{"id":1613,"date":"2024-04-26T11:34:58","date_gmt":"2024-04-26T09:34:58","guid":{"rendered":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1613"},"modified":"2024-04-26T11:37:50","modified_gmt":"2024-04-26T09:37:50","slug":"les-carnets-de-jonathan-chapitre-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1613","title":{"rendered":"Les carnets&#8230; \u00c9pisode 6"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"1613\" class=\"elementor elementor-1613\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-78a4558 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"78a4558\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-daa2ab5 elementor-widget elementor-widget-heading\" data-id=\"daa2ab5\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<h2 class=\"elementor-heading-title elementor-size-default\">Holala ! D\u00e9j\u00e0 l'\u00e9pisode 6<\/h2>\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-8e24b87 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"8e24b87\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-d0db650 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"d0db650\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p>Chapitre 6<\/p><p>Histoire d&rsquo;oc\u00e9ane<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Jeannou, \u00e7a m&#8217;emb\u00eate de te le dire, mais je trouve que tu ne devrais pas rester davantage.\u00a0\u00bb<\/p><p>Les deux esprits ont \u00ab\u00a0suivi\u00a0\u00bb Jacques et Oc\u00e9ane dans le bureau, et Jonathan imagine son mentor allong\u00e9 sur le ventre sur le dessus de l&rsquo;armoire. Il a, de plus, l&rsquo;impression d\u00e9sagr\u00e9able qu&rsquo;elle lui tire la langue, ce qui a le don de l&rsquo;irriter, bien \u00e9videmment. Il d\u00e9cide, malgr\u00e9 tout, de garder son calme, et poursuit :<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Admets-le, cette affaire ne te regarde pas. Laisse-moi seul avec eux, s&rsquo;il-te-pla\u00eet.<\/p><p>&#8211; Pourquoi est-ce que \u00e7a t&#8217;emb\u00eate de me le dire ?<\/p><p>&#8211; Pardon ?<\/p><p>&#8211; Tu viens de me dire, je cite : \u00e7a m&#8217;emb\u00eate de te le dire, mais je trouve que tu ne devrais pas rester davantage. Pour\u00adquoi est-ce que \u00e7a t&#8217;emb\u00eate ?<\/p><p>&#8211; Je ne te suis pas.<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est seulement une expression, comme \u00e7a, pour intro\u00adduire ta demande de me voir foutre le camp parce que ma pr\u00e9sence te p\u00e8se, ou bien cette proposition a-t-elle une signification autre ?<\/p><p>&#8211; Je ne comprends toujours pas.<\/p><p>&#8211; Est-ce que \u00e7a ne serait pas par exemple une tournure \u00e9l\u00e9gante que tu emploierais pour me dire gentiment que tu ne tiens pas \u00e0 ce que je connaisse la suite de l&rsquo;histoire, parce que tu n&rsquo;es pas vraiment fier de ce qui va suivre ?<\/p><p>&#8211; Non, \u00e7a n&rsquo;est pas une tournure \u00e9l\u00e9gante. C&rsquo;est la mar\u00adque de ma consternation devant ton manque d&rsquo;\u00e9ducation ! Ca te convient, comme explication ?<\/p><p>&#8211; Quel manque d&rsquo;\u00e9ducation ?<\/p><p>&#8211; Comment \u00e7a, quel manque d&rsquo;\u00e9ducation ? Ecouter aux portes comme tu le fais n&rsquo;est pas une preuve de savoir-vivre, que je sache !<\/p><p>&#8211; D&rsquo;abord, je n&rsquo;\u00e9coute pas aux portes, puisque je suis dans la pi\u00e8ce. Et puis, tu le fais bien, toi aussi !<\/p><p>&#8211; Moi, c&rsquo;est normal, puisque c&rsquo;est \u00e0 moi qu&rsquo;Oc\u00e9ane d\u00e9si\u00adrait parler. Il faut bien que je sache de quoi il retourne, si je veux me d\u00e9gager, non ?<\/p><p>&#8211; Ben ouais, mais je ne vois rien qui m&#8217;emp\u00eache de rester aussi.<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est vraiment pas la discr\u00e9tion qui t&rsquo;\u00e9touffe, pas vrai ?<\/p><p>&#8211; Mais tu m&rsquo;ennuies, \u00e0 la fin. Qu&rsquo;est-ce que \u00e7a peut te faire que je reste ? Ca ne changera rien \u00e0 l&rsquo;histoire, et \u00e7a me fait plaisir. J&rsquo;adore les romans \u00e0 l&rsquo;eau de rose, et je sens que celui-l\u00e0 va \u00eatre gratin\u00e9. Tu ne voudrais tout de m\u00eame pas m&rsquo;en priver. D&rsquo;autant que pour t&rsquo;aider \u00e0 te d\u00e9gager, il me faut tout savoir des souvenirs qui pourraient contribuer \u00e0 t&rsquo;ancrer dans le monde des vivants.