter plainte pour vol ! Il fallait oser, sachant que Dali ne tenait pas du tout \u00e0 ce que l&rsquo;on sache la nature exacte du bien qui lui avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9rob\u00e9. Mais, au cours de la nuit, apr\u00e8s le premier assaut, son amant lui avait patiemment expliqu\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait nul besoin de d\u00e9crire l&rsquo;objet en d\u00e9tail.<\/p>\n\n\n\n<p>-\u00ab\u00a0Vol de documents de travail confidentiels\u00a0\u00bb, avait-il dit. \u00ab\u00a0Cela conviendra parfaitement. \u00c7a ne veut pas dire grand chose, mais qu&rsquo;importe, ce qui nous int\u00e9resse, ce sont les cons\u00e9quences d&rsquo;une telle op\u00e9ration. Je me suis renseign\u00e9, la demoiselle est bien partie seulement munie d&rsquo;un visa touristique. Alors de deux choses l&rsquo;une. Ou elle d\u00e9cide de rentrer \u00e0 l&rsquo;expiration dudit visa, et elle se fait coffrer \u00e0 son arriv\u00e9e, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que nous ayons une conversation d&rsquo;ordre priv\u00e9 avec elle, sans grand risque de la voir porter l&rsquo;affaire devant les m\u00e9dias, depuis sa cellule, ou elle cherche \u00e0 faire renouveler ce fameux visa pour rester en France, ce qui lui sera refus\u00e9, par la gr\u00e2ce de cette plainte, et la mettra dans une situation bien embarrassante que l&rsquo;on appelle assignation \u00e0 r\u00e9sidence dans l&rsquo;attente d&rsquo;une proc\u00e9dure d&rsquo;extradition. Si elle est partie chercher la paix en France, c&rsquo;est rat\u00e9. La man\u0153uvre, comme je vous l&rsquo;expliquais, a pour objet de nous redonner la main. Elle sera oblig\u00e9e de composer, et de nous rendre le fameux objet pour recouvrer sa libert\u00e9 de mouvement. Le march\u00e9 ne vous co\u00fbtera pas un sou. A l&rsquo;exception de mes \u00e9moluments, bien entendu.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Dali avait souri. Elle lui en avait dit beaucoup, sur le fameux objet, sans pour autant prendre le temps de lui en avouer l&rsquo;origine, de lui expliquer qu&rsquo;elle n&rsquo;en faisait pas une question d&rsquo;argent, et que l&rsquo;ennemie mena\u00e7ait bien plus que son portefeuille. A quoi bon, d&rsquo;ailleurs. Cela ne le regardait pas. Mais puisqu&rsquo;il \u00e9tait bien r\u00e9veill\u00e9, et plein de vigueur, elle avait manifest\u00e9 le d\u00e9sir de remettre le couvert, et l&rsquo;homme s&rsquo;\u00e9tait ex\u00e9cut\u00e9 de bonne gr\u00e2ce une deuxi\u00e8me fois, puis une troisi\u00e8me, plus tard dans la nuit, sans pour autant perdre le sens de la retenue qui sied \u00e0 un employ\u00e9, et qui le conduisait \u00e0 la voussoyer malgr\u00e9 la situation. Dali appr\u00e9ciait \u00e0 sa juste valeur cette marque de respect, dont elle \u00e9tait plus friande que tout, elle qui, quelques ann\u00e9es auparavant, se faisait traiter de tous les noms par des \u00e9talons de troisi\u00e8me zone, dans des positions qui tenaient plus du cirque que de l&rsquo;amour, devant un parterre de techniciens goguenards, pour fournir leur plaisir aux tordus de la terre. Les choses avaient bien chang\u00e9, maintenant. Oui, vraiment, c&rsquo;\u00e9tait une belle journ\u00e9e qui commen\u00e7ait.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>chapitre 11 Le notaire &#8211;\u00a0\u00bb Entrez, mon cher ma\u00eetre, entrez. Je suis bien content de vous revoir, apr\u00e8s tant d&rsquo;ann\u00e9es \u00e0 ne communiquer que par t\u00e9l\u00e9phone ! &#8211; Et la faute \u00e0 qui, mon jeune ami ? 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