{"id":1607,"date":"2024-04-19T13:33:04","date_gmt":"2024-04-19T11:33:04","guid":{"rendered":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1607"},"modified":"2024-04-19T13:33:37","modified_gmt":"2024-04-19T11:33:37","slug":"les-carnets-de-jonathan-chapitre-5","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1607","title":{"rendered":"Les carnets&#8230; \u00e9pisode 5"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"1607\" class=\"elementor elementor-1607\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-d953075 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"d953075\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-8f662da elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"8f662da\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p>chapitre 5<\/p><p>VISITE<\/p><p>\u00ab\u00a0&#8211; Enfin Maurice, ne laisse pas ces pauvres gens sous la pluie, fais-les entrer !<\/p><p>&#8211; Oui bien s\u00fbr, tu as raison, je perds la t\u00eate. Entrez ma\u00addame, mettez-vous \u00e0 l&rsquo;abri.<\/p><p>&#8211; Je vous remercie,\u00a0\u00bb murmure la jeune femme avec un fort accent canadien. \u00ab\u00a0Il fait vraiment froid, sous la pluie.<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est pourquoi ?\u00a0\u00bb s&rsquo;enquiert alors Marie, un peu \u00e9tonn\u00e9e de l&rsquo;intrusion tardive du couple. C&rsquo;est Maurice qui lui r\u00e9pond, \u00e0 voix basse :<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb C&rsquo;est pour \u00e7a que je t&rsquo;ai demand\u00e9 de venir. Madame voudrait voir Jonathan !<\/p><p>&#8211; Oh mon Dieu ! Mais, qui \u00eates-vous madame ?<\/p><p>&#8211; Mademoiselle. Je ne suis pas mari\u00e9e. Je m&rsquo;appelle Oc\u00e9ane Monplaisir, et j&rsquo;arrive de Qu\u00e9bec avec ma petite fille C\u00e9cilia. Je vous prie de m&rsquo;excuser de vous d\u00e9ranger \u00e0 cette heure tardive, mais il est tr\u00e8s important que je puisse voir Jona\u00adthan tr\u00e8s rapidement, s&rsquo;il vous pla\u00eet.\u00a0\u00bb Elle prononce \u00ab\u00a0Djonatane\u00a0\u00bb, \u00e0 l&rsquo;anglo-saxonne.<\/p><p>Avant que Marie ait pu r\u00e9pondre quoi que ce soit, la voix de Jacques s&rsquo;intercale dans le dialogue :<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Marie, Maurice, qu&rsquo;est-ce qui se passe ?\u00a0\u00bb<\/p><p>Sans m\u00eame attendre de r\u00e9ponse, le ma\u00eetre de maison pa\u00adra\u00eet, la serviette de table \u00e0 la main. Maurice, une fois encore, prend les devants :<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Mademoiselle Monplaisir arrive de Qu\u00e9bec avec sa fille C\u00e9cilia, sp\u00e9cialement pour voir Jonathan, m&rsquo;sieur Jacques.\u00a0\u00bb<\/p><p>Jacques tressaille imperceptiblement. Mais son \u00e9ducation est la plus forte, et c&rsquo;est d&rsquo;une voix ferme qu&rsquo;il accueille la jeune femme.<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Bonsoir mademoiselle. Je suis le p\u00e8re de Jonathan. Il vous sera impossible de le voir ce soir, il n&rsquo;est pas \u00e0 la maison. Mais peut-\u00eatre pourrez-vous nous dire pourquoi vous d\u00e9sirez le rencontrer. Il me sera \u00e9ventuellement possible de le remplacer d&rsquo;une quelconque mani\u00e8re.<\/p><p>&#8211; Non monsieur, sans vouloir vous offenser. C&rsquo;est une question qui nous concerne tous les deux, exclusivement.<\/p><p>&#8211; Bien, bien. Mais j&rsquo;y songe, vous n&rsquo;avez sans doute pas d\u00een\u00e9, votre fille et vous, et vous paraissez frigorifi\u00e9es toutes les deux. Voici ce que je vous propose. Vous allez vous installer ici pour la nuit. Maurice va vous indiquer la chambre d&rsquo;amis. Elle est \u00e9quip\u00e9e de deux lits, vous y serez confortablement instal\u00adl\u00e9es. Prenez le temps de vous changer, et redescendez en\u00adsuite vous sustenter. Puis vous coucherez C\u00e9cilia, et nous prendrons un moment pour bavarder tous les deux. Cela vous convient-il ?