{"id":1658,"date":"2024-05-03T11:13:45","date_gmt":"2024-05-03T09:13:45","guid":{"rendered":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1658"},"modified":"2024-05-03T11:14:25","modified_gmt":"2024-05-03T09:14:25","slug":"les-carnets-de-jonathan-chapitre-7","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1658","title":{"rendered":"Les carnets de Jonathan, \u00e9pisode 7"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"1658\" class=\"elementor elementor-1658\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-f5bb2ab e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"f5bb2ab\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-805b81e elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"805b81e\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p>chapitre 7<\/p><p>une rencontre<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Que penses-tu de tout \u00e7a ?\u00a0\u00bb<\/p><p>La question a \u00e9t\u00e9 marmonn\u00e9e par Marie, qui, assise devant la glace de sa coiffeuse, se brosse m\u00e9thodiquement les cheveux avant de se coucher, les \u00e9pingles qui retenaient son chignon encore dans la bouche. Son \u00e9poux profite de cette quasi-inintelligibilit\u00e9 pour ne pas r\u00e9pondre. Ce n&rsquo;est pas que le sujet lui paraisse sans int\u00e9r\u00eat, ni m\u00eame qu&rsquo;il n&rsquo;ait aucun avis sur la question, bien au contraire. Mais il conna\u00eet si bien son \u00e9pouse qu&rsquo;il sait qu&rsquo;il vaut mieux lui laisser amorcer la conver\u00adsation, afin de d\u00e9terminer, si possible, de quel c\u00f4t\u00e9 souffle le vent. C&rsquo;est que nous ne sommes pas en public, et Marie, si discr\u00e8te devant une tierce personne, ne s&rsquo;en laisse pas comp\u00adter lors de leurs t\u00eate-\u00e0-t\u00eates. Autant donc essayer d&rsquo;\u00e9valuer l&rsquo;humeur de l&rsquo;adversaire. Il semble pourtant que la chose ne se\u00adra pas ais\u00e9e, ce soir. Marie en effet se d\u00e9barrasse des accessoires qui lui encombrent la bouche avant de reprendre :<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Alors, tu r\u00e9ponds ?\u00a0\u00bb<\/p><p>Maurice tente une fois encore de faire le sourd, et se plonge plus avant dans la page sportive de son quotidien.<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Maurice ! Arr\u00eate de faire la b\u00eate et r\u00e9ponds-moi.<\/p><p>&#8211; Que veux-tu que je te r\u00e9ponde ?<\/p><p>&#8211; Je veux que tu me dises ce que tu penses de tout \u00e7a !<\/p><p>&#8211; Et de tout \u00e7a quoi ?<\/p><p>&#8211; Et bien, de l&rsquo;arriv\u00e9e de cette fille et de sa gamine !<\/p><p>&#8211; Et que voudrais-tu que j&rsquo;en pense ?<\/p><p>&#8211; Ce n&rsquo;est pas ce que je voudrais, qui m&rsquo;int\u00e9resse. Je te demande ton avis, pas le mien.<\/p><p>&#8211; Justement, qu&rsquo;est-ce que tu en penses, toi ?<\/p><p>&#8211; Moi ? Je pense que &#8230; Non, monsieur Martinez, tu ne m&rsquo;auras pas comme \u00e7a ce soir. Parle d&rsquo;abord.<\/p><p>&#8211; Mais qu&rsquo;est-ce que tu veux que je te dise ? On ne sait m\u00eame pas qui c&rsquo;est, cette demoiselle.<\/p><p>&#8211; Justement, c&rsquo;est ce que j&rsquo;aimerais bien savoir.<\/p><p>&#8211; Moi aussi, j&rsquo;aimerais bien le savoir. Pour \u00e7a, il suffit d&rsquo;attendre \u00e0 demain. M&rsquo;sieur Jacques nous le dira.<\/p><p>&#8211; Que tu crois. Moi je pense qu&rsquo;il ne nous dira pas tout.<\/p><p>&#8211; Allons donc, et pourquoi \u00e7a ?<\/p><p>&#8211; Je ne sais pas. Un pressentiment. Je suis s\u00fbre que cette fille ne nous am\u00e8ne rien de bon.<\/p><p>&#8211; Tu te fais des id\u00e9es, Marie.<\/p><p>&#8211; Rien du tout. Appelle \u00e7a de l&rsquo;intuition f\u00e9minine si tu veux, mais je la sens pas, cette fille.<\/p><p>&#8211; Arr\u00eate de l&rsquo;appeler comme \u00e7a.<\/p><p>&#8211; Et comment je l&rsquo;appelle ?<\/p><p>&#8211; Tu ne cesses de dire \u00ab\u00a0cette fille\u00a0\u00bb, en parlant d&rsquo;elle. C&rsquo;est d\u00e9sobligeant. Moi je la trouve plut\u00f4t bien, cette demoiselle. Elle me semble distingu\u00e9e, et para\u00eet bien discr\u00e8te.<\/p><p>&#8211; Distingu\u00e9e ! Discr\u00e8te ! Mais tu d\u00e9lires compl\u00e8tement, mon pauvre Maurice ! C&rsquo;est une aventuri\u00e8re qui vient chercher des noises \u00e0 monsieur Jacques en se servant de sa b\u00e2tarde pour provoquer la piti\u00e9.