{"id":1705,"date":"2024-05-25T22:39:59","date_gmt":"2024-05-25T20:39:59","guid":{"rendered":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1705"},"modified":"2024-05-25T22:40:42","modified_gmt":"2024-05-25T20:40:42","slug":"les-carnets-de-jonathan-episode-9","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1705","title":{"rendered":"Les carnets de Jonathan &#8211; \u00e9pisode 9"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"1705\" class=\"elementor elementor-1705\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-754de24 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"754de24\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-427746b elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"427746b\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><span style=\"font-size: medium;\"><b>chapitre 9<\/b><\/span><\/p><p><span style=\"font-size: large;\"><u><b>L&rsquo;ARRANGEMENT<\/b><\/u><\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">La femme blonde, grande, mince et \u00e9lanc\u00e9e quoique dot\u00e9e d&rsquo;attributs f\u00e9minins g\u00e9n\u00e9reux, sangl\u00e9s serr\u00e9s dans un ensemble de cuir gris, fait face \u00e0 l&rsquo;immense baie vitr\u00e9e qui s\u00e9pare son bureau de l&rsquo;agitation de la ville, qu&rsquo;elle domine de quelques dizaines d&rsquo;\u00e9tages. Elle a adopt\u00e9 une pose rigide, les \u00e9paules rejet\u00e9es en arri\u00e8re, les mains crois\u00e9es derri\u00e8re le dos, les jambes l\u00e9g\u00e8rement \u00e9cart\u00e9es bien plant\u00e9es dans de tr\u00e8s fines bottes de l\u00e9zard qui parodient, en beaucoup plus raffin\u00e9, et beaucoup plus ac\u00e9r\u00e9 aussi, celles qu&rsquo;utilisaient les cow-boys pour dresser les chevaux sauvages. Tout, dans son attitude, est parfaitement calcul\u00e9, pour donner plus de poids encore \u00e0 la violence de son propos. Son interlocuteur cherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9\u00adment \u00e0 faire dispara\u00eetre cent et quelques kilogrammes de muscles dans l&rsquo;un des vastes fauteuils modernes qui meublent la vaste pi\u00e8ce. Il est toujours d\u00e9sagr\u00e9able, pour un sp\u00e9cialiste cot\u00e9, de se faire sermonner par un employeur. Surtout quand c&rsquo;est m\u00e9rit\u00e9. Et a fortiori quand l&#8217;employeur en question est une femme, plus jeune, et dot\u00e9e du caract\u00e8re redoutable de Dali di St\u00e9phano, et de son vocabulaire particuli\u00e8rement imag\u00e9. Jamais, au cours d&rsquo;une carri\u00e8re qui l&rsquo;a vu fr\u00e9quenter les bouges les plus mal fam\u00e9s du Canada, l&rsquo;homme n&rsquo;a entendu une aussi compl\u00e8te litanie d&rsquo;injures, toutes diff\u00e9rentes, plus infamantes les unes que les autres, et qui ne laissent planer aucun doute sur l&rsquo;opinion que la jeune femme peut avoir de sa m\u00e8re, de son p\u00e8re, du reste de sa famille, en remontant haut dans son arbre g\u00e9n\u00e9alogique, de ses coll\u00e8gues et associ\u00e9s, et du reste du monde en g\u00e9n\u00e9ral. Bien s\u00fbr, il pourrait se relever et la planter l\u00e0, elle n&rsquo;a pas les moyens physiques n\u00e9cessaires pour l&rsquo;en emp\u00eacher. Mais outre le fait que sa langue de vip\u00e8re lui sculp\u00adterait alors une r\u00e9putation aussi universelle que destructrice, la jeune femme exerce sur lui une fascination qui lui interdit toute r\u00e9action d&rsquo;esquive ou de d\u00e9fense. Il reste donc scotch\u00e9 sur son fauteuil, la t\u00eate basse, en esp\u00e9rant la fin de l&rsquo;orage. Justement, sans doute enfin \u00e0 court d&rsquo;invectives, Dali di St\u00e9phano se retourne, et revient s&rsquo;asseoir \u00e0 son bureau.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211;\u00a0\u00bb Je vous donne encore quarante-huit heures pour retrouver sa trace. Il n&rsquo;est pas possible qu&rsquo;une maudite greluche sans moyens tienne en \u00e9chec plus longtemps l&rsquo;agence de d\u00e9tectives priv\u00e9s qui se pr\u00e9tend la plus efficace du Canada. Si tel \u00e9tait le cas, je vous garantis que la publicit\u00e9 que je ne manquerai pas de vous faire vous offrira de longs, tr\u00e8s longs moments pour apprendre le jardinage, ou la broderie anglaise. Je me demande d&rsquo;ailleurs, compte tenu de vos r\u00e9sultats jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, si vous ne devriez pas d\u00e9j\u00e0 songer \u00e0 une reconversion de ce genre, manifestement plus dans vos cordes. Vous pouvez disposer.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Je vous promets&#8230;<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Foutez-moi le camp, vous devriez d\u00e9j\u00e0 \u00eatre \u00e0 quatre pattes sur le trottoir, en bas de son immeuble, \u00e0 renifler pour trouver une piste.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Au revoir.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Je l&rsquo;esp\u00e8re pour vous, car si jamais vous n&rsquo;avez aucun r\u00e9sultat tangible \u00e0 me pr\u00e9senter sous quarante-huit heures, ce n&rsquo;est pas la peine de vous d\u00e9ranger pour me le faire savoir.\u00a0\u00bb<\/span><\/p><p align=\"justify\">\u00a0<\/p><p align=\"center\"><span style=\"font-family: Wingdings;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab<\/span><\/span><\/p><p align=\"center\">\u00a0<\/p><p align=\"center\">\u00a0<\/p><p align=\"right\"><span style=\"font-size: medium;\">Le 14 Avril<\/span><\/p><p align=\"right\"><span style=\"font-size: medium;\">Quelque part, au fond de la France.