<\/p><p>&#8211; Ce n&rsquo;est pas le cas. Oc\u00e9ane, c&rsquo;est une histoire qui n&rsquo;a jamais vraiment commenc\u00e9.<\/p><p>&#8211; Alors, pourquoi est-ce que tu tiens tant \u00e0 ce que je dis\u00adparaisse ?<\/p><p>&#8211; Parce que le fait de te savoir avec moi me met mal \u00e0 l&rsquo;aise. J&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre un voyeur.<\/p><p>&#8211; Et si moi je m&rsquo;en vais, tu cesses de l&rsquo;\u00eatre ?<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est diff\u00e9rent. Si je suis seul avec eux, je pourrai l\u00e9giti\u00admement croire que je suis partie prenante dans la conversa\u00adtion.<\/p><p>&#8211; Justement, c&rsquo;est ce qui me d\u00e9range, moi. J&rsquo;ai bien trop peur de te voir devenir fant\u00f4me, et de rater ma mission. C&rsquo;est d\u00e9cid\u00e9, je reste.<\/p><p>&#8211; Jeannou, tu me &#8230;<\/p><p>&#8211; les casses, je sais. Ecoute bonhomme. Si vraiment je te g\u00eane autant que \u00e7a, tu n&rsquo;as qu&rsquo;\u00e0 d\u00e9sirer que je sois absente, et d\u00e9connecter ton esprit du mien. Ainsi, tu ne me ressentiras plus. C&rsquo;est aussi simple que \u00e7a.<\/p><p>&#8211; Non, \u00e7a n&rsquo;est pas aussi simple. Parce que je saurai que tu \u00e9coutes, ce qui change tout.<\/p><p>&#8211; Jonathan, tu es vraiment tordu comme mec. Fais comme tu l&rsquo;entends, mais l\u00e2che-moi. Si tu continues \u00e0 geindre comme le gamin capricieux que tu n&rsquo;as jamais cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre, on va rater le d\u00e9but de l&rsquo;histoire. Et puis, il ne fallait pas te moquer de tonton Fernand !<\/p><p>-Garce !<\/p><p>&#8211; Gnagnagna !\u00a0\u00bb<\/p><p>\u00a0<\/p><p>En bas, Oc\u00e9ane a allum\u00e9 une cigarette, et se concentre sur la meilleure fa\u00e7on d&rsquo;attaquer son r\u00e9cit. L&rsquo;annonce de la mort de Jonathan a d\u00e9truit d&rsquo;un coup les d\u00e9fenses que, depuis trois ans, elle a patiemment forg\u00e9es autour d&rsquo;elle, pour se con\u00advaincre que la disparition subite du jeune homme \u00e9tait pr\u00e9visi\u00adble, pour ne pas dire in\u00e9luctable, mais peut-\u00eatre pas d\u00e9finitive. Pour la premi\u00e8re fois depuis lors, elle va se confier, sans rete\u00adnue, sans pudeur, \u00e0 un homme qu&rsquo;elle ne conna\u00eet pas. C&rsquo;est une fille discr\u00e8te pourtant, jalouse de son ind\u00e9pendance, mais ce qu&rsquo;elle a v\u00e9cu est trop lourd \u00e0 porter seule, et son probl\u00e8me est loin d&rsquo;\u00eatre r\u00e9solu. Alors, comme tous les \u00eatres pudiques, une fois qu&rsquo;ils ont pris la d\u00e9cision de parler, elle veut que sa confession soit totale. A l&rsquo;issue de son monologue, elle sera nue face \u00e0 l&rsquo;homme, qui pourra d\u00e9cider comme il l&rsquo;entend de son avenir, se moquer d&rsquo;elle, la renvoyer, qui sait. Tant pis. Il faut que ces choses soient dites. Il est trop tard, maintenant, pour reculer.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Comme vous le savez, et puisqu&rsquo;il faut bien commencer par un bout, je m&rsquo;appelle Oc\u00e9ane Monplaisir, je suis n\u00e9e quelque part, vraisemblablement un jour de d\u00e9cembre 1959. Personne ne le sait avec certitude, mais la femme du pasteur qui m&rsquo;a trouv\u00e9e un matin de juin 1960, sur le perron du presbyt\u00e8re estime que j&rsquo;avais alors un peu plus de six mois, \u00e9valuation confirm\u00e9e ensuite par le m\u00e9decin qui s&rsquo;occupa de mes maladies infantiles. J&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9e l\u00e0, dans un couffin chaudement garni, accompagn\u00e9e d&rsquo;une lettre dactylographi\u00e9e qui indiquait mon pr\u00e9nom, mon nom, et stipulait que ma m\u00e8re me confiait \u00e0 la garde du Seigneur parce que sa situation ne lui permettait pas alors de m&rsquo;\u00e9lever dignement. Elle ajoutait qu&rsquo;elle esp\u00e9rait que l&rsquo;avenir lui r\u00e9serverait des jours meilleurs, et qu&rsquo;elle reviendrait me chercher, ce qui n&rsquo;est pas arriv\u00e9.