<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est tr\u00e8s gentil de votre part, monsieur R\u00e9miniac, et je vous remercie de votre accueil. Apr\u00e8s tout, vous ne me con\u00adnaissez pas.<\/p><p>&#8211; Vous \u00eates une amie de Jonathan. Cela suffit pour que vous soyez ici chez vous. Faites vite, je vous attends.<\/p><p>&#8211; Ne vous inqui\u00e9tez pas, ce sera d&rsquo;autant plus vite fait que nous n&rsquo;avons gu\u00e8re d&rsquo;affaires de rechange. Pour ne rien vous cacher, notre d\u00e9part de Qu\u00e9bec a \u00e9t\u00e9 un peu pr\u00e9cipit\u00e9.<\/p><p>&#8211; Je vois. Marie, vous trouverez s\u00fbrement une tenue \u00e0 pr\u00eater \u00e0 mademoiselle Monplaisir dans la garde robe de ma femme. Et je vous fais confiance pour trouver \u00e9galement de quoi v\u00eatir cette petite jeune fille si sage dans les affaires d&rsquo;en\u00adfant de Jonathan. Je sais que vous les avez soigneusement rang\u00e9es au grenier. Puis vous redescendrez pr\u00e9parer un souper consistant.<\/p><p>&#8211; Bien monsieur Jacques.\u00a0\u00bb<\/p><p>Les \u00e9poux Martinez encadrent les nouvelles arrivantes dans le grand escalier, elle derri\u00e8re, et lui devant. Jacques les regarde s&rsquo;\u00e9loigner. Maintenant que personne ne peut plus le voir, son masque de politesse aimable dispara\u00eet pour laisser place au visage tortur\u00e9 du p\u00e8re dont l&rsquo;enfant a disparu. Bruta\u00adlement reviennent en force les \u00e9motions soigneusement enter\u00adr\u00e9es avec le d\u00e9funt, depuis presque trois ans. La m\u00e9lancolie, profonde mais douce, qu&rsquo;il tra\u00eene depuis lors se r\u00e9veille pour devenir une infinie tristesse, et, l&rsquo;ombre d&rsquo;un instant, le grand homme croit qu&rsquo;il va fondre en larmes. Mais cette faiblesse passag\u00e8re n&rsquo;\u00e9marge pas \u00e0 son temp\u00e9rament. Il se redresse, et la tristesse, dans ses yeux, s&rsquo;efface devant la duret\u00e9 qui lui a servi de rempart, depuis la disparition de son \u00e9pouse. Qui est cette femme ? Que vient-elle faire ici avec cette gamine ? L&rsquo;homme d&rsquo;affaires rena\u00eet et se pr\u00e9pare au d\u00e9bat.<\/p><p>Il est \u00e0 peine revenu dans la cuisine, que Maurice, puis Marie, font leur r\u00e9apparition. Avant qu&rsquo;ils n&rsquo;aient pu ouvrir la bouche, le ma\u00eetre de maison parle, d&rsquo;un ton qui n&rsquo;admet pas la r\u00e9plique, et que les \u00e9poux Martinez n&rsquo;avaient pas entendu de\u00adpuis bien longtemps. Mais l&rsquo;ob\u00e9issance, c&rsquo;est comme le v\u00e9lo. Ca ne s&rsquo;oublie pas.<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Marie, Maurice, je ne sais pas qui est cette jeune femme, ni pourquoi elle vient ici. J&rsquo;ai toutefois l&rsquo;intention de le d\u00e9couvrir. Je vous interdis de vous m\u00ealer de la conversation, au risque de la faire d\u00e9vier vers des \u00e9vocations p\u00e9nibles. Pas un mot sur la situation telle que nous la connaissons. Vous me laissez faire, et vous vous contentez de servir. Est-ce clair ?<\/p><p>Un double oui r\u00e9pond \u00e0 l&rsquo;intervention de Jacques. Pas un oui franc et massif, de soldats pr\u00eats \u00e0 monter au front se faire hacher menus pour la patrie, non. Un oui contraint, chez Marie, dont le regard flamboie. Un oui d\u00e9sabus\u00e9 chez Maurice, qui croit sans doute que cette arriv\u00e9e inexplicable, justement aujourd&rsquo;hui, est un signe du ciel, et trouve que son patron l&rsquo;accueille bien mal, ce signe du destin. Mais puisqu&rsquo;il est le patron, c&rsquo;est lui qui voit.<\/p><p>Jonathan et Jeannou sont rest\u00e9s \u00e0 bavarder dans la cuisine pendant l&rsquo;interm\u00e8de. Ils n&rsquo;ont donc pas encore fait connaissance avec les nouvelles arrivantes, et ignorent le pourquoi de leur visite.<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Allons voir qui c&rsquo;est Jonathan !<\/p><p>&#8211; Pas question Jeannou. On ne se glisse pas comme \u00e7a dans la chambre d&rsquo;une femme qui se change.