<\/span><\/p><p align=\"right\">\u00a0<\/p><p align=\"justify\">\u00a0<\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">Chers vous deux,<\/span><\/p><p align=\"justify\">\u00a0<\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">Je trouve enfin quelques instants de calme pour vous \u00e9crire, et vous raconter un peu mes p\u00e9r\u00e9grinations, depuis le d\u00e9part de Qu\u00e9bec, il y a maintenant pr\u00e8s d&rsquo;une semaine. J&rsquo;avoue que je ne sais pas tr\u00e8s bien par quoi commencer, il y a tant et tant de choses \u00e0 dire. Tout d&rsquo;abord, il faut que je vous rassure. C\u00e9cilia et moi nous portons bien. Nous b\u00e9n\u00e9ficions d&rsquo;un toit et d&rsquo;une table, et nous restons ensemble, ce qui \u00e9tait inesp\u00e9r\u00e9 il y a quelques jours \u00e0 peine. Pour le reste, rien n&rsquo;a \u00e9videmment march\u00e9 comme je l&rsquo;esp\u00e9rais. Il faut dire que la r\u00e9alit\u00e9 est loin de ressembler au d\u00e9cor de th\u00e9\u00e2tre que, depuis trois ans, j&rsquo;ai fabriqu\u00e9 toute seule dans un coin de ma t\u00eate. Mais tout cela m\u00e9rite quelques explications que je m&rsquo;en vais vous conter dans l&rsquo;ordre.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">Premi\u00e8rement, il me faut vous apprendre le d\u00e9c\u00e8s de Jonathan. Il s&rsquo;est tu\u00e9 en voiture avant m\u00eame d&rsquo;arriver chez son p\u00e8re, le jour de No\u00ebl, il y a un peu plus de trois ans maintenant. Il y aurait beaucoup \u00e0 dire sur les sentiments que j&rsquo;\u00e9prouve depuis que j&rsquo;ai appris sa disparition. Je ne suis pas s\u00fbre d&rsquo;avoir d\u00e9j\u00e0 fait le tour de la question, mais il me semble que ma peine est plus douce de savoir qu&rsquo;il ne m&rsquo;a pas quitt\u00e9e volontaire\u00adment. Rien n&rsquo;indique qu&rsquo;il me serait revenu s&rsquo;il avait v\u00e9cu, mais je peux me l&rsquo;imaginer, et cela m&rsquo;aide incontestablement.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">Je vous \u00e9cris du manoir qu\u2019habite son p\u00e8re, qui accepte de m&rsquo;h\u00e9berger pour l&rsquo;instant. Quand nous avions tous les trois parl\u00e9 de ce projet de voyage, nous ne pouvions imaginer que je me trouverais confront\u00e9e \u00e0 de telles circonstances. Confront\u00e9e est le mot juste, car monsieur R\u00e9miniac n&rsquo;est pas un homme facile. Apr\u00e8s que je lui ai racont\u00e9 mon histoire, et alors qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait montr\u00e9 courtois, sinon chaleureux jusque-l\u00e0, il a brus\u00adquement chang\u00e9 d&rsquo;attitude \u00e0 mon \u00e9gard. Il ne veut pas croire que C\u00e9cilia est la fille de Jonathan. En fait, je crois qu&rsquo;il rejette en bloc tout ce qui pourrait lui rappeler son fils. Il a des circons\u00adtances att\u00e9nuantes bien s\u00fbr. Jonathan \u00e9tait son unique enfant, et il a perdu sa femme tr\u00e8s jeune. Il se comporte aujourd&rsquo;hui comme un handicap\u00e9 de l&rsquo;amour, situation que je suis \u00e0 m\u00eame de comprendre, vous vous en doutez. Quoi qu&rsquo;il en soit, nous nous sommes quitt\u00e9s assez f\u00e2ch\u00e9s \u00e0 l&rsquo;issue de notre premi\u00e8re discussion.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">Le lendemain matin, tout avait chang\u00e9. Il \u00e9tait redevenu l&rsquo;h\u00f4te aimable qui nous avait si gentiment accueillies la veille, malgr\u00e9 les circonstances. Il m&rsquo;a fait venir dans son bureau, et m&rsquo;a fait une proposition assez originale. En effet, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, il m&rsquo;a demand\u00e9 de ne plus \u00e9voquer mon pass\u00e9 avec Jonathan, ni de pr\u00e9senter C\u00e9cilia comme sa petite-fille \u00e0 quiconque. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, il m&rsquo;a propos\u00e9 de nous accueillir toutes les deux dans sa maison, et nous offre l&rsquo;hospitalit\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 ce que j&rsquo;aie eu le temps de me retourner. Ou plut\u00f4t, il nous avance notre pension jusqu&rsquo;\u00e0 ce que j&rsquo;aie de quoi le payer. Je vous rassure, le prix en a \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9 au plus juste. Je le soup\u00e7onne d&rsquo;ailleurs de n&rsquo;avoir envisag\u00e9 cette contrepartie \u00e9conomique \u00e0 notre s\u00e9jour que pour ne pas nous donner l&rsquo;impression qu&rsquo;il nous fait l&rsquo;aum\u00f4ne de son pain et de son toit. Pour son entourage, y compris le couple de domestiques qui partage sa vie depuis plus de trente ans, je dois \u00eatre une simple camarade de Jonathan, fille-m\u00e8re dans le besoin, qu&rsquo;il d\u00e9panne gentiment. Mais il m&rsquo;a bien pr\u00e9venue : le deal cessera si je m&rsquo;avise de transgresser la r\u00e8gle du silence qu&rsquo;il m&rsquo;impose, et je me retrouverai illico \u00e0 la rue. Dans ma position, je n&rsquo;avais pas le choix. J&rsquo;ai accept\u00e9 ses conditions d&rsquo;autant plus facilement que, compte tenu de notre premi\u00e8re entrevue, je m&rsquo;appr\u00eatais \u00e0 repartir avec C\u00e9cilia le jour m\u00eame, sans savoir o\u00f9 nous m\u00e8neraient nos pas. Sur le coup, je vous avoue pourtant que je les ai trouv\u00e9es dures \u00e0 avaler, ces conditions, malgr\u00e9 le soulagement que m&rsquo;apportait la contrepartie qu&rsquo;il m&rsquo;en offrait. Depuis, j&rsquo;ai bien r\u00e9fl\u00e9chi, et je pense maintenant que cet homme est un sage. Pourquoi imposer \u00e0 ma fille des racines dont elle n&rsquo;a que faire ? Lui donner un nouveau nom ne lui rendra pas son p\u00e8re. Autant donc laisser les choses en l&rsquo;\u00e9tat. J&rsquo;ai eu l&rsquo;occasion de m&rsquo;en entretenir avec lui, depuis, et de le remercier \u00e0 la fois pour sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, et pour l&rsquo;intelligence de sa proposition. Il a sembl\u00e9 s&rsquo;en \u00e9tonner, et m&rsquo;a dit que je confondais intelligence et \u00e9go\u00efsme, chez lui, et qu&rsquo;il n&rsquo;agissait ainsi que pour avoir la conscience tranquille, tout en