<\/p><p>Le pasteur et son \u00e9pouse \u00e9taient de braves gens. Ils me recueillirent, mais pr\u00e9vinrent toutefois la police. Ainsi, des re\u00adcherches sur mes origines furent men\u00e9es, mais elles ne leur apprirent rien de plus que le petit mot du couffin. De l\u00e0 \u00e0 penser que le nom de famille dont j&rsquo;\u00e9tais affubl\u00e9e faisait davantage r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la fa\u00e7on de se conduire de ma m\u00e8re qu&rsquo;\u00e0 une quelconque g\u00e9n\u00e9alogie, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas qui fut all\u00e8grement franchi par la plupart des gens qu&rsquo;il me fut donn\u00e9 de rencontrer ensuite. J&rsquo;ai mis longtemps \u00e0 le comprendre, et plus encore \u00e0 l&rsquo;accepter. Mais on finit par se faire \u00e0 tout. N\u00e9e de p\u00e8re et de m\u00e8re inconnus, je n&rsquo;\u00e9tais pourtant pas adoptable, \u00e0 cause de cette fichue lettre, qui fut analys\u00e9e par l&rsquo;administration comme une volont\u00e9 explicite de reconnaissance de maternit\u00e9. Monsieur et madame Dieuleveult, le couple qui m&rsquo;avait recueilli, d\u00e9cid\u00e8rent n\u00e9anmoins de demander officiellement ma garde, car ils consid\u00e9raient que ma venue chez eux \u00e9tait un signe du ciel. Bont\u00e9 de leur part, sans doute, mais aussi d\u00e9formation professionnelle. Quoi qu&rsquo;il en soit, leur demande fut prise en consid\u00e9ration, et. c&rsquo;est donc chez eux que j&rsquo;ai pass\u00e9, assez heureuse je pense, mes ann\u00e9es d&rsquo;enfance et d&rsquo;adolescence.<\/p><p>Les Dieuleveult avaient deux enfants, Pierre, l&rsquo;a\u00een\u00e9 et Babette, qui avait deux ans de moins que lui, et dix de plus que moi. Ils \u00e9taient tous deux gentils, mais ne m&rsquo;ont jamais consid\u00e9\u00adr\u00e9e comme leur soeur. Plut\u00f4t comme une bonne action \u00e0 long terme, qu&rsquo;il \u00e9tait l\u00e9gitime d&rsquo;accomplir compte tenu de la situa\u00adtion sociale de leurs parents.<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est \u00e9trange\u00a0\u00bb, intervient Jacques doucement.<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Qu&rsquo;est-ce qui est \u00e9trange ?<\/p><p>&#8211; Cette description que vous faites de votre pass\u00e9. Si je vous suis bien, vous \u00eates une petite fille abandonn\u00e9e qui, au lieu de conna\u00eetre l&rsquo;orphelinat, la pension, et l&rsquo;anonymat pesant de la vie dans ce genre d&rsquo;endroits, trouve une famille d&rsquo;accueil d\u00e9vou\u00e9e, ce qui vous permet de prendre un d\u00e9part normal dans la vie. Et pourtant, que d&rsquo;amertume dans votre bouche !<\/p><p>&#8211; On pourrait \u00e9piloguer longtemps sur la notion de d\u00e9part normal dans la vie. Je n&rsquo;ai pas souvenir d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 malheu\u00adreuse par la faute de contraintes ext\u00e9rieures comme la faim, le froid, ou la mis\u00e8re. La vie chez les Dieuleveult m&rsquo;a prot\u00e9g\u00e9e de telles agressions. Je me suis rendu compte, depuis, que j&rsquo;\u00e9tais r\u00e9ellement malheureuse, pourtant, mais d&rsquo;une autre mani\u00e8re. J&rsquo;\u00e9tais malheureuse par absence de bonheur. Et ce qui m&rsquo;a fait le plus de mal, monsieur R\u00e9miniac, c&rsquo;est que je m&rsquo;en voulais !<\/p><p>&#8211; Vous vous en vouliez ! Et de quoi ?<\/p><p>&#8211; Je m&rsquo;en voulais de n&rsquo;\u00eatre pas une petite fille gaie, capa\u00adble d&rsquo;aimer mes parents de remplacement. Je sentais bien qu&rsquo;ils ne m&rsquo;aimaient pas, eux. Je ne veux pas dire qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas d&rsquo;attentions pour moi. Bien au contraire. Ils prenaient m\u00eame un soin farouche \u00e0 ce que je sois toujours parfaitement habill\u00e9e, nourrie, couch\u00e9e \u00e0 l&rsquo;heure. Ils m&rsquo;ont donn\u00e9 la meilleure \u00e9ducation possible, m&rsquo;inculquant d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge \u00e0 faire la diff\u00e9rence entre ce qui est convenable, et ce qui ne l&rsquo;est pas.<\/p><p>&#8211; Et alors ?<\/p><p>&#8211; Alors ? C&rsquo;\u00e9tait un travail proprement ex\u00e9cut\u00e9, une t\u00e2che parfaitement men\u00e9e \u00e0 bien. Rien \u00e0 dire l\u00e0-dessus. Ils peuvent regarder le Seigneur en face, et lui dire : \u00ab\u00a0voyez, Seigneur, nous avons fait ce que nous devions pour que cette pauvre enfant soit heureuse.