<\/p><p>&#8211; Je t&rsquo;ai connu plus hardi, en de telles circonstances !<\/p><p>&#8211; Et mon fondement, c&rsquo;est du poulet ? Je ne venais te rendre visite la nuit, \u00e0 la ferme, que parce que tu me mena\u00e7ais de repr\u00e9sailles insens\u00e9es. Mais je tremblais autant \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que mon p\u00e8re d\u00e9couvre que je d\u00e9couchais qu&rsquo;\u00e0 celle, non moins terrible que le tien me d\u00e9couvre dans ton lit.<\/p><p>&#8211; Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est que cette histoire de repr\u00e9sailles ?<\/p><p>&#8211; Tu m&rsquo;avais promis de r\u00e9pandre dans la bande du village que j&rsquo;\u00e9tais impuissant, c&rsquo;est tout !<\/p><p>&#8211; J&rsquo;ai fait \u00e7a, moi ! Tiens, j&rsquo;avais oubli\u00e9.<\/p><p>&#8211; Ca ne m&rsquo;\u00e9tonne pas de toi. C&rsquo;est sans doute un effet secondaire de la phase deux. Petit \u00e0 petit, tu oublies que tu \u00e9tais un sale petite peste.<\/p><p>&#8211; Et bonhomme, tu y vas fort, quand m\u00eame. Avoue que tu en avais largement pour tes frayeurs, une fois arriv\u00e9. Je me souviens m\u00eame qu&rsquo;il m&rsquo;\u00e9tait parfois difficile de te faire prendre le chemin du retour.<\/p><p>&#8211; La fatigue, s\u00fbrement !<\/p><p>&#8211; Ouais, c&rsquo;est \u00e7a, la fatigue. Elle a bon dos, la fatigue. Parti comme tu es parti, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que tu vas en passer, du temps, en phase deux, pour nettoyer ces gros mensonges.<\/p><p>&#8211; Il n&rsquo;y a aucune raison pour que j&rsquo;y passe plus de temps que toi !<\/p><p>&#8211; Arr\u00eatons l\u00e0, sinon on va encore se disputer. Tu ne veux donc pas savoir qui est cette nana ?<\/p><p>&#8211; Si tu avais \u00e9cout\u00e9 attentivement ce qu&rsquo;a dit mon p\u00e8re, et si tu regardais un peu ce qui se passe autour de nous, tu sau\u00adrais qu&rsquo;elle ne va pas tarder \u00e0 arriver, la jeune femme en ques\u00adtion. Et si je sais toujours compter, un simple regard \u00e0 la table me permet d&rsquo;affirmer qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas venue seule. Regarde, Marie vient d&rsquo;ajouter deux couverts.<\/p><p>&#8211; D&rsquo;accord, on attend l\u00e0. J&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas trop coquette !<\/p><p>&#8211; Pourquoi ?<\/p><p>&#8211; Parce que je n&rsquo;ai pas l&rsquo;intention de poireauter toute la nuit que la miss en question se pointe !<\/p><p>&#8211; Calme-toi, la voil\u00e0. J&rsquo;entends des pas dans l&rsquo;escalier. Regarde, la porte s&rsquo;ouvre, et&#8230; l&rsquo;enfant para\u00eet !<\/p><p>&#8211; Qui c&rsquo;est, cette gosse ?<\/p><p>&#8211; J&rsquo;en sais rien. Oh bon sang ! Oc\u00e9ane !<\/p><p>&#8211; Tu connais ?<\/p><p>&#8211; La grande, oui. Je t&rsquo;expliquerai. Pour l&rsquo;instant, tais-toi et \u00e9coute.\u00a0\u00bb<\/p><p>\u00a0<\/p><p>La petite fille pr\u00e9c\u00e8de sa m\u00e8re dans la cuisine. Jacques pr\u00e9side l&rsquo;assembl\u00e9e, \u00e0 une extr\u00e9mit\u00e9 de la table, d\u00e9j\u00e0 assis, tandis que les Martinez attendent, derri\u00e8re les deux chaises qui en flanquent l&rsquo;un des c\u00f4t\u00e9s, que les invit\u00e9es de la derni\u00e8re heure aient pris place, avant d&rsquo;aller s&rsquo;installer \u00e0 leur tour en face d&rsquo;elles. D&rsquo;un geste, le ma\u00eetre de maison les invite \u00e0 partager la soupe que, par politesse, il a demand\u00e9 \u00e0 Marie de resservir \u00e0 tous. Ce nouveau d\u00e9part du d\u00eener n&rsquo;est pas plus bruyant que le premier. Les deux arrivantes sont manifeste\u00adment affam\u00e9es, et manient la cuill\u00e8re avec c\u00e9l\u00e9rit\u00e9. C\u00e9cilia fait preuve d&rsquo;une habilet\u00e9 certaine, pour une enfant de son \u00e2ge. La chose est d&rsquo;autant plus remarquable qu&rsquo;elle ne semble jamais regarder ni son assiette, ni sa cuill\u00e8re, ses grands yeux pleins de questions passant alternativement de Maurice \u00e0 Jacques, glissant de temps en temps