pr\u00e9servant la paix que lui apporte sa solitude. J&rsquo;ai feint de le croire, mais il ne me trompe pas. C&rsquo;est un homme bon, m\u00eame s&rsquo;il cache soigneusement sa gentillesse sous une mine rigide et assez peu am\u00e8ne. Mais je ne vais pas m&rsquo;\u00e9tendre sur le sujet. Pour r\u00e9sumer, disons que tout se passe d&rsquo;une fa\u00e7on inesp\u00e9r\u00e9e. Nous disposons, C\u00e9cilia et moi, de deux chambres, d&rsquo;une petite salle de bains, et des parties communes de la maison. Monsieur R\u00e9miniac m&rsquo;a par ailleurs ouvert une pi\u00e8ce dans les combles afin que j&rsquo;y installe mon atelier. Il s&rsquo;est en effet montr\u00e9 int\u00e9ress\u00e9 par mes travaux, et doit \u00e0 ce propos rencontrer bient\u00f4t un ami \u00e0 lui qui a des int\u00e9r\u00eats dans une maison d&rsquo;\u00e9dition de livres pour enfants. Je vous tiendrai bien s\u00fbr au courant des d\u00e9veloppements \u00e9ventuels de cette affaire.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">Mais je me rends compte que je ne parle que de nous, et je n&rsquo;ai m\u00eame pas song\u00e9 encore \u00e0 demander de vos nouvelles. Comment se porte Georgie ? J&rsquo;esp\u00e8re que son nouveau traitement n&rsquo;est pas trop p\u00e9nible \u00e0 supporter. Ecrivez-moi tout \u00e7a bien vite.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">Je vous embrasse du plus profond de mon \u00e2me, en esp\u00e9rant vous retrouver bient\u00f4t.<\/span><\/p><p align=\"justify\">\u00a0<\/p><p align=\"right\"><span style=\"font-size: medium;\">Oc\u00e9ane qui pense \u00e0 vous.<\/span><\/p><p align=\"right\">\u00a0<\/p><p align=\"right\"><span style=\"font-size: medium;\">P.S. : j&rsquo;ai demand\u00e9 \u00e0 un transporteur de passer prendre la grande malle que j&rsquo;ai laiss\u00e9e chez vous. \u00c7a devrait se faire sous huitaine. Encore merci pour tout.<\/span><\/p><p align=\"justify\">\u00a0<\/p><p align=\"right\"><span style=\"font-size: medium;\">Qu\u00e9bec le 22 avril<\/span><\/p><p align=\"right\">\u00a0<\/p><p align=\"right\">\u00a0<\/p><p align=\"right\"><span style=\"font-size: medium;\">Ch\u00e8re petite squaw,<\/span><\/p><p align=\"justify\">\u00a0<\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c7a fait \u00e0 peine une quinzaine de jours que tu es partie, et d\u00e9j\u00e0 tu nous manques, ainsi que C\u00e9cilia. Georgie lui a trouv\u00e9 un surnom : il l&rsquo;appelle maintenant Perle de Nuage, parce qu&rsquo;elle est, dit-il, pure comme une goutte d&rsquo;eau qui n&rsquo;a pas encore touch\u00e9 le sol, et que, comme la goutte est entra\u00een\u00e9e par les vents jusqu&rsquo;aux confins des mondes, ta fille est port\u00e9e par les \u00e9v\u00e9nements jusqu&rsquo;\u00e0 la terre de la moiti\u00e9, au moins, de ses anc\u00eatres. Tu peux le constater, mon vieux Grizzly n&rsquo;a pas encore compl\u00e8tement perdu l&rsquo;imagination. En fait, gr\u00e2ce aux m\u00e9dicaments qu&rsquo;il prend maintenant, l&rsquo;\u00e9volution de sa maladie semble sinon arr\u00eat\u00e9e, du moins tr\u00e8s sensiblement ralentie. Il conna\u00eet toujours de longs moments d&rsquo;absence, bien s\u00fbr, mais leur fr\u00e9quence ni leur dur\u00e9e n&rsquo;augmentent. Ce que je craignais le plus, c&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;il sombre dans une d\u00e9sesp\u00e9rance en se rendant compte de son \u00e9tat. Le docteur en effet m&rsquo;avait pr\u00e9venu contre cette attitude commune \u00e0 la plupart des gens atteints de cette maudite maladie. Mais c&rsquo;\u00e9tait bien mal conna\u00eetre mon vieil ours. Il a parfaitement conscience de son \u00e9tat, mais il a d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 que son vieux cerveau a suffisamment travaill\u00e9, toute sa vie durant, pour m\u00e9riter de faire la sieste, de temps en temps, et qu&rsquo;il aurait donc mauvaise gr\u00e2ce \u00e0 lui refuser ce petit plaisir. Crois-moi si tu veux, mais il arrive m\u00eame \u00e0 faire rire les amis aux \u00e9clats, quand il en parle en soci\u00e9t\u00e9. Il faut dire qu&rsquo;aucun d&rsquo;entre-eux ne l&rsquo;a jamais vu lors d&rsquo;une crise. Peut-\u00eatre alors riraient-ils moins fort. Enfin, quoi qu&rsquo;il en soit, \u00e7a va aussi bien que possible de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">En revanche, je me fais bien du souci pour toi. Tu me dis que ton installation en France s&rsquo;est somme toute bien pass\u00e9e, et tu sembles envisager, enfin, ton avenir avec une certaine s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. \u00c7a m&#8217;emb\u00eate bien un peu quand m\u00eame que tout cela se fasse loin de nous, mais j&rsquo;en suis malgr\u00e9 tout heureuse pour toi. Seulement, il faudrait voir \u00e0 ne pas t&rsquo;endormir, aussi loin que tu sois de tes ennuis pass\u00e9s. Je ne sais pas ce que tu as fait, avant de t&rsquo;en aller au vieux pays, mais il y a des gens, ici, \u00e0 qui \u00e7a n&rsquo;a manifestement pas plu. C&rsquo;est la seule explication qu&rsquo;on ait pu trouver au cambriolage de la semaine derni\u00e8re. Je t&rsquo;en aurais bien parl\u00e9 plus t\u00f4t, mais le moyen de le faire, je te le demande, sans savoir m\u00eame o\u00f9 tu comptais aller. Enfin, bref, nous avons \u00e9t\u00e9 visit\u00e9s par des voleurs dans la nuit de samedi \u00e0 dimanche dernier, pendant qu&rsquo;on \u00e9tait all\u00e9 au cin\u00e9ma en amoureux. Ou plut\u00f4t par des gens qui voulaient se faire passer pour des voleurs, et qui ont pour ce faire, mis toute la maison cul par-dessus t\u00eate. Un d\u00e9sordre, ma pauvre, que j&rsquo;ai mis plus de trois jours \u00e0 ranger, pour constater finalement que rien n&rsquo;avait disparu. Pas un bijou, pas une toile, pas m\u00eame le cam\u00e9scope. On a l&rsquo;impression qu&rsquo;ils