\u00a0\u00bb Et je suis s\u00fbre que le Seigneur est d&rsquo;accord avec eux. Mais ils ne m&rsquo;aimaient pas. Je le sentais aussi distinctement que l&rsquo;on ressent la chaleur en posant la main sur le po\u00eale. Et j&rsquo;\u00e9tais persuad\u00e9e que c&rsquo;\u00e9tait de ma faute, que j&rsquo;\u00e9tais s\u00fbrement mauvaise pour ne pas \u00eatre capable de les aimer, et que le Bon Dieu me punissait, en leur interdisant de m&rsquo;aimer en retour.<\/p><p>Quoi qu&rsquo;il en soit, la vie suivait son cours ordinaire. J&rsquo;ai connu une scolarit\u00e9 normale, jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du cycle secondaire. Je n&rsquo;\u00e9tais pas sp\u00e9cialement dou\u00e9e, mais je travaillais dur, et j&rsquo;\u00e9tais appliqu\u00e9e. Aussi, sans obtenir jamais de notes excep\u00adtionnelles, je me maintenais dans toutes les mati\u00e8res au niveau de la moyenne des \u00e9l\u00e8ves. Ce n&rsquo;est pas que l&rsquo;\u00e9cole m&rsquo;int\u00e9res\u00ads\u00e2t d&rsquo;une quelconque mani\u00e8re, mais il \u00e9tait convenable de mener ses \u00e9tudes \u00e0 leur terme. En fait, je ne me sentais r\u00e9elle\u00adment attir\u00e9e que par le dessin. Je n&rsquo;\u00e9tais pas plus dou\u00e9e en ce domaine que dans les autres mati\u00e8res, pourtant, et la qualit\u00e9 de mes premiers croquis en aurait fait renoncer plus d&rsquo;un. Mais je me suis accroch\u00e9e, avec l&rsquo;aide gouailleuse de mon vieux professeur, monsieur Cl\u00e9menceau. Je crois que c&rsquo;est la premi\u00e8re personne qui m&rsquo;ait t\u00e9moign\u00e9 autre chose qu&rsquo;une attention polie. Je n&rsquo;\u00e9tais pas sa meilleure \u00e9l\u00e8ve, loin s&rsquo;en faut, mais je l&rsquo;int\u00e9ressais, et il me proposa bient\u00f4t de le rejoindre dans son atelier, apr\u00e8s les cours, pour m&rsquo;aider \u00e0 progresser.<\/p><p>&#8211; Vous aviez quel \u00e2ge, alors ?<\/p><p>&#8211; Une quinzaine d&rsquo;ann\u00e9es.<\/p><p>&#8211; Je vois.<\/p><p>&#8211; Qu&rsquo;est-ce que vous voyez ? C&rsquo;est extraordinaire, j&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;entendre monsieur Dieuleveult, quand je lui en ai parl\u00e9, afin d&rsquo;obtenir son autorisation. J&rsquo;\u00e9tais pleine d&rsquo;enthou\u00adsiasme \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de pouvoir profiter de ces cours particuliers de dessin. Je pense que c&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois que je montrais de l&rsquo;enthousiasme pour quelque chose. Sentant le pasteur r\u00e9ticent, j&rsquo;argumentais, expliquant que ces cours \u00e9taient gratuits, et n&rsquo;exigeraient donc aucun effort de leur part. J&rsquo;ai eu droit \u00e0 un sacr\u00e9 bon dieu de sermon en retour, dans lequel monsieur Dieuleveult m&rsquo;ass\u00e9na quelques v\u00e9rit\u00e9s premi\u00e8res, comme \u00ab\u00a0la gratuit\u00e9 n&rsquo;existe pas. C&rsquo;est un artifice du diable pour d\u00e9tourner les honn\u00eates gens du droit chemin\u00a0\u00bb. Je vous passe les autres, elles sont du m\u00eame tabac. Pour la premi\u00e8re fois que je demandais quelque chose qui m&rsquo;aurait r\u00e9ellement fait plaisir, j&rsquo;obtenais en retour une fin de non-recevoir absolue.<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est quand m\u00eame compr\u00e9hensible. Je vous trouve tr\u00e8s dure, avec cette famille d&rsquo;accueil. L&rsquo;attitude du pasteur me semble parfaitement sens\u00e9e, en de telles circonstances, et je crois que j&rsquo;aurais agi de m\u00eame. On ne confie pas ainsi une jeune fille mineure \u00e0 n&rsquo;importe qui, sans contr\u00f4le. Je trouve m\u00eame que monsieur Dieuleveult faisait preuve, en cette cir\u00adconstance, de ce que j&rsquo;appellerais volontiers une certaine forme d&rsquo;amour paternel, exprim\u00e9e selon les canons de notre g\u00e9n\u00e9ration, puisque si j&rsquo;ai bien compris, nous devons appartenir \u00e0 la m\u00eame g\u00e9n\u00e9ration, lui et moi.<\/p><p>&#8211; A une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es pr\u00e8s, oui.