sur Marie sans v\u00e9ritablement marquer d&rsquo;arr\u00eat. Le petit sal\u00e9 que Marie pr\u00e9sente ensuite aux estomacs bien \u00e9chauff\u00e9s appartient \u00e0 la collection de ce que la cuisini\u00e8re a pris l&rsquo;habitude d&rsquo;appeler ses \u00ab\u00a0okazous\u00a0\u00bb, plats pr\u00e9\u00adpar\u00e9s \u00e0 l&rsquo;avance \u00ab\u00a0parce qu&rsquo;on ne sait jamais, des fois que quelqu&rsquo;un viendrait \u00e0 l&rsquo;improviste\u00a0\u00bb, et qui sont soigneusement choisis dans la litanie des mets plus savoureux r\u00e9chauff\u00e9s qu&rsquo;au premier sortir de la cocotte. L&rsquo;attitude de chacun des convives face \u00e0 la viande ros\u00e9e est un compliment de plus qui va directement au coeur de Marie, qui chez elle se situe pour partie dans la panse, comme chez toutes les personnes sim\u00adples et de bonne compagnie. Comme elle le dit si bien : \u00a0\u00bb On ne peut pas faire confiance \u00e0 quelqu&rsquo;un qui ne sait pas appr\u00e9cier ce qu&rsquo;il a dans son assiette !\u00a0\u00bb Ce soir, tout le monde appr\u00e9cie. M\u00eame la petite C\u00e9cilia, qui a sollicit\u00e9 tr\u00e8s poliment l&rsquo;aide de sa maman pour lui couper sa viande, sauce d&rsquo;un quignon le m\u00e9lange de beurre et de jus de cuisson du porc dans lequel ont baign\u00e9 les lentilles. Du coup, l&rsquo;\u00eatre humain n&rsquo;\u00e9tant dot\u00e9 que d&rsquo;une bouche, personne ne parle, si ce n&rsquo;est pour solliciter un verre d&rsquo;eau, une goutte de vin, ou un morceau de pain, au grand dam de Jonathan et de Jeannou qui se morfondent, un relent de salive dans la m\u00e9moire.<\/p><p>-\u00ab\u00a0Jonathan, c&rsquo;est insupportable !<\/p><p>&#8211; Du calme, elle va bien finir par expliquer ce qu&rsquo;elle vient faire ici. Un peu de patience ! A te voir, on ne dirait pas que pour les esprits, le temps ne compte pas.<\/p><p>&#8211; Eh oh ! Ca va le donneur de le\u00e7on ! Ce n&rsquo;est pas d&rsquo;at\u00adtendre, qui m&#8217;emb\u00eate, c&rsquo;est cette odeur de cuisine au beurre, de cochon grill\u00e9, de soupe de l\u00e9gumes et de p\u00e2tisserie chaude. C&rsquo;est plus que je ne peux supporter.<\/p><p>&#8211; Ca sent bon, pourtant !<\/p><p>&#8211; Mais c&rsquo;est bien ce que je te dis. Encore qu&rsquo;il faille \u00eatre parfaitement objectif. Nous n&rsquo;avons plus de nez, donc nous ne sentons rien. Mais les souvenirs d&rsquo;odeurs, c&rsquo;est encore plus terrible que les parfums. J&rsquo;ai m\u00eame l&rsquo;impression qu&rsquo;il me repousse un estomac. C&rsquo;est un vrai supplice de Cancale.<\/p><p>&#8211; De quoi ?<\/p><p>&#8211; Un supplice de Cancale ! Tu n&rsquo;en as jamais entendu parler ?<\/p><p>&#8211; Explique !<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est une vieille histoire. Dans le temps, quand les gens de Cancale piquaient un voleur d&rsquo;hu\u00eetres, dans un parc, ils l&rsquo;enfermaient sans manger quelques jours, et le dimanche qui suivait sa capture, apr\u00e8s la messe, ils venaient en groupe d\u00e9guster des hu\u00eetres juste sous son nez. D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;expression \u00ab\u00a0supplice de Cancale\u00a0\u00bb, que l&rsquo;on emploie quand on est confront\u00e9 \u00e0 une tr\u00e8s forte envie de quelque chose qui semble \u00e0 port\u00e9e de main, tout en restant inaccessible.<\/p><p>&#8211; On peut savoir qui t&rsquo;a racont\u00e9 \u00e7a ?<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est Tonton Fernand.<\/p><p>&#8211; Le fr\u00e8re a\u00een\u00e9 de ta m\u00e8re, l&rsquo;ancien flic de la coloniale ?<\/p><p>&#8211; Oui, c&rsquo;est \u00e7a. Tu te souviens de lui ?<\/p><p>&#8211; Tu parles si je m&rsquo;en souviens. C&rsquo;\u00e9tait le plus grand inventeur de bobards qu&rsquo;on ait rencontr\u00e9 de m\u00e9moire de breton.<\/p><p>&#8211; Qu&rsquo;est-ce que tu racontes ?