{"id":1573,"date":"2024-03-22T15:19:33","date_gmt":"2024-03-22T14:19:33","guid":{"rendered":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1573"},"modified":"2024-03-22T15:53:19","modified_gmt":"2024-03-22T14:53:19","slug":"les-carnets-de-jonathan-episode-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pierre-yves-nedelec.fr\/?p=1573","title":{"rendered":"Les carnets de Jonathan &#8211; \u00e9pisode 1"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"1573\" class=\"elementor elementor-1573\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-c68d84a e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"c68d84a\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-d233be6 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"d233be6\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p>J&rsquo;ai, cach\u00e9s dans de vieux dossiers de mon ordinateurs, quelques romans qui n&rsquo;ont pas eu l&rsquo;heur de plaire aux \u00e9diteurs, en leur temps. A cette \u00e9poque l\u00e0, l&rsquo;\u00e9dition \u00e0 la demande n&rsquo;existait pas. La nuit derni\u00e8re, je me suis dit, comme \u00e7a, que je pourrais les transformer en feuilletons, comme \u00e7a se faisait jadis. Et je vous propose de commencer par celui-ci : \u00ab\u00a0les carnets de Jonathan\u00a0\u00bb<\/p><p>\u00a0<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-6ba2878 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"6ba2878\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-e428285 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"e428285\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p>CHAPITRE 1<\/p><p>D\u00e9part<\/p><p>Noir, froid, silence. Voici qui r\u00e9sume assez pr\u00e9cis\u00e9ment mon environnement. Sensation \u00e9trange de n&rsquo;\u00eatre rien, ni personne, de ne venir de nulle part, de n&rsquo;\u00eatre nulle part, de n&rsquo;aller nulle part. Je ne suis qu&rsquo;un non-\u00e9l\u00e9ment. J&rsquo;appartiens au vide qui m&rsquo;entoure. Je suis le vide. Je ne sens rien. Aucun contact physique avec une quelconque mati\u00e8re. Je flotte, immobile, au sein d&rsquo;un rien absolu. Pas d&rsquo;odeur, pas de bruit, aucune sensation \u00e0 l&rsquo;exception de ce froid qui ne m&rsquo;agresse m\u00eame pas. Je souhaiterais juste avoir un peu plus chaud, c&rsquo;est tout. Il faudrait que je bouge, mais je n&rsquo;y tiens pas vraiment. Ce serait trop fatiguant. Mes pens\u00e9es, peu \u00e0 peu, se rassemblent et s&rsquo;ordonnent, jusqu&rsquo;\u00e0 constituer une sorte de conscience embryonnaire. J&rsquo;ai l&rsquo;impression de me construire. Je ne sais pas o\u00f9 je suis, je ne sais pas pourquoi j&rsquo;y suis, ni comment j&rsquo;y suis arriv\u00e9. Il doit s&rsquo;agir d&rsquo;un r\u00eave, mais je n&rsquo;ai pas souvenir en avoir jamais fait de semblable. Je commence \u00e0 \u00e9prouver un sentiment d\u00e9sagr\u00e9able. Je voudrais bouger maintenant, mais, comme je n&rsquo;y parviens pas, ce sentiment se transforme en inqui\u00e9tude. Je ne peux pas faire un mouvement. Je ne sais m\u00eame plus comment on fait. L&rsquo;inqui\u00e9tude devient panique.<\/p><p>Il faut que je me r\u00e9veille. J&rsquo;ai lu un truc, l\u00e0-dessus, il y a longtemps. Il para\u00eet qu&rsquo;en se concentrant tr\u00e8s s\u00e9rieusement, on peut interrompre un r\u00eave, et reprendre pied dans la r\u00e9alit\u00e9. Que disait cet article d\u00e9j\u00e0 ? Il me semble me souvenir qu&rsquo;il conseillait de s&rsquo;appuyer sur des \u00e9l\u00e9ments tangibles, irr\u00e9futables, et de reconstruire sur ces bases un environnement familier dans lequel le r\u00eave, ou le cauchemar, n&rsquo;a plus sa place. Commencez par prononcer votre nom, indiquait l&rsquo;auteur, celui de vos parents, votre date de naissance, rem\u00e9morez-vous des souvenirs lointains. Reconstruisez-vous, concluait-il, comme vous \u00eates vraiment, et vous d\u00e9truirez ainsi le personnage du r\u00eave. C&rsquo;est \u00e9tonnant comme cet article me revient clairement en m\u00e9moire, alors que j&rsquo;avais oubli\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 son existence. Apr\u00e8s tout, je ne risque rien \u00e0 essayer. Reprenons calmement par le commencement.