<\/p><p>&#8211; Je comprends en revanche que vous ne l&rsquo;ayez pas admis, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Mais c&rsquo;est h\u00e9las le lot commun des parents responsables. Il est impossible de guider les adolescents afin de leur faire \u00e9viter les pi\u00e8ges de la vie sans qu&rsquo;ils n&rsquo;interpr\u00e8tent cette attitude pourtant dict\u00e9e par l&rsquo;amour comme une atteinte intol\u00e9rable \u00e0 leur libre arbitre fr\u00e9missant. J&rsquo;ai moi-m\u00eame v\u00e9cu le ph\u00e9nom\u00e8ne de fa\u00e7on particuli\u00e8rement marqu\u00e9e avec Jonathan. Je trouve \u00e9tonnant qu&rsquo;\u00e0 votre \u00e2ge, vous n&rsquo;ayez pas relativis\u00e9 cette situation.<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est votre analyse, mais vous ne connaissez pas le contexte. Je m&rsquo;en vais vous donner quelques d\u00e9tails qui me permettent de pr\u00e9tendre, moi, que ce n&rsquo;\u00e9tait pas l&rsquo;amour paternel, mais plut\u00f4t la crainte du qu&rsquo;en dira-t-on, qui l&rsquo;a fait r\u00e9agir ainsi. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas convenable.<\/p><p>&#8211; Peut-\u00eatre, mais c&rsquo;\u00e9tait \u00e9galement dangereux.<\/p><p>&#8211; Non, monsieur R\u00e9miniac. Ce que vous me dites, et que je comprends aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est qu&rsquo;il est d\u00e9licat d&rsquo;accepter de laisser une gamine de quinze ans aller seule, chez un homme de deux g\u00e9n\u00e9rations son a\u00een\u00e9, quel que soit cet homme.<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est exactement \u00e7a.<\/p><p>&#8211; Mais ce n&rsquo;est pas le cas, ici. Si l&rsquo;homme en question avait appartenu \u00e0 leur milieu, et fr\u00e9quent\u00e9 l&rsquo;office r\u00e9guli\u00e8re\u00adment, il n&rsquo;y aurait eu aucun probl\u00e8me, m\u00eame s&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 un v\u00e9ritable satyre en priv\u00e9. Mais le professeur en question n&rsquo;appartenait pas \u00e0 ce monde l\u00e0, pour qui la forme compte plus que le fond des choses. C&rsquo;\u00e9tait un \u00eatre pur et d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9. Mais il \u00e9tait anarchiste, pacifiste, et vivait en concubinage avec une femme de trente ans sa cadette, qui lui servait de mod\u00e8le, qui plus est. C&rsquo;\u00e9tait un v\u00e9ritable artiste, avec tout ce que cela comporte de gentillesse et de fantaisie.<\/p><p>&#8211; J&rsquo;ai du mal \u00e0 croire que vous ne forcez pas le trait. Le temps d\u00e9forme les souvenirs dans le sens qui nous convient.<\/p><p>&#8211; Pourquoi dites-vous cela ? Vous n&rsquo;aimez pas les artistes\u00b0?<\/p><p>&#8211; Ne soyez pas agressive, made&#8230; Oc\u00e9ane. Je n&rsquo;ai rien contre les artistes en g\u00e9n\u00e9ral. Ma femme \u00e9tait peintre. Mais j&rsquo;ai v\u00e9cu assez longtemps pour savoir qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de cat\u00e9gorie d&rsquo;hommes qui soit meilleure qu&rsquo;une autre. Les artistes sont comme tout le monde. Il y a chez eux des gens bien, et des salauds. Des calmes et des excit\u00e9s. Des constructifs, et des destructeurs.<\/p><p>&#8211; Ce sont quand m\u00eame des gens sensibles.<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est vrai. Ils sont sensibles. Mais la sensibilit\u00e9 peut se vivre de diff\u00e9rentes mani\u00e8res. Certaines sont positives et d&rsquo;au\u00adtres pas. Revenons plut\u00f4t \u00e0 votre r\u00e9cit.<\/p><p>&#8211; Si vous voulez. Ils ont donc refus\u00e9 que je suive ces cours particuliers. Ma d\u00e9ception fut \u00e9norme, mais je fis ce qui \u00e9tait convenable, c&rsquo;est \u00e0 dire contre mauvaise fortune bon coeur. A quelque temps de l\u00e0, je tombai malade. Pas une petite maladie de rien du tout, non. Une m\u00e9ningite c\u00e9r\u00e9bro-spinale, qui faillit bien m&#8217;emporter. La m\u00e9decine me sauva, mais mon ann\u00e9e scolaire fut perdue, et je restais prostr\u00e9e, n&rsquo;ayant plus de go\u00fbt \u00e0 rien. Monsieur Cl\u00e9menceau en fut profond\u00e9ment chagrin\u00e9, et il vint rencontrer les Dieuleveult afin de r\u00e9it\u00e9rer sa proposition. Ils rest\u00e8rent longtemps enferm\u00e9s dans le bureau, le pasteur et lui, et la discussion fut parfois bruyante. Mais il emporta finalement le morceau, en sugg\u00e9rant que s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas convenable qu&rsquo;une jeune fille se d\u00e9place chez lui, il \u00e9tait parfaitement acceptable, en revanche, qu&rsquo;il vienne lui, deux fois par semaine, chez le pasteur, pour donner ses cours. Je vous l&rsquo;ai dit, les Dieuleveult \u00e9taient bons, m\u00eame s&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9prou\u00advaient pas d&rsquo;amour pour moi. Sentant que cette proposition \u00e9tait de nature \u00e0 me faire recouvrer la sant\u00e9, ils c\u00e9d\u00e8rent. C&rsquo;est ainsi que j&rsquo;appris le dessin, et que je me fis mon premier v\u00e9ri\u00adtable ami.