<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est tellement vrai que je me souviens qu&rsquo;en revenant de son enterrement, ton p\u00e8re a dit au cur\u00e9 qu&rsquo;il organiserait un tour de garde aupr\u00e8s du cercueil pendant deux ou trois jours, des fois que le tonton aurait encore invent\u00e9 une blague, et ils ont \u00e9clat\u00e9 de rire tous les deux, ce qui a fait pleurer ta m\u00e8re.<\/p><p>&#8211; Alors c&rsquo;est pas vrai, l&rsquo;histoire des cancalais ?<\/p><p>&#8211; Evidemment que ce n&rsquo;est pas vrai.<\/p><p>&#8211; Elle existe bien, pourtant, cette expression. Alors quelle est son origine, monsieur Jesaistout ?<\/p><p>&#8211; Il ne s&rsquo;agit pas de Cancale, mais de Tantale, roi de Ly\u00addie, qui fut puni par les dieux \u00e0 qui il avait servi son propre fils comme plat de r\u00e9sistance. Comme ils avaient l&rsquo;estomac d\u00e9licat, ils le condamn\u00e8rent \u00e0 souffrir de faim et de soif, pr\u00e8s d&rsquo;une eau qui s&rsquo;\u00e9vaporait quand il voulait la boire, et de fruits qui dispa\u00adraissaient quand il essayait de les attraper.<\/p><p>&#8211; Ah ouais ? Et c&rsquo;est s\u00fbr, \u00e7a ?<\/p><p>&#8211; Ca fait partie des mythes classiques. Que veux-tu, c&rsquo;est \u00e7a la culture !<\/p><p>&#8211; Ouais ! Moins on en a, plus on l&rsquo;\u00e9tale ! Franchement, je pr\u00e9f\u00e8re l&rsquo;histoire de tonton Fernand. Lui au moins, il ne se contentait pas d&rsquo;apprendre b\u00eatement les choses inutiles. Il pr\u00e9f\u00e9rait les inventer. C&rsquo;\u00e9tait un po\u00e8te, le tonton Fernand !<\/p><p>&#8211; Comme le bourgeois gentilhomme, il faisait de la prose sans le savoir.<\/p><p>&#8211; Oh \u00e7a va ! Arr\u00eate de te moquer de ma famille, ou je me tire !<\/p><p>&#8211; Toi, partir maintenant, alors qu&rsquo;ils ont presque fini leur dessert ? Je parie n&rsquo;importe quoi que tu en es incapable. La curiosit\u00e9 est une des caract\u00e9ristiques qui a le mieux r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 ta mort.<\/p><p>&#8211; Salaud ! Je me vengerai !<\/p><p>&#8211; Tais-toi donc, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que \u00e7a s&rsquo;anime, en bas.\u00a0\u00bb<\/p><p>\u00a0<\/p><p>De fait, le repas tire \u00e0 sa fin. Marie, qui s&rsquo;est discr\u00e8tement \u00e9clips\u00e9e une fois servie la tarte tatin, vient de revenir dans la cuisine en annon\u00e7ant que les lits \u00e9taient faits, dans la chambre d&rsquo;amis, et qu&rsquo;elle avait trouv\u00e9 deux pyjamas qui pourraient con\u00advenir \u00e0 ces demoiselles. Oc\u00e9ane est de corpulence comparable \u00e0 Martine, et se glisse sans encombre dans les v\u00eatements de la d\u00e9funte. Jacques, en proposant que la jeune femme profite de la garde-robe de sa femme, a ob\u00e9i \u00e0 un r\u00e9flexe pratique, sans aucune pens\u00e9e morbide. Puis, pendant qu&rsquo;il attendait, dans la cuisine, que les deux canadiennes se changent, il a eu un mo\u00adment de crainte \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de voir, port\u00e9s par une autre, les v\u00eate\u00adments de sa femme, soigneusement rang\u00e9s dans la grande armoire de sa chambre depuis la disparition de Martine, et r\u00e9\u00adguli\u00e8rement a\u00e9r\u00e9s depuis par une Marie toujours attentive aux d\u00e9tails. Mais il n&rsquo;en a rien \u00e9t\u00e9. Oc\u00e9ane a choisi une tenue des plus banales, et elle est trop diff\u00e9rente pour que renaisse un quelconque souvenir. Il r\u00e9agit de m\u00eame \u00e0 l&rsquo;\u00e9vocation du pr\u00eat d&rsquo;un pyjama. La jeune qu\u00e9b\u00e9coise b\u00e9n\u00e9ficiera en effet de v\u00eatements neufs. Martine avait achet\u00e9 plusieurs de ces tenues de nuit chaudes et confortables, en pr\u00e9visions des hivers bretons, mais elle s&rsquo;est toujours couch\u00e9e nue dans les bras de son \u00e9poux, pratiquant ce qu&rsquo;elle appelait le partage de la chaleur animale pour vaincre la froidure nocturne.