<\/p><p>Je m&rsquo;appelle &#8230; Comment est-ce que je m&rsquo;appelle d\u00e9j\u00e0 ? Bon Dieu, son truc, c&rsquo;est plus facile \u00e0 lire qu&rsquo;\u00e0 faire. J&rsquo;ai l&rsquo;impression que mon r\u00eave ne veut pas \u00eatre d\u00e9truit. Il r\u00e9siste, le bougre. Il faut que je me concentre davantage. Il faut que je trouve un \u00e9l\u00e9ment de d\u00e9part, une des extr\u00e9mit\u00e9s du fil pour pouvoir d\u00e9rouler l&rsquo;\u00e9cheveau. Mais sur quoi m&rsquo;appuyer ? \u00c7a y est, je sais, je suis un homme. J&rsquo;en suis s\u00fbr. Je n&rsquo;ai pas de moyen de le v\u00e9rifier, mais je suis absolument formel. Je suis un homme. Un tout jeune homme m\u00eame. \u00c7a marche! Je commence \u00e0 d\u00e9brouiller la pelote.<\/p><p>Je suis un jeune homme et je m&rsquo;appelle Jonathan. Jona\u00adthan R\u00e9miniac. J&rsquo;ai vingt-six ans. Mieux, j&rsquo;ai vingt-six ans aujourd&rsquo;hui ! C&rsquo;est mon anniversaire ! Le voile se d\u00e9chire peu \u00e0 peu. Nous avons f\u00eat\u00e9 plusieurs anniversaires lors d&rsquo;une party monumentale, comme on sait seulement les organiser dans le nouveau monde, l\u00e0 o\u00f9 on n&rsquo;a jamais peur d&rsquo;en faire trop. La fiesta a dur\u00e9 plusieurs jours, deux ou trois je crois, et autant de nuits. On a dans\u00e9 n&rsquo;importe quoi, on a bu pas mal, certains ont m\u00eame consomm\u00e9 d&rsquo;autres cochonneries, c&rsquo;est in\u00e9vitable. Je les revois, ces piqu\u00e9s de la narine, en train d&rsquo;essayer de convaincre les plus jeunes des m\u00f4mes de partager leur vice, et de devenir ainsi une fraction de chiffre d&rsquo;affaires. Je me souviens que je leur suis rentr\u00e9 dans le chou. Pens\u00e9e r\u00e9confortante, je ne suis donc pas un salaud int\u00e9gral. G\u00e9nial ! Mais je n&rsquo;ai pas le temps d&rsquo;approfondir. Ma biblioth\u00e8que de souvenirs personnels s&rsquo;est d\u00e9bloqu\u00e9e, et je n&rsquo;ai plus moyen de stopper les images qui d\u00e9filent, comme en Cin\u00e9mascope. La rixe n&rsquo;a pas dur\u00e9 longtemps, d&rsquo;autres personnes, aux contours encore flous, nous ont s\u00e9par\u00e9s. Les amateurs de paradis chimiques se sont retir\u00e9s dans un coin, et ont arr\u00eat\u00e9, au moins momentan\u00e9ment, la promotion de leur sale petit commerce. Alors nous avons recommenc\u00e9 \u00e0 nous amuser. Je vois des filles, jolies et pas farouches. Je ne crois pourtant pas \u00eatre sorti avec aucune d&rsquo;entre elles, comme si quelque chose, une absente peut-\u00eatre, m&rsquo;avait retenu, mais c&rsquo;est un remugle plus qu&rsquo;un souvenir. J&rsquo;ai l&rsquo;impression, en revanche, d&rsquo;avoir pas mal bu, lors de cette sauterie : pour suivre le mouvement, par faiblesse, sans doute, mais sans r\u00e9elle envie. Je n&rsquo;ai pas l&rsquo;habitude de boire. Puis je suis parti, avant la fin des r\u00e9jouissances, presque en douce. Je crois que je n&rsquo;avais pas vraiment envie de dire au revoir aux gens que je laissais derri\u00e8re moi. Qu&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient que des relations de passage. Je ne me souviens plus de leur nom. Je revois des visages, et j&rsquo;entends des voix. J&rsquo;ai de la sympathie pour certains d&rsquo;entre eux, et une r\u00e9action de rejet vis-\u00e0-vis des autres, mais sans que ces \u00e9motions soient d&rsquo;une qualit\u00e9 telle qu&rsquo;elles m\u00e9ritent que l&rsquo;on s&rsquo;y arr\u00eate. C&rsquo;est assez difficile \u00e0 expliquer, mais j&rsquo;ai comme l&rsquo;impression qu&rsquo;en quittant cette grande villa au cours de la f\u00eate, je suis descendu d&rsquo;un train, quelques stations avant le terminus, en laissant derri\u00e8re moi tous ces gens sans importance. Pourtant, je sais \u00e9galement que le voyage que nous avons fait ensemble a dur\u00e9 un certain temps. C&rsquo;est un pan de ma vie qui s&rsquo;efface. Un pan banal, sans \u00e9clat. Bah, tant pis !