<\/p><p>&#8211; Votre vie, pour l&rsquo;instant, ne ressemble en rien \u00e0 une tra\u00adg\u00e9die, m\u00eame si elle n&rsquo;est pas des plus gaies. Vous me promet\u00adtiez \u00ab\u00a0Sans famille\u00a0\u00bb, nous en sommes loin.<\/p><p>&#8211; Ne soyez pas ironique, monsieur R\u00e9miniac. C&rsquo;\u00e9tait une fa\u00e7on de parler. Mais si mon histoire ne vous int\u00e9resse pas, il vaut peut-\u00eatre mieux que j&rsquo;arr\u00eate tout de suite.<\/p><p>&#8211; Excusez-moi, je n&rsquo;aurais pas du me laisser aller ainsi. Je promets de ne plus vous interrompre par d&rsquo;aussi sottes remarques.<\/p><p>&#8211; Monsieur Cl\u00e9menceau vint donc, deux fois par semai\u00adnes, me donner des cours de dessin. J&rsquo;appris \u00e0 reproduire tout et n&rsquo;importe quoi, en utilisant pour ce faire aussi bien le crayon que l&rsquo;aquarelle, puis les huiles. J&rsquo;acquis ainsi une certaine dext\u00e9rit\u00e9, et je commen\u00e7ai peu \u00e0 peu \u00e0 cr\u00e9er mes propres sujets. J&rsquo;\u00e9tais loin d&rsquo;\u00eatre une artiste, en ce sens qu&rsquo;il m&rsquo;\u00e9tait impossible d&rsquo;imaginer vivre de ma production. Elle manquait par trop de force. Mais j&rsquo;aimais ce que je faisais. J&rsquo;aimais surtout ces s\u00e9ances d&rsquo;apprentissage par ordinaires. Georgie, car les parents de monsieur Cl\u00e9menceau ayant eu la malencontreuse id\u00e9e de le pr\u00e9nommer Georges, sans savoir qu&rsquo;il professerait plus tard un pacifisme forcen\u00e9, il demandait que l&rsquo;on utilise plut\u00f4t son diminutif que son pr\u00e9nom, Georgie donc, avait une mani\u00e8re bien particuli\u00e8re d&rsquo;enseigner. Il ne professait pas, il faisait d\u00e9couvrir. Il apprenait \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves \u00e0 regarder le monde, pr\u00e9tendant qu&rsquo;ensuite, chacun \u00e9tait libre de l&rsquo;interpr\u00e9ter \u00e0 sa mani\u00e8re.<\/p><p>&#8211; C&rsquo;\u00e9tait un v\u00e9ritable philosophe, votre professeur de dessin.<\/p><p>&#8211; Il y a un peu de \u00e7a, en effet. Mais ce n&rsquo;\u00e9tait pas pesant, car il ne se prenait jamais au s\u00e9rieux. Cette vie l\u00e0 a dur\u00e9 prati\u00adquement trois ans. Peu \u00e0 peu, Georgie a apprivois\u00e9 mes tuteurs, et a obtenu que je puisse, de temps en temps, aller travailler \u00e0 l&rsquo;atelier. Madame Dieuleveult surtout, \u00e9tait sensible au charme du vieux pirate, comme elle aimait \u00e0 l&rsquo;appeler, parce qu&rsquo;il avait un anneau d&rsquo;or \u00e0 l&rsquo;oreille. Et puis, je crois qu&rsquo;elle \u00e9tait contente de me voir passionn\u00e9e, enfin, par quelque chose, m\u00eame s&rsquo;il lui arrivait plus souvent qu&rsquo;\u00e0 son tour de me dire que le dessin ne constituait pas une carri\u00e8re. Le probl\u00e8me, c&rsquo;est que plus j&rsquo;allais, et plus j&rsquo;\u00e9tais persuad\u00e9e du contraire. Mes visites \u00e0 l&rsquo;atelier me firent rencontrer sa femme, et certains de ses amis, des am\u00e9ricains surtout, tous artistes, qui ne sem\u00adblaient pas malheureux. Ce n&rsquo;\u00e9taient pas des gens connus, mais ils parvenaient \u00e0 vivre de leur art, m\u00eame s&rsquo;il fallait parfois passer sous les fourches caudines du \u00ab\u00a0commercial\u00a0\u00bb, comme ils le disaient. Je commen\u00e7ais s\u00e9rieusement \u00e0 croire que j&rsquo;\u00e9tais faite pour cette vie l\u00e0, mais j&rsquo;imaginais mal comment en con\u00advaincre les Dieuleveult. Je n&rsquo;eus h\u00e9las pas \u00e0 le faire.<\/p><p>&#8211; H\u00e9las ?