ont tout balanc\u00e9 en vrac pour faire croire qu&rsquo;ils cherchaient quelque chose, mais sans fouiller vraiment. A une exception pr\u00e8s. Ta grosse malle. Celle-l\u00e0, je te garantis qu&rsquo;ils l&rsquo;ont minutieusement visit\u00e9e, dans ses moindres recoins. Tes affaires \u00e9taient \u00e9parpill\u00e9es au travers de toute la pi\u00e8ce. C&rsquo;est ce qui m&rsquo;a mis la puce \u00e0 l&rsquo;oreille. Je pense qu&rsquo;ils cherchaient quelque chose qui a un rapport avec toi. Quoi\u00b0? Je l&rsquo;ignore, et \u00e7a m&#8217;emb\u00eate bien que tu m&rsquo;aies cach\u00e9 quelque chose. Mais si tu l&rsquo;as fait, tu as sans doute une bonne raison. Enfin, j&rsquo;ai tout lav\u00e9, et repass\u00e9, juste \u00e0 temps pour confier le paquet au transporteur. S&rsquo;il manque quelque chose, fais-le moi savoir. Et m\u00e9fie-toi de tout. Ces gens-l\u00e0 sont peut-\u00eatre capables de traverser les oc\u00e9ans pour obtenir ce qu&rsquo;ils cherchent. Garde-toi bien.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">Georgie se joint \u00e0 moi pour te faire mille baisers, ainsi qu&rsquo;\u00e0 Perle de Nuage, et t&rsquo;esp\u00e9rer un jour prochain.<\/span><\/p><p align=\"justify\">\u00a0<\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">Affectueusement,<\/span><\/p><p align=\"justify\">\u00a0<\/p><p align=\"right\"><span style=\"font-size: medium;\">Steph&rsquo;<\/span><\/p><p align=\"right\">\u00a0<\/p><p align=\"right\">\u00a0<\/p><p align=\"center\"><span style=\"font-family: Wingdings;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab\u00ab<\/span><\/span><\/p><p align=\"justify\">\u00a0<\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">Tout est calme dans la grande maison qui n&rsquo;a pourtant pas souvent l&rsquo;occasion d&rsquo;accueillir tant de monde. Jacques s&rsquo;est, \u00e0 son habitude, enferm\u00e9 dans le bureau, o\u00f9 il pr\u00e9tend travailler \u00e0 un recueil de nouvelles dont il parle souvent, mais dont personne, pour l&rsquo;heure, ne peut se vanter d&rsquo;avoir lu la premi\u00e8re page. Oc\u00e9ane dessine et peint dans la pi\u00e8ce qui lui a \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialement ouverte pour \u00e7a par le ma\u00eetre de maison. Si elle est effectivement situ\u00e9e dans les combles, comme le pr\u00e9cise la jeune femme dans sa lettre \u00e0 ses amis canadiens, il ne faudrait pas en conclure trop vite qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un grenier quelconque, sombre et poussi\u00e9reux. C&rsquo;est au contraire une vaste pi\u00e8ce claire, situ\u00e9e au centre de la maison, \u00e0 son dernier niveau. Elle s&rsquo;ouvre sur le jardin par une grande verri\u00e8re qui remonte haut sur le toit, et offre ainsi une lumi\u00e8re de tr\u00e8s bonne qualit\u00e9 \u00e0 toute heure du jour. La jeune femme a vite adopt\u00e9 l&rsquo;endroit, d&rsquo;autant que son propri\u00e9taire lui a laiss\u00e9 l&rsquo;enti\u00e8re disposition du mat\u00e9riel que son \u00e9pouse y a entrepos\u00e9, des ann\u00e9es auparavant, et que Marie tient depuis dans un \u00e9tat de propret\u00e9 irr\u00e9prochable. C&rsquo;est un mat\u00e9riel certes ancien, mais de bonne facture, comme on savait le faire alors, sans compter ses heures, ni l\u00e9siner sur la qualit\u00e9 des fournitures. Le progr\u00e8s n&rsquo;ayant, depuis, rien invent\u00e9 de tangible \u00e0 part l&rsquo;all\u00e9gement des co\u00fbts de revient, Oc\u00e9ane profite pleinement de ces outils parfaitement op\u00e9rationnels, et qui le resteront s\u00fbrement plus longtemps que le pauvre attirail de bois blanc et de plastique qu&rsquo;elle a laiss\u00e9 derri\u00e8re elle, lors de son d\u00e9part pr\u00e9cipit\u00e9 de Qu\u00e9bec. Comme c&rsquo;est une personne d&rsquo;un caract\u00e8re optimiste, malgr\u00e9 les coups du sort qui se sont acharn\u00e9s sur elle, elle s&rsquo;est mise au travail pleine d&rsquo;ardeur et d&rsquo;inspiration, et produit \u00e0 la cha\u00eene une galerie de personnages tout droit sortis de ses souvenirs d&rsquo;enfance. Jacques lui a en effet organis\u00e9 une rencontre avec son ami \u00e9diteur, et elle tient \u00e0 reconstituer son stock d&rsquo;illustrations, afin de ne pas arriver les mains vides \u00e0 ce premier rendez-vous. Elle utilise pour ce faire l&rsquo;enti\u00e8re palette des techniques qu&rsquo;elle ma\u00eetrise, de l&rsquo;huile \u00e0 l&rsquo;aquarelle, en passant par les pastels et les mines, alternant le travail sur toile et sur papier. Elle \u00e9vite, pour l&rsquo;instant, de donner un style trop marqu\u00e9 \u00e0 son travail, toujours dans l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;\u00e9viter de pr\u00e9senter un \u00e9ventail trop \u00e9troit \u00e0 son \u00e9ventuel acheteur. Oc\u00e9ane applique en cela, sans en avoir r\u00e9ellement conscience, la philosophie de base du marketing, qui consiste \u00e0 produire ce que l&rsquo;on sait vendre, et non l&rsquo;inverse, comme c&rsquo;est bien souvent le cas en France. L&rsquo;art, pr\u00e9tend-on, ne conna\u00eet pas de compromission. C&rsquo;est une fa\u00e7on de voir les choses, sans doute. Mais pour l&rsquo;instant, la jeune femme ne ressent aucun besoin de devenir c\u00e9l\u00e8bre, en imposant son style et son message. Elle souhaite simplement vivre de son travail, dignement, en artisan du dessin. Apr\u00e8s, peut-\u00eatre, viendra le temps de l&rsquo;Art, avec un A majuscule. Encore que si elle en a r\u00eav\u00e9, \u00e0 ses d\u00e9buts, elle est persuad\u00e9e aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;il lui manque le feu sacr\u00e9, cette touche de g\u00e9nie qui fait les grands artistes. Elle n&rsquo;en souffre pas outre mesure. Oc\u00e9ane n&rsquo;est pas la femme des grandes causes