<\/p><p>&#8211; Comme tu y vas, Marie ! Parler ainsi d&rsquo;une personne que tu ne connais m\u00eame pas, et d&rsquo;une petite fille adorable et bien \u00e9lev\u00e9e. Je ne te reconnais gu\u00e8re l\u00e0.<\/p><p>&#8211; Pour la petite fille, tu as raison. Elle est bien gentille, et n&rsquo;est s\u00fbrement pour rien l\u00e0-dedans. Mais sa m\u00e8re, vraiment, elle ne m&rsquo;inspire pas confiance. D\u00e9barquer ainsi, trois ans apr\u00e8s la disparition de Jonathan, en faisant comme si elle ne savait pas. C&rsquo;est&#8230; C&rsquo;est&#8230; C&rsquo;est ignoble, voil\u00e0 ce que c&rsquo;est.<\/p><p>&#8211; Et comment tu voulais qu&rsquo;elle l&rsquo;apprenne, au Canada ?<\/p><p>&#8211; Monsieur Jacques a fait ce qu&rsquo;il fallait. Il a pr\u00e9venu l&rsquo;uni\u00adversit\u00e9, et a fait mettre un avis de convoi dans un grand journal de l\u00e0-bas. Je le sais, c&rsquo;est m\u00eame moi qui l&rsquo;ai port\u00e9 \u00e0 la poste.<\/p><p>&#8211; Peut-\u00eatre qu&rsquo;elle ne lit pas le journal, et elle me semble trop \u00e2g\u00e9e pour avoir \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 avec Jonathan.<\/p><p>&#8211; Ah, l\u00e0 tu as raison ! C&rsquo;est qu&rsquo;elle est vieille en plus !<\/p><p>&#8211; Non mais, tu t&rsquo;\u00e9coutes parler, Marie Martinez, du haut de tes soixante ans pass\u00e9s !<\/p><p>&#8211; Elle est trop vieille pour Jonathan !<\/p><p>&#8211; L\u00e0 o\u00f9 il est, il n&rsquo;en a rien \u00e0 faire de son \u00e2ge, Jonathan. Et puis, qu&rsquo;est-ce que tu vas imaginer. C&rsquo;est sans doute sim\u00adplement une jeune femme qui l&rsquo;a connu l\u00e0-bas, et qui passait dire bonjour.<\/p><p>&#8211; Rien du tout. Dire bonjour, avec ses grands airs d&rsquo;intri\u00adgante !<\/p><p>&#8211; Marie, \u00e7a suffit maintenant. Tu vas te calmer et venir te coucher. Parce qu&rsquo;il y a une chose \u00e0 laquelle tu n&rsquo;as pas pens\u00e9.<\/p><p>&#8211; Ah oui ? Et laquelle ?<\/p><p>&#8211; Rien du tout ! Si tu ne te calmes pas, je ne te dis rien du tout.<\/p><p>&#8211; Maurice, arr\u00eate de jouer avec mes nerfs, et parle !<\/p><p>&#8211; D&rsquo;accord !\u00a0 D&rsquo;accord ! Juste avant que mademoiselle Monplaisir sonne \u00e0 la porte, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on \u00e9tait en train de dire ?<\/p><p>&#8211; Du diable si je m&rsquo;en souviens ! Avec tous ces \u00e9v\u00e9ne\u00adments depuis !<\/p><p>&#8211; Qu\u00e9 tous ces \u00e9v\u00e9nements ! Y&rsquo;a juste une jeune femme et sa fille qui viennent rendre une visite. C&rsquo;est pas des \u00e9v\u00e9ne\u00adments, \u00e7a. Pas pour l&rsquo;instant.<\/p><p>&#8211; Tu as fini de me faire languir, oui ? Parle, ou je m&rsquo;en viens te chercher les mots au fond de la gorge !<\/p><p>&#8211; Juste avant son arriv\u00e9e, on disait justement \u00e0 monsieur Jacques qu&rsquo;il faudrait qu&rsquo;il se remarie. Alors&#8230;<\/p><p>&#8211; Quoi, monsieur Jacques ! Avec cette fille !<\/p><p>&#8211; Et quoi. C&rsquo;est une jeune femme assez jolie. Elle semble gentille et intelligente. Et elle a peut-\u00eatre besoin d&rsquo;un p\u00e8re pour sa petite fille.<\/p><p>&#8211; Maurice, tu deviens fou.<\/p><p>&#8211; Et toi, Marie, je crois bien que tu deviens m\u00e9cr\u00e9ante.<\/p><p>&#8211; Qu&rsquo;est-ce que tu insinues, l\u00e0 ?<\/p><p>&#8211; Pour moi, l&rsquo;arriv\u00e9e de mademoiselle Oc\u00e9ane, c&rsquo;est un si\u00adgne que le ciel il nous envoie. C&rsquo;est tout.<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est bien ce que je disais. Mon pauvre Maurice, tu perds la t\u00eate.<\/p><p>&#8211; Rappelle-toi les Evangiles, Marie. Heureux les pauvres d&rsquo;esprits, le royaume des cieux leur appartient.\u00a0\u00bb<\/p><p>Que voulez-vous r\u00e9pondre \u00e0 une pareille conclusion. Marie ne trouve rien \u00e0 r\u00e9pliquer. Alors, elle se glisse dans le grand lit, et, ostensiblement, tourne le dos \u00e0 son mari sans prononcer un mot de plus.