<\/p><p>&#8211; Oui h\u00e9las. Cet \u00e9t\u00e9 l\u00e0, pendant les vacances, ils avaient d\u00e9cid\u00e9 de se rendre en Alaska, pour p\u00eacher le saumon. Ils partageaient une \u00e9gale passion pour ce sport. L&rsquo;avion qui les menait sur les lieux s&rsquo;\u00e9crasa, pour une raison mal d\u00e9termin\u00e9e, dans un massif rocheux. On mit plus d&rsquo;une semaine \u00e0 en retrouver l&rsquo;\u00e9pave, et les corps sans vie du pilote et de ses huit passagers. Apr\u00e8s une p\u00e9riode de deuil qui leur sembla raisonnable, c&rsquo;est \u00e0 dire un mois, Pierre et Babette provoqu\u00e8rent une discussion, un soir. Puisque le d\u00e9c\u00e8s de ses parents avait eu lieu pendant les vacances, Pierre m&rsquo;avait en effet recueillie chez lui. Un soir donc, Babette arriva, et nous nous enferm\u00e2mes dans le salon, tous les trois. Pierre comme Babette \u00e9taient mari\u00e9s, mais leurs conjoints respectifs n&rsquo;avaient pas \u00e9t\u00e9 convi\u00e9s \u00e0 notre r\u00e9union. Les jeunes Dieuleveult me demand\u00e8rent ce que je comptais faire de ma vie, et quels \u00e9taient mes projets. A dire le vrai, je n&rsquo;avais pas song\u00e9 du tout \u00e0 cet aspect du probl\u00e8me. Ils y mirent les formes, en enfants bien \u00e9lev\u00e9s, mais je ne tardais pas \u00e0 me rendre compte que je ressemblais de plus en plus pour eux \u00e0 une grosse \u00e9pine, solidement enfonc\u00e9e dans leur chair, et que ma pr\u00e9sence leur faisait mal au portefeuille. Ils voulaient vendre la maison, et les biens des parents, afin de clore ainsi l&rsquo;histoire. J&rsquo;\u00e9tais la chaussure qui emp\u00eachait de refermer la porte sur leur pass\u00e9. Notez bien que je ne leur en veux pas. Qui peut dire ce qu&rsquo;il aurait fait, dans une situation pareille ? Comme ils n&rsquo;avaient pas de solution \u00e0 proposer, ils comptaient sur moi pour avoir une id\u00e9e. Avec le recul, je pense qu&rsquo;ils s&rsquo;\u00e9taient concert\u00e9s, en vue d&rsquo;une discussion difficile. Mais je n&rsquo;ai aucun talent pour la n\u00e9gociation. Apr\u00e8s tout, ces gens-l\u00e0 ne me devaient rien. Je trouvais m\u00eame tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9reux qu&rsquo;ils ne m&rsquo;aient pas simplement indiqu\u00e9 la porte au lendemain de la disparition brutale de leurs parents. Je d\u00e9cidai donc de ne pas constituer un fardeau plus longtemps, et je leur annon\u00e7ai que je partirai avec mes affaires le plus t\u00f4t possible. Je ne leur demandai que le temps de trouver un logement, dans un foyer pour jeunes travailleurs par exemple. Le lendemain matin, un peu perdue tout de m\u00eame, j&rsquo;appelai chez les Cl\u00e9menceau. Georgie \u00e9couta toute l&rsquo;histoire, et tout naturellement m&rsquo;invita \u00e0 m&rsquo;installer chez eux. J&rsquo;acceptai, mais seulement le temps de me retourner, et de trouver du travail. Les choses furent ainsi entendues, et le soir m\u00eame, Pierre me d\u00e9posa \u00e0 l&rsquo;atelier. J&rsquo;ai encore l&rsquo;impression, parfois, d&rsquo;entendre le soupir d&rsquo;aise qu&rsquo;il laissa \u00e9chapper en me souhaitant bonne chance. Il ajouta que, bien s\u00fbr, si j&rsquo;avais besoin de quelque chose, il ne fallait pas h\u00e9siter \u00e0 l&rsquo;appeler mais sur un tel ton qu&rsquo;il eut fallut \u00eatre idiote pour ne pas comprendre qu&rsquo;il ne le faisait que pour rester \u00ab\u00a0convenable\u00a0\u00bb.<\/p><p>&#8211; Je ne connais pas ces gens, je vous l&rsquo;accorde, mais je persiste \u00e0 vous trouver tr\u00e8s dure, \u00e0 leur \u00e9gard.<\/p><p>&#8211; Dure ? Je ne crois pas. Je vous le r\u00e9p\u00e8te, je ne leur en veux pas. Ils ne me devaient rien, et m&rsquo;ont, somme toute, beaucoup appris.<\/p><p>&#8211; Et que vous ont-ils donc appris de si important ?<\/p><p>&#8211; Que dans la vie, il faut vite apprendre \u00e0 ne compter que sur soi.<\/p><p>&#8211; Vous \u00eates am\u00e8re.<\/p><p>&#8211; D\u00e9sabus\u00e9e. Je ne voudrais pourtant pas vous donner l&rsquo;impression que je suis une fille triste et pessimiste. Ce n&rsquo;est pas ma nature, je vous l&rsquo;assure. Mais les circonstances&#8230;<\/p><p>&#8211; Sont difficiles, je vous l&rsquo;accorde. Poursuivez.<\/p><p>Suivent une douzaine d&rsquo;ann\u00e9es de boh\u00e8me, \u00e0 propos desquelles il n&rsquo;y a pas grand-chose \u00e0 dire. J&rsquo;ai v\u00e9cu pr\u00e8s d&rsquo;un an chez les Cl\u00e9menceau, avant de trouver une petite chambre sympa, et surtout d&rsquo;\u00eatre capable de la payer.