<\/p><p>En quittant la maison, je suis mont\u00e9 dans une petite voiture rouge, un coup\u00e9 japonais quelconque. Ce n&rsquo;est pas ma voiture. Jamais je n&rsquo;aurais pu acheter un truc pareil. Pourtant, j&rsquo;ai pris le volant, et je suis parti, seul. J&rsquo;ai rang\u00e9 le petit engin, moins d&rsquo;une heure plus tard, sur le parking d&rsquo;un grand a\u00e9roport. J&rsquo;ai r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 mes bagages dans la malle arri\u00e8re. Mon bagage, plut\u00f4t, je voyage l\u00e9ger. C&rsquo;est un grand sac de toile noire, un de ces polochons informes mais pratiquement indestructibles. J&rsquo;ai gliss\u00e9 les cl\u00e9s dans l&rsquo;aile arri\u00e8re. C&rsquo;\u00e9tait pr\u00e9vu. Mais vraiment, je n&rsquo;arrive pas \u00e0 me souvenir \u00e0 qui peut \u00eatre cette voiture. \u00c9trange, la fa\u00e7on dont travaille la m\u00e9moire. Les d\u00e9tails reviennent en masse, mais il me manque encore l&rsquo;essentiel.<\/p><p>J&rsquo;ai pris l&rsquo;avion. En classe \u00e9conomique. Le voyage fut as\u00adsez long, mais je n&rsquo;ai pas r\u00e9ussi \u00e0 dormir. Ce n&rsquo;est pas de la peur, ou de l&rsquo;\u00e9nervement. Il me semble plut\u00f4t que je suis mal dans ma peau, que je tra\u00eene un fond de cafard sans con\u00adsistance. Dr\u00f4le d&rsquo;ambiance pour une soir\u00e9e d&rsquo;anniversaire. Car c&rsquo;est le soir. L&rsquo;avion a d\u00e9coll\u00e9 dans la nuit, mais c&rsquo;est vrai que les nuits d&rsquo;hiver sont longues \u00e0 Qu\u00e9bec. Nous avons crois\u00e9 le soleil au dessus de l&rsquo;oc\u00e9an, avant d&rsquo;atterrir \u00e0 Paris, sous une petite pluie froide et hostile. Donc je viens du Canada, et je suis en France. Impression, de nouveau : je ne suis pas canadien. Je reviens en France. Pour qui, pourquoi ? Chaque chose en son temps. Chaque fois que j&rsquo;essaie de stopper le d\u00e9roulement du film pour obtenir une pr\u00e9cision, j&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;entendre toute la salle me sommer, d&rsquo;un chuintement sec, de la fermer. Alors je laisse glisser. Je suis \u00e0 Paris. Tout est organis\u00e9. Ou plus exactement, j&rsquo;ai tout organis\u00e9. Voil\u00e0 encore un \u00e9l\u00e9ment dont je ressens la r\u00e9alit\u00e9. Je suis un \u00eatre autonome, et j&rsquo;ai en horreur les gens qui souhaitent s&rsquo;occuper de mes affaires. Une voiture de location, dont j&rsquo;ai r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 les cl\u00e9s aupr\u00e8s d&rsquo;une h\u00f4tesse, charmante au demeurant, m&rsquo;attend sur le parking. C&rsquo;est une berline allemande de petite taille, mais avec un gros moteur, comme je les aime. mon personnage se reconstruit peu \u00e0 peu. Je suis Jonathan R\u00e9miniac. Je suis breton. J&rsquo;habite Qu\u00e9bec, ville o\u00f9 je suis officiellement install\u00e9 pour suivre des \u00e9tudes de management. Des \u00e9tudes dont je n&rsquo;ai rien \u00e0 faire, mais que je r\u00e9ussis quand m\u00eame, ce qui me permet de les faire financer, ainsi qu&rsquo;une partie du s\u00e9jour \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger qu&rsquo;elles impliquent, par \u00ab\u00a0Sir\u00a0\u00bb R\u00e9miniac, mon paternel, homme honn\u00eate, droit jusqu&rsquo;\u00e0 en \u00eatre rigide, homme d&rsquo;affaires efficace qui \u00ab\u00a0fait\u00a0\u00bb dans le conseil en investissements, qui se donne sans compter \u00e0 ses clients, au d\u00e9triment de tout le reste. Sans \u00eatre un vrai nabab, mon p\u00e8re