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>Pendant ce temps-l\u00e0, dans le bureau, l&rsquo;heure est \u00e0 la pause. La jeune femme d\u00e9guste lentement une gorg\u00e9e de son whisky, attendant la question in\u00e9vitable de son auditeur appa\u00adremment unique. Lui aussi se pr\u00e9pare \u00e0 la suite. Sa pipe finie, il la vide m\u00e9thodiquement \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un cure-pipe ouvrag\u00e9, puis en nettoie le tuyau en utilisant l&rsquo;un de ces accessoires compo\u00ads\u00e9s d&rsquo;un fil de fer torsad\u00e9 garni de peluche. Apparament satisfait de l&rsquo;op\u00e9ration, il repose la digne bouffarde dans son r\u00e2telier, avant d&rsquo;en choisir une autre, plus fine, qu&rsquo;il pr\u00e9pare et allume avec toujours autant de soin. Il en tire deux ou trois bouff\u00e9es, avant de se lever et d&rsquo;aller tisonner le feu, qu&rsquo;il alimente de deux nouvelles b\u00fbches. L&rsquo;ambiance feutr\u00e9e qui r\u00e8gne dans la pi\u00e8ce s&rsquo;oppose \u00e0 la tension presque palpable qui habite les deux humains, malgr\u00e9 leurs airs d\u00e9tendus. Le temps s&rsquo;\u00e9tire, sans qu&rsquo;aucun des protagonistes ne rompe, au grand dam de l&rsquo;esprit de Jeannou.<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Bon sang de bonsoir, ce qu&rsquo;ils peuvent \u00eatre emmerdants, avec leur fa\u00e7on de ne pas y toucher, tous les deux. Elle meure d&rsquo;envie de continuer, et il ne demande que \u00e7a. Comment, bon Dieu, les vivants peuvent-ils \u00eatre aussi b\u00eates ?<\/p><p>&#8211; Si \u00e7a t&rsquo;ennuie d&rsquo;attendre, tu n&rsquo;as qu&rsquo;\u00e0 retourner te bala\u00adder en phase deux.<\/p><p>&#8211; Ben voyons, j&rsquo;aurais attendu tout ce temps pour rien ! Que dalle, bonhomme, je reste. Tu serais trop content de me voir filer.<\/p><p>&#8211; Ca, j&rsquo;avoue que ce ne serait en effet pas pour me d\u00e9plaire.<\/p><p>&#8211; Qu&rsquo;est-ce que je disais !<\/p><p>&#8211; Au fait, comment trouves-tu l&rsquo;histoire, jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent ?<\/p><p>&#8211; Navrante ! De ta part, je m&rsquo;attendais \u00e0 mieux.<\/p><p>&#8211; Comment \u00e7a de ma part ?<\/p><p>&#8211; Franchement, elle n&rsquo;a pas grand chose d&rsquo;original, ta Dulcin\u00e9e. Elle n&rsquo;a pas eu une vie facile, d&rsquo;accord, mais y&rsquo;a tout de m\u00eame pas de quoi en faire un roman.<\/p><p>&#8211; D&rsquo;abord, ce n&rsquo;est plus ma Dulcin\u00e9e, si tant est qu&rsquo;elle l&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 un jour. Ensuite, je n&rsquo;ai jamais pr\u00e9tendu que l&rsquo;histoire serait originale. Je te confirme m\u00eame qu&rsquo;elle est d&rsquo;une banalit\u00e9 affligeante, et qu&rsquo;il ne faut pas attendre de la suite un quelconque rebondissement th\u00e9\u00e2tral.<\/p><p>&#8211; Pourquoi restes-tu, dans ce cas ?<\/p><p>&#8211; Parce que tu me l&rsquo;as demand\u00e9, h\u00e9, greluche !<\/p><p>&#8211; Moi ?<\/p><p>&#8211; Oui, toi ! Tu m&rsquo;as bien dit qu&rsquo;il fallait que je revienne voir tous ceux que je laissais derri\u00e8re moi, non ? Et bien, Oc\u00e9ane, dont j&rsquo;avais omis de te parler, je l&rsquo;avoue, fait partie de ceux-l\u00e0. C&rsquo;est tout.<\/p><p>&#8211; Tu me prends vraiment pour une andouille de premi\u00e8re, Jonathan. Tu penses que je vais gober un pareil bobard, apr\u00e8s le cirque que tu m&rsquo;as fait tout \u00e0 l&rsquo;heure pour que je d\u00e9gage ?<\/p><p>&#8211; Je ne t&rsquo;ai fait aucun cirque. Il est vrai que j&rsquo;aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 rester seul, pour me recueillir sur ces \u00e9v\u00e9nements qui appar\u00adtiennent \u00e0 mon pass\u00e9. Mais c&rsquo;est tout. Je te l&rsquo;assure, la suite de l&rsquo;histoire ne rec\u00e8le aucun d\u00e9tail croustillant, susceptible de faire vibrer ton \u00e2me de d\u00e9voreuse d&rsquo;homme.<\/p><p>&#8211; Non mais \u00e9coutez-moi \u00e7a. Te recueillir sur ces \u00e9l\u00e9ments de ton pass\u00e9 ! Alors que j&rsquo;ai presque \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e de te tra\u00eener de force jusqu&rsquo;ici, tellement tu voulais br\u00fbler les \u00e9tapes !Toi, tu serais en train d&rsquo;essayer de me d\u00e9goutter pour que je me tire de guerre lasse, que \u00e7a ne m&rsquo;\u00e9tonnerait pas. Je suis s\u00fbre que \u00e7a cache quelque chose. Que tu le veuilles ou non, je reste.