<\/p><p>&#8211; De quoi viviez-vous ?<\/p><p>&#8211; De trois petites choses dont aucune ne constitue un vrai m\u00e9tier, mais qui me permettaient de manger r\u00e9guli\u00e8rement, de m&rsquo;abriter dans de bonnes conditions, et de m&rsquo;habiller comme je l&rsquo;entendais. Dans la journ\u00e9e, je faisais des petits boulots pour le compte d&rsquo;une agence d&rsquo;int\u00e9rim. Une semaine vendeuse de chaussures, une semaine aide-magasinier, une semaine coursier, etc. Le soir, il m&rsquo;arrivait de poser, pour des copains de Georgie, et m\u00eame pour lui. Par son interm\u00e9diaire, il m&rsquo;arrivait m\u00eame de travailler pour l&rsquo;\u00e9cole des beaux-arts de Qu\u00e9bec. Pas souvent, bien s\u00fbr, mais quand \u00e7a arrivait, c&rsquo;\u00e9tait la f\u00eate, parce que \u00e7a payait bien. Et puis, je continuais \u00e0 peindre et \u00e0 dessiner, et comme j&rsquo;\u00e9tais assez bonne en reproduction, il arrivait que l&rsquo;on me passe des commandes, notamment des agences de pub, surtout pour des messages destin\u00e9s aux enfants.<\/p><p>&#8211; Quand vous dites que vous posiez, vous voulez dire, euh, pour des nus ?<\/p><p>&#8211; Evidemment pour des nus.<\/p><p>&#8211; Et \u00e7a n&rsquo;est pas g\u00eanant ?<\/p><p>&#8211; Non. C&rsquo;est venu tout naturellement, \u00e0 force de vivre dans ce milieu l\u00e0. J&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 vu St\u00e9phanie, la femme de Georgie, poser pour plusieurs personnes, sans que cela semble la d\u00e9ranger, ni \u00e9veiller un quelconque d\u00e9sir autre qu&rsquo;artistique chez les spectateurs. La premi\u00e8re fois qu&rsquo;on me l&rsquo;a propos\u00e9, j&rsquo;ai appr\u00e9ci\u00e9 que l&rsquo;on m&rsquo;aide ainsi \u00e0 gagner ma cro\u00fbte, c&rsquo;est tout. Et puis, pour \u00eatre tout \u00e0 fait honn\u00eate, il faut que je vous avoue que quand c&rsquo;est arriv\u00e9, je n&rsquo;avais plus dix-huit ans, et que je n&rsquo;\u00e9tais plus une blanche colombe.<\/p><p>&#8211; L\u00e0 aussi, le milieu ?<\/p><p>&#8211; Oui et non. Pas franchement plus qu&rsquo;ailleurs je pense. Entendons-nous bien. Je n&rsquo;ai pas multipli\u00e9 les aventures. J&rsquo;ai flirt\u00e9 avec quelques gar\u00e7ons. Certains sont devenus plus que des flirts, mais pas beaucoup. Trois, pour \u00eatre pr\u00e9cise, ont fait plus que passer dans ma vie. Mais \u00e7a n&rsquo;a jamais march\u00e9 bien longtemps. Le sc\u00e9nario \u00e9tait toujours le m\u00eame. Ils \u00e9taient l\u00e0 pour le fun, et moi, je voulais \u00e0 tous crins fonder une famille. Alors, ils finissaient par prendre peur, et un beau jour disparaissaient sans laisser ni adresse, ni regrets.<\/p><p>&#8211; Ni regrets ? Vous auriez donc \u00e9pous\u00e9 n&rsquo;importe qui ?<\/p><p>&#8211; J&rsquo;aurais pu le faire, oui, je crois. Par ignorance.<\/p><p>&#8211; Je ne vous suis plus.<\/p><p>&#8211; Monsieur R\u00e9miniac, jusqu&rsquo;\u00e0 cette \u00e9poque, je n&rsquo;avais jamais rencontr\u00e9 l&rsquo;amour, sous quelque forme que ce soit. Alors, quand je trouvais un type attirant, pour peu que je lui plaise aussi, j&rsquo;avais l&rsquo;impression que c&rsquo;\u00e9tait arriv\u00e9, et je plongeais, persuad\u00e9e que c&rsquo;\u00e9tait le bon, et que j&rsquo;allais enfin fonder cette famille qui m&rsquo;avait toujours manqu\u00e9 Je ne me rendais compte que je m&rsquo;\u00e9tais tromp\u00e9e que le lendemain de leur d\u00e9part, en n&rsquo;\u00e9prouvant que du d\u00e9pit, et pas de chagrin.<\/p><p>&#8211; Je crois que je vous comprends. Mais, qu&rsquo;est-ce qui a marqu\u00e9 la fin de la s\u00e9rie ?<\/p><p>&#8211; Ma rencontre avec Jonathan.\u00a0\u00bb<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Holala ! D\u00e9j\u00e0 l&rsquo;\u00e9pisode 6 Chapitre 6 Histoire d&rsquo;oc\u00e9ane &#8211;\u00a0\u00bb Jeannou, \u00e7a m&#8217;emb\u00eate de te le dire, mais je trouve que tu ne devrais pas rester davantage.\u00a0\u00bb Les deux esprits ont \u00ab\u00a0suivi\u00a0\u00bb Jacques et Oc\u00e9ane dans le bureau, et Jonathan imagine son mentor allong\u00e9 sur le ventre sur le dessus de l&rsquo;armoire. 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