est tr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;aise, mais il n&rsquo;a pas une minute \u00e0 lui pour d\u00e9penser son pognon. Alors je le pompe sans vergogne, et il l\u00e2che d&rsquo;autant plus facilement ses dollars qu&rsquo;il doit penser ainsi me payer peu \u00e0 peu les int\u00e9r\u00eats dus sur le temps qu&rsquo;il ne m&rsquo;a pas consacr\u00e9 depuis la mort de Maman, il y a tr\u00e8s tr\u00e8s longtemps. Je crois que pour lui, l&rsquo;argent importe peu, et que, quelque part, il bosse pour oublier que la femme de sa vie n&rsquo;a eu que le temps de lui devenir indispensable avant de se faire enlever par la Faucheuse, en lui laissant dans les pattes un petit bout d&rsquo;homme qui ne s&rsquo;est jamais comport\u00e9 comme il l&rsquo;aurait souhait\u00e9. Je ne lui en veux pas, \u00e0 ce cher vieux Papa. Mais nous vivons dans des mondes parall\u00e8les, qui comme toutes les parall\u00e8les du monde ne peuvent esp\u00e9rer se rejoindre que quelque part du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;infini, vers la fin de l\u2019\u00e9ternit\u00e9. D&rsquo;ici-l\u00e0, moins on se voit et plus on s&rsquo;aime. Il nous arrive quand m\u00eame de r\u00e9ussir \u00e0 nous parler, par t\u00e9l\u00e9phone, quand l&rsquo;Atlantique nous s\u00e9pare. Pourtant, allez, je vais vous faire une confidence : je crois que j&rsquo;\u00e9volue un peu, en ce qui le concerne. Plus j&rsquo;avance dans la vie, et mieux je comprends la fa\u00e7on dont il fonctionne, m\u00eame si je consid\u00e8re que son syst\u00e8me de valeurs n&rsquo;est plus adapt\u00e9 \u00e0 notre monde. Je lui pardonne ses absences dans ma vie d&rsquo;enfant, parce que je commence \u00e0 comprendre \u00e0 quel point mon existence lui rendait plus intol\u00e9rable encore la mort de cette femme qu&rsquo;il aima passionn\u00e9ment. et je suis en route pour essayer de me faire pardonner \u00e0 mon tour la rudesse avec laquelle je le traite en retour, depuis l&rsquo;adolescence. Il ne sait pas que je reviens. Seule Mamie Martinez est dans la confidence, car il a bien fallu que je lui t\u00e9l\u00e9phone pour v\u00e9rifier que mon p\u00e8re passerait effectivement la semaine de No\u00ebl au Manoir, et pas \u00e0 Paris.<\/p><p>Je suis donc en voiture pour rejoindre ce cher vieux en esp\u00e9rant qu&rsquo;il trouvera la surprise \u00e0 son go\u00fbt. Nous sommes le vingt-deux d\u00e9cembre, j&rsquo;ai eu vingt-six ans la nuit derni\u00e8re, quelque part au Canada, et je roule comme un malade sur l&rsquo;autoroute qui me ram\u00e8ne en Bretagne. Je suis crev\u00e9. Trois jours de fiesta, six heures d&rsquo;avion, six cents kilom\u00e8tres de voiture, c&rsquo;est avec plaisir que j&rsquo;arrive enfin \u00e0 l&#8217;embranchement qui marque le d\u00e9but de la derni\u00e8re partie du voyage. Je pense \u00e0 la bouteille de champagne de Californie qui dort dans mon sac, et que j&rsquo;ai achet\u00e9e sp\u00e9cialement pour faire r\u00e2ler l&rsquo;amateur de jus de raisin tricolore qu&rsquo;il est. Ma m\u00e9moire fonctionne maintenant presque parfaitement. Presque seulement car je n&rsquo;en ai toujours pas le contr\u00f4le. Mais qu&rsquo;importe, je sens qu&rsquo;il n&rsquo;y en a plus pour longtemps. Je pilote la petite voiture \u00e0 la limite. Je n&rsquo;ai jamais support\u00e9 les paquebots am\u00e9ricains qui font la loi \u00e0 quatre-vingts kilom\u00e8tres\/heure, l\u00e0-bas. Ici, je prends mon pied beaucoup plus rapidement. La nuit est tomb\u00e9e, mais il fait un temps sec et froid qui autorise la conduite rapide. je ne suis plus qu&rsquo;\u00e0 quelques kilom\u00e8tres du Manoir, grosse b\u00e2tisse du d\u00e9but du si\u00e8cle qui domine de son opulent mauvais go\u00fbt l&rsquo;une des plus belles anses de la c\u00f4te de granit rose. L&rsquo;\u00e9troite route amorce un nouveau virage, avant de plonger dans un tunnel de verdure. Je rentre un rapport, et j&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re en cherchant la corde. Verglas. La voiture file tout droit, passe entre deux troncs d&rsquo;arbres, et plonge dans la prairie en contrebas. Noir int\u00e9gral. La boucle est boucl\u00e9e. Je me suis plant\u00e9. C&rsquo;est tout. J&rsquo;ai d\u00fb perdre connaissance, et je suis en train de reprendre pied doucement, ce qui explique la lenteur du processus. Bien. Maintenant que je me souviens de tout, il va falloir red\u00e9marrer la machine.