<\/p><p>&#8211; Tu n&rsquo;es qu&rsquo;une sale petite peste !<\/p><p>&#8211; Gna&#8230;<\/p><p>&#8211; Gnagna, oui, je sais.\u00a0\u00bb<\/p><p>\u00a0<\/p><p>Jacques a termin\u00e9 son petit man\u00e8ge, et s&rsquo;est install\u00e9 de nouveau derri\u00e8re son bureau. Oc\u00e9ane, qui a fini son verre, le repose sur le bord de la table de travail, puis se cale dans le fauteuil, pr\u00eate. Alors, enfin, le grand homme parle.<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Il peut vous para\u00eetre curieux que je ne manifeste qu&rsquo;aussi peu d&#8217;empressement \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;entendre la suite de votre histoire, Oc\u00e9ane, mais je ne voudrais surtout pas que vous vous m\u00e9preniez sur mon attitude. Votre r\u00e9cit m&rsquo;int\u00e9resse vraiment, et je vous suis reconnaissant d&rsquo;accepter de parler ainsi de vous, avec cette simplicit\u00e9, et cette pr\u00e9cision. J&rsquo;avoue toutefois que je redoute d&rsquo;en entendre la suite. Depuis trois ans que Jonathan a disparu, je me suis fait peu \u00e0 peu \u00e0 sa mort. C&rsquo;est comme si, maintenant, vous vous appr\u00eatiez \u00e0 le ressusci\u00adter, sans que, pour autant, je ne puisse le retrouver vraiment. J&rsquo;ai h\u00e2te de savoir qui \u00e9tait mon fils, quand il \u00e9tait loin de moi, mais je crains en m\u00eame temps que cette \u00e9vocation ne r\u00e9veille une douleur que je pensais avoir apprivois\u00e9e.<\/p><p>&#8211; Je ferais comme vous le d\u00e9sirerez, monsieur R\u00e9miniac. Si vous pr\u00e9f\u00e9rez remettre la suite \u00e0 plus tard&#8230;<\/p><p>&#8211; Non, Oc\u00e9ane, surtout pas. J&rsquo;aurais trop peur de rompre le charme qui nous lie, pour l&rsquo;instant, au travers de cette his\u00adtoire venue du pass\u00e9. Je mesure, soyez-en s\u00fbre, l&rsquo;effort que vous faites ce soir, et je m&rsquo;en voudrais de vous contraindre \u00e0 recommencer plus tard. Il faut aller jusqu&rsquo;au bout, maintenant. A moins bien \u00e9videmment que vous ne soyez trop fatigu\u00e9e.<\/p><p>&#8211; Ca va tr\u00e8s bien, je vous assure.<\/p><p>&#8211; Bien. Je vous \u00e9coute alors. Comment avez-vous rencon\u00adtr\u00e9 Jonathan ?<\/p><p>&#8211; Il me faut replacer les choses dans leur contexte. A cette \u00e9poque l\u00e0, je sortais tout juste d&rsquo;une de ces aventures inutiles dont je vous ai parl\u00e9. Un homme quelconque venait de fuir ma vie, et me laissais, comme \u00e0 l&rsquo;habitude, face \u00e0 un avenir \u00e0 r\u00e9\u00ad\u00e9crire enti\u00e8rement. Mais je n&rsquo;\u00e9tais pas press\u00e9e. Cela peut sembler paradoxal, mais, l&rsquo;\u00e2ge venant, j&rsquo;avais appris \u00e0 go\u00fbter ces p\u00e9riodes de solitude et d&rsquo;attente, jamais bien longues, pendant lesquelles je me sentais libre d&rsquo;agir \u00e0 ma guise, de sortir et de m&rsquo;amuser. J&rsquo;allais sur mes trente-deux ans, et No\u00ebl approchait. Mes amis Cl\u00e9menceau, dans l&rsquo;expectative quant \u00e0 ma date de naissance exacte, avaient pris l&rsquo;habitude de cou\u00adpler mon anniversaire avec le r\u00e9veillon, ce qui leur permettait, ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, de m&rsquo;inviter \u00e0 cette occasion. J&rsquo;acceptais toujours de bonne gr\u00e2ce cette aimable attention, qui les confir\u00admait comme ma seule v\u00e9ritable famille. Quand j&rsquo;y pense, maintenant, je me rends compte que je ne suis jamais venue accompagn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;une de ces f\u00eates. Mes amours approximatives n&rsquo;ont jamais dur\u00e9 assez longtemps, ou pes\u00e9 assez lourd, peut-\u00eatre.<\/p><p>Cette ann\u00e9e-l\u00e0, ils avaient fait les choses en grand. Nous devions en effet c\u00e9l\u00e9brer, outre No\u00ebl et mon anniversaire, le vernissage de la premi\u00e8re exposition de Georgie. C&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;au\u00adtant plus important pour lui qu&rsquo;il approchait des soixante-dix ans, et qu&rsquo;une occasion pareille risquait de ne pas se pr\u00e9senter deux fois. D&rsquo;autant que la maladie l&rsquo;avait d\u00e9j\u00e0 atteint.<\/p><p>&#8211; Quelle maladie, si ce n&rsquo;est pas indiscret ?