d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es. Elle aspire \u00e0 vivre une vie ordinaire, peu en rapport avec l&rsquo;agitation et les exc\u00e8s que partagent les artistes qu&rsquo;elle a eu l&rsquo;occasion de fr\u00e9quenter, et qui lui ont tous donn\u00e9 l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre de profonds inadapt\u00e9s sociaux, en qu\u00eate d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e d&rsquo;un intangible Graal, qui serait l&rsquo;harmonieux rejeton d&rsquo;un sujet et d&rsquo;une lumi\u00e8re, d&rsquo;un trait et d&rsquo;un moment d&rsquo;\u00e9motion, unis au travers d&rsquo;une improbable alchimie, dans laquelle le hasard tient la chandelle au-dessus du lit nuptial. Tous sauf Georgie, peut-\u00eatre, qui a toujours consid\u00e9r\u00e9 le dessin et la peinture comme des techniques, avant tout, et qui voue plus souvent qu&rsquo;\u00e0 son tour le g\u00e9nie aux g\u00e9monies, pr\u00e9tendant qu&rsquo;un imb\u00e9cile qui apprend peut devenir un artiste de talent, ce que ne sera jamais un g\u00e9nie sans connaissances. Quand on lui oppose les exceptionnelles r\u00e9ussites commerciales de certains peintres modernes, qui expriment directement sur la toile les tourments de leur \u00e2me tortur\u00e9e par les abus de paradis artificiels, il \u00e9clate d&rsquo;un rire tonitruant, avant de r\u00e9duire l&rsquo;objecteur d&rsquo;inconscience \u00e0 un petit tas de cendre honteuse, en lui expliquant qu&rsquo;on verra bien, dans trois ou quatre si\u00e8cles, qui \u00e9taient vraiment les grands artistes de notre temps. Et d&rsquo;entamer la litanie des artistes incompris de leur temps, et entr\u00e9s depuis au panth\u00e9on du patrimoine pictural mondial. <\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211;\u00a0\u00bb Tous, entendez-vous, tous avaient du g\u00e9nie, c&rsquo;est vrai. Mais ils avaient aussi beaucoup d&rsquo;humilit\u00e9 devant leur manque de ma\u00eetrise technique, au point d&rsquo;en arriver bien souvent \u00e0 d\u00e9truire des chefs d\u2019\u0153uvre, parce qu&rsquo;ils s&rsquo;\u00e9loignaient trop, \u00e0 leur go\u00fbt, de la perfection qu&rsquo;ils traquaient sans cesse. Pas un de ces barbouilleurs dont vous me parlez n&rsquo;aurait m\u00e9rit\u00e9 de nettoyer leurs pinceaux. Quand bien m\u00eame les y aurait-on invit\u00e9 qu&rsquo;ils eussent \u00e9t\u00e9 incapable de le faire. Leurs pinceaux, ils les jettent quand ils sont sales. Et vous appelez \u00e7a des artistes ! Dieu nous garde ! Ce ne sont pas des artistes, vos barbouilleurs d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s. Ce sont des r\u00e9sidus d&rsquo;avortements de la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;inculture qui nous gouverne aujourd&rsquo;hui. Voil\u00e0 ce qu&rsquo;ils sont vraiment. Leur avenir n&rsquo;est pas au pinacle, il est au vide-ordures ! Et il ne faudra pas oublier de d\u00e9sinfecter apr\u00e8s leur passage.\u00a0\u00bb<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">Georgie et Jonathan s&rsquo;entendaient particuli\u00e8rement bien \u00e0 ce sujet, exprimant le m\u00eame d\u00e9go\u00fbt de cette caricature d&rsquo;art qui avait, outre le culte de la destructuration et de la laideur, l&rsquo;outrecuidance d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la mode. Car Jonathan \u00e9tait rapidement devenu un pilier de la bande \u00e0 Georgie, sans toutefois souffrir des m\u00eames tares d\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives que le reste de la m\u00e9nagerie. Jusqu&rsquo;\u00e0 son arriv\u00e9e, en effet, Georgie ressemblait \u00e0 un \u00eelot de sagesse perdu dans une mer de folie douce, ce qui ne lui d\u00e9plaisait pas fondamentalement, car il adorait jouer au patriar\u00adche, mais finissait parfois par lui peser. A l&rsquo;arriv\u00e9e du jeune homme, le vieux professeur avait vite d\u00e9tect\u00e9 chez ce grand gar\u00e7on souvent silencieux une stabilit\u00e9 \u00e9motionnelle reposante, et l&rsquo;avait invit\u00e9 \u00e0 venir avec lui constituer un d\u00e9but d&rsquo;archipel.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">Tout en continuant \u00e0 aligner ses petits personnages aux yeux pliss\u00e9s d&rsquo;espi\u00e8glerie, Oc\u00e9ane se souvient avec une m\u00e9lancolique tendresse de ces jours heureux, et de la joyeuse complicit\u00e9 qui ne tarda pas \u00e0 unir les deux seuls hommes qui aient jamais compt\u00e9 pour elle, celui qui rempla\u00e7ait le p\u00e8re qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas eu, et celui qui aurait pu devenir le mari qu&rsquo;elle n&rsquo;aurait jamais. Jonathan avait un don certain pour le dessin, et ma\u00eetrisait avec une vitesse stup\u00e9fiante les techni\u00adques que lui pr\u00e9sentait le vieil homme, sans pour autant se prendre jamais au s\u00e9rieux dans ce genre d&rsquo;exercice. Il ne se sentait pas artiste, au sens noble du terme. Son truc \u00e0 lui, c&rsquo;\u00e9tait plut\u00f4t la caricature. Il usait alors du pinceau et du crayon comme de scalpels aussi pr\u00e9cis qu&rsquo;ac\u00e9r\u00e9s, pour mettre \u00e0 nu tous ceux qui avaient le malheur de passer \u00e0 sa port\u00e9e. Il avait un sens tr\u00e8s s\u00fbr de l&rsquo;analyse, et r\u00e9ussissait en quelques instants \u00e0 transformer l&rsquo;un en fruit, l&rsquo;autre en animal, un troisi\u00e8me en automobile sans que pour autant il puisse y avoir un doute quelconque quant \u00e0 l&rsquo;identit\u00e9 de la victime. Mais \u00e7a n&rsquo;\u00e9tait pour lui qu&rsquo;un jeu. Jamais il n&rsquo;avait consid\u00e9r\u00e9 la chose autrement que comme un passe-temps, destin\u00e9 \u00e0 faire rire ses amis. Jonathan avait une autre conception de l&rsquo;art, qui en faisait un auditeur privil\u00e9gi\u00e9 du vieil homme. Avec lui en effet, il aimait \u00e0 d\u00e9couvrir un peintre d&rsquo;un autre temps, \u00e0 diss\u00e9quer son \u0153uvre, sa m\u00e9thode, \u00e0 chercher dans son histoire les sources de l&rsquo;inspiration de l&rsquo;artiste. Le jeune homme avait une passion r\u00e9elle pour l&rsquo;histoire de l&rsquo;art, et sa vivacit\u00e9, alli\u00e9e \u00e0 une capacit\u00e9 d&rsquo;analyse tr\u00e8s sup\u00e9rieure \u00e0 celle des autres habitu\u00e9s de l&rsquo;atelier, en fit rapidement l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 du vieux ma\u00eetre, qui se d\u00e9solait n\u00e9anmoins de voir que son prot\u00e9g\u00e9 ne profitait pas mieux de ses dons d&rsquo;ex\u00e9cutant.