<\/p><p>Il fait toujours aussi noir. Deux hypoth\u00e8ses : soit je suis aveugle, soit la voiture s&rsquo;est enfonc\u00e9e dans un buisson. Je n&rsquo;ai aucune sensation de douleur, et je suis d&rsquo;un naturel optimiste. J&rsquo;opte donc, pour l&rsquo;instant, pour la seconde possibilit\u00e9. En revanche, je ne peux toujours pas bouger, et l\u00e0, j&rsquo;ai beau me secouer les m\u00e9ninges (c&rsquo;est une image, bien entendu!) je n&rsquo;arrive pas \u00e0 imaginer autre chose qu&rsquo;une paralysie totale. Notez, elle peut \u00eatre r\u00e9versible, \u00e7a s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 vu. Je dois avoir pris un coup dans la moelle \u00e9pini\u00e8re, qui, comprim\u00e9e par un gros h\u00e9matome, me refuse tout service. Je ne suis pas toubib, mais si \u00e7a se trouve, \u00e7a explique aussi ma c\u00e9cit\u00e9 apparente. J&rsquo;ai de plus en plus froid. Il serait vraiment temps que l&rsquo;on me trouve. Le hic, c&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 cette heure-ci, sur cette petite route de campagne, et en plein hiver qui plus est, je risque d&rsquo;attendre longtemps. Il vaut mieux que je me pr\u00e9pare \u00e0 passer la nuit tout seul. Pens\u00e9e r\u00e9jouissante s&rsquo;il en est. Je crois me souvenir qu&rsquo;en ce qui concerne la colonne vert\u00e9brale, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;urgence. Il faut simplement ne pas bouger et attendre une intervention ext\u00e9rieure. Ce que, de toute fa\u00e7on, je suis condamn\u00e9 \u00e0 faire. Je vais en profiter pour faire une petite sieste, et r\u00e9cup\u00e9rer un peu de sommeil en retard. Allez, c&rsquo;est parti.<\/p><p>C&rsquo;est toujours la m\u00eame chose. Vous \u00eates crev\u00e9, vous avez brusquement, par un hasard inesp\u00e9r\u00e9, un moment de tranquillit\u00e9 pour piquer un petit somme, et le sommeil se refuse \u00e0 vous sans r\u00e9mission. Quoique, s&rsquo;il est vrai que j&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s fatigu\u00e9 juste avant l&rsquo;accident, ce n&rsquo;est plus le cas maintenant. J&rsquo;ai d\u00fb rester dans le coma un bon moment, ce qui pourrait expliquer mon \u00e9tat de forme actuel. Forme intellectuelle s&rsquo;entend, car pour ce qui est du physique, il pointe toujours aux abonn\u00e9s absents. Je commence \u00e0 m&rsquo;ennuyer s\u00e9rieusement, coinc\u00e9 dans cette \u00e9pave. Et cette nuit qui n&rsquo;en finit pas. Si le jour au moins se levait, je saurais enfin si je suis aveugle ou non. Mais peut-\u00eatre est-il d\u00e9j\u00e0 lev\u00e9. Je suis stupide, je ne sais plus du tout ce que je raconte&#8230;<\/p><p>Je r\u00eave peut-\u00eatre, comment savoir ? Mais il me semble que la nuit n&rsquo;est plus aussi sombre. Le noir se change peu \u00e0 peu en un gris improbable, laiteux, comme une aube d&rsquo;hiver un jour de brouillard.<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Salut !\u00a0\u00bb<\/p><p>C&rsquo;est une voix qu&rsquo;il me semble reconna\u00eetre, venue de tr\u00e8s loin dans mon pass\u00e9. La voix d&rsquo;une fille avec que j&rsquo;ai bien connue, il y a tr\u00e8s longtemps, bien avant le Canada. Elle est \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, toujours aussi jolie, brune, la bouille pleine de malice.<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Et bien, tu ne me reconnais pas ?