<\/p><p>\u00a0<\/p><p>Tout le monde se l\u00e8ve donc. Oc\u00e9ane prend dans ses bras la petite fille qui lutte de plus en plus difficilement contre le sommeil, et part la coucher. Les \u00e9poux Martinez lui souhaitent le bonsoir. Puis, rest\u00e9s seuls avec Jacques, ils d\u00e9barrassent la table en tournemain, enfournant la vaisselle dans la machine \u00e0 laver, avant de prendre cong\u00e9 de leur patron. Le grand bon\u00adhomme quitte la cuisine \u00e0 son tour, et rejoint son bureau, en prenant soin de laisser l&rsquo;\u00e9clairage signaler l&rsquo;itin\u00e9raire, afin que la jeune femme le rejoigne sans encombre. Arriv\u00e9 dans sa tani\u00e8re, il ouvre le bas du secr\u00e9taire et en sort un whisky de premi\u00e8re qualit\u00e9, un Islay single malt de seize ans d&rsquo;\u00e2ge \u00e0 la robe d&rsquo;ambre profond, qu&rsquo;il sert dans deux grands verres \u00e0 di\u00adgestif. Puis, sans cesser de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re de conduire l&rsquo;entretien qu&rsquo;il pr\u00e9voit p\u00e9nible de toute fa\u00e7on, il s&rsquo;assied der\u00adri\u00e8re son bureau et bourre m\u00e9thodiquement sa plus belle pipe. Il est en train d&rsquo;en soigner l&rsquo;allumage quand la jeune femme frappe timidement \u00e0 sa porte.<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Entrez, mademoiselle Monplaisir, je vous attendais. As\u00adseyez-vous dans ce fauteuil, vous y serez confortablement install\u00e9e. Tenez, je vous ai servi un whisky. J&rsquo;esp\u00e8re que cela vous convient.<\/p><p>&#8211; Un whisky, \u00e0 cette heure ! Ma foi, pourquoi pas ?<\/p><p>&#8211; Le whisky, quand il est de qualit\u00e9, est un merveilleux di\u00adgestif, mademoiselle, et c&rsquo;est un bien grand dommage de voir quelques iconoclastes le couper d&rsquo;eau et le tuer \u00e0 coup de gla\u00ad\u00e7ons.<\/p><p>&#8211; Je saurais m&rsquo;en souvenir.\u00a0\u00bb lui r\u00e9pond la jeune femme en s&rsquo;installant dans le seul fauteuil de la pi\u00e8ce.<\/p><p>Ils se font face, un moment, sans parler, chauffant dou\u00adcement le breuvage dor\u00e9 en le faisant tourner dans les verres cal\u00e9s aux creux de leurs mains. Le silence est juste soulign\u00e9 des discrets claquements du ch\u00eane sec qui offre aux \u00e2mes et aux corps la chaleur de sa disparition. Maurice, pr\u00e9voyant, a rang\u00e9 pr\u00e8s de l&rsquo;\u00e2tre quelques grosses b\u00fbches, pour le cas o\u00f9 la discussion durerait une partie de la nuit. Puis, comme c&rsquo;est souvent le cas en de pareilles circonstances, ils ouvrent la bouche en m\u00eame temps. Mais Jacques, galant par \u00e9ducation autant que par calcul, la referme aussit\u00f4t pour laisser la jeune femme s&rsquo;exprimer.<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Je tenais, une fois encore, \u00e0 vous remercier pour votre accueil, monsieur R\u00e9miniac. Jonathan m&rsquo;a souvent parl\u00e9 de vous, et j&rsquo;avoue que je craignais un peu de vous rencontrer en venant ici.<\/p><p>&#8211; Le portrait \u00e9tait donc si terrible ?<\/p><p>&#8211; Oh non ! Le mot est bien trop fort. Dans sa fa\u00e7on de parler de vous, on sentait que Jonathan vous aimait beaucoup, et qu&rsquo;il d\u00e9plorait sinc\u00e8rement de ne pas savoir communiquer avec vous aussi bien qu&rsquo;il l&rsquo;aurait souhait\u00e9. En partageant les torts.<\/p><p>&#8211; Je vois. Trente pour cent pour lui et le reste pour moi, sans doute.<\/p><p>&#8211; Pas tout \u00e0 fait.<\/p><p>&#8211; Mais pas loin.<\/p><p>&#8211; Pas loin.<\/p><p>&#8211; Et qu&rsquo;est-ce qui vous am\u00e8ne donc ici aujourd&rsquo;hui, apr\u00e8s tout ce temps ?<\/p><p>&#8211; Comme je vous l&rsquo;ai dit, c&rsquo;est tr\u00e8s personnel, et sans vouloir vous offenser, je ne peux en parler qu&rsquo;\u00e0 Jonathan lui-m\u00eame.<\/p><p>&#8211; J&rsquo;ai bien peur que ce ne soit impossible.<\/p><p>&#8211; Pourquoi ? Vous ne le voyez plus, vous vous \u00eates que\u00adrell\u00e9s ?\u00a0\u00bb<\/p><p>Jacques ne r\u00e9pond pas. Il se l\u00e8ve et se met \u00e0 marcher derri\u00e8re son bureau, \u00e0 pas lents, faisant plusieurs allers et retours avant de s&rsquo;immobiliser de nouveau, les mains crois\u00e9es derri\u00e8re le dos, face \u00e0 la jeune femme.