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">Oc\u00e9ane avait, elle aussi, directement profit\u00e9 du rappro\u00adchement entre les deux hommes, car si Georgie \u00e9tait un authentique expert en mati\u00e8re de mise en \u0153uvre de techniques, il manquait d&rsquo;inspiration pour analyser les sujets, ce que Jonathan faisait naturellement. Or, si son sens critique s&rsquo;exer\u00e7ait de fa\u00e7on parfois cruelle aux d\u00e9pends de certains des olibrius qui, passant par l&rsquo;atelier, en venaient \u00e0 se prendre pour de grands artistes incompris, et les rabaissait illico au niveau des besogneux apprentis qu&rsquo;ils \u00e9taient en r\u00e9alit\u00e9, il en usait au contraire de fa\u00e7on tr\u00e8s positive avec sa jeune amie, lui permettant, par de judicieuses remarques, d&rsquo;\u00e9voluer dans sa fa\u00e7on de se situer par rapport \u00e0 son sujet, et d&rsquo;acqu\u00e9rir peu \u00e0 peu sa pleine personnalit\u00e9 artistique. Personnalit\u00e9 qu&rsquo;elle s&rsquo;efforce, pour l&rsquo;heure, de museler, pour les raisons que l&rsquo;on conna\u00eet.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">C\u00e9cilia, quant \u00e0 elle, n&rsquo;occupe plus la position qui lui semblait nagu\u00e8re encore strat\u00e9gique, aux pieds de sa m\u00e8re en train de peindre. C&rsquo;est qu&rsquo;il y a loin de l&rsquo;appartement exigu de Qu\u00e9bec \u00e0 l&rsquo;immensit\u00e9 du domaine qui s&rsquo;offre maintenant \u00e0 elle. Rien que leurs deux chambres sont d\u00e9j\u00e0 plus vastes que l&rsquo;ancien studio dans son entier ! Quant au jardin, que dis-je, au parc ! C&rsquo;est pour la petite fille un v\u00e9ritable enchantement. En moins de vingt-quatre heures, Maurice, qui s&rsquo;est bombard\u00e9 d&rsquo;autorit\u00e9 chevalier-servant de la demoiselle, a rafistol\u00e9 le portique de Jonathan, et, sans demander de permission \u00e0 qui que ce soit, l&rsquo;a remont\u00e9 au centre de la pelouse. Depuis, d\u00e8s que le temps le permet, C\u00e9cilia ne quitte plus les balan\u00e7oires que pour aller contempler des fleurs, ou revenir dans la cuisine d\u00e9vorer \u00e0 belles dents les c\u00e9l\u00e8bres tartines de beurre-confiture de Marie.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">Marie et Maurice sont dans la cuisine, justement, et astiquent l&rsquo;argenterie. Elle n&rsquo;en a pas fondamentalement besoin, c&rsquo;est \u00e9vident au premier regard. Mais c&rsquo;est une vieille habitude qu&rsquo;ils partagent. Lorsque l&rsquo;un d&rsquo;entre eux veut provoquer un conseil d&rsquo;administration dans leur m\u00e9nage, il pr\u00e9texte le nettoyage de l&rsquo;argenterie. Une loi tacite oblige l&rsquo;autre \u00e0 accepter. Ils d\u00e9ballent alors couverts et chiffons, ainsi que la potion ad hoc, et s&rsquo;installent face \u00e0 face, non sans avoir au pr\u00e9alable recouvert la table de plusieurs \u00e9paisseurs de vieux journaux, et soigneusement ferm\u00e9 la porte. La discussion peut alors s&rsquo;engager. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est Marie qui convoque. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs presque toujours le cas. Maurice aurait pu na\u00eetre muet, il n&rsquo;en aurait pas vraiment souffert. Sa volubilit\u00e9 est une attitude sociale, un moyen de masquer sa personnalit\u00e9 de r\u00eaveur et de philosophe, plus qu&rsquo;un besoin r\u00e9el d&rsquo;\u00e9changer des arguments avec autrui, dans le but, sinon de changer le monde, du moins de faire changer l&rsquo;autre d&rsquo;avis. La vraie communication, pour le vieil homme, est ailleurs. Dans un \u00e9change de regards, dans un bouton de fleur ou le vol h\u00e9sitant d&rsquo;une abeille au printemps. Plus il avance en \u00e2ge, et moins il \u00e9prouve le besoin de parler. Le monde est comme il est, \u00e0 quoi bon en d\u00e9battre. Pour Marie, c&rsquo;est tout le contraire. La petite jeune fille effac\u00e9e qu&rsquo;elle fut a c\u00e9d\u00e9 la place \u00e0 une v\u00e9ritable matrone, qui r\u00e8gne sur son int\u00e9rieur comme une vraie gouvernante de maison bourgeoise \u00e0 l&rsquo;ancienne mode. Il lui est souvent n\u00e9cessaire de faire valoir ses id\u00e9es, de les expliquer longuement, et d&rsquo;exposer pourquoi elle n&rsquo;acceptera pas d&rsquo;en changer. Et, depuis des ann\u00e9es, Maurice et Jacques c\u00e8dent, miette par miette, un peu de leur espace vital pour continuer d&rsquo;avoir la paix. D&rsquo;autant que, pour \u00eatre parfaitement honn\u00eate, il convient de reconna\u00eetre que la presque totalit\u00e9 des id\u00e9es de Marie sont bonnes pour le fonctionnement serein de leur petite communaut\u00e9.