\u00a0\u00bb<\/p><p>C&rsquo;est sa voix, ind\u00e9niablement, mais \u00e7a ne peut \u00eatre elle, la petite Jeannette, la fille des fermiers qui exploitaient les terres qui jouxtent le manoir. Elle est morte il y a au moins dix ans, en jouant sur le tracteur de son p\u00e8re. Je la regarde attentivement. C&rsquo;est son sourire, pourtant, et son regard espi\u00e8gle. B\u00eatement, je ne me rends compte que maintenant que je vois. Et que je peux bouger, puisque je me suis tourn\u00e9 vers elle.<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Alors, \u00e7a y est, \u00e7a revient ?<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est toi, Jeannette ?<\/p><p>&#8211; Ben oui, qui veux-tu que ce soit ?\u00a0\u00bb<\/p><p>Dieu, qu&rsquo;elle m&rsquo;en a fait voir, cette fille. Son imagination d\u00e9bordante inventait sans cesse de nouveaux jeux, dont j&rsquo;\u00e9tais la victime consentante. Je me souviens qu&rsquo;apr\u00e8s avoir \u00e9tudi\u00e9 \u00ab\u00a0La gloire de mon p\u00e8re\u00a0\u00bb de Pagnol, il lui \u00e9tait venu \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que nous pourrions revivre certaines sc\u00e8nes du bouquin, celles, notamment, o\u00f9 la petite fille faisait d\u00e9guster un tas d&rsquo;insectes peu rago\u00fbtants au jeune h\u00e9ros. Et j&rsquo;ai d\u00e9vor\u00e9 ma dose de cafards, pour ses beaux yeux. Bon Dieu, j&rsquo;avais oubli\u00e9 tout \u00e7a. C&rsquo;est comme si sa mort avait effac\u00e9 tous nos souvenirs communs, ceux des cafards, comme ceux des jeux plus tendres, et bien moins innocents, qu&rsquo;elle avait invent\u00e9s lors de notre dernier \u00e9t\u00e9. Et voil\u00e0 que tout revient. C&rsquo;est insens\u00e9. Je dois \u00eatre plus atteint que je ne l&rsquo;esp\u00e9rais, ou alors je r\u00eave encore.<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Mais enfin, Jeannette, tu es morte !<\/p><p>&#8211; Exact, et alors, \u00e7a te pose un probl\u00e8me ?<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est donc \u00e7a, je r\u00eave.<\/p><p>&#8211; Non non !<\/p><p>&#8211; Comment \u00e7a, non non ?<\/p><p>&#8211; Non non, tu ne r\u00eaves pas.<\/p><p>&#8211; \u00c9coute, je viens d&rsquo;avoir un accident de voiture, sans doute assez s\u00e9rieux, et j&rsquo;attends du secours d&rsquo;une minute \u00e0 l&rsquo;autre, alors, s&rsquo;il te pla\u00eet, tu me l\u00e2ches, et tu me laisses attendre en paix !<\/p><p>&#8211; T&rsquo;es pas croyable, comme mec. Il y a quelques minutes \u00e0 peine, tu t&rsquo;ennuyais. J&rsquo;arrive pour te tenir compagnie, bonne pomme, et tu me vires aussi sec. On m&rsquo;avait dit que ce ne serait pas facile, mais l\u00e0, c&rsquo;est le bouquet.<\/p><p>&#8211; Mais tu es morte !<\/p><p>&#8211; Tu l&rsquo;as d\u00e9j\u00e0 dit.<\/p><p>&#8211; Donc je ne peux pas te voir !<\/p><p>&#8211; Ah, mais tu ne me vois pas. Tu crois me voir, c&rsquo;est diff\u00e9\u00adrent.<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est bien ce que je disais, je r\u00eave.<\/p><p>&#8211; T&rsquo;es bouch\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9meri, mon pauvre bonhomme. Je te l&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 dis, tu ne r\u00eaves pas.<\/p><p>&#8211; Je ne comprends plus rien.<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est normal, c&rsquo;est une situation nouvelle pour toi. Et je suis l\u00e0 pour te l&rsquo;expliquer et t&rsquo;aider. Je suis ton guide, quoi.\u00a0\u00bb<\/p><p>Il fait parfaitement clair, maintenant, mais je ne distingue rien autour de la voiture. Jeannette est assise \u00e0 la place du mort, et me regarde toujours avec un fond de moquerie dans l\u2019\u0153il. J&rsquo;ai vraiment l&rsquo;impression qu&rsquo;elle se pr\u00e9pare de nouveau \u00e0 me faire manger des cafards.<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Dis voir, Jeannou, comment as-tu fait pour rentrer dans la voiture ?