<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Non, mademoiselle Monplaisir, nous ne nous sommes pas querell\u00e9s. Mais vous avez vu mon fils plus r\u00e9cemment que moi.<\/p><p>&#8211; Je ne comprends pas. que voulez-vous dire ? Je n&rsquo;ai pas revu Jonathan depuis son d\u00e9part du Qu\u00e9bec, pour les f\u00eates de No\u00ebl il y a trois ans. Il m&rsquo;a juste dit en partant qu&rsquo;il venait passer une quinzaine de jours de vacances ici, pour discuter avec vous, et essayer de renouer les fils du dialogue. Il disait qu&rsquo;il n&rsquo;y avait aucune raison de ne pas r\u00e9ussir \u00e0 dire de vive voix ce qu&rsquo;il parvenait pourtant \u00e0 vous \u00e9crire. Quand je ne l&rsquo;ai pas vu rentrer, je me suis dit qu&rsquo;il avait choisi de rester avec vous. Et je ne l&rsquo;ai pas revu depuis.<\/p><p>&#8211; Jonathan n&rsquo;est jamais arriv\u00e9 au manoir. Il s&rsquo;est tu\u00e9 en voiture \u00e0 moins de cinq kilom\u00e8tres d&rsquo;ici. Je n&rsquo;ai pas revu mon fils depuis son dernier d\u00e9part pour le Canada, il y a cinq ans. Je n&rsquo;ai m\u00eame pas pu reconna\u00eetre le corps. On m&rsquo;a expliqu\u00e9 que \u00e7a ne servirait \u00e0 rien, compte tenu de la violence du choc. Le seul \u00e9l\u00e9ment que l&rsquo;on m&rsquo;a offert en consolation, c&rsquo;est l&rsquo;affirma\u00adtion qu&rsquo;il ne s&rsquo;\u00e9tait s\u00fbrement rendu compte de rien.<\/p><p>&#8211; Excusez-moi je&#8230; Je ne pouvais pas savoir. Je suis vraiment d\u00e9sol\u00e9e&#8230;<\/p><p>&#8211; Et pourquoi donc ? Vous n&rsquo;y \u00eates pour rien.<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est terrible. Il se faisait une telle f\u00eate \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de vous revoir. Il avait beaucoup m\u00fbri, pendant ses deux derni\u00e8res an\u00adn\u00e9es \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 et&#8230; Excusez-moi, je crois que je vais pleu\u00adrer.<\/p><p>&#8211; Ne vous g\u00eanez pas pour moi, laissez-vous aller, il para\u00eet que \u00e7a fait du bien. Si vous saviez comme je vous envie de pouvoir pleurer comme \u00e7a. C&rsquo;est quelque chose que je ne sais pas faire.\u00a0\u00bb<\/p><p>Le silence retombe dans le bureau. Le feu lui-m\u00eame semble retenir ses flammes, concentrant son \u00e9nergie dans la braise, afin sans doute de ne pas para\u00eetre incongr\u00fbment joyeux. Jacques se rassied. Il est loin, quelque part au fond de son \u00e2me, \u00e0 la recherche de ses disparus. Oc\u00e9ane sanglote sans bruit, le visage dans la main gauche, le coude appuy\u00e9 sur le genou, tandis que la droite, machinalement, continue \u00e0 faire tourner le whisky dans le grand verre. La pause tristesse dure un long moment. Puis la jeune femme renifle, avale d&rsquo;un trait son reste d&rsquo;alcool, repose le verre vide sur le bord du bureau et s&rsquo;essuie les yeux \u00e0 l&rsquo;aide du mouchoir \u00e0 carreaux que Jacques vient de lui tendre par-dessus la table de travail. Lui s&rsquo;est en\u00adfonc\u00e9 dans sa chaise et attend. Ils se regardent. Machinale\u00adment, elle rogne un coin de l&rsquo;ongle de son index droit, tandis qu&rsquo;il reste aussi immobile qu&rsquo;une statue. Enfin, la jeune femme reprend.:<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Je suis vraiment d\u00e9sol\u00e9e d&rsquo;\u00eatre tomb\u00e9e comme \u00e7a chez vous. Je n&rsquo;avais pas imagin\u00e9 que si Jonathan n&rsquo;\u00e9tait pas revenu \u00e0 Qu\u00e9bec, c&rsquo;\u00e9tait pour une raison aussi&#8230; d\u00e9finitive. Je m&rsquo;en veux de vous avoir d\u00e9rang\u00e9. Je repartirai d\u00e8s demain matin.