<\/p><p>&#8211; Elzheimer. Une forme lente, mais inexorable, de d\u00e9g\u00e9\u00adn\u00e9rescence c\u00e9r\u00e9brale, qui le voyait passer par des phases d&rsquo;absence impressionnantes.<\/p><p>&#8211; Je vois.<\/p><p>&#8211; Nous f\u00eations \u00e9galement la parution de mon premier bouquin.<\/p><p>&#8211; Vous \u00e9crivez ?<\/p><p>&#8211; Non, pas vraiment. J&rsquo;avais illustr\u00e9 un livre de contes de No\u00ebl pour les enfants. C&rsquo;\u00e9tait mon premier cachet chez un \u00e9di\u00adteur connu, et l&rsquo;on pouvait penser, alors, que c&rsquo;\u00e9tait un d\u00e9but de carri\u00e8re. Bref, les Cl\u00e9menceau avaient donc mis les petits plats dans les grands, et organis\u00e9 une gigantesque f\u00eate, comme on sait les faire l\u00e0-bas. Les invit\u00e9s \u00e9taient nombreux, et avaient eux-m\u00eames la facult\u00e9 d&rsquo;amener leurs propres amis, ce qui contribue \u00e0 mettre de l&rsquo;ambiance, chacun apportant en outre sa contribution sous forme liquide ou solide, afin que le combat ne risque pas de cesser faute de munitions. La f\u00eate battait son plein, et nous nous amusions comme des fous, quand ils firent leur entr\u00e9e.<\/p><p>&#8211; Qui \u00e7a, ils ?<\/p><p>&#8211; Ils, c&rsquo;\u00e9tait, avant tout et pour tout le monde, Dali di St\u00e9\u00adphano.<\/p><p>&#8211; Inconnue au bataillon.<\/p><p>&#8211; Si vous saviez comme \u00e7a me fait plaisir que son nom ne soit pas parvenu jusqu&rsquo;\u00e0 vous. Je hais cette femme, depuis la minute o\u00f9 je l&rsquo;ai vue, en chair, en os, et en accessoires, para\u00ee\u00adtre devant moi ce soir l\u00e0.<\/p><p>&#8211; Qu&rsquo;entendez-vous, par \u00ab\u00a0accessoires\u00a0\u00bb ?<\/p><p>&#8211; Je pourrais vous r\u00e9pondre que chez elle tout est acces\u00adsoire, mais \u00e7a passerait pour de la jalousie, ce qui ne se justifie pas. Dali di St\u00e9phano a commenc\u00e9 sa carri\u00e8re en tournant des films pornos aux US. Remarqu\u00e9e par un producteur lors d&rsquo;un tournage, elle a su utiliser tous les attraits que la nature et la chirurgie esth\u00e9tique lui avaient donn\u00e9s pour se sortir de cette fange et devenir pr\u00e9sentatrice de shows coquins sur un canal de t\u00e9l\u00e9vision priv\u00e9. Puis elle a ajout\u00e9 une nouvelle corde \u00e0 son arc en r\u00e9ussissant \u00e0 se faire passer pour une critique d&rsquo;art. Personne ne l&rsquo;aime, car elle trempe sa plume dans du vitriol, mais elle n&rsquo;a que faire de l&rsquo;amour de son prochain, et prom\u00e8ne, depuis, son m\u00e8tre quatre-vingt-cinq de silicone, gain\u00e9 de peau bronz\u00e9e \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e, dans tous les cocktails de Qu\u00e9bec, pour le plus grand profit des organisateurs de ces mondanit\u00e9s. Aujourd&rsquo;hui, l\u00e0-bas, si Dali vient \u00e0 votre vernissage, il est r\u00e9ussi. Si elle le boude, il \u00e9tait ringard, et vous d\u00e9gringolez dans l&rsquo;\u00e9chelle des valeurs mondaines qui sert de rep\u00e8re dans cette jungle. D&rsquo;autant qu&rsquo;elle \u00e0 la plume aussi ac\u00e9r\u00e9e que la langue, et que ses articles, qui sont les plus lus dans ce domaine, font et d\u00e9font les r\u00e9putations. J&rsquo;\u00e9tais s\u00fbre que Georgie n&rsquo;avait pas invit\u00e9 une telle panth\u00e8re. Elle ressemblait trop au portrait de l&rsquo;Ex\u00e9crable tel qu&rsquo;il aurait souhait\u00e9 le peindre, s&rsquo;il avait voulu donner au public une image exacte de ce qui lui faisait horreur dans notre soci\u00e9t\u00e9. Il faut croire qu&rsquo;elle avait envie de sortir de son territoire de chasse habituel, justement ce soir-l\u00e0. De la main gauche, je la revois comme si c&rsquo;\u00e9tait hier, elle promenait une esp\u00e8ce de peluche informe, qui trottinait en jappant, ce qui permettait d&rsquo;\u00e9mettre une hypoth\u00e8se plausible quant \u00e0 la pr\u00e9sence, chez cette chose, d&rsquo;un devant et d&rsquo;un derri\u00e8re. De la droite, elle pr\u00e9sentait \u00e0 l&rsquo;assembl\u00e9e son nouveau jouet. Un jeune homme un peu plus grand qu&rsquo;elle, aussi simple qu&rsquo;elle \u00e9tait sophistiqu\u00e9e, aussi naturel qu&rsquo;elle \u00e9tait artificielle, go\u00fbtant manifestement fort mod\u00e9r\u00e9ment les regards de convoitise que lui jetaient