<\/p><p>&#8211; Je ne suis pas dans la voiture mon pauvre vieux. Tu es vraiment \u00e9tanche. Tiens, par exemple, d\u00e9cris moi !<\/p><p>&#8211; Pardon !<\/p><p>&#8211; Ben oui, dis moi comment tu me vois.<\/p><p>&#8211; Je te vois comme tu es, une gamine de seize ans, les cheveux natt\u00e9s, habill\u00e9e plut\u00f4t baba cool.<\/p><p>&#8211; Et bien \u00e7a, c&rsquo;est l&rsquo;image que tu t&rsquo;es fabriqu\u00e9e de moi en extrapolant tes souvenirs, et en y glissant une pinc\u00e9e de tes d\u00e9sirs \u00e0 mon sujet.<\/p><p>&#8211; Je suis peut-\u00eatre \u00e9tanche, mais toi, tu es opaque !<\/p><p>&#8211; Tu l&rsquo;as pourtant dit toi m\u00eame tout \u00e0 l&rsquo;heure, je suis morte, il y a dix ans de \u00e7a. Je venais de f\u00eater mes seize ans Je ne peux donc exister sous cette forme que dans le souvenir des gens qui m&rsquo;ont connue ainsi.<\/p><p>&#8211; Essayerais-tu de me faire croire que tu es un fant\u00f4me ?<\/p><p>&#8211; Grands Dieux surtout pas. Les fant\u00f4mes c&rsquo;est l&rsquo;horreur. Non, je veux essayer de te faire comprendre avec m\u00e9nagements que tu es pass\u00e9 de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du miroir.<\/p><p>&#8211; Arr\u00eate tes conneries, s&rsquo;il te pla\u00eet, je ne suis pas d&rsquo;humeur \u00e0 plaisanter.<\/p><p>&#8211; Mais je ne plaisante pas ! Admets-le une fois pour toutes, tu es mort, aussi mort que je le suis moi !<\/p><p>&#8211; Ben voyons, et tu peux me le prouver ?<\/p><p>&#8211; Je n&rsquo;en sais rien. \u00c7a d\u00e9pend de ta capacit\u00e9 \u00e0 admettre l&rsquo;in\u00e9luctable. Tiens, dis moi o\u00f9 nous sommes.<\/p><p>&#8211; Toi, je ne sais pas, mais moi je suis dans une \u00e9pave de voiture, quelque part sur le bas-c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une petite route de Bretagne.<\/p><p>&#8211; Eh ben non !<\/p><p>&#8211; Eh ben si !<\/p><p>&#8211; Ah ouais ?<\/p><p>&#8211; Ouais !<\/p><p>&#8211; Alors, regarde en bas !<\/p><p>&#8211; Je te demande pardon ?<\/p><p>&#8211; Y&rsquo;a pas de mal, regarde en bas, juste au dessous de nous.<\/p><p>&#8211; Si \u00e7a t&rsquo;amuse. Et je suis cens\u00e9 voir qu&#8230; Nom de Dieu !<\/p><p>&#8211; Eh, fais gaffe, Il n&rsquo;est pas loin et \u00e7a Il n&rsquo;aime pas.<\/p><p>&#8211; Mais o\u00f9 sommes-nous ?<\/p><p>&#8211; Quelque part dans l&rsquo;\u00e9ther, mon petit p\u00e8re.<\/p><p>&#8211; Et ce truc, en bas &#8230;<\/p><p>&#8211; Et oui, c&rsquo;est ta voiture, ou plut\u00f4t ce qu&rsquo;il en reste.<\/p><p>&#8211; Dis donc, c&rsquo;est pas joli joli.<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est le moins que l&rsquo;on puisse dire. C&rsquo;\u00e9tait quoi, avant que tu ne joues \u00e0 l&rsquo;acrobate ?<\/p><p>&#8211; Une jolie voiture allemande toute neuve ! J&rsquo;avoue hum\u00adblement que si c&rsquo;est vraiment tout ce qui reste de la voiture dans laquelle j&rsquo;ai pris la route \u00e0 Paris, je ne dois pas \u00eatre beau \u00e0 voir.<\/p><p>&#8211; En ce qui concerne ce que nous appelons ici ton enve\u00adloppe charnelle, je pense en effet que m\u00eame pour les greffes d&rsquo;organes, c&rsquo;est r\u00e2p\u00e9. Ta mort n&rsquo;aura servi \u00e0 rien mon pauvre vieux !<\/p><p>&#8211; Eh mollo, la m\u00f4me. J&rsquo;ai pas encore dis que je te croyais. C&rsquo;est peut-\u00eatre encore un de tes tours \u00e0 la mords-moi-le-noeud.<\/p><p>&#8211; Ah qu&rsquo;en termes galants ces choses-l\u00e0 sont dites. Dis donc p\u00e9p\u00e8re, je t&rsquo;ai connu plus d\u00e9f\u00e9rent \u00e0 mon \u00e9gard, il y a quelques ann\u00e9es. Tu sais que tu es plus t\u00eatu qu&rsquo;un Breton.<\/p><p>&#8211; Je suis breton !<\/p><p>&#8211; O.K. On va attendre ici. Apr\u00e8s tout, pour nous, le temps n&rsquo;a plus d&rsquo;importance.<\/p><p>&#8211; Et on attend quoi, Miss \u00ab\u00a0tu m&rsquo;les casses\u00a0\u00bb ?