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">Maurice a \u00e9tal\u00e9 devant lui une rang\u00e9e de fourchettes, ordonn\u00e9es en rangs serr\u00e9s, comme \u00e0 l&rsquo;aube d&rsquo;une bataille rang\u00e9e. Il choisit avec soin un chiffon, le plie, le mouille d\u00e9licatement d&rsquo;un peu de produit miracle, en prenant son temps. Puisque c&rsquo;est Marie qui convoque, \u00e0 elle d&rsquo;ouvrir le bal. Assise en face de lui, la femme r\u00e9fl\u00e9chit, cherche le meilleur angle pour introduire son sujet sans que l&rsquo;homme puisse trouver d&rsquo;\u00e9chappatoire, comme il sait si bien le faire quand le sujet l&rsquo;ennuie, ou qu&rsquo;il risque de provoquer l&rsquo;ombre d&rsquo;une amorce de conflit. Marie aime la discussion quand elle s&rsquo;anime, que le ton monte, que les propos se font plus vifs. Au classique \u00a0\u00bb In vino veritas\u00a0\u00bb, elle oppose un tr\u00e8s personnel \u00ab\u00a0In ira veritas\u00a0\u00bb, qui affirme qu&rsquo;il vaut mieux parfois crever les abc\u00e8s pour faire sortir les humeurs mauvaises de l&rsquo;esprit de l&rsquo;homme, avant qu&rsquo;elles ne le fassent pourrir tout entier : une forme de saign\u00e9e psychologique, en quelque sorte. Maurice pratique plus volontiers les m\u00e9decines douces. Il craint la douleur vive que peut provoquer une parole trop hardie, et pr\u00e9f\u00e8re combattre le mal par l&rsquo;endormissement progressif, et une explication ult\u00e9rieure, calme et apaisante comme une compresse. Chaque nouvelle discussion est ainsi pr\u00e9texte \u00e0 une opposition de styles, dont il faut bien admettre qu&rsquo;aucun n&rsquo;a jamais d\u00e9finitivement pris le pas sur l&rsquo;autre.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">Marie se pr\u00e9pare, donc. Mais plus elle attend pour ouvrir le feu, plus elle bouillonne int\u00e9rieurement, et plus le calme de son mari l&rsquo;exasp\u00e8re. Arrive donc le moment o\u00f9, comme pour la marmite de Papin, la pression devient trop forte pour l&rsquo;enve\u00adloppe, et le couvercle saute !<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab\u00a0&#8211; Quand m\u00eame, tu l&rsquo;aimes bien cette petite !<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; De qui parles-tu ? De la fille, ou de la m\u00e8re ?<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Parce qu&rsquo;il pourrait y avoir un doute ! Alors commen\u00e7ons par la fille !<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Et que veux-tu donc commencer ?<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Je voudrais qu&rsquo;on en discute, c&rsquo;est tout.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Je t&rsquo;\u00e9coute.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Je disais donc, quand m\u00eame, tu l&rsquo;aimes bien, cette petite.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Oui, je l&rsquo;aime bien.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Tu passes beaucoup de temps avec elle.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Elle aime bien venir se promener avec moi dans le jardin. Et comme le jardin, vous vous en moquez, monsieur Jacques et toi, \u00e7a me fait bien plaisir de pouvoir le montrer \u00e0 quelqu&rsquo;un qui l&rsquo;appr\u00e9cie.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Et le portique, c&rsquo;\u00e9tait vraiment n\u00e9cessaire ?<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Rien n&rsquo;est vraiment n\u00e9cessaire. Mais \u00e7a lui pla\u00eet bien, je crois.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; \u00c7a, pour lui plaire, elle ne le quitte plus ! <\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Tu vois, c&rsquo;\u00e9tait donc une bonne id\u00e9e. <\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Ouais ! Une journ\u00e9e de travail pour le remettre en \u00e9tat et l&rsquo;installer, sans compter qu&rsquo;il faudra bient\u00f4t le d\u00e9monter de nouveau. Pour moi, c&rsquo;est du gaspillage ! Voil\u00e0 ce que c&rsquo;est.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Et pourquoi il faudra bient\u00f4t le d\u00e9monter ?<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Tu as bien entendu ce que monsieur Jacques nous a dit. Elles ne sont l\u00e0 que pour quelques semaines, le temps que sa m\u00e8re trouve autre chose. Alors, c&rsquo;est pas la peine de faire tant et tant pour cette petite. Tu vas t&rsquo;y attacher, et apr\u00e8s, quand elle partira, tu seras tout d\u00e9sempar\u00e9.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Elles ne sont pas encore parties. Et puis, quelques semaines d&rsquo;amiti\u00e9 d&rsquo;une petite fille, pour un vieux bonhomme sans enfant comme moi, c&rsquo;est un bonheur qui ne se refuse pas.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; \u00c7a y est, tu vas me reprocher de ne pas avoir eu d&rsquo;enfants, maintenant.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Arr\u00eate, Marie. Je n&rsquo;ai vraiment pas envie de jouer \u00e0 \u00e7a, aujourd&rsquo;hui. Je ne te reproche rien tu le sais. Je ne l&rsquo;ai jamais fait, et je ne le ferai jamais. Pourquoi te reprocherais-je, \u00e0 toi, ce que ni toi ni moi nous ne pouvons ma\u00eetriser ? Je vais te dire ce qui t&rsquo;\u00e9nerve aujourd&rsquo;hui. Je vais te dire pourquoi tu cherches la bagarre. Ce n&rsquo;est pas parce que je m&rsquo;attache \u00e0 cette petite, et \u00e0 sa maman aussi, je l&rsquo;avoue. C&rsquo;est parce que toi aussi, tu commences \u00e0 les aimer toutes les deux. Et \u00e7a t&#8217;emb\u00eate dr\u00f4le\u00adment de l&rsquo;avouer. Alors, tu cherches un argument pour leur en vouloir. Tu luttes pour ne pas c\u00e9der, pour rester une vieille femme un peu aigrie, enferm\u00e9e dans son monde de petites habitudes rabougries. Tu es comme monsieur Jacques. Ce qui vous d\u00e9range, tous les deux, c&rsquo;est moins le bruit qu&rsquo;elles font, ces deux petites, que le fait qu&rsquo;elles vous obligent \u00e0 ouvrir un peu votre c\u0153ur, qu&rsquo;elles bousculent votre tristesse, qu&rsquo;elles vous donnent envie de vivre de nouveau. Alors, lui il s&rsquo;enferme dans son bureau, pour ne pas les voir, et toi, tu me cherches des poux dans la t\u00eate. C&rsquo;est rat\u00e9, Marie. J&rsquo;ai les cheveux propres. Je suis heureux qu&rsquo;elles soient l\u00e0, pour le temps que \u00e7a durera. Quand elles partiront, il me restera de beaux souvenirs. Mais je ne suis pas s\u00fbr qu&rsquo;elles s&rsquo;envoleront si vite que \u00e7a.