la plupart des hommes, et dont elle se repaissait avec une d\u00e9lectation gourmande. Je rencontrais Jonathan pour la premi\u00e8re fois, et pour la premi\u00e8re fois, je me sentais amoureuse, comme une gamine devant le poster grandeur nature d&rsquo;une pop star. En une fraction de seconde, je venais d&rsquo;apprendre que je n&rsquo;avais pas encore v\u00e9cu, et que mes ridicules aventures n&rsquo;\u00e9taient que des jouets d&rsquo;enfant, compar\u00e9es \u00e0 l&rsquo;amour que je ressentais enfin. Je croisai son regard, et j&rsquo;eus l&rsquo;impression que ses yeux m&rsquo;avaient reconnue, et s&rsquo;arr\u00eataient sur moi trop longtemps pour que cela ne signifie pas quelque chose. En m\u00eame temps, m&rsquo;apparaissait de fa\u00e7on \u00e9clatante la triste r\u00e9alit\u00e9 de ma situation. Qu&rsquo;\u00e9tais-je, moi, pauvre petite chose brune et basan\u00e9e, inconnue sans espoir d&rsquo;\u00e9volution, pour regarder ainsi un homme qui se pavanait au bras de Dali di St\u00e9phano ? C&rsquo;\u00e9tait mettre sa beaut\u00e9 et son pouvoir en doute, alors que, le moins que l&rsquo;on puisse dire, en langage sportif, c&rsquo;est que nous ne tirions pas dans la m\u00eame cat\u00e9gorie.<\/p><p>&#8211; Et que diable faisait Jonathan au bras d&rsquo;une pareille tigresse ? Je pensais que mon fils avait h\u00e9rit\u00e9 du go\u00fbt tr\u00e8s s\u00fbr de sa m\u00e8re. A moins bien entendu que vous n&rsquo;ayez forc\u00e9 le trait en peignant avec autant de v\u00e9h\u00e9mence la personne en question !<\/p><p>&#8211; Je dois bien admettre qu&rsquo;en ce qui la concerne, je suis incapable de faire preuve d&rsquo;objectivit\u00e9. Si elle avait \u00e9t\u00e9 laide, elle n&rsquo;aurait pas pos\u00e9 pour ces magasines que les messieurs ach\u00e8tent quand ils ont l&rsquo;occasion de partir en voyage d&rsquo;affaires loin de leur \u00e9pouse l\u00e9gitime. Si elle avait \u00e9t\u00e9 b\u00eate, elle n&rsquo;aurait pas dur\u00e9 quinze jours dans ce milieu d&rsquo;intellectuels dont elle demeure pourtant l&rsquo;un des phares depuis plusieurs ann\u00e9es. Non, je l&rsquo;admets sans peine, elle est belle et intelligente. Ses d\u00e9fauts sont ailleurs, mais je vous garantis qu&rsquo;ils sont \u00e0 la mesure de ses qualit\u00e9s. Je tenterais bien, si j&rsquo;osais, une comparaison culinaire.<\/p><p>&#8211; Osez, osez !<\/p><p>&#8211; Dali di St\u00e9phano, c&rsquo;est une de ces magnifiques tranches de jambon rose, fabriqu\u00e9 \u00e0 partir d&rsquo;un porc s\u00e9lectionn\u00e9 par g\u00e9nie g\u00e9n\u00e9tique, engraiss\u00e9 scientifiquement \u00e0 partir d&rsquo;aliments sp\u00e9ciaux, fruits des plus r\u00e9centes recherches en chimie appli\u00adqu\u00e9e \u00e0 la nutrition animale, d\u00e9coup\u00e9 ensuite dans un labora\u00adtoire sous atmosph\u00e8re st\u00e9rile, et emball\u00e9 sous vide dans une magnifique pochette dor\u00e9e. A c\u00f4t\u00e9 de cette perfection, je ne suis, moi, qu&rsquo;une tranche de jambon ordinaire, un peu grise, ti\u00adr\u00e9e d&rsquo;un porc quelconque, \u00e9lev\u00e9 au fond d&rsquo;une ferme, dans un petit enclos en plein air, et nourri avec des \u00e9pluchures. La belle tranche rose flatte le regard, mais mais ne peut cacher son origine arificielle lors de la s\u00e9ance de d\u00e9gustation. La petite tranche grise, \u00e0 qui personne n&rsquo;a fait jusque l\u00e0 attention, peut, au contraire, cr\u00e9er une agr\u00e9able surprise, quand par hasard on y go\u00fbte.<\/p><p>&#8211; Vous auriez eu tort de ne pas oser la comparaison. Elle est&#8230;savoureuse.<\/p><p>&#8211; Je vous remercie.<\/p><p>&#8211; Il n&#8217;emp\u00eache qu&rsquo;elle reste tr\u00e8s partiale, en l&rsquo;absence de d\u00e9fense de la partie adverse.<\/p><p>&#8211; Vous avez raison. Mais cela n&rsquo;a gu\u00e8re d&rsquo;importance maintenant. Disons, pour r\u00e9sumer, que Jonathan \u00e9tait au bras d&rsquo;une des femmes les plus en vue de Qu\u00e9bec, et qu&rsquo;il semblait ne pas appr\u00e9cier \u00e0 sa juste mesure l&rsquo;honneur qu&rsquo;elle lui consentait ainsi.<\/p><p>&#8211; Vous n&rsquo;avez pas r\u00e9pondu \u00e0 ma question.\u00a0\u00bb Reprend Jacques avec un franc sourire. \u00a0\u00bb Que faisait mon fils avec cette cr\u00e9ature de r\u00eave ?