<\/p><p>&#8211; \u00c9coute Jonathan, nous allons avoir \u00e0 passer un bail en\u00adsemble, avant que tu ne sois capable de te d\u00e9brouiller tout seul. Alors s&rsquo;il te pla\u00eet, tu arr\u00eates avec tes surnoms stupides !<\/p><p>&#8211; Bon, d&rsquo;accord, j&rsquo;arr\u00eate. Jeannou, \u00e7a ira ?<\/p><p>&#8211; \u00c7a fait longtemps qu&rsquo;on ne m&rsquo;a pas appel\u00e9e comme \u00e7a. En fait, il n&rsquo;y a que toi \u00e0 l&rsquo;avoir fait, autrefois. \u00c7a me va.<\/p><p>&#8211; Bien, maintenant que l&rsquo;armistice est sign\u00e9, on attend quoi ?<\/p><p>&#8211; On attend les secours.<\/p><p>&#8211; \u00c7a va \u00eatre long ?<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est comme tu veux. Ici, le temps s&rsquo;\u00e9coule \u00e0 la vitesse qui nous convient. Une seconde, une ann\u00e9e, quelle importance. Tu t&rsquo;en rendras vite compte, toute unit\u00e9 de temps est d\u00e9risoire, compar\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9.<\/p><p>&#8211; Si c&rsquo;est comme \u00e7a, je pr\u00e9f\u00e9rerais que \u00e7a aille vite. C&rsquo;est pas que je m&rsquo;ennuie avec toi, mais j&rsquo;aimerais \u00eatre fix\u00e9, sans vouloir te commander.<\/p><p>&#8211; D&rsquo;accord m&rsquo;sieur, tes d\u00e9sirs sont des ordres, pour l&rsquo;ins\u00adtant. Tiens regarde, voil\u00e0 le SAMU. Allez viens, on va les voir de plus pr\u00e8s.\u00a0\u00bb<\/p><p>Nous descendons doucement vers la route. Sensation \u00e9trange d&rsquo;immat\u00e9rialit\u00e9. En bas, le grand cirque a commenc\u00e9. D&rsquo;abord, ils extraient l&rsquo;\u00e9pave de mon petit bolide de l&rsquo;amoncellement d&rsquo;arbres arrach\u00e9s dans lequel je me suis encastr\u00e9, \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un camion-grue. Puis les pompiers attaquent l&rsquo;\u00e9pave en utilisant de grosses cisailles hydrauliques, un peu comme s&rsquo;ils ouvraient une tr\u00e8s grosse bo\u00eete de conserve. Une bo\u00eete de tripes, pour \u00eatre pr\u00e9cis. Si vraiment c&rsquo;est moi qu&rsquo;ils extirpent de l&rsquo;\u00e9pave, il serait en effet illusoire de parler d&rsquo;autre chose que de mes restes. Ils vont avoir du boulot, les embaumeurs, pour me rendre pr\u00e9sentable. Et s&rsquo;il y avait eu doute, les dialogues sont l\u00e0 pour lever toute ambigu\u00eft\u00e9.<\/p><p>&#8211;\u00a0\u00bb Le pauvre gars, il n&rsquo;y a plus rien \u00e0 faire.<\/p><p>&#8211; Qui c&rsquo;est ?<\/p><p>&#8211; Ah, \u00e7a, pour le savoir, il vaudrait mieux retrouver ses pa\u00adpiers. J&rsquo;ai rarement vu un cadavre dans cet \u00e9tat. Et pourtant&#8230;<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est la ceinture qui a cass\u00e9. Faut dire qu&rsquo;\u00e0 voir la voiture, il ne devait pas tra\u00eener.<\/p><p>&#8211; C&rsquo;est quoi, comme voiture ?<\/p><p>&#8211; Ben, pour elle aussi, je pr\u00e9f\u00e9rerais qu&rsquo;on trouve les papiers, avant de me prononcer.\u00a0\u00bb<\/p><p>Bon, \u00e7a suffit. Je n&rsquo;arrive plus \u00e0 croire qu&rsquo;il puisse s&rsquo;agir d&rsquo;un r\u00eave. Je suis mort. \u00c7a ne fait pas mal, finalement. Et je n&rsquo;ai m\u00eame plus froid. Jeannou me tend la main, et nous quittons le lieu de mon accident.<\/p><p>\u00a0<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-c94db7d e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"c94db7d\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-7d274c8 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"7d274c8\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p>La suite, vendredi prochain, si vous \u00eates sages !<\/p><p>\u00a0<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;ai, cach\u00e9s dans de vieux dossiers de mon ordinateurs, quelques romans qui n&rsquo;ont pas eu l&rsquo;heur de plaire aux \u00e9diteurs, en leur temps. 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