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Tu dis des b\u00eatises, vieux cro\u00fbton. Tu prends tes d\u00e9sirs pour des r\u00e9alit\u00e9s. Monsieur Jacques a dit qu&rsquo;elles s&rsquo;en iront d\u00e8s que ce sera possible. Alors ne te fais pas trop d&rsquo;illusions.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Tu crois donc tout ce que \u00ab\u00a0Jacques a dit\u00a0\u00bb ? Je te croyais trop \u00e2g\u00e9e pour ne plus jouer \u00e0 de tels jeux !<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Qu&rsquo;est-ce que tu veux dire, l\u00e0 ?<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Si vraiment il voulait qu&rsquo;elles s&rsquo;en aillent, il ne les aurait pas install\u00e9es comme \u00e7a. Elles seraient parties le lendemain de leur arriv\u00e9e.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Il nous a expliqu\u00e9 qu&rsquo;elles n&rsquo;avaient pas de moyens d&rsquo;existence.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Il aurait pu leur donner, ou leur pr\u00eater, de l&rsquo;argent. Avec les moyens dont il dispose, c&rsquo;\u00e9tait la solution la meilleure pour ne pas \u00eatre ennuy\u00e9 dans sa vie de tous les jours.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; C&rsquo;\u00e9tait quand m\u00eame d\u00e9licat. Il a peut-\u00eatre essay\u00e9, et elle a refus\u00e9.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Tu le connais donc si mal ! Tu ne t&rsquo;es pas demand\u00e9 qui elle \u00e9tait, cette femme, pour qu&rsquo;il l&rsquo;accueille ici, comme \u00e7a ?<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Il nous l&rsquo;a dit. C&rsquo;est une camarade de Jonathan, qui a \u00e9t\u00e9 contrainte de quitter le Canada parce qu&rsquo;elle n&rsquo;y trouvait pas de travail, et qui est venue chercher de l&rsquo;aide aupr\u00e8s d&rsquo;un vieux copain, sans savoir qu&rsquo;il \u00e9tait mort.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; \u00c7a, c&rsquo;est la th\u00e8se officielle, la ligne du parti. Mais \u00e7a sonne plus faux qu&rsquo;une guitare hawa\u00efenne fabriqu\u00e9e en Cor\u00e9e.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Et c&rsquo;est quoi, la v\u00e9rit\u00e9 vraie, monsieur Sherlock Holmes, s&rsquo;il vous pla\u00eet ?<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Pour qu&rsquo;il les accueille ici de cette fa\u00e7on, et qu&rsquo;il soit si \u00e9mu par leur pr\u00e9sence, je suis s\u00fbr qu&rsquo;elles \u00e9taient beaucoup plus proches de Jonathan qu&rsquo;il ne veut bien nous le dire.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Qu&rsquo;est-ce que tu veux dire, par l\u00e0 ?<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Exactement ce que tu te refuses \u00e0 admettre depuis qu&rsquo;elles sont arriv\u00e9es. <\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Tu veux dire que&#8230;<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; C\u00e9cilia est la fille de Jonathan. Oui, je le crois.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Tu le crois, mais tu n&rsquo;en es pas s\u00fbr.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Je le crois comme on croit en Dieu, Marie. Ce n&rsquo;est pas pour moi une hypoth\u00e8se, c&rsquo;est un acte de foi.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Arr\u00eate, tu me fais rire. Qu&rsquo;est-ce que tu as, comme preuve ?<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Je n&rsquo;ai pas besoin de preuves, au sens o\u00f9 tu l&rsquo;entends. Il suffit de vivre un peu aupr\u00e8s de cette petite fille pour que la v\u00e9rit\u00e9 saute aux yeux.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Ne me dis quand m\u00eame pas que tu trouves qu&rsquo;elle ressemble \u00e0 Jonathan. Parce que j&rsquo;y ai pens\u00e9, \u00e0 ton id\u00e9e, moi aussi. Et je l&rsquo;ai observ\u00e9e, cette gamine. Le petit, je m&rsquo;en souviens bien, vu que c&rsquo;est moi qui l&rsquo;ai \u00e9lev\u00e9. Et bien, je suis formelle, elle ne lui ressemble pas du tout. Ni en allure, ni en comportement. Dis le contraire pour voir, allez, dis le !<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Je ne dirai pas le contraire. Elle ne ressemble pas \u00e0 Jonathan.<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Alors !<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; C&rsquo;est le portrait crach\u00e9 de madame Martine. La seule question que je me pose vraiment, c&rsquo;est de savoir pourquoi sa m\u00e8re a attendu trois ans avant de venir. Ou plut\u00f4t, qu&rsquo;est-ce qui l&rsquo;a brutalement contrainte \u00e0 fuir le Qu\u00e9bec pour venir se r\u00e9fugier ici.\u00a0\u00bb<\/span><\/p><p align=\"justify\"><span style=\"font-size: medium;\">L\u00e0-dessus, ayant fini de polir sa rang\u00e9e de fourchettes, Maurice replie son chiffon et sort par le jardin, un sourire au coin des l\u00e8vres, rejoindre sa petite amie, en laissant Marie abasourdie par l&rsquo;\u00e9vidence qu&rsquo;il vient de lui lancer \u00e0 la face, et qui lui avait \u00e9chapp\u00e9 jusque l\u00e0.<\/span><\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>chapitre 9 L&rsquo;ARRANGEMENT La femme blonde, grande, mince et \u00e9lanc\u00e9e quoique dot\u00e9e d&rsquo;attributs f\u00e9minins g\u00e9n\u00e9reux, sangl\u00e9s serr\u00e9s dans un ensemble de cuir gris, fait face \u00e0 l&rsquo;immense baie vitr\u00e9e qui s\u00e9pare son bureau de l&rsquo;agitation de la ville, qu&rsquo;elle domine de quelques dizaines d&rsquo;\u00e9tages. 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