<\/p><p>&#8211; Il n&rsquo;a jamais voulu me le dire vraiment. Je sais seule\u00adment qu&rsquo;il l&rsquo;avait rencontr\u00e9e lors d&rsquo;un vernissage, et qu&rsquo;elle avait, alors, jet\u00e9 son d\u00e9volu sur lui. Il n&rsquo;a jamais voulu m&rsquo;en dire plus.<\/p><p>&#8211; Et vous n&rsquo;avez pas cherch\u00e9 \u00e0 savoir ?<\/p><p>&#8211; Pas \u00e0 cette \u00e9poque, non.<\/p><p>&#8211; Admettons. Poursuivez je vous prie.<\/p><p>&#8211; La soir\u00e9e a alors brusquement chang\u00e9 d&rsquo;atmosph\u00e8re. Finie la f\u00eate bon enfant. A son habitude, Dali di St\u00e9phano drai\u00adnait tout le monde derri\u00e8re elle. Elle a tenu \u00e0 f\u00e9liciter Georgie, pour son expo qu&rsquo;elle trouvait \u00ab\u00a0enfin originale\u00a0\u00bb. Les conversa\u00adtions, d&rsquo;amicales, sont devenues soudain tr\u00e8s mondaines. Chacun faisait attention \u00e0 ce qu&rsquo;il disait, de peur d&rsquo;\u00eatre pris pour cible par l&rsquo;oeil, puis la langue, de la m\u00e9g\u00e8re, et de faire les frais d&rsquo;un sarcasme qui ne manquerait pas de r\u00e9jouir ensuite le tout Qu\u00e9bec hupp\u00e9. Ce genre de soir\u00e9e, ce n&rsquo;est vraiment pas mon truc. Alors, je me suis esquiv\u00e9e sur le balcon. C&rsquo;\u00e9tait, je m&rsquo;en souviens, une belle nuit d&rsquo;hiver, tr\u00e8s froide et tr\u00e8s calme en m\u00eame temps. De chez les Cl\u00e9menceau, qui habitent en p\u00e9\u00adriph\u00e9rie, on dominait la ville illumin\u00e9e, que la neige rendait plus brillante encore. Un moment donn\u00e9, j&rsquo;eus froid. Je serrai mes bras contre mon torse et m&rsquo;appr\u00eatais \u00e0 rentrer lorsque quel\u00adqu&rsquo;un me posa doucement un lourd manteau de peau sur les \u00e9paules. Avant que je ne me retourne, sa voix disait :\u00a0\u00bb je trou\u00adverais dommage que vous rentriez d\u00e9j\u00e0, mademoiselle. On \u00e9touffe \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, et l&rsquo;on ne s&rsquo;entend pas. Je suis s\u00fbr pourtant que nous avons des tas de choses \u00e0 nous dire.\u00a0\u00bb Je me suis retourn\u00e9e et je l&rsquo;ai regard\u00e9. Il souriait. J&rsquo;ai demand\u00e9 : \u00ab\u00a0quoi, par exemple ?\u00a0\u00bb Alors, le plus s\u00e9rieusement du monde, il a r\u00e9pondu: \u00ab\u00a0par exemple ? Et bien, est-ce que vous habitez chez vos parents ?\u00a0\u00bb J&rsquo;ai \u00e9clat\u00e9 de rire, et nous ne nous sommes plus quitt\u00e9s de la soir\u00e9e. Dali di St\u00e9phano est repartie toute seule, non sans lui avoir jet\u00e9 un regard noir. Mais lui, sans cesser de sourire, a juste eu un petit mouvement d&rsquo;\u00e9paule, comme pour dire : \u00ab\u00a0d\u00e9sol\u00e9, je n&rsquo;y suis pour rien.\u00a0\u00bb Voil\u00e0, monsieur R\u00e9miniac, comment j&rsquo;ai fait la connaissance de Jonathan.<\/p><p>&#8211; Mais ce n&rsquo;est, bien entendu, que le d\u00e9but de l&rsquo;histoire.<\/p><p>&#8211; Oui, c&rsquo;est seulement le d\u00e9but. La suite a dur\u00e9 un an, mais elle a pass\u00e9 bien vite. Apr\u00e8s tout, ne dit-on pas que les histoires les plus courtes sont souvent les meilleures. Il m&rsquo;a laiss\u00e9 de tr\u00e8s beaux souvenirs, dont le plus merveilleux reste bien s\u00fbr C\u00e9cilia.<\/p><p>&#8211; C\u00e9cilia est la fille de Jonathan ?\u00a0\u00bb demande tr\u00e8s abrup\u00adtement Jacques.<\/p><p>&#8211; \u00a0\u00bb Oui, je pensais que vous l&rsquo;aviez compris.<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est invraisemblable ! Il m&rsquo;en aurait parl\u00e9 !<\/p><p>&#8211; Encore aurait-il fallu qu&rsquo;il le sache. J&rsquo;\u00e9tais \u00e0 peine enceinte de deux mois, quand Jonathan est parti pour la France. Je ne lui avais alors rien dit.<\/p><p>&#8211; J&rsquo;aimerais que vous soyez plus claire.<\/p><p>&#8211; Je savais bien que la fin de l&rsquo;histoire ne vous plairait pas.\u00a0\u00bb<\/p><p>La jeune femme semble lasse, soudain. Elle allume nerveusement une nouvelle cigarette, se l\u00e8ve, et se met \u00e0 marcher au fond de la pi\u00e8ce, la t\u00eate basse, les yeux fix\u00e9s sur les motifs g\u00e9om\u00e9triques du plancher. Puis elle s&rsquo;arr\u00eate, fait face \u00e0 l&rsquo;homme, et, le regardant dans les yeux, reprend la parole.