<\/p><p>&#8211; Rien ne presse, je vous rassure. Vous \u00eates en ce moment plus \u00e0 plaindre que moi. Le temps peu \u00e0 peu adoucit les peines et transforme les chagrins les plus violents en une m\u00e9lancolie presque supportable. J&rsquo;ai eu le temps d&rsquo;apprendre. Quant \u00e0 votre d\u00e9part, rien ne presse. N&rsquo;h\u00e9sitez pas \u00e0 rester quelques jours. La maison est grande, et monsieur et madame Martinez seront ravis de voir quelqu&rsquo;un. Nous vivons un peu retir\u00e9s du monde, depuis la mort de mon fils.<\/p><p>&#8211; Je vous remercie, monsieur. Mais puisque Jonathan est mort, je n&rsquo;ai plus rien \u00e0 faire ici.<\/p><p>&#8211; Vous avez dit, avant le repas, que votre d\u00e9part de Qu\u00e9bec avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cipit\u00e9. \u00cates-vous s\u00fbre que je ne peux rien faire pour vous ? Apr\u00e8s tout, rendre service \u00e0 une camarade de Jonathan serait pour moi une fa\u00e7on d&rsquo;honorer sa m\u00e9moire, ne pensez-vous pas ? Si vous me disiez maintenant pourquoi vous teniez tant \u00e0 rencontrer mon fils.<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est que&#8230;<\/p><p>&#8211; Je suis un vieil \u00e9go\u00efste. Vous devez tomber de fatigue, et la nouvelle de la disparition de Jonathan n&rsquo;est pas faite pour arranger les choses. Peut-\u00eatre pr\u00e9f\u00e9rez-vous laisser passer la nuit ? Nous pouvons en reparler demain.<\/p><p>&#8211; Non, ce n&rsquo;est pas \u00e7a.<\/p><p>&#8211; Alors quoi ? Qu&rsquo;y a-t-il de si grave que vous ne puissiez confier au p\u00e8re d&rsquo;un ami ?<\/p><p>&#8211; Vous ne savez rien de moi. S&rsquo;il me faut tout vous expli\u00adquer, il y en a pour un moment.<\/p><p>&#8211; Vous savez, mademoiselle Monplaisir, je n&rsquo;attends plus grand chose de la vie. Je dispose par cons\u00e9quent de tout le temps n\u00e9cessaire pour vous \u00e9couter.<\/p><p>&#8211; Je ne sais plus o\u00f9 j&rsquo;en suis. Tout s&rsquo;\u00e9croule autour de moi, et&#8230;<\/p><p>&#8211; Raison de plus pour vous confier \u00e0 moi. Allons, made\u00admoiselle, s&rsquo;il vous pla\u00eet, je vous \u00e9coute.<\/p><p>&#8211; D&rsquo;accord. Je vais tout vous raconter. Mais quelque chose me dit que mon histoire ne va pas vous plaire du tout. De toute fa\u00e7on, je n&rsquo;ai plus rien \u00e0 perdre.<\/p><p>&#8211; A la bonne heure.<\/p><p>&#8211; Deux choses, avant de commencer. Je veux bien encore un peu de cet excellent whisky. Je n&rsquo;ai pas l&rsquo;habitude de boire, mais il est des circonstances o\u00f9 l&rsquo;alcool peut aider. Et puis j&rsquo;ai\u00admerais que vous cessiez de m&rsquo;appeler mademoiselle, si \u00e7a ne vous d\u00e9range pas.<\/p><p>&#8211; Accord\u00e9 pour le whisky. En ce qui concerne votre deuxi\u00e8me souhait, je vous promets de faire mon possible. Mais je suis de la vieille \u00e9cole, je ne vous assure pas de r\u00e9ussir du premier coup.<\/p><p>&#8211; Ce sera d\u00e9j\u00e0 bien d&rsquo;essayer. Allons-y alors, je vais vous raconter l&rsquo;histoire de ma vie. Mais je vous pr\u00e9viens, \u00e7a vaut \u00ab\u00a0sans famille\u00a0\u00bb tous les jours.\u00a0\u00bb<\/p><p>Jacques a rempli les verres de nouveau, et se pr\u00e9pare une autre pipe. Il va enfin savoir ce que fait cette jeune incon\u00adnue chez lui.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>chapitre 5 VISITE \u00ab\u00a0&#8211; Enfin Maurice, ne laisse pas ces pauvres gens sous la pluie, fais-les entrer ! &#8211; Oui bien s\u00fbr, tu as raison, je perds la t\u00eate. Entrez ma\u00addame, mettez-vous \u00e0 l&rsquo;abri. &#8211; Je vous remercie,\u00a0\u00bb murmure la jeune femme avec un fort accent canadien. \u00ab\u00a0Il fait vraiment froid, sous la pluie. &#8211; [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[64],"tags":[],"class_list":["post-1607","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-feuilleton"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Les carnets... \u00e9pisode 5 - Pierre-Yves N\u00e9d\u00e9lec<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"D\u00e9j\u00e0 le cinqui\u00e8me \u00e9pisode du feuilleton &quot;Les carnets de Jonathan&quot; ! 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