<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Je n&rsquo;ai pas l&rsquo;intention de vous leurrer, monsieur R\u00e9miniac. J&rsquo;ai v\u00e9cu une ann\u00e9e d&rsquo;un bonheur merveilleux avec Jonathan. C&rsquo;\u00e9tait une vie presque parfaite. Presque seulement, car je n&rsquo;ai pas mis bien longtemps \u00e0 comprendre que Jonathan ne m&rsquo;aimait pas. Il y avait beaucoup de tendresse et de complicit\u00e9, entre nous, et il se r\u00e9v\u00e9la un excellent compagnon, plein d&rsquo;attentions \u00e0 mon \u00e9gard. Mais il ne m&rsquo;aimait pas comme je l&rsquo;aimais, au point d&rsquo;envisager de faire sa vie avec moi. Il n&rsquo;en a jamais parl\u00e9, bien s\u00fbr, mais il est des choses qui se sentent. Qui pourrait l&rsquo;en bl\u00e2mer d&rsquo;ailleurs. J&rsquo;avais sept ans de plus que lui, et je ne passais pas, dans le milieu que nous fr\u00e9quentions, pour une perdrix de l&rsquo;ann\u00e9e. J&rsquo;\u00e9tais pour lui une compagne de passage, bien agr\u00e9able. C&rsquo;est tout.<\/p><p>&#8211; Alors, vous avez d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;avoir un enfant pour essayer de le garder, comptant sur son honn\u00eatet\u00e9 pour qu&rsquo;il r\u00e9gularise ensuite la situation !<\/p><p>&#8211; Vous me connaissez bien mal, monsieur, pour vous permettre un tel jugement. Je pensais bien que Jonathan partirait un jour, \u00e0 son tour. Quand il m&rsquo;a annonc\u00e9, \u00e0 la fin du mois d&rsquo;ao\u00fbt, son intention de passer No\u00ebl en France, je me suis dit qu&rsquo;il ne reviendrait peut-\u00eatre pas. Alors, j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;avoir un enfant de lui, sans lui en parler. Je ne tenais pas \u00e0 l&rsquo;encha\u00eener \u00e0 moi, d&rsquo;une quelconque fa\u00e7on. Mais j&rsquo;avais d\u00e9cid\u00e9 que s&rsquo;il ne revenait pas, il me resterait ce fruit de notre amour. Je m&rsquo;\u00e9tais mis dans la t\u00eate qu&rsquo;il n&rsquo;y aurait plus d&rsquo;homme dans ma vie, apr\u00e8s lui, et j&rsquo;avais d\u00e9cid\u00e9 de transf\u00e9rer vers un enfant cet insatiable besoin de donner et de recevoir cet amour dont j&rsquo;ai toujours \u00e9t\u00e9 priv\u00e9e.<\/p><p>&#8211; Pourquoi ce brusque changement d&rsquo;attitude alors ? Qu&rsquo;est-ce qui vous a d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 revenir vers lui ?<\/p><p>&#8211; Parce que, pour des raisons qu&rsquo;il serait trop long de vous expliquer ce soir, je ne suis plus en mesure d&rsquo;assurer la charge de C\u00e9cilia. Connaissant Jonathan, j&rsquo;\u00e9tais s\u00fbre, en venant ici, qu&rsquo;il accepterait de la garder le temps n\u00e9cessaire pour que je trouve une solution \u00e0 ce probl\u00e8me.<\/p><p>&#8211; L&rsquo;histoire n&rsquo;est qu&rsquo;un \u00e9ternel recommencement, n&rsquo;est-ce pas ? Vous avez d\u00e9cid\u00e9 de transformer le manoir en presby\u00adt\u00e8re, sans doute, et de faire subir \u00e0 votre enfant une vie compa\u00adrable \u00e0 celle dont vous vous plaignez tant.<\/p><p>&#8211; Vous \u00eates odieux ! La question de toute fa\u00e7on ne se pose plus. Je trouverai une autre solution. Bonsoir monsieur.\u00a0\u00bb<\/p><p>D&rsquo;un geste nerveux, elle \u00e9crase sa cigarette dans le cen\u00addrier, puis, sans un regard pour son interlocuteur d&rsquo;un soir, elle quitte la pi\u00e8ce sans bruit.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>chapitre 7 une rencontre &#8211;\u00a0\u00bb Que penses-tu de tout \u00e7a ?\u00a0\u00bb La question a \u00e9t\u00e9 marmonn\u00e9e par Marie, qui, assise devant la glace de sa coiffeuse, se brosse m\u00e9thodiquement les cheveux avant de se coucher, les \u00e9pingles qui retenaient son chignon encore dans la bouche. Son \u00e9poux profite de cette quasi-inintelligibilit\u00e9 pour ne pas r\u00e9pondre. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[64],"tags":[],"class_list":["post-1658","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-feuilleton"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Les carnets de Jonathan, \u00e9pisode 7 - Pierre-Yves N\u00e9d\u00e9lec<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Chapitre 7 du feuilleton &quot;les carnets de Jonathan. 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